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Bataille du mont Cassin

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Bataille du mont Cassin
Image:Monte Cassino.jpg
Les ruines de l'abbaye du Mont Cassin
Informations générales
Date du 4 janvier au 19 mai 1944
Lieu Mont Cassin
Italie
Issue Victoire des Alliés
Belligérants
Afrique du Sud, Algérie,
Brésil, Canada,
États-Unis, France,
Inde, Italie, Maroc, Nouvelle-Zélande,
Pologne, Royaume-Uni,
Tunisie
Troisième Reich






Commandants
Harold Alexander


Albert Kesselring
Frido von Senger
Richard Heidrich
Forces en présence
.
Pertes
54 000 morts 20 000 morts
Seconde Guerre mondiale
Batailles

Seconde Guerre mondiale

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, la bataille du Monte Cassino fut une série de batailles livrées par les Alliés pour transpercer la ligne Gustave afin d'occuper Rome et rejoindre les forces débarquées à Anzio.

Des centaines de bombardiers y anéantirent l'abbaye du Mont-Cassin.

Après l'opération Husky (débarquement et prise de la Sicile par les Alliés) en septembre 1943, puis le débarquement en Calabre et la prise de Naples, le front d'Italie s'est enlisé. Certes les Allemands ne peuvent aligner qu'une armée réduite face aux Alliés, mais le front lui même se réduit à la largeur de la botte italienne, qui est bien plus facile à défendre que les immensités de l'espace russe.

L'Italie a théoriquement rejoint le camp allié, mais toutes les troupes italiennes ont été désarmées ou froidement exécutées par les Allemands. Ceux-ci ont installé une république fantoche et ultra-fasciste dans le nord de la botte, la république de Salò, dirigée par Mussolini. De plus, ils disposent de troupes peu nombreuses mais solidement installées sur la ligne de défense improvisée Gustave, qui utilise bien à son avantage les reliefs de la chaîne des Apennins, d'autant plus que sa longueur est très réduite, ce qui annule l'infériorité numerique allemande face aux Alliés.

Dans ces conditions, le maréchal allemand Kesselring barre fermement la route de Rome aux Alliés, d'autant plus qu'après la conférence de Téhéran, fin 1943 avec les Soviétiques, un autre front doit être ouvert en Europe occidentale. Le théâtre de la Méditerranée et des Balkans est relégué au second rang, au grand dam de la Grande-Bretagne, qui a bien du mal à influencer le cours des événements entre les deux grandes superpuissances : l'URSS et les USA.

Du point de vue géopolitique, Winston Churchill voulait contrer directement et immédiatement l'avancée soviétique déjà amorcée dans les Balkans. Du point de vue militaire de la topographie montagneuse qui favorisait la défense et les combats auraient été très coûteux. Le débarquement en Sicile a été seulement le préambule à la campagne d'Italie qui n'était que le prélude à l'invasion (nom anglo-saxon au débarquement en Normandie), en attendant que le renforcement en matériel et troupe fût prêt en Grande-Bretagne. L'entrée dans Rome, ville ouverte, le 6 juin 1944 correspondait au débarquement en Normandie qui ouvrait la Bataille de Normandie et la ruée vers la Seine en terrain plat et ouvert. Après la campagne d'Afrique du Nord, les États-Unis menaient de plus en plus les affaires militaires par la valeur relative de leurs engagements et l'URSS n'avait aucn intérêt à voir leurs ambitions en Méditerranée contrariées, dans la perspective de la Politologie.

Donc, début 1944, les Alliés ont choisi la Normandie, et le gros de leurs efforts se concentre sur la préparation de cette opération gigantesque. Dans ces conditions, les Alliés en Italie n'ont pas la priorité. De plus, les Allemands ne semblent pas près d'abandonner Rome sans en faire payer le prix fort.

[modifier] Déroulement de la bataille

Les Alliés veulent rompre la ligne Gustave pour pouvoir atteindre Rome, tandis que les Allemands essayent de freiner au maximum l'avance alliée. Le général Eisenhower, commandant suprême des forces alliées, le général Clark de la Ve armée américaine, et le général Leese de la VIIIe armée britannique, sont opposés au feld-maréchal Albert Kesselring, commandant en chef, et au général Von Vietinghoffde, commandant la Xe armée allemande .

Les Alliés engagent à l'origine 1 division blindée et 6 divisions d'infanterie, puis par la suite 3 divisions blindées, et 13 divisions d'infanterie, soit 300 000 hommes. Les Allemands ont au début, quant à eux, 4 divisions de Panzers et 5 divisions d'infanterie, auxquelles s'ajoutent par la suite 1 division de Panzergrenadiere et 5 divisions d'infanterie, soit 100 000 hommes. Il faut quatre opérations aux Alliés pour qu'ils parviennent à s'emparer du Mont Cassin et de son monastère, seule voie pour prendre Rome. La hauteur sur laquelle se trouve le monastère (435 mètres) est la clef du dispositif défensif allemand. Elle surplombe la ville de Cassino, ainsi que la route nationale, et domine les vallées du Rapido et du Liri. Durant trois mois, le général Von Senger und Etterlin renforce ses défenses. Le 14ème Panzerkorps et des bataillons d'élite de parachutistes et d'infanterie sont chargés de sa défense.

Au début du mois de janvier, les Alliés lancent une succession de raids de 3 000 bombardiers, contre les voies de communication allemandes. Le 15 janvier 1944, le 2ème corps américain du général Keyes, soutenu par le corps expéditionnaire français, prend le mont Trocchio.

