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Catherine de Médicis

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Catherine de Médicis est née le 13 avril 1519 à Florence sous le nom de Catherine Marie Romola et décédée le 5 janvier 1589 à Blois.

Fille de Laurent II de Médicis (1492-1519), duc d'Urbino, et de Madeleine de la Tour d'Auvergne (1495-1519), elle grandit en Italie d'où elle était originaire de par son père. À la mort de ses parents, elle hérita les titres de comtesse d'Auvergne et de duchesse d'Urbino.

Par son mariage avec Henri II, elle fut reine de France de 1547 à 1559. Mère de François II, Charles IX, et d'Henri III, elle gouverna la France en tant que reine-mère et fut régente de France de 1560 à 1564.

Catherine de Médicis est une figure emblématique du XVIe siècle. Son nom est irrémédiablement attaché aux guerres de Religion contre lesquelles elle a lutté toute sa vie. Partisane de la tolérance civile, elle a de nombreuses fois tenté une politique de conciliation, avec l'aide de conseillers adroits.

Une légende noire qui la poursuit depuis longtemps, en a fait à tort une personne austère, attachée au pouvoir, voire une personne méchante. Aujourd'hui, Catherine de Médicis est réhabilitée par les historiens qui reconnaissent en elle une des plus grandes reines de France. Son rôle dans le massacre de la Saint-Barthélemy contribue cependant à en faire une figure controversée.

Sommaire

[modifier] La légende noire de Catherine de Médicis

[modifier] Historiographie

La personnalité de Catherine de Médicis est difficile à saisir parce qu'une légende noire est depuis toujours associée à son image. D'un tempérament jovial et optimiste, d'une grandeur d'âme, clémente et clairvoyante, Catherine de Médicis est devenue dans la mémoire collective l'incarnation de la noirceur, du machiavélisme et du despotisme. Cette désinformation historique est restée longtemps intacte du fait que les historiens ont eux-même véhiculé cette image sans aucun souci d'objectivité. Il a fallu attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que l'historiographie traditionnelle de la reine soit alors complètement remise en question (en particulier grâce à des historiens contemporains comme Jouanna, Bourgeon, Crouzet et Garisson).

Dès l'époque des guerres de Religion, les catholiques et les protestants ont raillé et méprisé la politique de tolérance de la reine-mère. Un véritable travail de propagande dressé contre les Valois a véhiculé une image complètement erronée de la reine. La mort du dernier des Valois en 1589 n'a pas permis sa réhabilitation. Au XVIIe siècle, on oublie que le travail accompli par Henri IV puis par Richelieu n'est que la continuité de la politique de Catherine de Médicis. Au XVIIIe siècle, les philosophes critiquent la monarchie absolue et la sage politique de la reine n'est désormais perçue que comme un despotisme oppressant et arbitraire. Sous la Révolution, le temps est à la dénonciation des rois et les révolutionnaires comme Marat reprennent avec obscurantisme les histoires les plus sordides pour vilipender la monarchie. C'est la Révolution française qui donne à la légende noire de Catherine de Médicis son aspect définitif. Au XIXe siècle, l'école républicaine et la tradition populaire pérennisent cette légende désormais rendue populaire par les romans historiques (comme Dumas).

Aujourd'hui, Catherine de Médicis est réhabilitée par les historiens. Toutefois, la tradition populaire persiste. Dans certains châteaux de France, certains guides continuent encore de raconter à tort que telle armoire de Catherine de Médicis a caché des poisons. C'est ce qui a façonné la légende noire de Catherine de Médicis.

[modifier] La légende

Image:ChateauBloisChambredeSecrets.jpg La légende noire de Catherine de Médicis a été entretenue jusqu'au milieu du XXe siècle et fait d'elle une femme dominatrice qui cherche à s'accaparer le pouvoir, qui n'hésite pas à utiliser les moyens les plus extrêmes, une adepte du machiavélisme, une italienne qui laisse la France gouvernée par des étrangers et une femme acariâtre dévorée de jalousie.

