Classicisme
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Le classicisme est un courant esthétique et intellectuel ayant connu son apogée au {{XVIIe siècle}}. Le mot classique signifie: ce qui peut être enseigné dans une classe.
Le classicisme apparaît dans le dernier quart du XVI è siècle en Italie, dans les œuvres d'Annibale Carracci (1560-1609) ou de Domenico Zampieri dit le Dominiquin (1581-1662). Les artistes étudient l’œuvre de Raphaël, de Michel-Ange et du Titien (1490-1576). Ils dessinent d’après modèles vivants pour saisir la justesse de la position des corps et observent la nature, à laquelle ils accordent une grande importance. A partir des paysages, ils réalisent des croquis sur le vif et les utilisent dans les peintures d'atelier. Les sujets mettent en valeur l’action humaine ou les sentiments les plus divers. Carrache est l'un des initiateurs du paysage historique mais l'on trouve aussi beaucoup de représentations religieuses ou mythologiques chez les artistes classiques. En France, le classicisme va s’épanouir avec force sous le ministère de Richelieu (1624-1642).
Il s'exprima dans tous les domaines de l'art, de l'architecture à la musique, en passant par la peinture et la littérature. Il supplanta progressivement le baroque, fut succédé par le Rococo, puis fit place au romantisme avant de connaître un renouveau avec le néoclassicisme.
Sommaire |
[modifier] Littérature
D'après les dires de M.Palizi professeur d'histoire de renom : le classicisme est un mouvement littéraire qui se développa en France , et plus largement en Europe , dans la deuxième moitié du XVII ème siècle .Il désigne un ensemble de valeurs et de critères qui définissent un idéal s'incarnant dans " l'honnête homme " .
- Normes officielles et modèles antiques
- France , dès 1630 , la centralisation monarchique s'affirme dans les deux domaines politique et culturel , sous l'autorité de Richelieu d'abord , puis de Mazarin et de Louis XIV . La création de l'Académie française en 1635 , puis d'autres Académies , conduit à codifier la langue et à réglementer la composition des œuvres . Ce sont les œuvres des doctes , comme Vaugelas qui définissent les théories du goût classique , à travers des lettres , des traités , des arts poétiques . Ils diffusent ce goût auprès du public mondain des salons qu'ils fréquentent . Les canons littéraires sont définis aussi dans des ouvrages non théoriques , œuvres littéraires , ou préfaces les justifiant , comme chez Molière .
- L'enseignement des doctes est fondé sur le respect de modèles grecs et latins . Leurs œuvres sont considérées comme des exemples à imiter ( exemple : les fables d'Esope et de Phèdre imitées par La Fontaine ) .
La longévité des œuvres antiques explique la considération dont elles font l'objet . En effet , le classicisme recherche ce qui est permanent et universel , et peint la nature humaine , non la diversité des hommes . Cette imitation est cependant mise en question à la fin du siècle .
- Le classicisme atteint son apogée sous le règne de Louis XIV , qui rejette alors les excentricités passées du Baroque .Il lui importait également de laisser sa trace dans l'histoire de la littérature ...
- La raison et les règles
- L'idéal classique est fondé sur deux valeurs universelles et fondamentales : l'ordre et la raison ( synonyme de bon sens ), qui définissent des codifications précises . La pensée doit être ordonnée et rigoureuse et ne doit pas s'écarter de ce qui est raisonnable et vraisemblable , et ce , au détriment du réalisme .
- L'honnête homme
- A cet idéal de beauté correspond un idéal humain : celui de l'honnête homme .
Homme de cour et homme du monde , il se doit de se montrer humble , courtois et cultivé mais aussi pouvoir s'adapter à son entourage . Il possède des qualités sociales et excelle dans l'art de plaire . Au nom de la nature , il refuse tout excès et sait dominer ses émotions .
