Che Guevara
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Ernesto Rafael Guevara de la Serna, plus connu sous le nom de Che Guevara ou Le Che, né le 14 juin 1928 à Rosario, Argentine et décédé le 8 octobre 1967 à La Higuera (Bolivie), est un révolutionnaire marxiste et homme politique d'Amérique latine, dirigeant de la guerilla internationaliste cubaine.
Alors qu'il était jeune étudiant en médecine, Guevara voyagea à travers l'amérique latine, ce qui l'amena en contact direct avec la pauvreté dans laquelle beaucoup de gens vivaient. Son expérience et ses observations pendant ces voyages l'amenèrent à la conclusion que les inégalités socio-économiques pouvaient seulement être changées par la révolution, l'amenant à intensifier son étude du marxisme et à voyager au Guatemala pour y apprendre des réformes entreprises par le président Jacobo Arbenz Guzmán qui fut renversé quelques mois plus tard par un coup d'état appuyé par la CIA.
Peu après, Guevara joignit le mouvement du 26 juillet, un groupe paramilitaire dirigé par Fidel Castro, qui après plus de deux ans de guérilla, prit le pouvoir à Cuba en renversant le dictateur Fulgencio Batista en 1959. Il occupa ensuite plusieurs postes importants dans le gouvernement cubain, échouant en partie dans l'industrialisation du pays, et écrivit plusieurs ouvrages sur la pratique de la révolution et de la guérilla. En 1965, il quitta Cuba avec l'intention d'étendre la révolution au Congo-Léopoldville, sans succès, puis en Bolivie où il fut capturé et exécuté sommairement par l'armée Bolivienne entraînée et guidée par la CIA. <ref>Death of Che Guevara National Security Archive Electronic Briefing Book No. 5 - Declassified top secret document</ref> <ref>Rostow, Walter W. Memorandum for the President:"Death of 'Che' Guevara", dated 11 October 1967. Online at GWU National Security Archive accessed 08 October 2006.</ref><ref>Ryan, Henry Butterfield. The Fall of Che Guevara: A Story of Soldiers, Spies, and Diplomats, New York, 1998: Oxford University Press, pp 129-135.</ref>
Après sa mort, Che Guevara devint une icône pour les mouvements révolutionnaires marxistes du monde entier. Une photo de lui par Alberto Korda est considérée comme une des plus célèbres au monde.<ref>Maryland Institute of Art, referenced at BBC News, "Che Guevara photographer dies", 26 May 2001.Online at BBC News, accessed January 42006.</ref>
Sommaire |
[modifier] Biographie
[modifier] Sa jeunesse
Ernesto Guevara de la Serna est né le 14 juin 1928 à Rosario, Argentine, de Ernesto Guevara Lynch et Celia de La Serna, tous deux d'ascendance basque, irlandaise et espagnole. Il se pourrait que sa date de naissance officielle ait été reculée d'un mois pour éviter un scandale, car trop proche du mariage.
Ses parents étaient d'une aristocratie souvent désargentée penchant vers des idées de gauche non autoritariste, s'opposant notamment à Peron et à Hitler. Sa tante qui avait élevé sa propre soeur, la mère d'Ernesto Guevara, à la mort prématurée de leurs parents était communiste.
Ainé de 5 enfants, il vécut d'abord à Córdoba, la seconde ville du pays.
Dès l'age de trois ans, il appris le jeu d'échecs auprès de son père et commença à participer à des tournois dès 12 ans.<ref>Digital Granma Internacional, "Simultaneous chess game on 37th anniversary of Che’s death", 13 October 2004. Online at Granma International English Edition.</ref> Sa mère lui enseigna le français qu'il parlait couramment.
Ernesto Guevara de la Serna devint vite connu pour pour ses opinions radicales même comme jeune garçon. Il admirait Francisco Pizarro et aurait voulu être un de ses soldats.<ref>Anderson, Jon Lee. Che Guevara: A Revolutionary Life, New York: 1997, Grove Press, p. 446. </ref>
Toute sa vie il subit de violentes crises d’asthme, qui l'accablèrent dès l'enfance. Affrontant cette maladie, il devint un athlète accompli. Malgré l'opposition de son père, il devint joueur de rugby où il gagna le surnom de "fuser", (une contraction de "furibundo" (furibond) et du nom de famille de sa mère, "Serna") à cause de son style de jeu agressif. <ref>Anderson, Jon Lee. Che Guevara: A Revolutionary Life, New York: 1997, Grove Press, p. 28. </ref>
Durant son adolescence, il mit à profit les périodes de repos forcés de ses crises d'asthme pour étudier la poésie et la littérature, depuis Pablo Neruda en passant par Jack London, Emilio Salgari et Jules Verne, jusqu'à des essais sur la sexualité de Sigmund Freud ou des traités sur la philosophie sociale de Bertrand Russell. Il écrivit des poêmes (parfois parodiques) tout au long de sa vie comme cela est courant chez les latino-américains de son éducation. Il développa aussi un grand intérêt pour la photographie.