Quand Catherine devient régente de France, elle gouverne pour ses enfants qui sont trop jeunes pour régner par eux-même. Face aux différents partis religieux et politiques qui tentent de s'accaparer le pouvoir en faisant pression sur elle, Catherine essaye de rester ferme pour éviter l'effondrement du pouvoir royal. C'est de là qu'est née la légende d'une reine arriviste et despotique. Catherine de Médicis avait la légitimité avec elle. En tant que reine mère, préserver l'héritage royal de ses enfants était son rôle. Parce que la France est mise à mal par des factieux, faire respecter la monarchie et sauver l'intégrité du royaume était son devoir. Les catholiques lui reprochaient d'accorder trop de liberté aux protestants, les protestants de ne pas en accorder assez. Prise entre ces deux partis antagonistes, Catherine de Médicis a tenté tant bien que mal de maintenir sa politique.

Image:Noc św. Bartłomieja.gif Que n'a t-on pas dit sur ces fameux poisons ou sur ces meurtriers qu'elle aurait utilisé pour tuer ses ennemis. Les allégations selon lesquelles elle aurait fait empoisonner la reine de Navarre Jeanne d'Albret puis, involontairement, son fils Charles IX, sont l'œuvre de deux romanciers (Michel Zévaco pour la première et Alexandre Dumas pour la seconde) et ne reposent sur aucun élément tangible. Les romanciers et le cinéma sont en grande partie responsable de cette légende noire de la reine mère. Dans La Princesse de Clèves tournée en 1961, Catherine de Médicis utilise des nains espions et fait tomber ses ennemis dans des trappes qui donnent sur des profondes oubliettes. Les historiens ont cru à tort que c'était elle qui avait organisé le massacre de la Saint-Barthélemy. Certains l'ont même imaginée parcourant avec mépris les tas de cadavres des protestants massacrés dans la cour du Louvre, alors qu'en réalité la reine mère était à ce moment recluse dans le Louvre, enfermée dans la plus grande inquiétude.

Les adversaires de Catherine l'accusaient de louvoyer entre les partis et même de créer la discorde pour mieux régner. En réalité, Catherine de Médicis se méfiait de tous les partis et elle passa sa vie à tous les rabaisser pour n'en mettre en valeur qu'un seul, celui du roi. C'est la décrépitude du pouvoir royal et la faiblesse de ses moyens qui obligeait Catherine de Médicis à s'appuyer sur tel ou tel parti.

Pour beaucoup Catherine était considérée comme une étrangère. Il est vrai qu'elle avait un désastreux accent italien. Quand elle est arrivée en France pour épouser le duc d'Orléans, elle savait à peine parler le français. Mais la reine s'est toujours considérée comme une française, ce qu'elle était dans l'âme et dans le sang. La reine a effectivement introduit à la cour et au pouvoir certains de ses familiers d'origine italienne comme les Gondi et les Birague. Mais la plupart avait grandi en France et possédaient une culture et une intelligence raffinée. Leur politique fut toujours tournée au service de leur pays d'adoption.

Les écrivains ont eu tendance à exagérer la haine de Catherine de Médicis pour Diane de Poitiers, maîtresse de son mari. Il est vrai que Catherine n'avait guère de sympathie pour celle qu'elle appelait la putain du roi, mais de là à imaginer une revanche farouche à l'égard de la favorite, à la mort d'Henri II, c'est aller un peu loin. Les romanciers ont repris à tort que Diane de Poitiers avait en charge l'éducation des enfants royaux et que cela causait de l'amertume à la reine. En réalité, Catherine de Médicis veillait beaucoup plus à ses enfants que ne le faisait Diane.

[modifier] La personnalité

Catherine de Médicis est une reine-mère qui a consacré la plus grande partie de sa vie à préserver l'héritage de ses enfants. C'est une femme très déterminée, dont l'optimisme ont étonné ses contemporains. Avec l'âge et la multiplication des échecs, elle est devenue moins condescendante. Catherine de Médicis est très rigoureuse sur les questions de moralité. Elle fait très attention à la vertu de ses dames d'honneurs. Catherine de Médicis est parfois exigeante et a tendance à être une mère assez possessive. Héritière des Médicis et de leur goût pour les arts, Catherine de Médicis aime s'entourer de poètes, d'artistes et d'hommes de lettres. Elle protège les hommes comme Montaigne ou Ronsard. Elle crée une collection de portraits dessinés qu'elle acquiert auprès de portraitistes tel que François Clouet. À sa mort, sa collection de portraits comprenait de 600 à 700 dessins qui sont aujourd'hui éparpillés dans le monde.

