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Clarinette

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La clarinette en Si♭

La clarinette a été crée vers 1700 par Johann Christoph Denner (1665-1707) à Nuremberg et est la forme moderne d'un instrument de musique à anche simple. La clarinette en Si♭ (bémol) en est le modèle le plus commun. Elle vient d'un instrument ancien appelé "chalumeau".

La clarinette est à perce cylindrique, ce qui la distingue du hautbois et du saxophone, tous deux à perce conique et lui confère une aptitude au quintoiement (la symétrie du corps interdisant l'apparition d'harmoniques de rang pair). Son timbre chaud dans le registre grave, peut s'avérer extrèment brillant voire agressif dans l'aigu.

De tous les instruments à vent, elle est celui qui possède la plus grande étendue (ou tessiture) avec 3 octaves plus une sixte mineure soit 45 notes en tout. Elle se décline en une famille d'instruments presque tous transpositeurs, depuis la clarinette basse, jusqu'à la clarinette sopranino, couvrant ainsi toute l'étendue d'un orchestre symphonique. De tous les instruments sauf les percussions, la clarinette est celui qui possède la plus grande famille.

Sommaire

[modifier] Évolution de la clarinette

[modifier] Du chalumeau à la clarinette

Le chalumeau européen du Moyen Âge fut sans doute l'ancêtre le plus direct de la clarinette. Aujourd'hui encore, le registre grave de la clarinette est appelé registre du chalumeau. C'est à Johann Christoph Denner (1655-1707) que l'on doit l'invention de la clarinette lorsqu'en 1690, il ajouta au chalumeau français, le pavillon et deux clefs d'importance majeure.

L'ajout de la « clé de 12e» <ref>La « clé de 12e » est souvent appelée à tort « clé d'octave » par analogie avec celle du hautbois, de la flûte et du saxophone</ref> permit de tirer parti de l'aptitude de l'instrument au quintoiement, que les musiciens les plus doués pouvaient provoquer par une modification d'embouchure. Le registre atteint est alors celui dit du clairon et sa sonorité se rapproche de la clarine<ref>petite trompette du XVIIIe siècle</ref> qui donna son nom à la clarinette.

À cette époque, l'instrument était manipulé via huit trous bouchés par les doigts. Le passage au registre supérieur ne se faisait qu'avec un défaut de 2 notes sur la gamme : le La et le Si étaient absents de la gamme. La deuxième clef, celle « du La », étend vers le haut le registre du chalumeau.

Le Si est obtenu par quintoiement d'une note plus grave (le Mi) grâce au pavillon prolongeant la clarinette. La gamme (diatonique) est alors complète et le changerfement de registre se passe sans discontinuité.

Dans l'état, l'instrument ne disposant pas d'une gamme chromatique complète, il restait prisonnier de quelques tonalités particulières. Pour y remédier, les musiciens disposaient de différents modèles de clarinettes, réalisés chacun pour une tonalité spécifique.

[modifier] La clarinette moderne

Image:Clarinets german.jpgHeinrich Bärmann (1784-1847) proposa le retournement du bec, positionnant ainsi l'anche sur la lèvre inférieure du musicien. Ceci adoucit et garantit la sonorité. Iwan (ou Ywan) Muller<ref> Iwan Muller (Ywan Muller dans certaines sources) : (1786-1854), clarinettiste soliste du Théâtre italien de Paris. </ref> y apporta en 1812 treize clés supplémentaires offrant enfin la gamme chromatique complète. Ces nouveautés permirent d'abandonner peu à peu la collection d'instruments dédiés aux tonalités distinctes dont disposaient les musiciens pour interpréter les différentes pièces.

La clarinette fut amenée à son degré de perfectionnement actuel par le facteur d'instruments français Louis Auguste Buffet en collaboration avec le clarinettiste Hyacinthe Klosé<ref> Hyacinthe Klosé : (1808-1880), professeur au conservatoire de Paris et auteur d'une méthode de même nom</ref>. Tous deux adoptèrent le principe des anneaux mobiles que l'Allemand Theobald Boehm avait imaginé pour la flûte : le système Boehm. Aujourd'hui, le système Boehm est utilisé par les clarinettistes du monde entier, aux exceptions des Allemands et des Autrichiens, qui se servent pour la plupart du système concurrent : le système Oehler.