En 1948 il entreprit des études de médecine à Buenos Aires. Durant cette période, il songea à se marier avec une fille de la haute société argentine et à s'établir, mais il ne put mener ce projet à bien à cause de l'opposition de la famille de cette dernière, de sa propre personnalité déjà jugée anticonformiste et de son désir grandissant de voyages et de découvertes.
En 1951, son vieil ami d'extrême gauche Alberto Granado, biochimiste, lui suggéra de prendre une année sabbatique. De cette façon, ils purent concrétiser le voyage dont ils parlaient depuis longtemps, traversant l'Amérique du Sud sur une vieille moto Norton 500 cc surnommée La vigoureuse (La poderosa en espagnol) dans des conditions souvent précaires (dormant souvent volontairement dans la cellule d'un commissariat), avec pour objectif de passer quelques semaines comme volontaires dans la léproserie de San Pablo sur les bords de l'Amazone au Pérou. Guevara relate cette épopée dans Diarios de motocicleta : Notas de viaje por América Latina, (qui a inspiré, avec le témoignage Con el Che por Sudamérica de son ami Granado, un film en 2004 Carnets de voyage).
Au travers de ses propres observations de la pauvreté et de l'impuissance des masses, et influencé par ses lectures marxistes, il conclut que le seul remède aux inégalités sociales de l'Amérique latine était la révolution par les armes. Il fut conduit à considérer l'Amérique latine non comme un ensemble de nations distinctes mais comme une entité économique et culturelle requérant une stratégie continentale de libération. Cette conception d'une amérique latine unie et sans frontière partageant une culture métisse (mestizo) est un thème qui reviendra de manière importante dans ses activités révolutionnaires ultérieures. De retour en Argentine, il termina ses études le plus rapidement possible afin de poursuivre son périple en Amérique du Sud et reçut son diplôme le 12 juin 1953.
[modifier] Le Guatemala
Le 7 juillet 1953, il entreprit un long périple à travers la Bolivie, le Pérou, l'Equateur, le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras, El Salvador puis le Guatemala.
En Bolivie, il participe à l'été 1953 à la révolution sociale populiste du MNR, puis s'en détache avec indignation, estimant que cette révolution sociale reste entachée d'inégalités racistes.
Il arrive fin décembre 1953 au Guatemala, où le président de gauche Jacobo Arbenz Guzmán, qui sera accusé d'être crypto-communiste, dirige un gouvernement populiste qui à travers une réforme agraire et autres initiatives essaye d'éliminer un système de latifundia dominé par les Etats-Unis.
Dans une lettre à sa tante Beatriz, Ernesto Guevara explique sa motivation à s'établir dans ce pays: "Au Guatemala, je me perfectionnerai et accomplirai tout ce qui est nécessaire pour devenir un vrai révolutionnaire." <ref>Guevara Lynch, Ernesto. Aquí va un soldado de América. Barcelona: Plaza y Janés Editores, S.A., 2000, p. 26. "En Guatemala me perfeccionaré y lograré lo que me falta para ser un revolulcionario auténtico." Cette phrase montre que le désir de devenir révolutionnaire est antérieur au coup d'état fomenté par les états-Unis contre Arbenz. </ref>
Peu après son arrivée à Guatemala Ciudad, Guevara suivit les conseil d'un ami commun de rencontrer Hilda Gadea Acosta, une économiste péruvienne qui vivait et travaillait au Guatémala. Gadea, qu'il épousa plus tard, avait de nombreux contacts politique car elle était membre du American Popular Revolutionary Alliance (APRA) socialiste, dirigé par Víctor Raúl Haya de la Torre. Elle présenta Guevara à de nombreux responsables de haut niveau du gouvernement Arbenz mais aussi lui permit de renouer le contact avec un groupe d'éxilés cubain qu'il avait déjà rencontré au Costa-Rica, membres du mouvement du 26 juillet de Fidel Castro. Guevara joignit ces "moncadistas" dans la vente d'objets religieux liés au Christ noir d'Esquipulas, et il était aussi assistant de deux spécialistes vénézuéliens de la malaria à l'hopital local.
Les tentatives d'Ernesto Guevara d'obtenir un internat ne furent guère fructueuses et sa situation financière devint tès précaire, ce qui l'amena à vendre certains bijoux d'Hilda.