[modifier] La jeunesse

[modifier] L'héritière des Médicis

Image:Louvre corot florence rf2598.jpg Née à Florence, le 13 avril 1519, Catherine de Médicis se retrouve très rapidement orpheline, puisque ses parents décèdent quelques jours après sa naissance. Placée sous la tutelle des vieilles tantes de sa famille, elle devient l'unique héritière de la fortune des Médicis et prend le titre de duchesse d'Urbino. Les Médicis ont joué un rôle important durant l'enfance de Catherine. Elle bénéficie de la protection de son oncle le pape Léon X, puis surtout celle de Clément VII, un autre de ses oncles, élu pape en 1523.

L'enfance de Catherine dans la ville de Florence est perturbée par la guerre que se livrent Clément VII et l'empereur Charles Quint. Les républicains florentins profitent de la défaite du pape et du désordre qui règne à Rome pour se révolter contre les Médicis et prendre le contrôle de la ville. En 1529, Catherine est prise en otage par les républicains qui menacent de la violer et de la tuer quand les troupes pontificales mettent en place le siège de la ville. Catherine n'a alors que dix ans et restera toute sa vie marquée par la cruauté politique de conflit. Pour la protéger, on la place dans un couvent de la ville où par souci de sécurité, on lui fait prendre l'habit de nonne. Une fois la ville de Florence soumise au pouvoir du pape et de l'empereur, Catherine est emmenée à Rome où désormais elle va grandir.

Placée sous la protection directe du pape, elle y reçoit une éducation très soignée. Elle bénéficie ainsi d'une culture raffinée et d'une connaissance profonde des théories humanistes et néo-platoniques. Sa vie en Italie prend fin en 1533 lorsque le pape fait alliance avec le roi de France, François Ier qui prévoit son mariage avec l'un de ses fils cadet, Henri alors duc d'Orléans.

[modifier] La dauphine de France

Image:Corneille de Lyon 001.jpg Catherine quitte Florence le 1er septembre 1533 à bord de la galère du pape. Elle apporte avec elle une dot de 100 000 écus d'argent et pour 28 000 écus de bijoux. Il avait été convenu dans le contrat que le pape procurerait une dot assez conséquente pour combler le trou des finances royales. Le mariage a lieu à Marseille en octobre 1533 en présence du pape venu s'entretenir avec le roi et lui remettre personnellement la main de Catherine. S'ensuivent des festivités somptueuses qui durent plusieurs semaines.

L'alliance avec le pape n'est finalement pas effective du fait de la mort de ce dernier, survenue l'année suivante. Au début de son mariage, Catherine n'occupe que peu de place à la Cour. Elle n'a pas quinze ans, ne parle pas bien le français et son jeune mari est plus intéressé par sa maîtresse Diane de Poitiers.

Le 10 août 1536 change le destin de Catherine. Le fils aîné de François Ier, François de France, meurt. Catherine devient dauphine de Viennois et duchesse titulaire de Bretagne (1536-1547). Elle prend progressivement sa place à la Cour. Mais Catherine et Henri n'ont toujours pas d'héritier (ils mettront dix ans à en avoir). Pour Catherine, la menace de répudiation plane dès 1538. Mais elle reçoit l'appui inattendu de Diane de Poitiers, sa propre cousine et celle d'Henri. Elle laisse Henri arborer partout les couleurs de Diane. Remarquée par son intelligence, Catherine est appréciée par le roi son beau-père. Du fait de sa culture et de son goût pour les lettres, Catherine se crée une amitié avec sa belle soeur Marguerite de France et la reine de Navarre Marguerite d'Angoulème avec lesquelles elle participe à des séances de réflexion.

C'est à cette époque que Catherine choisit son propre emblème : l'écharpe d'Iris (l'arc-en-ciel). Elle craint de plus en plus d'être répudiée. Finalement, elle accouche en janvier 1544 d'un héritier : François, futur François II de France. Elle aura dix enfants, dont sept ont survécu.

Lorsque François Ier meurt en mars 1547, Henri d'Orléans devient Henri II et Catherine reine de France.

[modifier] La reine de France

[modifier] Le règne d'Henri II

Au début, Catherine s'oppose à Diane de Poitiers, mais celle-ci reçoit bientôt tous les honneurs : elle est titrée duchesse de Valentinois. Dans le duel qui oppose La Châtaigneraie et Jarnac, Catherine prend même le parti de la duchesse d'Étampes, qui soutient Jarnac. Mais l'influence de Diane est toujours plus grande. Elle obtient la charge de l'éducation des enfants royaux, et les affronts envers la reine se multiplient.