Une clarinette utilisant le système Boehm, peut disposer jusqu'à 22 éléments utilement mobiles, auxquels il faut rajouter les paliers, les axes, les vis et les ressorts. L'ensemble dépasse la centaine de pièces mécaniques, et participe à la manipulation de 17 tampons obturant autant d'orifices innaccessibles avec les doigts.

Le nombre de clefs annoncé par les facteurs correspond au nombre de points de commande intentionnelles (les anneaux n'en font donc pas partie puisqu'il sont actionnés en même temps qu'un trou est bouché). La clarinette Boehm comporte donc 17 clefs, parfois 18 avec la clef de rappel de Mi♭ main gauche. Il existe deux variantes du système Oehler comportant respectivement 19 et 27 clefs.

[modifier] La famille des clarinettes modernes

De nombreux modèles de clarinettes modernes existent. La taille et la tonalité sont les principaux éléments différentiels. Si l'étendue de la tessiture est à peu près constante, les registres de jeu sont différents.

Aujourd'hui, les clarinettes suivantes sont utilisées, depuis la plus aiguë jusqu'à la plus grave :

nom de la clarinette Tonalité commentaire Tessiture
La petite clarinette sopranino en La♭ presque plus fabriquée, sinon pour l'exécution des bandas (musique militaire italienne), et aujourd'hui pour la musique contemporaine, car sa sonorité criarde intéresse les compositeurs. Image:Clar sop lab reel.JPG
La petite clarinette en Mi♭ son timbre est très caractéristique, un peu criard. Encore très utilisée aujourd'hui en harmonie, sa tonalité étant très "compatible" avec la plupart des autres instruments (Si♭principalement) Image:Clar sop mib reel.JPG
La petite clarinette en (fabriquée presque uniquement pour l'exécution des concertos de Molter pour clarinette en ), en grande désuétude car son répertoire est très limité; généralement, les musiciens préfèrent transposer les passages de clarinette en pour les jouer à la petite clarinette en Mi♭; Image:Clar sop re reel.JPG
La clarinette soprano en Ut (Do) (en désuétude car son timbre est un peu vulgaire et sa justesse perfectible), utilisée comme instrument d'étude pour les jeunes enfants en raison de sa petite taille ; Image:Clar sop ut reel.JPG
La clarinette en Si♭ la clarinette la plus usitée : utilisée dans tous les styles de musique, elle allie brillance et éloquence. C'est avec celle-ci que l'on débute; Image:Clar sop sib reel.JPG
La clarinette soprano en La au son un peu plus rond, encore très jouée aujourd'hui, son timbre est très approprié à la musique de chambre ; Image:Clar sop la reel.JPG
La clarinette de basset en La (clarinette en La avec une extension au Do, fabriquée uniquement pour l'exécution du concerto pour clarinette de Mozart dans sa version originale), en grande désuétude aujourd'hui, elle est très rare ; Image:Musical notes.svg
La clarinette turque en Sol, principalement jouée pour les musiques turques et grecques ; Image:Musical notes.svg
Le cor de basset en Fa (pour lequel a été écrit à l'origine le concerto pour clarinette et orchestre de Mozart), il a été très usité à la fin du XVIIIe siècle ; Image:Cor basset fa reel.JPG
La clarinette alto en Mi♭ très appréciée en musique de chambre ; Image:Clar alto mib reel.JPG
La clarinette basse en Si ♭ très utilisée en contemporain et dans le jazz ; Image:Clar bas sib reel.JPG
La clarinette contralto en Mi♭ utilisée en ensemble de clarinettes et de plus en plus en orchestre ; Image:Clar ctalto mib reel.JPG
La clarinette contrebasse en Si♭ utilisée presque uniquement en ensemble de clarinettes ; Image:Clar ctbas sib reel.JPG

Un prototype de clarinette octocontrebasse a été fabriqué par Léon Leblanc. Cet instrument était plus grave d'une octave par rapport à la clarinette contrebasse. Elle sonnait comme un jeu d'orgue de 32 pieds. Le projet, très ambitieux de par la taille de l'instrument, a été abandonné.

