Francais | English | Espanõl

Castor (animal)

Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.

Pour les articles homonymes, voir Castor. Image:Disambig.svg

Castor
Image:Beaver01.jpg
Castor du Canada, Castor canadensis
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Rodentia
Famille Castoridae
Genre
Castor
Linnaeus, 1758
Taxons de rang inférieur
Parcourez la biologie sur Wikipédia :

Les castors sont des rongeurs semi-aquatiques vivant en Europe et en Amérique du Nord. Les castors sont principalement connus pour les barrages et les huttes qu'ils construisent sur les rivières.

Sommaire

[modifier] Étymologie

Le latin utilisait plusieurs mots pour désigner l'animal : d'une part le terme fiber et son équivalent d'origine celtique beber que l'on retrouve à l'origine de l'appellation de l'animal dans les langues germaniques (par exemple, beaver en anglais, bever en néerlandais ou Biber en allemand ), de l'autre le mot castor, que le français a conservé ainsi que les autres langues romanes (italien castoro, castillan et portugais castor).

Cependant, l'ancien français connaissait surtout le mot bievre, correspondant à beber, qui est à l'origine du nom de très nombreuses rivières dans de nombreuses régions de France et de Belgique où l'animal aurait été présent : la Bièvre, le Beuvron, la Vèbre, le Vébron, la Beuvronne, etc. On suppose à ce mot une racine indo-européen ne signifiant sans doute brun, qu'on retrouve dans le sanskrit babhrúh, qui a à la fois le sens de brun et celui de mangouste.

On ne connaît pas exactement l'origine du mot castor, qui a supplanté bievre en moyen français. Une explication farfelue attribue l'origine du mot castor au verbe latin castrare, castrer. Depuis l'Antiquité, le castor est chassé pour le castoréum, une substance sécrétée par des glandes sexuelles situées en-dessous de la queue et assimilées à tort aux testicules. Une fable d'Ésope raconte comment un castor, ne pouvant plus échapper aux chasseurs qui le poursuivait, se mutila pour éviter d'être pris<ref>Fables d'Ésope.</ref>.

D'autres ont avancé l'hypothèse que castor provient du mot grec kastôr (qui brille), surtout utilisé comme nom de personne. Cela serait lié à Castor, frère jumeau mythologique de Pollux et protecteur des femmes, le castoréum passant pour guérir les maladies de l'utérus.

L'explication la plus probable fait descendre le mot castor du mot sanskrit kasturi qui signifie musc, l'utilisation du castoréum en parfumerie étant connue par les Indo-Européens depuis l'Antiquité<ref>Bill Casselman's Word of the day: Castor.</ref>.

[modifier] Taxinomie

Le genre Castor est le seul membre de la famille des castoridae, famille crée par le zoologiste allemand Wilhelm Hemprich (1796-1825) en 1820. Il existe actuellement deux espèces: le castor canadien Castor canadensis (selon Kuhl, 1820) et le castor européen Castor fiber (selon Linnaeus, 1758). Une troisième espèce, le castor géant Castoroides ohioensis a disparu lors de la dernière ère glaciaire.

[modifier] Description

Le castor est particulièrement bien adapté à la vie amphibie. Il possède des narines obturables, une épaisse fourrure imperméable, de grandes pattes postérieures palmées et une queue large et aplatie en forme de truelle, couverte d'écailles qui lui sert de gouvernail lors de la nage. Il n'existe pas de différences notables entre le mâle et la femelle.

Il est le plus grand rongeur d'Eurasie et d'Amérique du Nord; il peut atteindre un mètre de long pour un poids de 20 à 30 kg et vivre jusqu'à 26 ans. Il est le deuxième plus gros rongeur au monde après le capybara qui vit en Amérique du Sud et pèse 50 kg.

La denture du castor est typique des rongeurs. Il ne possède pas de canines et ses incisives sont particulièrement développées, à croissance continue et taillées en biseau afin de pouvoir ronger des arbres. Sa formule dentaire est:

1.0.1.3
1.0.1.3

Étant principalement actif la nuit, le castor possède une mauvaise vue mais un bon odorat et une ouïe fine.

