Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
[modifier] Les bals de Paris
[modifier] Les bals particuliers
- Ces deux derniers étaient certainement les plus « chauds » de Paris...
[modifier] Les bals publics
- Des bals ont existé de tout temps, peut-être à Lutèce, sous les gallo-romains, sûrement au Moyen Âge et à la Renaissance, où ils sont attestés par plusieurs auteurs.
- A l'époque moderne, ils débutent le 31 décembre 1715, lorsque le Régent ouvrit la salle de l’Opéra de Paris, trois fois par semaine, pour y danser. De nombreux théâtres imitèrent cet exemple au XVIIIe siècle (Comédie-Française, Opéra-Comique, Comédie-Italienne).
- Sous la Révolution française, la liesse multiplia les bals publics. En 1790, il y avait environ quatre cents bals à Paris.
- Le Directoire vit le succès du Tivoli, des Folies de Chartres au parc Monceau, du jardin Biron, du jardin Bourbon (Élysée), du pavillon de Hanovre, de l'Idalie (rue Marbeuf).
- Au milieu du XIXe siècle, c’est au bal Mabille (avenue Montaigne), entre 1840 et 1875, que Chicard introduisit le cancan, alors que Rigolboche et Céleste Mogador s'y produisaient.
Mais le bal Bullier de 1847 à 1907, fut le plus grand bal de Paris. Le vieux quadrille, danse collective, a disparu et l'on y danse polkas, valses et mazurkas, danses de couples s'il en est.
- Sous le Second Empire, on danse beaucoup dans les salons mais aussi en public et le bal de l’Opéra atteint son apogée ; à la même époque apparurent notamment :
- D'après Alfred Delvau, Les Cythères parisiennes. Histoire anecdotique des bals de Paris, Paris, Dentu, 1864.
- Sous la Restauration, on danse encore plus que sous le Premier Empire et les bals sont la grande distraction du soir. Le bal commence à 20 h 30 ou 21 h et se poursuit jusqu’à 4 h du matin.
- A la fin du siècle, aux succès du Moulin-Rouge, du Tabarin, du Moulin de la Galette, s'ajoutent ceux des bals de la rue de Lappe. Sans oublier les innombrables bistros où en dansait en poussant les tables, après le repas, spécialement chez les « Bougnats » dans les arrières-salles des « cafés-charbon ». Ces bals auvergnats s'appelleront vite « bals à la musette » (la musette ou cabrette est le nom de la cornemuse auvergnate), puis tout simplement « musettes ».
- Au début du XXe siècle, l'accordéon (qu'il soit chromatique ou diatonique) remplace la cabrette et s'installe dans les bals musette. La valse lente et la java supplantent la bourrée.
- Première Guerre mondiale : les bals sont fermés sur ordre du Préfet de la Seine.
- Les années 1920 à 1940 furent une période faste pour le musette : Paris compte plus de 300 bals, auxquels il faut ajouter les dancings, les guinguettes et les bals parquets de banlieue et de province. Là, valse chaloupée et java, nos danses « nationales », durent céder la place à leurs petites sœurs d'Amérique :
- Seconde Guerre mondiale : les bals sont fermés sur ordre du Préfet de la Seine.
- A la Libération, où l'on danse dans les rues, les bals retrouvent une glorieuse décennie. Et si l'on va danser quai de Grenelle (au bal de la Marine très mal famé) ou à la Bastille, rue de Lappe (avec les fameux Balajo et Bal Bousca), on y va aussi pour « s'encanailler ».
- Les bals doivent peu à peu céder la place aux surboums et autres surprises-parties, mais surtout aux dancings, night-clubs et autres boîtes de nuit, notamment à cause de la pression immobilière omniprésente.
- Peu subsisteront au-delà de cette décennie.
- Pour les hommes : des apaches, des soldats en permission, des gens de maison ; en fin de semaine : des artisans et ouvriers, des étudiants en goguette...
- Pour les femmes : des midinettes, des blanchisseuses, des gens de maison, des « gigolettes », des « lorettes » (courtisanes, grisettes, du nom du quartier de l'Église de Notre Dame de Lorette) en goguette et, en fin de semaine, des ouvrières...
- Sans compter les « bons bourgeois » qui venaient s'encanailler...
- Fermés pendant les deux guerres mondiales, les bals parisiens, symboles d'époques somme toute heureuses, avaient vécu. Ils avaient été le reflet de mœurs, de modes, de musiques, qu'on pourrait croire bien parisiennes, mais qui furent quasi universelles. Et c'est à ce titre qu'il faut s'en souvenir.
- Étienne-Junien de Champeaux, Physiologie des bals de Paris et de ses environs, Paris, Decaux, 1845.
- Louis Huart, Paris au bal. 50 vignettes par Cham (de Noé), Paris, Aubert, (1845).
- Brieux de Saint-Laurent, Quelques mots sur les danses modernes, Paris, Douniol, 1856.
- Alfred Delvau, Les Cythères parisiennes. Histoire anecdotique des bals de Paris, Paris, Dentu, 1864.
- Marquis de Rochegude, Guide pratique à travers le Vieux Paris, Paris, 1905.
- André Warnod, Les bals de Paris, Paris, Crès & Cie, 1922.
- François Gasnault, Les bals publics à Paris de 1830 à 1870 (thèse de l'École nationale des chartes), 1980, 4 volumes et 1 album. Publication : Guinguettes et lorettes : bals publics et danse sociale à Paris entre 1830 et 1870, Paris, Aubier, 1986 (ISBN 2-7007-2206-X)
- Figures du carnaval au temps de Balzac. 110 dessins et gravures de Gavarni, s.d.
- Michel Faul, Louis-Antoine Jullien : musique, spectacle et folie au XIXe siècle, éditions Atlantica, 2006 (ISBN 2-35165-038-7)
Fonds Eugène Wagner (Archives nationales de France, Dépôt légal : AB XIX 2931-2959). 28 cartons (AB XIX 2931-2959), 3,10 mètres linéaires. Don de M. et Mme Eugène Parfenot (1949). L'érudit Eugène Wagner avait commencé à réunir pendant la Seconde Guerre mondiale une documentation sur les concerts et bals de Paris au XIXe siècle. Il avait notamment entrepris le dépouillement systématique et exhaustif des quotidiens parisiens spécialisés dans la chronique des spectacles (L'Auvergnat de Paris, Le Courrier des théâtres, Le Ménestrel, Vert-Vert, la Revue et Gazette musicale de Paris, Le Corsaire, La Sylphide, La Mode, etc.). Sa mort l'empêcha d'exploiter ses recherches.