[modifier] Anatomie de la clarinette

[modifier] Clarinettes droites

Image:Clar sib tour.jpgLa clarinette en Si♭ (mais aussi celles en La, en Ut, en et Mi♭) se présente sous la forme d'un long tuyau droit. La clarinette est généralement réalisée en bois noble tel que l'ébène ou le palissandre (au moins pour le corps). Certains modèles, dits d'études, sont parfois moulés en plastique. Dans les années 1930 le jazz a utilisé des modèles en métal<ref>Ces clarinettes en métal sont conçues sur la base de la clarinette moderne. D'autres modèles de clarinettes en métal existent, telle la clarinette turque.</ref>.

Aujourd'hui, des clarinettes en matériau composite ont fait leur apparition. Ces clarinettes allient les avantages du bois et ceux du plastique, sans leurs inconvénients. Ainsi ces clarinettes conservent la sonorité du bois, gagnent en légèreté, et sont moins onéreuses du fait de la disponibilité des matières premières et des coûts de production du plastique.

Les clés sont en maillechort (alliage à base de nickel) nickelé, parfois argenté, ou plus rarement doré.

Image:Morceaux de clarinette.jpg Pour des raisons pratiques de fabrication et de transport, la clarinette se compose de 6 éléments principaux (de haut en bas) :

  1. le bec et sa ligature,
  2. l'anche fixée sur la partie inférieure du bec,
  3. le barillet,
  4. le corps du haut (pour la main gauche),
  5. le corps du bas (pour la main droite)
  6. le pavillon.

Les deux parties du corps d'une clarinette (en bois ou en plastique) sont frappées d'un numéro de série, sorte d'immatriculation de l'instrument. Lors de l'achat d'un instrument d'occasion, il convient de vérifier que les deux éléments portent bien le même numéro. Le barillet et le pavillon n'étant pas taillés dans la même pièce de bois, et parfois même réalisés dans un autre matériau, ne sont généralement pas marqués.

[modifier] Le bec

Le bec (ou embouchure) est l'élément par lequel l'instrumentiste insuffle l'air. Autrefois taillé dans le bois ou dans l'ivoire, il est aujourd'hui principalement moulé en ébonite noire ou blanche, en plastique voire en verre (alors appelé « bec cristal »). Dans tous les cas, la table est finie par usinage ou polissage.

Les becs en ébonite sont les plus fréquemment utilisés et offrent une large gamme de sonorité. Les becs en verre ont une sonorité plus nette; ils sont plus rares et sont généralement réservés à la musique classique. Moins chers, les becs en plastique ont également une moindre qualité sonore; ils sont généralement réservés aux instruments d'étude.

L'ouverture (hauteur de flèche de l'anche) et la longueur de la table (longueur libre en flexion de l'anche) sont les principaux paramètres géométriques distinctifs des becs. Un bec ouvert offre plus de puissance mais peut dégrader la qualité du son.

Le choix d'un bec est aussi important que celui de l'instrument. Il influe grandement sur le confort du musicien. Si les conseils de clarinettistes professionnels peuvent aider au choix d'un bec, seuls des essais personnels permettent un choix définitif.

[modifier] L'anche

L'anche est la partie vibratoire de l'instrument. Elle est faite en roseau de canne et est placée sur le bec au moyen d'une ligature en métal, en cuir ou en plastique. Les modèles allemands utilisent une cordelette comme ligature. Lorsque la clarinette est montée, l'anche se trouve sous le bec, contre la lèvre inférieure du musicien.

