Autriche-Hongrie
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| Image:Location-Austria-Hungary.png L'Autriche-Hongrie en 1913. | |
| Langue(s) | Allemand et langues minoritaires (Autriche) Hongrois et latin (Hongrie) |
| Création | 1867 1 |
| Dissolution | 1918 2 |
| Capitale | Vienne |
| Superficie | 676 615 km² (1910) |
| Population | 51 390 223 hab. (1910) |
| Économie - PIB ([[{{{pib_année}}}]]) - PIB/hab. | {{{pib}}} {{{pib_hab}}} |
| Monnaie | Florin (1867-1892) Couronne (1892-1918) |
| Fuseau horaire | UTC {{{fuseau_horaire}}} |
| Domaine internet | {{{domaine_internet}}} |
| Indicatif téléphonique | {{{indicatif_téléphonique}}} |
| Hymne | {{{hymne}}} |
| 1. En remplacement de l'Empire d'Autriche. 2. Démembrement en Autriche, Hongrie, Tchécoslovaquie, État des Slovènes, des Croates et des Serbes (future Yougoslavie, par union avec le Royaume de Serbie) et parties de la Pologne, de la Roumanie et de l'Italie | |
L'Autriche-Hongrie est le nom du pays d'Europe centrale, gouverné par une double monarchie (Empire d'Autriche, et Royaume de Hongrie) de 1867 à 1918, créé à la place de l'Empire d'Autriche pour faire face à l'agitation nationaliste secouant les différentes minorités de l'Empire et pour satisfaire la noblesse hongroise, lors du Compromis Austro-hongrois (en allemand : Ausgleich).
En 1867, François-Joseph Ier, empereur d'Autriche, est couronné roi de Hongrie. Autocrate, il maintient la cohésion de l'État plurinational grâce à l'armée et à la bureaucratie.
La Double Monarchie est une expression que l'Autriche-Hongrie possédait en propre. L'aigle à deux têtes est un symbole bien antérieur à la constitution de cette double monarchie mais qui lui convenait parfaitement. On emploie aussi l'expression Monarchie danubienne.
La maison régnante des Habsbourg, dont les membres avaient le titre d'archiduc, était parfois qualifiée d'Archi-Maison (Erzhaus).
Les deux parties de l'Empire étaient séparées par un affluent du Danube, la Leitha, la partie autrichienne est la Cisleithanie (en-deçà de la Leitha), et la partie hongroise la Transleithanie (au-delà de la Leitha).
L'Autriche-Hongrie ne survécut pas à sa défaite de la Première Guerre mondiale, et fut démantelée par le Traité de Saint-Germain-en-Laye.
Sommaire |
[modifier] Histoire
Voir l'article détaillé Chronologie de l'empire austro-hongrois
[modifier] Naissance de l'Empire
L’Autriche-Hongrie en 1914 est un ensemble politique bâti par une dynastie sur sept siècles d’histoire.
La dynastie en tant que telle et sous le nom de Habsbourg prend naissance au Xe siècle avec Gontran le Riche, comte d’Altenbourg, d’Argau, l’actuel canton d’Argovie en Suisse.
Gontran le Riche (920-973) était lui-même le fils de Hugues I (940), comte d’Alsace et divers autres territoires, dont l’Argovie, héritier de la Première dynastie de Lorraine. Remontant au IVe siècle, jusqu’à Hortar, duc des Alamans, décédé en 350.
Du Xe siècle, de Gontran le Riche à Rodolphe Ier, au XIIIe siècle, les Habsbourg se sont cantonnés dans leurs possessions de Haute Alsace et de Suisse, asseyant leur puissance sur d’immenses et riches territoires.
Ils n’étaient cependant que de grands seigneurs, sous la suzeraineté de plus puissants, comme le Roi de France – le premier, Hugues Capet couronné en 987 – ou l’Empereur du Saint Empire Romain Germanique, aux mains des Saxe et des Hohenstaufen. Ils se mariaient avec des princesses de même rang, mais sans jamais conclure un mariage royal.
En 1273, Rodolphe de Habsbourg (1218-1291), comte d’Alsace, fut élu Roi des Romains, par les Électeurs du Saint-Empire Romain Germanique, car il était suffisamment puissant pour être digne de l’élection mais pas assez pour porter ombrages aux autres dynasties allemandes, telles que les Welf, Wettin, et Hohenstaufen, qui se partageaient habituellement la dignité impériale.