C'est pendant cette période qu'il obtint son surnom célèbre de "Che", à cause de son utilisation intensive de l'interjection argentine "che", qui signifie approximativement "hé", "mon pote" ou "mec" tel qu'employé familièrement en Français. L'Argentine, l'Uruguay, et le sud du Brésil sont la seule zone géographique (Rioplatense) où cette expression est utilisée.
Le président Arbenz était soupçonné d'être un agent communiste, et plaçait dans les rouages clés de l'état guatémalteque des agents communistes inconnus du grand public en tant que tels. Mais les communistes avaient peu de pénétration au sein de l'armée guatémaltèque. Les Etats-Unis, en conformité avec leur politique de contingentement, et avec les pactes de vigilance anti-communiste conclus avec les pays d'Amérique Latine suivaient de près l'évolution de la situation au Guatémala notamment avec leurs services de renseignement de la CIA.
La situation politique bougea beaucoup à partir du 15 mai 1954, quand une livraison d'armes et d'artillerie légère Skoda arriva de la Tchécoslovaquie communiste à Puerto Barrios à destination du gouvernement Arbenz à bord du bateau suédois Alfhem. La quantité d'armes était estimé à 2000 tonnes par la CIA <ref>U.S. Department of State, "Foreign Relations, Guatemala, 1952-1954". Online, accessed March 04 2006</ref> et seulement 2 tonnes par Jon Lee Anderson. <ref>Anderson, Jon Lee. Che Guevara: A Revolutionary Life, New York: 1997, Grove Press, p. 144</ref> (Peut être une erreur typographique étant le seul chercheur à citer ce chiffre).
Ernesto Guevara se rendit brièvement au Salvador pour renouveler son visa, et retourna au Guatemala quelques jours avant la tentative de coup d'état de Carlos Castillo Armas appuyé par la CIA. <ref>U.S. Department of State. "Foreign Relations, Guatemala, 1952-1954". Online, accessed March 04 2006</ref>
Les forces anti-Arbenz qui venaient du Honduras échouèrent à arrêter le transbordemment des armes, mais après une pause pour se regrouper, la colonne de Castillo Armas' repris l'initiative, surement aidé d'un support aérien américain. <ref> Holland, Max."Private Sources of U.S. Foreign Policy: William Pawley and the 1954 Coup d'Etat in Guatemala", Journal of Cold War Studies, Volume 7, Number 4, Fall 2005, pp. 36-73</ref>
Guevara avait hate de combattre pour cette cause de gauche révolutionnaire et joignit une milice créé par les jeunesses communistes mais il fut frustré par l'inaction de ce groupe. Oscillant entre son activité médicale et la mobilisation de volontaire pour monter une milice populaire, il assista impussant à la réussite du coup d'Etat.
Arbenz prit refuge dans l'ambassade mexicaine et demanda à ses partisans de quitter le pays.
Après que Hilda fut arrêtée, il se mit sous la protection du consulat argentin où il resta jusqu'à ce qu'il reçoive un sauf-conduit quelques semaines plus tard. A ce moment il déclina un vol gratuit pour l'Argentine que lui proposait l'ambassade, préférant se diriger vers le Mexique.
Le renversment du régime démocratiquement élu d'Arbenz par un coup d'état appuyé par la CIA (opération PBSUCCESS) renforça la vue qu'Ernesto Guevara avait des Etats-unis comme une puissance impérialiste qui s'opposerai implacablement et détruirait tout gouvernement qui essayerait de corriger les inégalités socioéconomiques endémique à l'Amérique du sud et aux autres pays en voie de développement. Il devint définitivement convaincu que que le socialisme atteint à travers le combat et défendu par une population armée était le seul moyen de rectifier une telle condition.
[modifier] Cuba
[modifier] Guerilla et Révolution
Che Guevara arriva à Mexico début septembre 1954, et peu après il retouva Ñico López et d'autres exilés cubains qu'il avait connu au Guatemala. En juin 1955 López le présenta à Raúl Castro. Quelques semaines plus tard, Fidel Castro arriva à Mexico après avoir été amnistié de prison à Cuba et le 8 juillet 1955 Raúl présenta Guevara à son frère ainé. Après une conversation d'une nuit entière, le Che devint convaincu que Fidel était le dirigeant révolutionnaire inspiré qu'il cherchait et il joignit immédiatement le mouvement du 26 juillet qui voulait renverser le gouvernement du dictateur Fulgencio Batista.