Les anches sont vendues taillées selon un classement de dureté (fonction de l'épaisseur de l'anche). De nombreux musiciens professionnels taillent ou retaillent eux-mêmes leurs anches. La dureté de l'anche et la géométrie du bec sont liées.

[modifier] Le barillet

Le barillet, situé après le bec, est une bague dont le rôle principal est l'accord de l'instrument. La plupart des clarinettistes se munissent de plusieurs barillets de longueur différente afin de pouvoir en changer selon les conditions de jeu<ref>Ici les conditions de jeu sont essentiellement les conditions de chaleur et d'humidité</ref> et du diapason retenu par l'orchestre. La longueur de cette pièce et son écartement par rapport au corps de la clarinette influe sur la longueur totale de l'instrument et donc sur l'accord.

Les corps de la main droite et de la main gauche peuvent également être écartés l'un de l'autre, allongeant la taille de l'instrument. Cependant les écarts relatifs des orifices de chacun de ces corps sont calculés pour être fixe. La clarinette est très sensible à toute modification des ces longueurs. Il faut éviter d'utiliser ce moyen pour l'accord. Les professionnels réussissent à compenser la justesse simplement en modifiant leur technique d'embouchure et le support aérodynamique. Dans les cas extrêmes, le recours a des barillets de tailles différentes devient inévitable.

[modifier] Les corps de la main gauche et de la main droite

Les deux corps situés entre le barillet et le pavillon de l'instrument portent les trous, les anneaux et les clés. Les doigts de l'instrumentiste bouchent les différents trous en fonction de la note jouée. Lorsqu'un trou est hors de portée des doigts (car situé en haut, en bas et sur les côtés de l'instrument), l'instrumentiste utilise les clés prévues à cet effet.

Certaines clarinettes (en , en Mi♭, mais souvent aussi les clarinettes en métal) ont un corps en une seule partie.

[modifier] Le pavillon

En prolongeant le chalumeau, le pavillon permet l'émission d'une note plus grave (le Mi) qui par quintoiement, donne le Si (dit bouché). Ainsi la gamme de la clarinette ne comporte plus de trou.

Enfin, cette pièce de forme évasée favorise une bonne diffusion du son des notes bouchées : Mi, Fa, Sol, La pour le grave. Elle résoud le problème de la justesse relative des notes les plus graves des registres grave et clairon.

[modifier] Clarinettes à bocal

150px Les modèles de clarinettes graves présentent quelques différences structurelles par rapport aux clarinettes droites. Il s'agit des clarinettes alto, cor de basset, basse, contralto et contrebasse. Hormis les proportions plus grandes rendant leur tessiture plus basse, l'allongement global du tuyau est obtenu en partie, par l'ajout de pièces cintrées réduisant ainsi son encombrement : le bocal et le pavillon, sont réalisés en métal (mêmes alliages que pour les saxophones ou les cuivres.). Pour les plus grosses clarinettes, le corps lui-même peut être métallique.

Du fait du poids élevé de l'instrument, une béquille fixée sous le bocal, le maintient à hauteur. Les clarinettes graves se jouent principalement en position assise.

Enfin, les modèles graves disposent de notes supplémentaires dans le grave, le Mi♭ essentiellement, voire jusqu'au Do pour le cor de basset et certaines clarinettes basses.

[modifier] Quelques chiffres

[modifier] caractéristiques physiques

Pour une clarinette en Si♭ le tableau ci-dessous donne les dimensions et autres données physiques liées à l'instrument. Pour certains cas particuliers, ces valeurs pourront évidemment s'écarter des plages proposées.


valeur mini valeur maxi
Longueur 660 mm 670 mm
Masse 700 g

modèle d'étude corps en ABS

900 g

modèle en ébène

Perce ø 13 mm ø 16 mm
Diamètre extérieur du corps ø 27 mm ø 31 mm
Trous

diamètre et écartement moyens

ø 5 mm écart:22 mm

(corps du haut)

ø 9 mm écart:25 mm

(corps du bas)

Notes entendues

(en Ut)

Ré(2)