En 1282, il persuada les Électeurs de ratifier la cession de l’Autriche, laissée libre par l’extinction de la dynatie des Babenberg et de la Styrie à ses fils Albert (1248-1308) et Rodolphe (1271-1290).
Ce fut le début de la presence des Habsbourg en Autriche. A la mort de Rodolphe Ier, les Électeurs choisirent le nouvel empereur en dehors de la dynastie des Habsbourg, dont la puissance commençait à inquiéter.
La couronne impériale ne quitta plus la Maison d’Autriche à partir du règne d’Albert V, de 1438 à 1918, sauf pour une courte période au début du XVIIIe siècle.
Le titre d’Archiduc d’Autriche fut créée pour Rodolphe IV (1339-1365) en 1363.
Dès lors la dynastie des Habsbourg accrut sa puissance territoriale et politique par une série de grands mariages, justifiant la devise « Alii bella gerant, tu felix Austria nubes » ( Les autres font la guerre, toi, heureuse Autriche, tu te maries)
En 1421, Sigismond de Luxembourg, Empereur, roi de Bohême et de Hongrie, donne sa fille unique, Elisabeth, en mariage à Albert V (1397-1439), duc d’Autriche, puis Empereur. Ils n’eurent que des filles. Et l’héritage Habsbourg, ainsi que la couronne impériale échut à son cousin, Frédéric de Habsbourg (1415-1493), duc de Styrie, titré Frédéric V de Habsbourg et Frédéric III pour l’Empire.
En 1477, Frédéric III, qui ne fut pas le plus brillant des Empereurs, ni même des Habsbourg, conclut le mariage de son fils unique Maximilien(1459-1519) avec Marie de Bourgogne(1457-1482), fille de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Elle était la seule héritière de l’héritage le plus fabuleux d’Europe : la Bourgogne soit une grande partie de l’est de la France, de la Belgique et des Pays-Bas actuels.
On lui doit la maxime AEIOU soit Austria Est Imperare Orbi Universo (Il appartient à l’Autriche de régner sur le monde)
Maximilien Ier, Archiduc d’Autriche, Empereur, duc de Bourgogne devint alors le seul véritable adversaire du Roi de France, qu’il menace par l’étendue de ses territoires.
Il réussit également à conclure des mariages pour ses descendants.Il maria son fils unique, Philippe (1478-1506) avec Jeanne (1479-1555), princesse de Castille et d’Aragon, fille d’Isabelle la Catholique et de Ferdinand II d'Aragon, unique héritière de toute l’Espagne. Philippe de Habsbourg devint Philippe Ier Roi d’Espagne. Il maria son petit-fils Ferdinand (1503-1564), second fils de Philippe et de Jeanne, avec Anne (1503-1547) princesse de Bohême et de Hongrie. Il maria sa petite-fille Marie ( 1505-1558), future Régente des Pays-Bas, avec Louis (1506-1526) Roi de Bohême et de Hongrie. Louis et Marie étaient les enfants de Ladislas Jagellon, roi de Hongrie et de Bohême.
À sa mort à la bataille de Mohacs en 1526, Louis Jagellon laissa les royaumes de Bohême et de Hongrie à sa sœur Anne.
En 1519, l’Empereur Maximilien laissa comme héritiers son premier petit-fils, Charles Quint (1500-1558), Archiduc d’Autriche, Roi d’Espagne, duc de Bourgogne, souverain des Pays-Bas, Empereur et son deuxième petit-fils, Ferdinand, Roi de Bohême et de Hongrie.
Charles Quint, fut le seul Habsbourg à avoir en main la totalité de l’Héritage Habsbourg. En 1521 il confia l’administration des duchés autrichiens à son frère Ferdinand. Lors de son abdication en 1556, Charles Quint divisa son empire en deux : la partie espagnole, y compris les Pays-Bas échut à son fils Philippe II et la partie allemande, y compris les droits à l’Empire, à son frère Ferdinand. Les Habsbourg se divisèrent alors en deux branches : Les Habsbourg d’Espagne et les Habsbourg d’Autriche, unis par de multiples mariages consanguins.
Les couronnes ceintes par les Habsbourg, Empire, Hongrie, Bohême passèrent dans la descendance de Charles de Habsbourg, duc de Styrie, fils de Ferdinand Ier, les enfants de son frère Maximilien II, étant morts sans postérité mâle.
L’agrandissement des possessions Habsbourg se fit aussi par diverses conquêtes militaires, essentiellement au cours des XVII e, XVIIIe et XIXe siècles.