Bien qu'il ait été prévu qu'il soit le médecin du groupe, le Che participa à l'entrainement militaire avec les autres membres du mouvement, à la fin duquel il fut désigné par leur instructeur le colonel Alberto Bayo comme la meilleure recrue. <ref>Anderson, Jon Lee. Che Guevara: A Revolutionary Life, ISBN 0-8021-1600-0, New York:1997, Grove Press, p. 194.</ref>
Entre temps, Hilda Gadea était arrivé à Mexico et elle et Guevara reprirent leur liaison. Durant l'été 1955 elle l'informa qu'elle était enceinte, et il lui demanda immédiatement à ce qu'ils se marient. Leur fille, Hilda Beatríz, naquit le 15 février 1956.<ref>Taibo, Paco Ignacio II. Ernesto Guevara, también conocido como el Che, p. 104. voir aussi The Guardian online, Making of a Marxist, Online.</ref>
Il fit partie des 82 hommes (un des quatre non-cubain de l'expédition) qui partirent avec Castro en novembre 1956 pour Cuba, sur un petit yacht appelé Granma. Il furent attaqué juste après leur débarquement par l'armée de Batista qui avait eu vent de l'expédition. Le chiffre exact n'est pas connu mais il est certain que pas plus d'une vingtaine d'hommes survécurent, soit tués au combat, soit exécutés sommairement. Le Che écrivit que pendant cette confrontation il dut abandonner son sac d'équipement médical pour ramasser une caisse de munition abandonnée par un des ses compagnons en fuite. Plus tard il se rappella que ce moment marquait sa transition de médecin à combattant..<ref name="knapsack">"Quizás esa fue la primera vez que tuve planteado prácticamente ante mí el dilema de mi dedicación a la medicina o a mi deber de soldado revolucionario. Tenía delante de mí una mochila llena de medicamentos y una caja de balas, las dos eran mucho peso para transportarlas juntas; tomé la caja de balas, dejando la mochila …"'article in Verde Olivo, Havana, Cuba, 26 février 1961. Guevara, Ernesto Che. Pasajes de la Guerra Revolucionaria, Havana, Cuba: 1963, Ediciones Unión.</ref>
Les rebelles survivants se regroupèrent et fuirent dans les montagnes de la Sierra Maestra pour lancer une guerilla contre le régime de Batista. Là ils furent soutenus par les paysans locaux (guajiros ou montunos) qui souffraient d'abord du régime de Batista, et puis de la répression politique lancée contre la guerilla et ses partisans réels ou non qui les affectait directement. Le Che souligna l'importance de se faire accepter par la population en fournissant des soins dans les villages isolés ou en alphabétisant les nouvelles recrues au coeur de la jungle. Leurs forces grandirent tandis qu'ils gagnaient des armes et des recrues, avec le soutien logistique de la partie urbaine du mouvement de 26 juillet (non communiste, le partido socialista popular cubain n'aidant Castro qu'à partir du moment ou ils étaient certain de sa victoire, mi-1958) et des Etats-unis (qui voyaient en Castro un bonne alternative au régime corompu de Batista et auxquels il avait dissimulé ses objectifs communistes).
Che Guevara devint un dirigeant des rebelles, accédant au grade de Comandante (commandant), respecté par ses compagnons d'armes pour son courage, son obsession de l'exemple et ses succès militaires,<ref>U. S. Central Intelligence Agency, "CIA Biographic Register on Ernesto 'Che' Guevara". Online</ref> mais aussi craint par ce que certains ont décris comme de la cruauté : il fut lui même responsable (avec l'aval de Fidel Castro) de l'exécution sommaire de nombreux hommes accusés d'être des informateurs, des déserteurs ou des espions. Il protégeait cependant les soldats de Batista prisonniers de la vengeance de ses troupes avec la même vigueur qu'il avait à chatier les traîtres. <ref> Pacho O'Donnel, "Che, la vida por un mundo mejor", random house mandatori, 2003, p139 </ref>
Che Guevara fut aussi un des créateur de la radio clandestine Radio Rebelde en février 1958. Radio Rebelde diffusait des informations pour la population cubaine mais aussi servait de lien entre les différentes colonnes repartis sur l'île. <ref name="radio">Revolution! Clandestine Radio and the Rise of Fidel Castro By Don Moore</ref>
Après que les hommes du « 26 juillet » eurent repoussé les forces de Batista de la Sierra Maestra, base de départ de la guérilla, le Che fut envoyé dans la province de Las Villas, pour couper les forces gouvernementales en deux. Il fut choisit par Fidel Castro pour diriger une des trois colonnes qui traversa les plaines du Cauto. A la fin décembre 1958, il dirigea son "commando suicide" (qui entreprenait les missions les plus dangereuses de l'armée rebelle) <ref>Ernesto Che Guevara, "Suicide Squad: Example Of Revolutionary Morale (an excerpt from Episodes of the Cuban Revolutionary War - 1956-58). The Militant Online, accessed mars2006.</ref> dans la bataille de Santa Clara qui fut une victoire décisive pour les révolutionnaires.<ref> Castro, Fidel (editors Bonachea, Rolando E. and Nelson P. Valdés). Revolutionary Struggle. 1947-1958. Cambridge, Massachusetts and London: MIT Press, 1972, pp. 439-442.</ref>
Le pays était alors paralysé par une grève générale demandée par Castro. Batista, apprenant que ses généraux négociaient une paix séparée avec les dirigeants rebelles, fuit en République Dominicaine le 1er janvier 1959, juste avant l'arrivée triomphale des guérilleros (dits Barbudos) dans la Havane.