à 147Hz

Si♭(5)

à 1867 Hz

[modifier] Le prix des instruments

On donne ici les prix volontairement arrondis de la clarinette Si♭ et ses accessoires. Les marques des facteurs d'instruments ne sont citées que dans le cas d'exemples pertinents.

article prix bas prix haut
Clarinette

en Si♭

Modèle d'étude en ABS

110€ (Kaerntner -Chine)

Modèle professionnel

6000€ (Leblanc -France)

Bec 60€ (ébonite tous modèles) 90€ (cristal)
Anches 13€ (boîte de 10 pièces)

RICO

12€ (l'unité)

Fibrecell

Ligature

et couvre-bec

12€ + 12€ 75€ (ensemble)
étui livré avec l'instrument (rare) 150€ (prix moyen)
Méthode Méthode Billando: 12€ Méthode Klosé : 45€

(sources: catalogues fabricants et fournisseurs Mai 2006)

[modifier] Comment ça marche ?

[modifier] Prise en main de l'instrument

Image:Clarinette doigte.jpgImage:Clarinette auriculaire droit.jpgComme presque tous les instruments à vent, la clarinette se tient avec la main gauche en haut du corps (plus près de la bouche) et la main droite en bas du corps. Sur le corps inférieur, une patte accueille le pouce qui maintient l'instrument, et qui n'intervient pas dans le jeu. Du fait de la masse de l'instrument qui repose entièrement sur ce doigt, les clarinettistes peuvent souffir d'un pratique prolongée (risque de tendinite essentiellement).

La clarinette est tenue en bouche et les bras lui confèrent un angle de 45° environ avec le corps du musicien. Les six trous du dessus sont en vis à vis des index, majeurs et annulaires. Les auriculaires sont impliqués dans la manipulation des clefs de bas de registre principalement. Avec au moins quatre clefs en charge chacun, le travail des petits doigts est certainement celui qui demande le plus d'efforts au début, et parfois le changement d'instrument nécessite un temps d'adaptation.

Comme tous les instruments à trous, la note est d'autant plus aiguë que le nombre de trous ouverts est grand. La note la plus grave étant obtenue lorsque tout est bouché, les doigtés des autres notes, pour un même registre, s'obtiennent en ouvrant progressivement la main droite puis la main gauche.

[modifier] Émission sonore

Image:Emission clarinette.jpgLe son est une onde qui se propage dans l'air. Elle résulte d'une variation locale de pression. Voici étape par étape le déroulement d'un cycle d'oscillation de la colonne d'air (en régime d'anche battante) :

  1. La colonne d'air contenue dans la perce de l'instrument est à pression atmosphérique et se déplace en direction du pavillon (ou du premier trou ouvert). La minuscule fente entre le bec et l'anche ne permet qu'à une quantité infime d'air d'entrer dans l'instrument. Ceci crée une dépression dans le bec. La différence de pression entre les deux faces de l'anche augmente, ce qui provoque la fermeture immédiate de l'anche (un peu comme une porte qui claque dans un courant d'air).
  2. Une onde de dépression progresse dans le corps de l'instrument et arrive au 1er trou ouvert.
  3. L'air extérieur, à pression atmosphérique, est aspiré par la dépression. Cet air qui jusqu'ici sortait par le trou ouvert change brusquement de direction et entre dans la perce.
  4. La dépression se comble progressivement au fur et à mesure de la progression de l'onde de dépression en direction du bec.
  5. Lorsque toute la colonne d'air contenue dans la perce se trouve à pression atmosphérique (se déplaçant en direction du bec), la différence de pression entre les deux faces de l'anche diminue, ce qui ouvre l'anche.
  6. La progression de la colonne d'air est stoppée net avec la soudaine confrontation avec l'air sous pression régnant dans la bouche. On observe alors la formation d'une onde de surpression se dirigeant vers le 1er trou ouvert.
  7. Quand elle y arrive, l'air qui entrait dans la perce change brusquement de direction et sort par le trou.
  8. La surpression se comble progressivement et on se retrouve au début du cycle, lorsque toute la colonne d'air se retrouve à pression atmosphérique, se déplaçant en direction du pavillon.