[modifier] Caractéristiques
[modifier] Théâtre
Le théâtre revient à la mode, après une éclipse, dès la fin du XVIe siècle (Lope de Vega, Shakespeare, Corneille). Le théâtre classique devait obéir à des règles bien précises, à savoir la règle des trois unités (unité de temps, une seule journée, unité de lieu, un seul décor, et unité d'action, une seule intrigue), censée capter l'attention du spectateur, la règle de bienséance (pour ne pas choquer le spectateur) et celle de vraisemblance (l'intrigue et la situation d'énonciation doivent être possibles).
Ces règles avaient pour but de ne pas fatiguer le spectateur avec des détails superflus, comme le lieu ou la date, afin de lui permettre de se concentrer sur l'intrigue, pour mieux toucher et édifier. Quant au respect de la bienséance, il avait pour but de ne pas choquer le spectateur, souvent des hommes et des femmes de la cour du roi. Ainsi, les meurtres, les suicides des personnages devaient se dérouler en dehors de la scène, un personnage racontant alors l'événement. Toutefois, cette règle a pu nuire à la portée de la pièce sur le spectateur. Exceptions notables : la mort de Phèdre, dans la pièce éponyme de Jean Racine et la folie du personnage d'Oreste (de Racine également) sont jouées sur scène. La règle de la vraisemblance visait avant tout à toucher le spectateur en lui proposant des histoires qui soient conformes à ses attentes.
[modifier] Comédie
C'est la comédie de Molière qui dominera toutes les autres à cette époque. Selon lui la comédie tente de corriger les vices des hommes en les divertissant. Dans la comédie, les vices sont tournés en ridicule, car « on veut bien être méchant, mais on ne veut point être ridicule » (Molière).
Molière s'attaque donc aux vices des hommes, ainsi qu'à ses ennemis personnels : les bigots, les faux dévots, l'hypocrisie dans Le Tartuffe, l'avarice dans L'Avare...
Les caractéristiques de la comédie classique sont:
- une action contemporaine, se passant dans une famille de la petite bourgeoisie ;
- trois ou cinq actes, selon que la pièce est longue ou courte ;
- un registre comique , langage presque oral;
- un dénouement heureux ;
- chez Molière surtout, des personnages et des passages inspirés de la commedia dell'Arte (le vieux barbon, le valet astucieux, la bastonnade, par exemple).
[modifier] Tragédie
Les tragédies du théâtre classique sont surtout représentées par celles de Pierre Corneille et de Jean Racine. Les auteurs de tragédie, eux aussi, tentent de corriger les vices des hommes, ou plutôt leurs passions, de deux manières : d'abord en montrant les dégâts que peuvent provoquer les passions (dans la tragédie, les passionnés se font tuer, tuent ou se suicident, deviennent fous ─ hors de la scène, par respect de la règle de bienséance).
Deuxièmement, les dramaturges comptent sur la catharsis, notion empruntée par Corneille au traité d'Aristote sur la Poétique ou purgation des passions : les spectateurs d'une tragédie sont ainsi censés expulser les passions en les vivant par procuration.
Quand sa pièce, Bérénice, a été critiquée parce qu'elle ne contenait pas de morts, Racine a contesté le traitement conventionnel de la tragédie. Corneille pratiquait aussi une tragédie à dénouement non sanglant ou tragi-comédie, genre apprécié auparavant mais sorti des mœurs du public depuis. À la même époque, Jean-Baptiste Lully met au point avec Quinault une forme de spectacle hybride, la tragédie en musique ou tragédie lyrique.
[modifier] Roman
Peu de romans ont été écrits à l'époque classique. La plupart étaient des romans précieux, et obéissaient aux règles de la préciosité, comme La Princesse de Clèves, Mme Fayolle et Adrien.
[modifier] Autres genres
- La poésie officielle (François de Malherbe) ;
- la poésie burlesque (Paul Scarron) ;
- la poésie mondaine (Nicolas Boileau) ;
- les Maximes (Blaise Pascal, François de la Rochefoucauld) ;
- le portrait (Jean de La Bruyère) ;
- la fable (Jean de La Fontaine).