[modifier] Espèces

[modifier] Le castor canadien

Le castor canadien, Castor canadensis, est l'animal national du Canada et est imprimé sur la pièce de cinq cents canadienne. Cependant, le castor est considéré comme un animal envahissant dans plusieurs régions du pays.

Le castor du Canada est un très proche cousin du castor d'Europe. Il ne se distingue de ce dernier que par son pelage plus foncé et par le fait que l'os nasal de son crâne a des bords plus convexes. Il possède, également, huit chromosomes de moins que son homologue européen. Il est réputé pour savoir construire des barrages en bois dans les rivières où il vit.

[modifier] Le castor européen

Le castor européen, Castor fiber a aussi longtemps été chassé par l'homme pour sa fourrure, sa viande et le castoréum, si bien qu'il a failli disparaître totalement. Il aurait d'ailleurs disparu sans des mesures de protection qui furent prises en France en 1905 ou de réintroduction comme en Scandinavie (1925-1935), qui lui ont permis de recoloniser certains de ses habitats. Actuellement, le castor européen est une espèce protégée (Convention de Berne – Annexe 3) en cours de réintroduction ou de repeuplement dans plusieurs pays d'Europe. . Mais il pâtit de sa ressemblance avec le ragondin, espèce considérée, elle, comme nuisible.

En France, le castor est localisé dans le delta du Rhône où l'effectif frôlerait actuellement les 3 000 sujets. Cette population se répartit sur le fleuve lui-même mais également sur la plupart de ses affluents en aval de Lyon (dont le Gardon, la Cèze, le Chassezac, l'Isère, la Drôme, etc.) Certains individus se seraient également implantés récemment plus au nord jusqu'à la Saône et certains petits affluents du Jura français dont les conditions environnementales seraient plus favorables à leur habitat (notamment à cause de la pollution moderne du Rhône et de l'aménagement des berges et digues pour les besoins du trafic fluvial ou le contrôle des crues).

Des castors vivent également sur le Vidourle, un fleuve côtier qui rejoint directement la mer et non le Rhône. Ces castors posent donc un problème quant à leur origine. Dans son ouvrage « Au pays des castors », Paul-Henry Plantain mentionnait dans les années 1970 une colonie sur le Vidourle, récemment disparue. On peut imaginer que des animaux ont été importés sur le Vidourle de manière officieuse, mais la colonie considérée comme éteinte dans le livre de Plantain pourrait correspondre à un peuplement très ancien, distinct du rhodanien. Une étude génétique de ces animaux pourrait certainement lever le doute.

Depuis les années 1990, il est également en voie d'expansion sur le bassin versant de la Loire (Lignon de Haute-Loire, Loire en Forez et Roannais, Allier), et y est aujourd'hui bien présent jusqu'en Loire-Atlantique<ref>Image:Page white acrobat.png [ pdf</span>] La répartition du castor sur le bassin versant de la Loire et en Bretagne, sur le site de l'ONCFS</ref>. Les réintroductions n'expliquent qu'une faible partie de cette expansion, le dynamisme de l'espèce, sa capacité à franchir les obstacles topographiques (il semble avoir franchi seul la ligne de partage des eaux entre Rhône et Loire, en haute Ardèche), lui permettent de recoloniser et d'animer à nouveau des kilomètres de ripisylves alluviales, maintenant qu'il est complètement protégé.

En Belgique, après une réintroduction "sauvage" fin des année 1990, la population de castors est estimée à environ 400 individus. L'animal re-colonise progressivement tout le territoire, sans causer trop de problèmes dans les zones à forte population humaine. L'impact écologique du castor est incontestable. En "ouvrant" les fonds de vallée, et en inondant certains terrains, il recrée des zones humides propice au développement de la faune et flore (fleurs sauvage, insectes, batraciens, oiseaux, algues, poissons...).