[modifier] Gouvernement révolutionnaire
Le 2 janvier, Che Guevara fut nommé par Fidel castro commandant et "procureur suprême" de la prison de la forteresse de Cabaña <ref> [http://www.open2.net/historyandthearts/philosophy_ethics/che_life.html Love And Violence]. BBC Open University. </ref>, et pendant les 5 mois à ce poste, <ref> Anderson, Jon Lee. Che Guevara: A Revolutionary Life, New York: 1997, Grove Press, p. 372 and p. 425 </ref> il supervisa les jugements et signa les exécutions de 55 à 550 personnes selon les sources. <ref> Skidmore, Thomas E. (and Peter H. Smith), Modern Latin America, 4th paperback ed., 2000, p 273. </ref> Les accusés étaient pour la plupart des officiels du régime de Batista déclarés responsable du pire de la répression, des membres du "bureau de la repression des activité communistes" (une unité de police secrète qui recourrait à la torture et à l'assassinat dans de véritables escadrons de la mort), des dissidents politique ou des militaires accusés de crime de guerre. Seuls les militaires et policiers étaient condamnés à mort, les civils étant dans un deuxième tribunal. <ref> Pacho O'Donnel, "Che, la vida por un mundo mejor", random house mandatori, 2003, p173 </ref>
Pour un procureur qui travaillait avec Guevara pour les accusations, les procédures étaient illégales car "les faits étaient jugés sans aucune considération pour les principes judiciaire généraux", "les éléments présentés par l'officier investigateur étaient considéré comme des preuves irréfutables", "il y a avait des membres de familles de victimes du régime précédent parmis les jurés" et "Che Guevara était aussi président de la cour d'appel".<ref>"Executions at La Cabaña fortress under Ernesto "Ché" Guevara", José Vilasuso, Online </ref> Ces exécutions inquiétèrent beaucoup les démocrates à Cuba et aux Etats-unis.
Le 7 février 1959 le nouveau gouvernement proclama Che Guevara "citoyen cubain de naissance" en reconnaissance de son rôle dans le triomphe des forces révolutionnaires. Le 22 mai 1959 le divorce avec Hilda Gadea (avec laquelle il était séparé avant même son départ pour Cuba) est prononcé, ce qui lui permet de régulariser la situation avec Aleida March, une cubaine du mouvement du 26 juillet, qu'il épouse le 2 juin de la même année. Il l'avait rencontrée dans la province de Las Villas en 1958.
Fidel Castro modifia la constitution du pays pour permettre à un étranger s'étant particulièrement illustré durant la guérilla et ayant reçu le grade de Commandant de pouvoir être membre du gouvernement. Cette modification ne concernait que l'argentin Guevara.
Le 7 octobre, Che Guevara assisté de son second Nathanael Bennoit, devint un des dirigeants de l'institut national de la réforme agraire et le 26 novembre président de la banque nationale de Cuba. Ce dernier poste était un peu ironique, car le Che condamnait l'argent et voulait son abolition. La signature sur les billets de banque ne portait d'ailleur que son surnom "Che". Billet de banque signé par le Che
Dès cette année 1959, Il aida à organiser des expéditions révolutionnaires à Panama et en République Dominicaine qui échouèrent toutes. <ref>Puerto Padre website, "Cronologia" (List of anniversaries) Online at Puerto Padre website</ref> <ref>Peña, Emilio Herasme," La Expedición Armada de junio de 1959", 14 June 2004.Online at 'Listín Diario (Dominican Republic)</ref>
A cette époque son goût pour les échecs revint et il participa à la plupart des tournois ayant lieu à Cuba tout en promouvant ce sport. <ref>chessgames.com, "Miguel Najdorf vs Ernesto Che Guevara" Online at chessgames.com</ref> <ref>ar.geocities.com/carloseadrake/AJEDREZ/, Ernesto "Che" Guevara – Ajedrez Online </ref>
Il visita Tokyo en juin 1959 pour évaluer la réforme agraire radicale effectué par les Etats-Unis après la deuxième guerre mondiale, notant que la réforme agraire cubaine offrait plus de propriété privé et un meilleur taux de compensation que ce qui avait été donné au Japon. <ref>Llovio-Menendez, Jose Luis Insider: My Hidden Life As a Revolutionary in Cuba : Bantam Dell Pub Group. 1988. 0553051148 p.17</ref> Après avoir négocié un accord commercial avec l'Union Soviétique en 1960, Che Guevara représenta Cuba dans de nombreuses délégations auprès de pays du bloc communiste ou du mouvement des non-alignés en Afrique et en Asie suite à l'imposition d'un embargo par les Etats-Unis qui est toujours en application fin 2006.