Le 17 janvier 1944 commence la première bataille de Cassino. Initialement, un plan prévoyait que le corps expéditionnaire français, commandé par Juin, attaque le mont Santa Croce, tandis que le 2ème corps américain, avec une partie de la 1ère division de chars, marche sur les villes de Cassino et de Sant'Angelo, et que le 10ème corps britannique progresse vers Minturno. Toutes ces opérations doivent préparer l'opération Shingle, qui consiste en un débarquement à Anzio-Netturo, prévu pour le 22 janvier 1944, sur les arrières du flanc droit de la ligne Gustav. Lors de la première phase des opérations, le 10ème corps britannique du général McCreery parvient à franchir le fleuve Garigliano, près de son embouchure. Il arrive le 19 janvier près de Castelforte. A partir du 20 janvier, les Allemands lancent des contre-attaques qui sont repoussées au bout de 12 jours. Dans une seconde phase, le 2e corps américain du général Keyes lance la 36e division contre Sant'Angelo, appuyée par la 34ème division qui attaque Cassino. La tentative de franchissement du fleuve Rapido par la 36ème division échoue toutefois le 20 janvier 1944. La 34e division réussit presque à prendre Cassino et le monastère : ils arrivent à 300 mètres seulement de l'objectif. Lorsque la 4e division indienne vient relever les Américains, la division ne compte plus que 840 hommes sur les 3 200 au début de l'attaque. Au début du mois de février, les Allemands ont reconquis la majeure partie du terrain perdu. Le 6 février 1944, la 36e division américaine est relevée par la 2ème division néo-zélandaise. Le 20 janvier, le corps expéditionnaire du général Juin progresse et s'empare du mont Santa Croce. Les troupes débarquées à Anzio sont, quant à elles, immobilisées par les forces allemandes.

Du 15 au 18 février 1944 se déroule la seconde bataille du mont Cassin. La 4e division indienne et la 2e division néo-zélandaise se préparent à prendre d'assaut le mont Cassin, en passant par la crête de la Tête de Serpent, et à également s'emparer de la gare du chemin de fer. Le 15 février 1944, le commandement allié ordonne le bombardement du monastère du mont Cassin. 224 appareils larguent 420 tonnes de bombes qui rasent le monastère : les Alliés pensaient que des observateurs allemands se trouvaient sur les toits, ce qui était faux. La destruction du monastère permet toutefois aux Allemands d'en faire une veritable forteresse. L'attaque terrestre est donnée le 16 février. Les Néo-Zélandais prennent la gare du mont Cassin, mais doivent peu après s'en retirer. Le 17 février, la 78e division britannique se joint au corps néo-zélandais, mais le lendemain, l'opération est suspendue. Le mauvais temps neutralise les mouvements durant 3 semaines. Du 14 au 22 mars, la bataille reprend. Freyberg attaque en direction du sud, le long des deux rives du fleuve Rapido, après des bombardements intensifs. Les Alliés veulent s'emparer de la ville du mont Cassin, mais après 6 jours de combat, le corps néo-zélandais est obligé de se retirer.

La VIIIe armée Britannique est alors redéployée en secret. Le plan prévoit une attaque du 2e corps polonais contre le monastère par le nord, tandis que le 13e corps britannique franchit le fleuve Rapido pour couper la route nationale et isoler la ville. Les Français attaquent avec le 2e corps américain, plus au sud, de part et d'autre de Sant'Andrea. Les Allemands ont envoyé leurs réserves vers Anzio, où ils prévoyaient une tentative de percée des Alliés. L'offensive contre Cassin commença le soir du 11 mai 1944. Une intense préparation d'artillerie de 2 000 canons précède l'attaque. Le 13 mai 1944, les Français atteignent et occupent le confluent du fleuve Liri et du fleuve Garigliano.

Une attaque aérienne détruit le quartier général de la Xe armée allemande. Deux jours plus tard, les Américains atteignent Spigno. Le 17 mai 1944, Kesselring ordonne à ses troupes de laisser Cassin de côté. Le même jour, la route nationale est coupée par le 13e corps, et les Polonais lancent l'assaut sur le monastère, qui tombe le 18. Les Alliés ont perdu environ 115000 hommes (tués et blessés), et les Allemands 60000. Le 20 mai, les Allemands - qui battent en retraite - voient leur situation s'aggraver : le 23 la percée des troupes alliées les encercle dans Anzio. La route de Rome est ouverte. Le 4 juin 1944, la capitale italienne est occupée. Peu après, 5 divisions sont retirées d'Italie pour participer à l'opération Anvil : le débarquement allié qui se prépare en Provence.

[modifier] Crimes de guerre

Le corps expéditionnaire français, dirigé par le général Alphonse Juin, constitué notamment de soldats marocains, algériens, tunisiens et sénégalais des colonies françaises, se rendit coupable de crimes de guerre à la suite de cette bataille, dans les environs de la région de la Ciociara. Destruction de villages, vols et violences, mais surtout viols de masse (et assassinats de ceux qui essayaient de les défendre) se multiplient autour du Monte Cassino. Les chiffres varient entre 700 et 2000 femmes violées, et environ 800 morts. C'est de ce triste épisode que vient l'expression populaire italienne « marocchinare » qui signifie violer.

Ces évènements servent de toile à un roman d'Alberto Moravia (La Ciociara), ainsi qu'au film de Vittorio de Sica, La Paysanne aux pieds nus.

[modifier] Bibliographie

  • Gerhard Muhm : German Tactics in the Italian Campaign.
  • Gerhard Muhm, « La tattica tedesca nella campagna d'Italia », in Linea gotica avamposto dei Balcani, a cura di Amedeo Montemaggi - Edizioni Civitas, Roma 1993.
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