Pour se consoler, Catherine réunit autour d'elle une cour de plus en plus italienne : Ruggieri, Simeoni, Strozzi, Gondi… Tous entrent bientôt dans l'appareil administratif royal. Le 10 juin 1549, Catherine est officiellement sacrée reine de France à la basilique de Saint-Denis, mais le sacre est entaché par une humiliante parade de Diane de Poitiers. À partir de 1552, Henri II reprend les combats à l'est du royaume. Pendant ce temps, Catherine est nommée régente et contrôle l'approvisionnement et le renforcement des armées, avec l'aide du connétable Anne de Montmorency. Peu après, elle est envoyée par le roi au parlement de Paris demander de l'argent pour poursuivre la campagne d'Italie. La situation est redressée en 1558 et la paix est signée en avril 1559 à Cateau-Cambrésis. Mais ce traité fait perdre l'essentiel des possessions italiennes à la France et Catherine est furieuse.

Le 10 juillet 1559 meurt Henri II des suites d'une blessure à l'œil, qu'il avait reçue lors d'un tournoi avec Gabriel de Montgomery. Catherine, pour marquer son chagrin, décide qu'elle ne s'habillera qu'en noir en signe de deuil (alors que le" deuil royal se marquait par le blanc). Elle change son emblème : la lance brisée, avec la devise : « De là viennent mes larmes et ma douleur » (Lacrymae hinc, hinc dolor)

[modifier] Le règne de François II

Image:Mary Stuart Frances of Valois.jpg Lorsque son fils François monte sur le trône, Catherine de Médicis intervient dans la redistribution des faveurs royales. Elle récupère les bijoux de la couronne que détenait Diane de Poitiers et échange avec elle le château de Chaumont contre celui de Chenonceau. Désormais, Catherine siège au conseil royal mais elle reste mise à l'écart des décisions car le pouvoir est placé entre les mains des Guise. François II a en effet confié les rênes du gouvernement à la famille de Marie Stuart, sa nouvelle épouse. Puissants, riches et apparentés à la famille royale (François de Guise est marié à Anne d'Este cousine du roi, et il est également le fils d'Antoinette de Bourbon) les Guise ont su se faire une place de première importance à la cour. Avec François II, ils écartent les Montmorency du pouvoir, et espèrent l'effacement de Catherine.

Le règne de François est marqué par les problèmes religieux. Jusqu'à présent Henri II avait réprimé très sévèrement les protestants. La mort de ce dernier encourage ceux-ci à se montrer au grand jour. La guerre civile menace et les Guise chef du parti des catholiques intransigeants sont pour une politique de répression. Catherine de Médicis ne l'entend pas ainsi. Elle joue au sein du conseil un rôle de contre-poids où elle se fait la médiatrice et l'écho du parti des modérateurs qui veut instaurer la tolérance civile. En 1560, les mécontents sont si nombreux qu'ils contraignent les Guise à écouter davantage la reine mère et finalement du fait de la montée du parti modérateur, l'influence de Catherine ne cesse de s'agrandir. Toutefois, elle fait cause commune avec les Guise à l'occasion de la conjuration d'Amboise et approuve la répression des rebelles huguenots.

La mort de François II, en décembre 1560, la blesse profondément, mais lui permet de prendre en main les rênes du pouvoir.

[modifier] L'exercice du pouvoir

[modifier] La Régence et la politique de tolérance

Image:CharlesIX03.jpg Le frère cadet du roi monte sur le trône sous le nom de Charles IX. Comme il n'a que 10 ans et qu'il est trop jeune pour régner, Catherine de Médicis est déclarée régente. C'est elle qui gouvernera à sa place le temps de sa minorité. À ses côtés se tient, Antoine de Bourbon premier prince du sang que Catherine avait réussit à évincer de la régence en le nommant lieutenant général du royaume. Avec Catherine de Médicis au pouvoir, c'est la voie de la modération et de la tolérance qui triomphe.