Ce cycle se répétant à fréquence constante, on obtient l'émission d'une note dont la hauteur est liée à cette fréquence. Ainsi le La (3), à 440 Hz, est obtenu quand ce cycle se produit 440 fois par seconde.

[modifier] La clarinette dans les formations musicales

[modifier] Orchestre symphonique

Dans l'orchestre symphonique la clarinette s'inscrit au pupitre des bois, avec une faible occurrence:

[modifier] Orchestre de chambre

Les orchestres de chambre étant de petits orchestres, ils ne rassemblent pas obligatoirement tous les pupitres de l'orchestre symphonique. Certains bois viennent apporter une couleur différente au son des violons, parmi lesquels la clarinette occupe une place privilégiée. L'Orpheus Chamber Orchestra est un bel exemple de ce type de formation ; dans leur enregistrement consacré à Aaron Copland, la clarinette tient une magnifique partition (ref 427 335-2 GH).

Il existe aussi des orchestres de chambre composés exclusivement de clarinettes, interprétant des pièces transcrites ou spécialement écrites :

  • Duo, trio, quatuor de clarinettes sopranos
  • 3-4 clarinettes sopranos et une clarinette basse
  • Ensemble complet (4-5 clarinettes sopranos, 1 clarinette alto, 1 clarinette basse avec possibilité pour clarinette contralto et/ou contrebasse)

[modifier] Orchestre d'Harmonie

La clarinette Si♭ est à l'harmonie ce qu'est le violon à l'orchestre symphonique. Pour une harmonie de 50 musiciens, on compte idéalement 10 à 12 clarinettes réparties sur trois voix. Ce pupitre est souvent situé à gauche du chef d'orchestre, face aux saxophones, c'est-à-dire à la même place que les violons de l'orchestre symphonique.

Dans les plus gros orchestres, on trouvera également une petite clarinette Mi♭, une clarinette alto, une clarinette basse et, à l'occasion, une clarinette contralto ou contrebasse.

[modifier] Autres formations

On retrouve également la clarinette dans certains « stages band », souvent jouée par un saxophoniste.

[modifier] Styles musicaux (liste non exhaustive)

[modifier] Musique classique

[modifier] La musique de style classique (XVIIIe siècle)

Instrument d'orchestre, de nombreux compositeurs l'ont élevé au rang de soliste à partir de la période classique et de l'école de Mannheim jusqu'aux contemporains. Les pièces les plus connues du répertoire sont :

un quintette avec clarinette, un trio avec alto et piano (dit « des quilles ») et des solos importants dans l'opéra « la Clémence de Titus » ainsi que quelques diverti menti (très beaux morceaux tirés des opéras de Mozart)

[modifier] La musique de style romantique (XIXe siècle)

[modifier] La musique de style moderne (début XXe siècle)

concerto d'Aaron Copland sur commande de Benny Goodman

[modifier] La musique de style contemporain (post-Darmstadt-après 1949)

  • « Sequenza » de Luciano Berio
  • « Domaines », en version pour clarinette solo et en version avec ensemble, « Dialogue de l'ombre double » avec électronique de Pierre Boulez
  • « Ombra » pour clarinette contrebasse de Franco Donatoni
  • « Sonate » pour clarinette seule de Germaine Tailleferre
  • « Génération » concerto grosso pour trois clarinettes et orchestre de Jean-Louis Agobet

[modifier] Musiques folkloriques et traditionnelles

[modifier] Le klezmer

La clarinette a supplanté le violon dans la musique yiddish (klezmer).

Des clarinettistes bien connus en la matière sont Naphtule Brandwein, Dave Tarras, Giora Feidman et David Krakauer. Le style de jeu est influencé par la musique grecque et turque, et les chants religieux d'une synagogue. Elle imite souvent le Shofar, la voix humaine, et d'autres sonorités non-musicales.

