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Christian Bobin

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Christian Bobin, écrivain et poète français, est né d'un père dessinateur à l’usine Schneider et d'une mère calqueuse, le 24 avril 1951 au Creusot en Bourgogne, Saône-et-Loire où il demeure.

Il était de ces enfants dans les cours de récréation, ceux qui se mettent à part, qui regardent les autres; il était solitaire et aimait la compagnie des livres. Au sujet de ses années d’enfance il dira:«Je serais incapable de faire des récits d'enfance. Je me demande comment sont faits ces livres-là. Je me sens infirme devant ça. Et pour aggraver les choses, j'ai l'impression d'avoir une mémoire presque anéantie de tout ça. J'ai oublié l'intégralité des noms. Je ne me souviens ni des noms des enseignants, ni de ceux des amis ou camarades. J'en avais quelques-uns. Il me reste vaguement quelques visages comme ça, un peu errants. Cet oubli-là a avalé presque 20 ans de ma vie. Parce que ça continue après. Je n'ai pas de souvenir des années de lycée », et au sujet de l’école il répond:«Ce qui me paraît le plus insupportable - et c'est aussi ce que fait notre société - c'est que l'école me séparait de moi-même. Ce n'était pas d'une personne, mais de moi-même, dans le vagabondage des heures, des humeurs. C'était ça dont j'étais séparé».

Après avoir suivi des études de philosophie, il travaille pour la bibliothèque municipale d’Autun, à l’Écomusée du Creusot et devient rédacteur à la revue Milieux.

Ses premiers textes, caractérisés par leur brièveté, datent des années 1980; ils sont publiés aux éditions Brandes, Paroles d’Aube, Le Temps qu’il fait, chez Théodore Balmoral, et surtout chez Fata Morgana (chez qui il publie notamment le particulièrement poétique Lettres d'or), puis en 1992, chez Gallimard. Il est à l'aise dans ce qu'il appelle le «fragment», ses ouvrages tenant à la fois ou séparément du roman, du journal et de la poésie en prose. C'est une écriture minimaliste, de petits tableaux représentatifs d’un moment.

Malgré le large succès de Une petite robe de fête, il reste un auteur assez discret, «amoureux du silence et des roses». «Ma vie», écrit-il dans Louise Amour, «s’était passée dans les livres, loin du monde, et j’avais, sans le savoir, fait avec mes lectures ce que les oiseaux par instinct font avec les branches nues des arbres: ils les entaillent et les triturent jusqu’à en détacher une brindille bientôt nouée à d’autres pour composer leur nid».

En 1992 Bobin rencontre un grand succès, grâce à un livre consacré à saint François d’Assise: Le Très-Bas, Prix des Deux Magots en 1993 et Grand prix catholique de littérature. Il écrit en 1996, La plus que vive, hommage rendu à son amie Ghislaine, morte à 44 ans d’une rupture d’anévrisme. Christian Bobin a également préfacé quelques ouvrages, notamment deux livres de Patrick Renou: Sorianoda (récit), Postface de Christian Bobin, Éditions de l’Envol, 1992; Tu m'entends ? (récit), Préface de Christian Bobin, Éditions Deyrolle, 1994 (rééd. Verdier).

En septembre 2006 est publié son dernier ouvrage en date: Une bibliothèque de nuages aux Editions Lettres Vives.


[modifier] Œuvres

  • Lettre pourpre (Ed. Brandes, 1977)
  • Le feu des chambres (Ed. Brandes, 1978)
  • Le baiser de marbre noir (Ed. Brandes, 1984)
  • Souveraineté du vide (Ed.Fata Morgana, 1985)
  • L’homme du désastre (Ed. Fata Morgana, 1986)
  • Dame, roi, valet (Ed. Brandes, 1987)
  • Lettres d’or (Ed. Fata Morgana, 1987)
  • Le huitième jour de la semaine (Ed. Lettres Vives, 1988)
  • L’enchantement simple (Ed. Lettres Vives, 1989)
  • La part manquante (Ed. Gallimard, 1989)
  • Éloge du rien (Ed. Fata Morgana, 1990)
  • La vie passante (Ed. Fata Morgana,1990)
  • La femme à venir (Ed. Gallimard, 1990)
  • L’autre visage (Ed. Lettres Vives, 1991)
  • La merveille et l’obscur (Ed. Paroles d’Aube, 1991) - Entretiens avec Christian Bobin
  • Une petite robe de fête (Ed. Gallimard, 1991)
  • Le très bas (Ed. Gallimard, 1992) - Prix des Deux Magots 1993, Grand Prix Catholique de Littérature 1993
  • Un livre inutile (Ed. Fata Morgana, 1992)
  • Isabelle Bruges (Ed. Le temps qu'il fait, 1992)
  • L’éloignement du monde (Ed. Lettres Vives, 1993)
  • L’inespérée (Ed. Gallimard, 1994)
  • L’épuisement (Ed. Le temps qu'il fait, 1994)
  • Quelques jours avec elles (Ed. Le temps qu'il fait, 1994)
  • L’homme qui marche (Ed. Le temps qu'il fait, 1995)
  • La folle allure (Ed. Gallimard, 1995)
  • Bon à rien, comme sa mère (Ed. Lettres Vives, 1995)
  • La plus que vive (Ed. Gallimard, 1996)
  • Clémence Grenouille (Ed. Le temps qu'il fait, 1996)
  • Une conférence d’Hélène Cassicadou (Ed. Le temps qu'il fait, 1996)
  • Gaël Premier, roi d’Abime et de Mornelongue (Ed. Le temps qu'il fait, 1996)
  • Le jour où Franklin mangea le soleil (Ed. Le temps qu'il fait, 1996)
  • Donne-moi quelque chose qui ne meure pas (Ed. Gallimard, 1996) - Photographies en noir et blanc d'Édouard Boubat accompagnées des textes de Christian Bobin
  • Autoportrait au radiateur (Ed. Gallimard, 1997)
  • Geai (Ed. Gallimard, 1998)
  • L’équilibriste (Ed. Le temps qu'il fait, 1998)
  • La présence pure (Ed. Le temps qu'il fait, 1999)
  • Autoportrait au radiateur (Ed. Gallimard, 2000)
  • Cœur de neige (Ed. Théodore Balmoral, 2000)
  • Tout le monde est occupé (Ed. Mercure de France, 1999)
  • Ressusciter (Ed. Gallimard, 2001)
  • La Lumière du monde (Ed. Gallimard, 2001)
  • L’Enchantement simple et autres textes (Ed. Gallimard, 2001)
  • Paroles pour un adieu (Ed. Albin Michel, 2001)
  • Le christ aux coquelicots (Ed. Lettres Vives, 2002)
  • Louise Amour (Ed. Gallimard, 2004)
  • Prisonnier au berceau (Ed. Mercure de France, 2005)
  • Une bibliothèque de nuages (Ed. Lettres Vives, 2006)

[modifier] Extraits

  • « Les hommes ? Non, je ne les vois pas. Et les pères encore moins. Et les maris pas du tout. C'est comme ça : je ne sais voir que les femmes et les enfants. Pour voir un peu de cette vie, il faut commencer par en oublier beaucoup » (Autoportrait au radiateur, page 28).

[modifier] Liens externes

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