Catherine de Médicis est inspirée par deux courants : l'érasmisme, orienté vers une politique de paix, et le néoplatonisme, qui prône la mission divine du souverain de faire régner l'harmonie dans son royaume. Catherine de Medicis et le chancelier Michel de l'Hospital sont à classer dans le camp des « post-évangéliques », (qui regroupe également nombre d'abbés, d'évêques, de clercs et de gens du parlement à l'esprit éclairé). Les post-évangéliques convergent sur certains points avec les calvinistes du point de vue théologique. Ils ont la même conception augustinienne d'un homme absolument marqué par le péché. Ils s'écartent cependant du protestantisme sur le fait que, pour eux, l'homme a une part de libre-arbitre qui lui évite de tomber arbitrairement dans le bien ou le mal. L'homme est en collaboration avec Dieu pour faire le bien sur Terre.

Le château de Saint-Germain, où vit la cour en 1561 L'émergence de Catherine de Medicis et de Michel de l'Hospital sur la scène politique induit un relâchement de la pression sur les réformés. Ceux-ci dévoilent au grand jour leur foi et la cour installée au château de Saint-Germain voit l'arrivée en grand nombre des convertis.

Pour améliorer le sort de ses sujets prêts à s'entre-déchirer, Catherine de Médicis multiplie les tractations et les assemblées de décision. Dès décembre 1560, des États généraux regroupant les trois ordres de la société s'étaient tenus à Orléans, de nouveau durant l'été 1561. Enfin au mois de septembre se tient le colloque de Poissy destinés à réconcilier la religion catholique et la religion protestante. En agissant ainsi, Catherine de Médicis se met à dos le pape Pie IV et les catholiques intransigeants, mais l'optimisme de la reine-mère dépasse tout entendement.

Pour finir, le 17 janvier 1562, Catherine de Medicis promulgue l'Édit de Janvier qui constitue une véritable révolution puisqu'il remet en cause le lien sacré entre unité religieuse et pérennité de l'organisation politique. L'Édit de Janvier autorise en effet la liberté de conscience et la liberté de culte pour les protestants, à la condition que ceux-ci restituent tous les lieux de culte dont ils s'étaient emparés. Cet édit fait partie de la politique de concorde voulue par Catherine de Medicis et Michel de l'Hospital. Pour eux, les réformés ne sont pas la cause du mal qui s'est abattu sur la terre mais ils sont un agent de conversion que Dieu a envoyé pour éveiller l'humanité à la conscience de son péché. La mission des dirigeants politiques était donc pour Catherine de Medicis briser le cycle des violences qui sévissaient sur le royaume.

Mais l'Édit de Janvier échoue à cause des antagonismes trop forts qui opposent protestants et catholiques. Un triumvirat composé des trois anciens favoris d'Henri II s'opposent à la politique de tolérance de la reine-mère. Antoine de Navarre choisit le camps des catholiques et se met de leur côté. La position de Catherine de Médicis est difficile, elle espère un soutien de la part du prince de Condé, mais celui-ci est le chef des protestants.

La première guerre de Religion commence en mars 1562 avec le massacre de Wassy placé sous la responsabilité de François de Guise qui tente un coup de force ensuite à Fontainebleau pour obliger la reine mère à le suivre à Paris. Catherine de Médicis doit attendre la mort et l'emprisonnement des principaux chefs de guerre. C'est ainsi qu'un an plus tard elle parvient à ramener la paix. Tout en prenant ses distances avec les Guise, elle accorde finalement aux huguenots la paix d'Amboise en mars 1563. L'édit prévoyait déjà une certaine liberté de culte dans les maisons seigneuriales et dans les villes. En août 1563, Charles IX devient majeur. Catherine abandonne la régence, mais Charles IX la confirme immédiatement dans ses pouvoirs. Pour Catherine, l'heure est à la reconstruction car la guerre civile a entraîné de très grosses destructions.

[modifier] La politique du faste royal

Catherine de Médicis continue la politique fastueuse que son beau-père François Ier avait inauguré. La cour connaît à l'époque de Catherine de Médicis une vie de fêtes et de plaisir qui atteint son apogée. En février-mars 1564, la reine-mère organise dans le parc du château de Fontainebleau les plus somptueuses fêtes que le royaume ait jamais connues.

Quand les armes se taisent, la cour n'est que fêtes et parties de chasse. Catherine veut éblouir ses sujets et ses ennemis comme l'avait fait François Ier au Camp du Drap d'Or. Catherine s'entoure de femmes ravissantes qui attirent à la cour les hommes et les amènent à abandonner le parti de la guerre pour celui de la paix. Des ballets et des spectacles mythologiques mettent en scène la politique de tolérance de la reine ainsi que gloire de la France et de la maison royale. Les enfants de Catherine participent aux danses et se travestissent dans des spectacles qui mettent en valeur l'unité de la famille royale. Lors des entrées royales, des arcs de triomphes et des petites scènes animées louent le roi et son gouvernement. Catherine de Médicis s'entoure de poètes comme Ronsard qui ne tarit pas d'éloge pour elle. Charles IX est comparé à Mars et Catherine de Médicis à Junon.