En 1960 Guevara fit parti des premiers secours aux victimes de l'explosion de la Coubre, un navire remplit d'armes à destination du gouvernement cubain, opération de secours qui devint encore plus dangereuse quand une deuxième explosion fit alors plus d'une centaine de morts. <ref>Cuban Information Archives, "La Coubre explodes in Havana 1960." Online, photos:
fotospl.com.</ref> Les causes de la double explosion n'ont jamais été clairement établis. Le gouvernement cubain accusa la CIA <ref>Defensa Nacional, "SABOTAJE AL BUQUE LA COUBRE" Online </ref> et William Alexander Morgan <ref>The Miami Herald, "Dockworker set ship blast in Havana, American claims". Online </ref> un ancien rival du Che dans la lutte anti Batista et soupçonné d'être un agent américain. Les exilés cubains (anticastristes) avancèrent la théorie que le sabotage avait été organisé par des opposants soviétiques à Guevara.<ref>Guaracabuya.org, "Recuento Histórico:El porque el PCC ordenó volar el barco "La Coubre".Online </ref> C'est au service commémoratif des victimes que la célèbre photo d'Alberto Korda du Che fut prise.
Celui-ci devient alors ministre de l'industrie.
Il s'inspira largement des théories et analyses marxistes pour mettre en place à Cuba une économie socialiste, et contribua à rapprocher l'île du bloc soviétique par la signature d'accords économiques.
Il fut confronté à de nombreuses difficultés dans ses tâches, l'économie cubaine étant souvent archaïque et décousue, donc peu encline à une rationalisation des moyens de production. En outre, Guevara fit une de ses priorités de lutter contre la bureaucratie naissante.
[modifier] Disparition de Cuba
En 1965, Guevara quitte Cuba afin de propager la révolution, soutenu par des volontaires cubains. Il se rend d'abord au Congo où il rencontre Laurent-Désiré Kabila et avec qui il organise le maquis d'Hewa Bora. Cette expérience africaine ne sera pas concluante. Rentré à Cuba, il repart pour la Bolivie où il tente de constituer une guérilla. Faute de pouvoir s'appuyer sur la logistique de ses partisans, il est finalement capturé en 1967 et exécuté à 13h10 par l'armée bolivienne, sur ordre de la CIA.
[modifier] Sa mort
De nombreuses questions restent sans réponse concernant la mort d'Ernesto Guevara. Le Che était devenu gênant pour beaucoup. Une entrave même pour certains. Électron libre ingérable aux yeux des Américains, il avait également critiqué publiquement le régime soviétique, accusé de ne pas être socialiste, notamment à travers son célèbre discours d'Alger (1964) qui précédait sa dernière guérilla, mettant Castro et le pouvoir révolutionnaire cubain dans une situation délicate vis-à-vis de l'URSS. Il a été exécuté par l'armée bolivienne sous les ordres du président René Barrientos Ortuño, en présence d'un agent de la CIA, Felix Ramos, dans une petite école où il était retenu prisonnier. Le rapatriement très tardif de sa dépouille à Santa Clara (Cuba), trente ans après sa mort (1997) est dû au fait que le gouvernement bolivien avait toujours refusé jusque là de révéler l'emplacement de la fosse dans laquelle avaient été jetés les corps. Toutefois, ses proches défendent que le Parti Communiste de Bolivie a fait acte de propagande contre le Che (désigné comme un bandit) en représailles de son discours d'Alger. De fait, en Bolivie, les guérilleros devaient être nourris par les paysans qui, au lieu de les cacher, les dénoncèrent contre les 50 000 dollars offerts pour sa capture.