[modifier] Les musiques des Balkans

La clarinette est aujourd'hui, avec le saxophone, l'instrument roi de la musique des Balkans. On la trouve notamment en Bulgarie, en Grèce, en Turquie, et dans le Banat au sud de la Roumanie. Elle est présente dans les noces, les fêtes de village, et aujourd'hui dans des concerts « modernes » où se marient claviers, batterie, et instruments traditionnels. Devant jouer parfois toute une nuit, le clarinettiste préfère les becs ouverts et les anches faibles. Le son qui en ressort est très caractéristique : embouchure relâchée, vibrato sur les notes longues, détaché léger mais toujours présent, suivant les ornementations des doigts pour obtenir le fameux « Tay-ta », au demi-ton. Afin de produire au mieux ces ornementations, les clarinettistes préfèrent souvent utiliser les systèmes « Full boehm ».

[modifier] La musique bretonne

La clarinette est présente dans la musique traditionnelle bretonne depuis les années 1850 environ. Le clarinettiste est appelé « sonneur de clarinette », et la clarinette « Treujenn goal » (trognon de choux en breton). Elle est traditionnellement jouée en duo, imitant les couples biniou/bombarde ou le kan ha diskan (chant à répondre), en utilisant des effets de tuilage : le premier clarinettiste joue une phrase, le deuxième commence à jouer les dernières notes de la phrase puis la reprend du début. Le répertoire est d'abord axé sur la musique à danser (pour les mariages ou festoù-noz aujourd'hui), mais pas seulement, on trouve aussi des marches, et des tempos lents.

Aujourd'hui, on la trouve dans des formations plus évoluées, telles les groupes de bal ou de concert.

Certains facteurs font aujourd'hui des clarinettes artisanales, sans clefs, généralement en Sol, moins chères et plus faciles d'utilisation.

[modifier] Pito y tambor

Image:Pito y tambor.jpg En Cantabrie, région du nord de l'Espagne, parmi les styles de musique folklorique, on trouve les « Piteros », duo composé d'une caisse claire (tambor) et d'une clarinette (pito qui donne son nom à ce type formation). Très mobiles, ils se produisent lors des fêtes de village, foires ou pèlerinages. Des groupes de danseurs improvisés s'exécutent sur les thèmes joués, appelés « jotas montañesas » et sur une base rythmique en 3/4 (à 200 environ à la noire).

Cette clarinette en Mi♭(avec un petit nombre de clefs pour les instruments les plus anciens), est appelée alors « requinto ». On notera cependant deux modifications: La clef d'octave est volontairement tordue pour ne plus se fermer. De ce fait l'instrument est toujours dans les registres du clairon ou suraigu ce qui permet au son de porter loin. De plus, l'embouchure est retournée (anche en haut comme sur le chalumeau), ce qui confère un son plus perçant.

Le pito est l'instrument mélodique de la formation. Il peut être remplacé par un fifre parfois.

[modifier] Autres musiques

Une clarinette turque

La clarinette est très présente dans la musique traditionnelle turque, parfois sous sa forme occidentale, parfois sous la forme d'une clarinette en métal qui la fait ressembler à un saxophone soprano ; la perce reste néanmoins cylindrique contrairement à celle du saxophone, et le son et le comportement restent ceux d'une clarinette.

Elle est de façon générale bien intégrée aux différentes musiques traditionnelles. On la retrouve :

  • en Suède, où, bien que très rarement employée aujourd'hui (Kjell Leidhammar dans Vindvak), elle était aussi populaire que le violon au siècle dernier.
  • dans les musiques centre-France où elle est de plus en plus présente.

[modifier] Le jazz

La clarinette est un instrument qui se prête bien au jazz, bien qu'elle soit moins utilisée que le saxophone à cet égard. Elle a été notamment utilisée en jazz Nouvelle-Orléans. Dans ce style, Sydney Bechet demeure l'un des plus célèbres clarinettistes de l'époque.

