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Caïn

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Image:Cain leadeth abel to death tissot.jpg Caïn (étymologiquement "acquisition" ou "chose acquise") est un personnage de la Bible et du Coran. Fils aîné d'Adam et Ève, il sera le premier meurtrier de l'Histoire en tuant par jalousie son frère cadet, Abel.

Sommaire

[modifier] Dans l'Ancien Testament

Cultivateur, l'offrande agricole qu'il fait à Dieu n'est pas agréée, à la différence de celle d'Abel, des premiers-nés de son troupeau et leur graisse. Caïn en est irrité, Dieu le lui reproche, et l'invite à changer d'attitude. Cependant Caïn tue son frère dans un excès de jalousie.

Les Ecritures n'indiquent pas comment Dieu a fait savoir qu'il approuvait une offrande et rejetait l'autre: quoi qu'il en soit, cela a dû être évident pour Caïn et Abel. Dieu, lisant dans le cœur de l'homme (1 Samuel 16:7, et Psaumes 139/1-6), connaissait la mauvaise habitude de Caïn, laquelle devint clairement manifeste aussitôt que Dieu eut rejeté son offrande. Caïn se mit aussitôt à pratiquer la querelle ou la jalousie, les excès de colère (Galates 5:19).

Maudit par Dieu et contraint au bannissement du sol, il clame que sa punition est trop lourde et qu'il risque d'être tué par le premier venu. Dieu, pour lui signifier la gravité de son acte l'a déclaré protégé (en le marquant du « signe de Caïn »), le laissant dans sa condition de fugitif jusqu'à sa mort. Le signe en question était vraisemblablement le décrêt solennel de Dieu. Caïn prit le chemin de l'exil et se fixa au pays de la fuite, à l'est d'Eden; il emmena avec lui sa femme, une fille non nommée d'Adam et Ève. Après la naissance d'Hénoch, Caïn se mit à bâtir une ville, qu'il appela d'après le nom de son fils. Selon les critères actuels, cette ville n'a pu être qu'un village fortifié, et les Ecritures ne disent pas davantage quant à l'époque où elle fut achevée. Ses descendances sont cités en partie et se distinguent par une vie de nomades et d'éleveurs de troupeaux, mais aussi par le maniement d'instruments de musique, dans le martelage d'outils, et dans la pratique de la polygamie et de la violence. La lignée de Caïn prit fin lors du Déluge à l'époque de Noé.

[modifier] La symbolique chrétienne de l'histoire de Caïn et Abel dans l'Ancien Testament

Abel est une victime de haute valeur symbolique, il est le type du juste persécuté, et une figure du Christ. Son sang est éloquent auprès de Dieu, mais celui de Jésus l'est plus encore (Hébreux 11:4 ; 12:24). Quant à Caïn, par son meurtre, il revèle la haine de l'homme qui, dès la Genèse, habite le cœur de ce dernier; il est le type du mauvais, celui qui hait le juste, son frère. Abel est le juste qui crut la promesse de Dieu qui s'accomplit par l'offrande de sang.

[modifier] Caïn dans le Coran

Caïn est cité dans le Coran comme étant un des fils d'Adam. Son nom n'est pas mentionné mais il est connu par les arabes et les musulmans comme étant dénommé قابيل ou Qabil.

Les deux frères Caïn et Abel ont fait chacun une offrande ou sacrifice à Dieu (Allah) mais seule celle de Abel fut acceptée. Par jalousie, Caïn promit alors de tuer son frère, mais celui-ci répondit: "Allah n'accepte l'offrande que de la part des pieux. Si tu étends vers moi ta main pour me tuer, moi, je n'étendrai pas vers toi ma main pour te tuer: car je crains Allah, le Seigneur de l'Univers ".

Caïn tua quand même Abel et un très profond sentiment de remords l'envahit, il devint ainsi parmi les perdants.

Caïn reste consterné devant le cadavre de son frère, il ne sait pas ce qu'il peut faire. Alors Allah lui envoie un corbeau qui se mit à gratter la terre pour lui montrer comment ensevelir le cadavre de son frère.

[modifier] Le mythe récurrent des deux frères rivaux présent dans plusieurs civilisations

Ce mythe est très répandu dans l'imagerie populaire. Ainsi les historiens font remarquer par analogie que très souvent, l'un des deux frères dans les récits tue l'autre et devient par là même la souche de la lignée postérieure. Il en va par exemple des deux frères jumeaux des mythes des populations sibériennes et des tribus amérindiennes, pour Osiris et Seth de la mythologie égyptienne, pour les frères Shun et Yao de la mythologie chinoise et enfin pour les fameux Romulus et Rémus dans le mythe de la fondation de la ville de Rome. Ainsi Caîn représente le mal de l'Homme et Abel le bien.

[modifier] Comme référence dans la littérature et la fiction

  • La Légende des Siècles de Victor Hugo consacre une centaine de vers sur le remords de Caïn, poursuivi par un œil omniprésent. Protégé par ses enfants, nomades, derrière des murs de toiles de tentes, de bronze et de granit, Caïn va jusqu'à s'enterrer, mais Hugo termine le poème par un magnifique « L'œil était dans la tombe, et regardait Caïn ».
  • Baudelaire écrira pour sa part Abel et Caïn, poème présent dans son recueil Les Fleurs du Mal à la section intitulée Révolte. La race de Caïn, laborieuse et affamée, écrasée par la punition séculaire pesant sur elle, y côtoie la race d'Abel, qui s'engraisse indéfiniment dans la grâce de Dieu. Mais Baudelaire termine le poème en annoncant la révolte des déshérités divins, gagnant le Ciel en balayant Dieu et ses favoris.

Il est difficile de ne pas y voir l'influence de 1848, de ses idéaux trahis par une république embourgeoisée, et du socialisme naissant.

[modifier] Voir aussi

da:Kain de:Kain en:Cain fi:Kain he:קין ja:カイン nl:Kaïn pl:Kain i Abel wa:Cayin

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