Selon le géographe Yves Lacoste, l'échec du Che serait due à une erreur dans l'implantation géographique de la guerilla, dans une région où la densité de population était insuffisante pour obtenir le soutien paysan escompté (article de la revue Hérodote).
[modifier] Le personnage
Il est indéniable que le Che a été auréolé d'un certain mystère. Son histoire lui a conféré une aura de martyr qui ne doit pas masquer la complexité du personnage. L'intransigeance du Che doit être reliée à sa conception de la révolution et de l'histoire du monde, à savoir que, pour le Che, le monde était le terrain d'affrontement permanent entre bourgeois et prolétaires, et que toute faiblesse de la part des révolutionnaires serait chèrement payée. Les défenseurs du Che soulignent pour leur part que cette intransigeance et cette violence n'étaient jamais gratuites et qu'elles étaient liées aux nécessités de la révolution. La figure de Che Guevara est très populaire à Cuba et dans toute l'Amérique latine, les représentations de Guevara à Cuba sont très nombreuses.
[modifier] Controverses
Alors qu’il est considéré par certains comme un héros, notamment en raison du mythe qui s’est créé autour de sa personne, les opposants d’Ernesto Guevara, parmi lesquels on trouve la majorité des Cubains en exil ainsi que des réfugiés d’autres pays communistes, le considèrent comme un tueur et un terroriste. Un journaliste du New York Sun, Williams Myers, le qualifie même de « brute sociopathe », vision qui est partagée par un certain nombre d’autres auteurs américains. Ils soulignent que Che Guevara fut « personnellement responsable » de la torture et de l’exécution de centaines de personnes dans les prisons cubaines, et du meurtre d’un nombre encore plus grand de paysans dans les régions qui étaient contrôlées ou visitées par la guérilla. Ils estiment également qu’il était un tacticien maladroit, et non un génie révolutionnaire, n’ayant aucune victoire militaire à son actif. Certains pensent également qu’il a raté son école de médecine en Argentine, et qu’il n’existe aucune preuve de ses compétences médicales.
Ernesto Guevara fut aussi l’instigateur du système cubain de camps de travail forcé, ayant créé le premier de ceux-ci à Guanahacabibes afin de « rééduquer » les responsables des entreprises publiques qui étaient coupables de diverses entorses à « l’éthique révolutionnaire ». <ref> Samuel Farber, "The Resurrection of Che Guevara", été 1998. William Paterson University online, consulté le 7 octobre 2006.</ref> Longtemps après sa mort, le système cubain de camps servait encore à emprisonner les dissidents de la révolution.
En 2005, Carlos Santana ayant arboré un tee-shirt du « Che » à la cérémonie des Academy Awards, le musicien de jazz d’origine cubaine Paquito D'Rivera lui écrivit une lettre ouverte le fustigeant pour son support au « Boucher de la Cabaña », la Cabaña étant le nom de la prison où Guevara a supervisé l’exécution de nombreux dissidents parmi lesquels se trouvait le propre cousin de D’Rivera. D’après ce dernier, son parent fut emprisonné là en raison de sa foi chrétienne, et assista aux exécutions d’un grand nombre d’autres chrétiens dans cette prison. <ref> Paquito D'Rivera, "Open letter to Carlos Santana by Paquito D'Rivera in Latin Beat Magazine", 25 mars 2005. Find Articles Online, consulté le 7 octobre 2006</ref>
Ses détracteurs arguent que contrairement à l’abondante propagande le décrivant comme un guerrier extraordinaire, il était en réalité un piètre tacticien. Il ne parvint pas à gérer l’économie cubaine durant la période où il a supervisé le quasi-effondrement de la production de sucre, l'échec de l'industrialisation et l'introduction du rationnement total dans ce qui avait été avant la dictature de Batista un des quatre pays d'Amérique latine les plus dynamiques économiquement. <ref>History News Network, "Che Guevara... The Dark Underside of the Romantic Hero". Online, consulté le 26 février 2006</ref><ref>Free Cuba Foundation, "Che Guevara's Dubious Legacy". Online, consulté le 26 février 2006</ref>
Dans The Cult of Che, le journaliste Paul Berman critique vivement le film The Motorcycle Diaries, et montre que le culte moderne du Che occulte les épouvantables luttes sociales qui ont aujourd’hui lieu à Cuba <ref>Paul Berman, "The Cult of Che", 24 septembre 2004. Slate Online, consulté le 7 octobre 2006.</ref>. Il donne comme exemple l’emprisonnement de dissidents , tels que le poète Raúl Rivero, qui a été finalement libéré grâce à une campagne mondiale de solidarité organisée par le Comité international pour la démocratie à Cuba dont font notamment partie Lech Wałęsa, Árpád Göncz, et Yelena Bonner.