Bien qu'il s'agisse d'une pièce classique, le Rhapsody in Blue de George Gershwin, commence par le très célèbre solo de clarinette, et un glissando ascendant remarquable (Mi au Do suraigu). De même, Aaron Copland composa, en 1943, un concerto dont la cadence centrale ressemble à une improvisation jazz.

On peut citer également : Mezz Mezzrow, Benny Goodman, Artie Shaw, Claude Luter, Louis Sclavis, Sylvain Kassap, Maxim Saury, Michel Portal, Jean-Christian Michel, Milenko Stefanovic, John Surman… Le saxophoniste Art Pepper a laissé également quelques enregistrements à la clarinette. Le saxophoniste Eric Dolphy est également connu pour avoir popularisé la clarinette basse dans le jazz.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Incônographie et clarinettes anciennes

Les liens suivants proposent une icônographie intéressante, en particulier concernant les modèles anciens de clarinettes.

[modifier] Les différents styles de musique

Cette section propose des liens vers les diverses utilisations de la clarinette dans le monde.

Musiques des Balkans

Autres liens : Balkan Folk: Stages, CD, concerts, etc

Musique bretonne

Autres liens utiles :

Chanson-rock

Pito y tambor (es)« los piteros »

[modifier] Bibliographie

  • Clarinette par Michel Arrignon, Claude Crousier et Jacques Lancelot

Institut de pédagogie musicale et chorégraphique (1991) ISBN 2-906460-20-6

  • La clarinette à six clés par Jean Jeltsch : un jeu de clarinettes du facteur parisien Jean-Jacques Baumann: historique, description, tailles, esthétique.

Edition : Éd. quadrilingue (1997) ISBN 2-841-69067-9

  • La clarinette des origines à nos jours par Robert Marchal

Publication : Saint-Dié (1 rue des Castors) : R. Marchal,(1997) Etude musicologique instrumentale".

  • Le paradoxe de la clarinette par Alain Sève : étude générative des multiphoniques, des 1/4 de tons, des micro-intervalles

Publication : [S.l.] : [A. Seve], (1998) ISBN 2-9513196-0-6

  • Le geste du clarinettiste par Laurent Blum

Publication : Lille : ANRT, (2000) Thèse d'État : Musicologie : Pau, Univ. de Pau et des Pays de l'Adour : 1996 ISBN 2-284-01245-0

  • Mémoire d'ébène par James Barry

Publié par Buffet-Crampon, 2001 ISBN 2-61637-0-1

  • 10 ans avec la clarinette par Pierre Dutrieu : catalogue raisonné, partitions et bibliographie.

Publication : Paris : Cité de la musique, Département pédagogie et documentation musicales, (2003) ISBN 2-914147-14-7 (rel. à spirale)

  • Clarinette, mon amie, essai sur la clarinette, par Ernest Ferron, maître luthier. 112 pages.

Les principes de fonctionnement, les paramètres sensibles de la qualité d'un instrument, les problèmes de perces, de becs, d'anches sont au fil des pages révélés. Un chapitre important concerne l'outillage et la manière de réparer les clarinettes. IMD 312, Éditions International Music Diffusion, 24 rue Etex 75018 Paris, (1994), Diffusion ARPEGES, (pas d'ISBN)

[modifier] Notes

<references/>

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ar:كلارينيت ca:Clarinet cs:Klarinet da:Klarinet de:Klarinette en:Clarinet eo:Klarneto es:Clarinete fa:کلارینت fi:Klarinetti gd:Clàirneid gl:Clarinete he:קלרנית hr:Klarinet is:Klarínett it:Clarinetto ja:クラリネット ko:클라리넷 nl:Klarinet no:Klarinett pl:Klarnet pt:Clarinete ru:Кларнет scn:Clarinu simple:Clarinet sl:Klarinet sr:Кларинет sv:Klarinett th:คลาริเน็ต tr:Klarnet ug:كاناي uk:Кларнет vi:Kèn dăm đơn zh:單簧管 zh-min-nan:O·-ta̍t-á

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