[modifier] Musique
Dans le domaine de la musique, et plus précisément, dans celui de la musique occidentale, le mot « classicisme » revêt au moins deux sens principaux :
- La musique classique « au sens large » : Dans cette première acception, le classicisme renvoie à la musique occidentale savante, composée depuis la fin du Moyen Âge jusqu'à nos jours — par opposition à la musique traditionnelle et à la musique populaire. On parle alors de musique classique.
- La musique de la période classique : Dans un sens plus étroit, le classicisme désigne une période précise de la musique occidentale savante, à savoir : la deuxième moitié du XVIIIe siècle. On parle alors de musique de la période classique.
-"britannicus" de jean racine.
Débute avec la mort de Bach (1750) et se termine avec la mort de Beethoven (1827).
[modifier] Danse
Dans le domaine de la danse, le mot « classicisme » fait davantage référence au ballet post-romantique (« danse classique ») qu'à une période du XVIIIe siècle. Alors que le ballet romantique voit le jour vers 1815, il fait place, au début des années 1850, à un académisme de plus en plus codifié, qu'on appellera « danse classique » vers 1910.
[modifier] Peinture et sculpture
Le classicisme en peintures est mis en forme par Nicolas Poussin et Claude Lorrain, ces deux peintres français travaillant à Rome. Il sera repris par Charles Le Brun qui grâce a son contrôle de l'Académie royale de peinture et de sculpture et aux commandes du roi Louis XIV pour la décoration du château de Versailles en fera le mouvement officiel en France et influencera grandement toute une génération de peintres français et le reste de l'Europe.
Comme dans les autres disciplines, le classicisme en peinture tend vers un idéal de perfection et de beauté, inspiré de ce que l'on croit alors être les vertus de l'Antiquité. Des règles précises et strictes peuvent et doivent exprimer la représentation de la nature.
- Voir la liste des peintres classiques.
[modifier] Architecture
L’architecture classique française est issue de l’admiration et de l’inspiration de l’Antiquité. Elle fut inventée pour magnifier la gloire du Louis XIV puis rayonna dans toute l’Europe. Cette architecture devient à l’étranger le reflet de la puissance du roi de France. L’esthétique de cette architecture se rapproche des canons grecs et romains reconnus comme des références idéales. Elle puise aussi ses origines des éléments de la Renaissance. L’architecture classique se caractérise par une étude rationnelle des proportions héritées de l’Antiquité et par la recherche de compositions symétriques. Les lignes nobles et simples sont recherchées, ainsi que l’équilibre et la sobriété du décors, le but étant que les détails répondent à l’ensemble. Elle représente un idéal d’ordre et de raison. L’influence des châteaux tels que Versailles, Trianon, château de Vaux-le-Vicomte est à l’origine du rayonnement de cette architecture à l’étranger.
[modifier] Les artistes à l’origine de l’architecture classique
À la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle : ’architecture se situe en continuation avec le siècle précédent. L’influence étrangère, notamment italienne, n’est pas négligeable. Cependant, on remarque le retour de la tradition française par l’utilisation de brique , de pierre, d’ardoise ou de pierre rouge. Au fur et à mesure, la pierre sera préférée aux autres matériaux, étant considérée comme plus noble. Au début du XVIIe siècle , des divisions géométriques claires et harmonieuses se remarquent déjà sur les places royales : par exemple, la place des Vosges (ou place royale) : carrée, fermée, champs clos pour les carrousels, bordée d’arcades. Cette place est le symbole de l’apparition de la conciliation de la logique, de l’utilité, de la simplicité et du plaisant en architecture : la conception rationnelle s’impose comme base du classique. Le classicisme se remarque aussi à Saint-Germain-en-Laye, à Fontainebleau ou au palais du Louvre durant le règne de Henri IV de France . Cependant, deux initiateurs du classicisme se démarquent: Salomon de Brosse (1565-1628) est l’initiateur du classicisme. Il imagine un château isolé fait pour être vu de tous côtés, tout est symétrique. Il s’illustre par le dessin, par exemple, du Palais de justice de Rennes en 1618, frappant par le raffinement et la clarté du décors. Il entreprend de même, sur les ordres de Marie de Médicis qui voulais un château sur le modèle du palais Pitti de Florence, le Palais du Luxembourg. Autre initiateur du classique, François Mansart(1598-1661) s’illustra quant à lui par la création des châteaux de Château de BernyBerny et de Château de Balleroy Balleroy où se ressent encore l’influence maniériste (style raffiné, sophistiqué et irréaliste, qui tente de s'affranchir des règles classiques et marque la transition entre les styles Renaissance et baroque) mais où l’on ressent tout de même la clarté et l’ordre classiques.