[modifier] Surnoms et pseudonymes
- « Che » est une exclamation (traduisible par « homme ») particulièrement employée en Argentine (che ven, qui signifie « viens ici toi ») et qui, par extension, est employée en Amérique centrale et à Cuba pour désigner les Argentins. Ce surnom, les années passant, ne désignera plus que le seul « Che Guevara ». Une autre hypothèse viendrait de son accent particulier. Il prononcerait donc les "s" [ch-], ce qui lui aurait valu le surnom de Che par dérision...
- Le nom de code d'Ernesto Guevara lors de son passage au Congo était Tatú. Ce mot signifie le chiffre trois en swahili, langue locale. Il fut surnommé Tatú Muganga, car il était médecin, et Muganda signifiant « celui qui soulage du mal » en swahili.
- Les noms de code d'Ernesto Guevara lors de son passage en Bolivie furent Ramón puis Fernando (après l'arrestation de Régis Debray).
- Pendant son voyage avec Granado, son surnom est Fuser venant de « Furibond » (« coléreux ») et de « Serna » (« Guevara de la Serna »).
[modifier] Citations
- « Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. » 11 décembre 1964, devant l'Assemblée générale des Nations-Unies.<ref>Rémi Kauffer, Historia, décembre 2006</ref>
- « Les exécutions sont non seulement une nécessité pour le peuple de Cuba mais également un devoir imposé par ce peuple. » 5 février 1959 <ref>Rémi Kauffer, Historia, décembre 2006</ref>
- « Celui qui n'a pas lu les quatorze tomes des écrits de Staline ne peut pas se considérer comme tout à fait communiste. » <ref>Rémi Kauffer, Historia, décembre 2006</ref>
- « La haine comme facteur de lutte ; la haine intransigeante de l’ennemi, qui pousse au-delà des limites naturelles de l’être humain et en fait une efficace, violente, sélective et froide machine à tuer. » <ref>Message à la Tricontinentale 1967</ref>
- « Soyez réalistes : demandez l'impossible » réf. nécessaire
- « Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. » réf. nécessaire
- « Les travailleurs cubains doivent petit à petit s'habituer à un régime de collectivisme. En aucune manière les travailleurs n'ont le droit de faire grève. » <ref>[1] 26 juin 1961</ref>
[modifier] Hommages
Bien que né en Argentine, il fut déclaré en 1959 « citoyen cubain de naissance » par Fidel Castro.
De nombreuses chansons rendent hommage au « Che », dont la fameuse Hasta siempre de Carlos Puebla, ainsi que La Mort du Che de Bernard Lavilliers.
[modifier] Filmographie
- El Che de Maurice Dugowson, 1997, 83min. documentaire historique
- Che Guevara : hasta la victoria siempre de Ferruccio Valerion, 2005, 55min. documentaire avec des images d'archives
- Carnets de voyage de Walter Salles, 2004, 2h06min. inspiration des notes prises par Ernesto "Che" Guevara lors de son périple à travers l'Amérique du Sud
[modifier] Bibliographie
- Ernesto Guevara, Textes politiques, Maspero, Paris, 1968.
- Jeannine Verdès-Leroux, la Lune et le Caudillo, Gallimard, Paris, 1989.
- Pierre Kalfon, Che, Points, Ed. du Seuil, Paris, 1997.
- Paco Ignacio Taibo II, Ernesto Guevara, connu aussi comme le Che, Payot, Paris, 1997.
- Miguel Benasayag, Che Guevara : du mythe à l’homme : aller-retour, Bayard, 2003.
- Marie-Dominique Bertuccioli, Juan Andrés Neira Franco, Che, Commandant, Ami, Graphein, 2000, Texte intégral
- Ernesto Guevara, Voyage à motocyclette, éditions Mille et une nuits (2001), ISBN 2842055810
- Alberto Granado, En voyage avec Che Guevara, éditions L'Archipel, ISBN 2841876918
- Carlos Tablada, Che Guevara : l'économie et la politique dans la transition au socialisme, éditions Pathfinder, ISBN 0-87348-885-7, Traduction française
- Fernando Garcia et Oscar Sola, Che, Rêve Rebelle, éditions La Mascara, ISBN 027098951
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
- Biographie sur marxists.org
- Biographie de Ernesto Che Guevara
- Article du Monde diplomatique sur la mort de Guevara
- (es)Che, Guía y Ejemplo: - Grande compilation d'images, de lettres, de rendez-vous, de vidéos du Che et de chansons consacrées à sa personne.
[modifier] Notes
<references/>
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