Charles d'Albert
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Charles, marquis d’Albert, duc de Luynes (5 août 1578 à Pont-Saint-Esprit - 15 décembre 1621 à Longueville près d'Agen) fut un homme d'État français, connétable et premier duc de Luynes.
[modifier] Biographie
Premier fils d'Honoré d'Albert (mort en 1592), seigneur de Luynes, qui était au service d'Henri IV de France. Son frère Honoré (1581-1649), premier duc de Chaulnes, fut gouverneur de Picardie et maréchal de France (1619), et défendit sa province avec succés en 1625 et 1635.
Il devient favori de Louis XIII grâce à leur passion commune pour la chasse. Le roi le fait alors conseiller d'État, gentilhomme ordinaire de la chambre, gouverneur de la ville et du château d'Amboise en Touraine et capitaine du château des Tuileries. Le 30 octobre 1616, il acquit la charge importante de grand fauconnier de France. En sa qualité de conseiller du jeune roi, il le pousse à sortir de leur disgrâce les vieux ministres d'Henri IV. Avec eux, il remet en honneur les maximes du grand roi.
Sans rompre avec l'Espagne, Luynes s'en dégage ; il renoue avec l'Angleterre et reprend en main la cause de l'indépendance italienne ; il resserre l'alliance avec Venise et avec le Piémont, marie la seconde sœur du roi, Christine de France, avec Victor-Amédée Ier de Savoie et négocie l'union de la troisième avec le prince de Galles. Il tient quelque temps la reine mère éloignée de la cour et des affaires sans rigueurs inutiles, puis il l'y ramène après l'avoir deux fois vaincue. Tour à tour, il s'accommode avec les grands et leur fait la guerre. Il incorpore à la monarchie le Béarn et la Navarre.
En 1617, il intrigua contre Marie de Médicis et complota l'assassinat de Concino Concini avec Vitry. On sait par plusieurs mémorialistes que Luynes avait déconseillé au roi d'exécuter Concini et avait même proposé la médiation de l'évêque de Carcassonne. Toujours est-il que Luynes devint alors le véritable maître du royaume, se faisant attribuer les biens de son prédécesseur et de son épouse, notamment le château de Lésigny, et couvrir de titres, devenant duc, pair, premier gentilhomme de la Chambre et connétable de France. Le fait qu'un petit noble comme Luynes, qui n'avait jamais fait la guerre, accède à la connétablie a beaucoup choqué, mais Luynes n'avait accepté cette charge que parce que le duc de Lesdiguières qui était protestant n'avait pas voulu abjurer sa foi pour obtenir cette promotion.
Luynes est considéré comme un piètre administrateur mais cette vision est peut-être du au fait que les principaux écrits de l'époque sont de Richelieu qui avait bien des raisons de haïr Luynes et de le rabaisser pour la postérité. On ne gardera donc de lui que l'image d'un homme qui n'a fait que suivre les vues politiques de la majorité des anciens ministres d'Henri IV (Villeroy, Brûlart de Sillery) qui témoignaient de sentiments pro-espagnols.
Il épousa Marie de Rohan Guémené (1600-1679) qui devint ensuite duchesse de Chevreuse par son mariage avec Claude de Guise.
Sa rapide ascension dans les hautes sphères de l'état lui fit beaucoup d'ennemis qui voyaient en lui un second Concini.
C'est à la suite du siège de Montauban, précurseur de celui de La Rochelle, que Luynes a succombé à Longueville le 15 décembre 1621, donnant son sang pour frayer la route au succès d'un autre.
Il a donc été, dans la mesure de son génie et des circonstances, le restaurateur de la politique d'Henri IV et le prédécesseur inégal et incomplet de Richelieu.