Partout où elle passe, Catherine de Médicis entend faire oublier les destructions de la guerre et les dissensions religieuses. Les grandes fêtes de Fontainebleau marquent le départ du « tour de France » qu'entreprend la famille royale pendant deux ans. Voulu et organisé par Catherine, le voyage royal dure 28 mois. Il se termine le 1er mai 1566 à Moulins. Le roi parcourt la France et à chaque étape il fait son entrée royale. Catherine remet ainsi à l'honneur les entrées royales, elle veut faire connaître le jeune roi au peuple, le montrer.

Catherine entreprend aussi à cette époque des constructions et des transformations architecturales : elle fait édifer non loin du Louvre le château des Tuileries par Philibert Delorme et fait aggrandir le château de Chenonceau. Son plus grand chantier est celui du somptueux mausolée des Valois à Saint-Denis, construit à l'antique sous forme d'une rotonde qui tranchait radicalement avec le style moyen-âgeux de la basilique. Aujourd'hui disparu, ce monument élevé à la gloire des derniers Valois devait contenir tous les gisants de ses enfants disposés autour du monument dédié à elle et à son époux. On y trouvait les trois gisants du couple royal dont ceux réalisés par le Primatice et Germain Pilon. Elle rédige en 1564 une lettre pour son fils « pour la police de Cour et pour le gouvernement », série de conseils qui établit l'emploi du temps d'un roi et la manière de s'occuper de sa cour.

[modifier] Le temps des désillusions

Après quatre années de paix, le conflit religieux reprend. En 1567, le prince de Condé tente de s'emparer du roi par surprise. C'est la « surprise de Meaux » : Charles IX et Catherine se réfugient à Paris. Catherine est rejetée dans le camp des catholiques et renvoie Michel de l'Hospital en mai 1568. Elle lui impute l'échec de la politique de tolérance civile. De terribles guerres s'ensuivent, ruinant le pays. En 1570, elle pousse les protestants à accepter le traité de Saint-Germain, qui ne leur accorde plus que la liberté de conscience (à défaut de la liberté de culte).

La paix règne enfin et Catherine cherche une conciliation durable entre les deux partis religieux en organisant le mariage de sa fille, Margot avec le prince bourbon Henri de Navarre. Mais elle s'inquiète bientôt de l'importance grandissante du parti huguenot et de l'influence que prend sur le roi le parti belliciste qui veut porter la guerre aux Pays-Bas espagnols, et dont l'amiral de Coligny est le chef. Ce vieux chef de la Réforme rallie à lui les rancoeurs d'une noblesse turbulente et prépare l'attaque durant le mois de juin 1572.

Au mois de juillet 1572, Paris est au bord de la guerre civile, l'ordre menacé, Catherine se résout à faire abattre les principaux chefs huguenots montés à Paris pour les noces. Le massacre, dit de la Saint-Barthélemy, commence dans la nuit du 24 au 25 août 1572. Des thèses historiques contradictoires s'affrontent quant à la responsabilité de ce massacre des huguenots présents à Paris. L'une d'elle lui en attribue la responsabilité, mais d'autres insistent sur la volonté, alors latente, du jeune roi de se démarquer de l'influence de sa mère et de sa politique de tolérance. Ce massacre, qui fait plusieurs milliers de victimes à Paris puis en province, pèsera lourd sur la popularité de Catherine chez les protestants et dans l'Histoire. Deux ans plus tard, Charles IX meurt de tuberculose.

[modifier] La vieillesse de la reine mère

[modifier] L'intarissable recherche de la concorde

Catherine de Médicis (vers 1585)

Le duc d'Anjou, troisième fils de Catherine, succède à son frère sous le nom de Henri III. C'est son fils préféré, et sans doute le plus intelligent. Catherine le laisse gouverner par lui même. Elle quitte le Louvre pour son hôtel parisien qu'elle a fait construire non loin de l'église Saint-Eustache. Construit par Bullant de 1574 à 1584, cet hôtel dont il ne reste aujourd'hui que la grande colonne astrologique, se trouvait à l'actuel emplacement de bourse de commerce.