Plusieurs centaines de castors vivent sur le Rhône, l'Elbe et en Scandinavie.

[modifier] Le castor géant

Le castor géant, Castoroides ohioensis constitue l'un des plus grands rongeurs qui ait jamais existé.

Ses caractéristiques physionomiques étaient impressionnantes, jusqu'à 2,4 m et près de 217 kg, de quoi rivaliser avec certains ours présents dans ces régions. Morphologiquement, ils étaient pourvus d'incisives pointues et d'un crâne allongé contrairement aux castors contemporains, ils avaient également une queue arrondie tel le rat musqué.

Son extinction remonterait à près de 10 000 ans, lors de la dernière ère glaciaire, ils auraient accompagné les mammouths et autres chevaux ancestraux. D'autres théories semblent pencher pour une extinction commune de ces espèces due à l'arrivée de l'homme sur ces terres, n'ayant pu s'adapter assez rapidement à cette nouvelle espèce ambivalente, elles auraient disparu.

Les plus vieux fossiles datent de 70 000 ans et ont été retrouvés près de Toronto, d'autres ont été retrouvés dans le Yukon.

[modifier] Mode de vie

Image:Biber-Brahe.jpg

Les mœurs aquatiques du castor, sa queue écailleuse et ses pattes postérieures palmées ont longtemps fait penser que sa partie postérieure était apparentée aux poissons. En 1737, Georges Buffon disait alors que le castor est «le seul qui ressemble aux animaux terrestres par les parties antérieures de son corps, paroisse en même temps aquatique par les parties postérieures. Il fait la nuance des quadrupèdes aux poissons».

[modifier] Alimentation

Le castor est exclusivement herbivore. Il est caecotrophe, c'est à dire qu'il digère deux fois ses aliments en ravalant ses crottes molles. Selon les saisons, il se nourrit d'écorces tendres, de pousses, de fruits, d'herbe, de feuilles... Il abat les arbres pour accéder aux feuilles en utilisant ses incisives très puissantes. Il peut abattre des arbres ayant jusqu'à un mètre de diamètre. Ses incisives poussent en permanence et il les aiguise en frottant celles du haut contre celles du bas.

En hiver, le castor se nourrit de branches qu'il a accumulées dans une réserve sous l'eau.

[modifier] Habitat

Image:Beaver lodge north of Saguenay, Quebec 2005-07-19.jpg Son milieu de vie est principalement aquatique. Il ne s'éloigne jamais de plus de 30 mètres du rivage. Il peut rester sous l'eau 15 minutes sans respirer.

Afin de construire son habitat, le castor abat principalement les arbres à bois tendre tel le bouleau, le saule, le peuplier, le tremble... mais apprécie également des bois plus durs tel le chêne, le frêne... Il ne ronge que rarement les résineux, et quasi jamais les aulnes.

Le castor vit dans une hutte. Cette hutte est généralement appuyée à la berge. Elle est construite avec des branches de bois et de la terre. La hutte est en général composée d'une entrée et de deux chambres. L'accès s'y fait essentiellement sous l'eau, mais la chambre principale est sous terre. Afin de renouveler l'air et de sécher la litière qu'il y amène, le castor intègre à sa hutte des conduites d'aération.

Sur un même site, on trouve plusieurs huttes de tailles différentes et dont la fonction varie selon les périodes de l'année. En hiver, c'est la hutte la plus proche d'une zone d'abattage qui sera le plus souvent utilisée, tandis qu'au printemps, certaines huttes seront plus occupées lors de la reproduction, les jeunes de l'année précédente seront chassés de la hutte principale à la naissance des petits. Les castors vivent en famille sur un territoire bien déterminé. La famille est composée des parents et de deux générations. Chaque année, lors des naissances, les jeunes de deux ans sont chassés du territoire et partent alors à la recherche de nouvelles zones à coloniser, et d'un(e) partenaire pour fonder une nouvelle famille. Lorsqu'un territoire est épuisé, la famille se déplace pour chercher une nouvelle zone riche en nourriture. Les berges délaissées se reboiseront progressivement pour redonner après quelques années un nouveau territoire nourrissant.