Au niveau de l’architecture religieuse, la rupture paraît moins nette. Le but semblerait être de réunir la façade et le dôme du bâtiment pour donner l’impression au spectateur qu’ils forment un tout. L’exemple le plus frappant du classicisme dans l’architecture religieuse est la Chapelle de la Sorbonne de Jacques Lemercier, construite en 1629], qui témoigne d’un classicisme évident puisque son dôme domine de larges mansardes.
[modifier] Un exemple : Hardouin-Mansart (1646-1708), Le Vau (1612-1670) et Versailles
Jules Hardouin-Mansart est l’architecte d’une grande partie de Versailles. Il reprit les plans dessinés initialement par Louis Le Vau, architecte de renom qui construisit le magnifique et célèbre château de Vaux-le-Vicomte pour Nicolas Fouquet en 1656. Le château de Versailles, tributaire du baroque dans sa décoration, reste néanmoins classique dans les grandes lignes. Il témoigne du goût typiquement français pour les grandes masses harmonieusement équilibrées ainsi que de l’importance de la rigueur antique.
Louis Le Vau prévoit initialement de prolonger les deux ailes des communs surélevées et reliées à l’ancien château par deux pavillons symétriques. Il veut de même élever un bâtiment sur le parc, dont les fenêtres rectangulaires sont séparées par des pilastres ordre ionique ioniques (style architectural grec de la province de l’Ionie, reconnaissable à ses colonnes au chapiteau orné de deux volutes). Aux deux extrémités du bâtiment, il prévoit deux avant-corps (parties du bâtiment en saillie sur la façade) ornés de quatre colonnes et de niches qui abritent des statues. Au centre se trouve une terrasse. On dénote des influences antiques avec la pésence de pilastres et de colonnes, ainsi que dans les formes géométriques de la terrasse et des fenêtres.
Jules Hardouin-Mansart remplace la terrasse centrale par une nouvelle façade qui correspond à la grande galerie avec un avant corps central orné de six colonnes qui imite les pavillons d’angle de Le Vau. Il remplace les fenêtres rectangulaires par des baies (ouverture pratiquée dans un mur) cintrées qui apporterons plus de lumière. De part et d’autre de ce centre il crée deux ailes qui ont à l’intérieur des cours et des galeries bordées d’arcades. Le tout, même s’il semble démesurément long, donne une étonnante impression d’harmonie.
La façade vers la ville est plus gaie. La façade de Louis XIII au fond de la cour de marbre est maintenue mais enrichie pour créer l’unité chère à la sensibilité classique. De même, l’architecte prévoit trois cours qui montent vers le château et dont les côtés sont de plus en plus rapprochés, comme pour mieux accueillir le visiteur : on retrouve l’intimité classique dans cette volonté.
Créateur du jardin à la française, André Le Nôtre (fils et petit fils de jardinier) fut l'artisan de l'aménagement des jardins du château de Versailles à partir de 1662. S'appuyant sur une organisation symétrique des espaces, il mit en place des terrasses et de grandes allées convergeant vers la façade occidentale de la demeure royale. Le parc, d'une superficie de près de 100 ha, fut doté de parterres, de haies savamment taillées et de bosquets. L'harmonie de ces agencements fut magnifiée par la mise en place de bassins (bassin d'Apollon) et de jeux d'eau ainsi que par l'érection de nombreuses statues.
[modifier] Liens
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[modifier] Littérature
"Un mouvement littéraire et culturel : le Classicisme"
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