Sous le règne d'Henri III, Catherine ne cesse jamais de s'activer pour la paix du royaume. C'est elle qui mène les négociations et continue à voyager au travers la France pour faire respecter les édits de paix. Elle entame ainsi en 1578 un deuxième tour de France qui l'amène à Nérac où elle réconcilie sa fille Marguerite avec son époux le roi de Navarre. Catherine est particulièrement attentive à ce que l'entente règne dans sa famille. Elle joue le rôle de médiatrice pour réconcilier le roi avec son frère cadet François en constante rébellion.

Dans les années 1580, Catherine de Médicis a beau approcher soixante-dix ans, elle n'hésite jamais à payer de sa personne. En 1585, elle part dans l'Est rappeler les Guise à l'ordre. En 1586, elle entame dans le Sud-Ouest des négociations avec Henri de Navarre. Enfin lors de la Journée des barricades (1588), elle n'a pas peur d'affronter la rébellion parisienne, en parcourant les rues de Paris à pied et en se frayant un chemin parmi les barricades. À force de sa battre envers et contre tous pour la concorde, Catherine de Médicis est devenue aux yeux de ses contemporains une personne hors du commun qui impose le respect. Cependant, son entêtement à se battre inutilement pour une cause perdue la décrédibilise aux yeux d'un royaume qui veut en découdre avec son adversaire.

[modifier] Échec et fin de vie

Image:Château de Blois 11.jpg La fin de la vie de Catherine est marquée par les préparatifs de mariage de sa petite fille Christine de Lorraine qu'elle élevait auprès d'elle depuis la mort de la duchesse de Lorraine sa mère. Malheureusement, ces jours sont assombris par la montée en puissance de la Ligue catholique qui, à l'occasion de la journée des barricades, prend possession de Paris. Retenue recluse dans la ville, Catherine se fait l'intermédiaire du duc de Guise pour le réconcilier avec le roi, ce qu'elle croît avoir réussit, lorsqu'ils se retrouvent à Chartres. Catherine entreprend ensuite son ultime voyage lorsque la cour se rend à Blois pour la réunion des États généraux. À l'arrivée de l'hiver, Catherine prend froid et s'alite. Sa santé se dégrade subitement après l'assassinat du duc de Guise qui la surprend beaucoup puisque le roi ne l'avait pas avertie. Quelques jours plus tard, elle meurt, entourée de l'amour des siens mais complètement abattue par la ruine de sa famille et de sa politique. Comme la basilique de Saint-Denis est placée entre les mains des ligueurs, elle ne peut être enterrée dans le somptueux tombeau qu'elle y avait fait édifier pour sa famille. Sa dépouille n'y sera mise que vingt-deux ans plus tard et son monument sera détruit.

[modifier] Les enfants

Image:Insignes d'Henri II et Catherine de Médicis.JPG

[modifier] Corset et caleçon

Elle a imposé le corset pour une taille de guêpe et le caleçon lors des promenades à cheval aux dames de sa cour. Excellente cavalière, Catherine de Médicis importa en France la manière de monter en amazone, mise au point par Christine de Lorraine, sa petite-fille, qui était d'origine danoise du côté paternel.

[modifier] Catherine de Médicis au cinéma

Plusieurs actrices ont incarné le rôle de Catherine de Médicis qui a inspiré aussi plusieurs réalisateurs :

[modifier] Bibliographie

  • Jean-François Solnon, Catherine de Médicis, Perrin, 2003
  • Janine Garrisson, Catherine de Médicis : l'impossible harmonie. Payot, collection « Collection Portraits intimes », Paris, 2002. 165 p. ISBN 2-228-89657-8.
  • Denis Crouzet, Le haut cœur de Catherine de Médicis. Une raison politique aux temps de la Saint-Barthélemy, Albin Michel, coll. « Histoire », 2005 (ISBN 2226158820).
  • Jean-Hippolyte Mariéjol, Catherine de Médicis. – Paris : Tallandier, coll. « Biographie », 2005. – 646 p., 22 cm. – ISBN 2-84734-226-5.
  • Thierry Wanegffelen, Catherine de Médicis : le pouvoir au féminin. – Paris : Payot, coll. « Biographie Payot », 2005. – 444 p.-[8] p. de pl., 23 cm. – ISBN 2-228-90018-4.

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Liens externes

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