Le castor fabrique des barrages qui peuvent atteindre de grandes dimensions (plus de 75 mètres de long et plus de 1 mètre de haut). Il construit ces barrages afin de retenir l'eau et créer ainsi des zones dans lesquelles il peut se déplacer en toute sécurité. Le castor n'apprécie pas de circuler sur terre mais il doit malgré tout s'y rendre afin d'y chercher sa nourriture. Ces retenues d'eau lui permettent donc de se rendre à la nage sur les divers sites de son territoire. Cela lui permet également de ramener vers sa hutte le bois qu'il mangera, ou, qui lui servira dans différents travaux de réparation, ou de construction, d'une de ses huttes ou barrages. Le castor se crée des réserves de nourriture, sous l'eau, à l'entrée de sa hutte en prévision des grands froids (gel). Il a besoin d'un minimum de 30 cm d'eau pour se déplacer aisément. Les barrages et les huttes sont construits avec du bois de différents diamètres, et le tout est colmaté avec de la terre qu'il tasse avec ses mains (et non pas avec la queue comme on l'a longtemps cru). <div style="clear:both;" />

[modifier] Reproduction

Le castor est monogame et reste fidèle à sa partenaire tout au long de sa vie. La maturité sexuelle arrive vers l'âge de trois ans. Les jeunes castors sont alors chassés de leur cellule familiale. L'accouplement a lieu dans l'eau entre janvier et février/mars chez les deux espèces. La gestation dure un peu plus de cent jours. Une portée comporte généralement entre deux et quatre petits qui naissent avec une fourrure complète et les yeux ouverts, à l'intérieur de la hutte.

[modifier] Prédation

Le castor possède de nombreux prédateurs naturels tels que le loup, le coyote, l'ours brun et le lynx. En Europe, la plupart des prédateurs naturels ne sont pas présents ou ont pratiquement disparu.

[modifier] Pollution

Le castor semble bien résister aux polluants organiques. La qualité de l'eau ne constituerait pas un facteur limitant. Il semble cependant plus exposé à la pollution aux métaux lourds comme le cadmium car les saules qui constituent son alimentation de base l'accumulent<ref>Système d'informations sur la biodiversité en Wallonie, Le Castor eurasiatique (Castor fiber Linnaeus, 1758)</ref>.

[modifier] Modification de l'habitat

L'habitat du castor a fortement été modifié en Europe (rectification du tracé des rivières, barrage, culture,…). Les constructions des castors peut entraîner des dégats aux constructions humaines, d'où risque de conflits.

[modifier] Représentation

Le castor est l'emblème officiel du Canada et de l'État d'Orégon aux États-Unis. Étant considéré comme « l'ingénieur de la nature » grâce à ses constructions, il est la mascotte de plusieurs universités, comme le Massachusetts Institute of Technology, le California Institute of Technology ou l'Oregon State University.

[modifier] Anecdote

Au Moyen Âge, le caractère amphibie de l'animal l'a fait assimiler à du poisson au point de vue alimentation humaine (du moins pour sa queue). Ceci permit de transgresser artificiellement les règles des périodes de jeûne chez certains religieux catholiques<ref>Manger au Moyen âge, Bruno Laurioux, éditions Hachette Pluriel, p 115 </ref>. Voir aussi carême.

[modifier] Annexes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur les castors.

[modifier] Notes et références

<references />

[modifier] Voir aussi

bg:Бобри chr:ᏙᏯ da:Bæver de:Biber en:Beaver eo:Kastoro es:Castor et:Kobras fi:Majavat he:בונה (בעל חיים) ja:ビーバー ko:비버 lt:Bebriniai nl:Bevers nn:Bever no:Bever nrm:Bièvre pl:Bóbr (zwierzę) pt:Castor ro:Castor ru:Бобровые sv:Bävrar ta:பீவர் tr:Kunduz uk:Бобер

Outils personnels