Sous le règne de Léopold Ier (1640-1705), eût lieu le siège de Vienne par les Ottomans. À la suite de leur défaite par le Traité de Carlowitz, en 1699, les territoires des Habsbourg s’enrichirent des territoires de l’est de la Hongrie et de la Croatie.
À cette époque, en 1700, mourut sans héritier le roi d’Espagne Charles II de Habsbourg, descendant direct de Charles Quint. À la suite du Traité d’Utrecht (1713) son royaume passa alors au petit-fils de Louis XIV, le duc d’Anjou. L’Autriche récupéra toutefois les Pays-Bas.
Au début du XVIIIe siècle, la dynastie des Habsbourg se trouvait dans une situation dynastique difficile. Comme leur cousin espagnol, les deux fils de Léopold Ier, Joseph (1678-1711) et Charles (1685-1740) n’avaient pas d’héritier mâle. À la mort de Joseph Ier, les couronnes échurent à Charles VI.
Charles VI n’avait qu’une fille, Marie-Thérése de Habsbourg (1717-1780) et son souci fut d’organiser sa succession à son profit. Par la «Pragmatique Sanction », en 1713, il fut décidé à la fois l’union indéfectible des couronnes d’Autriche, de Hongrie et de Bohême, et leur dévolution à son héritier quel qu’en soit le sexe. Cet accord signé par tous les grands états de l’époque ne réglait toutefois pas les problèmes de la Couronne Impériale, sur la dévolution de laquelle, Charles VI n’avait aucun pouvoir, puisqu’elle était élective. À la mort de son père en 1740, Marie-Thérèse vit son héritage immédiatement contesté par tous les autres souverains.
En 1736, elle avait été mariée à François Ier duc de Lorraine (1708-1765). La dynastie prit alors le nom de Habsbourg-Lorraine. Sous la pression du roi de France qui craignait de voir les Habsbourg trop près de son teritoire, il avait fallu que le duc de Lorraine renonçât à son duché au profit de la France. En compensation, on lui attribua la Toscane, où le dernier Médicis, Jean Gaston venait de mourir sans héritier. La Toscane, bien qu’État souverain, fut alors considérée comme partie de l’Héritage Habsbourg, et ce jusqu’en 1860, date de son annexion par le nouveau royaume d’Italie.
Mais Marie-Thérèse gagna la guerre de Succession d’Autriche et put régner jusqu’en 1780, en organisant de façon remarquable l’ensemble de ses états.
En 1765, à la mort de son père, François Ier de Lorraine, Joseph (1741-1790) fut élu empereur, alors que sa mère restait reine de Bohême et de Hongrie. Ils assurèrent ensemble la direction des affaires.
En 1772, elle annexa la Galicie, partie sud-orientale de la Pologne, après son premier partage. Elle s’était laissée entraîner dans cette guerre, injustifiable, par Frédéric II de Prusse et Catherine II de Russie.
À la mort de Marie-Thérèse, Joseph II hérita d’une situation financière saine et d'une armée mieux organisée que ne l’avait jamais connu l’empire hétérogène.
Joseph II, souverain éclairé, désireux du bonheur de ses peuples, selon la conception rationaliste du XVIIIe siècle, voulut réorganiser l’empire sous une forme plus centralisée. Il imposa la langue allemande comme langue unique d’administration, par souci d’efficacité, ce qui heurta les diverses nationalités de l’Empire. Il s’attaqua également au pouvoir de l’Église et sut organiser une école publique gratuite, ouverte à tous, la première en Europe, qui fonctionna parfaitement et sut créer les élites de la monarchie jusqu’en 1918. Elle permit notamment l’ascension sociales des classes populaires tout au long du XIXe siècle.
À sa mort, sans enfant, son frère Léopold II (1747-1792), jusqu’alors Grand-duc de Toscane par heritage de son père – où il laissa une œuvre administrative encore admirée aujourd’hui – monta sur le trône pour une courte période.
Son fils, François (1768-1835), eut à mener à partir de 1792, la guerre contre les révolutionnaires. Il y gagna la Lombardie et la Vénétie en Italie du nord mais y perdit la Belgique, par les traités de Campoformio en 1797 et de Lunéville en 1801.
Napoléon Ier proclama la fin du Saint Empire Romain Germanique, en créant de nouveaux royaumes et principautés, comme la Bavière, le Wurtemberg, la Saxe, la Hesse, le Grand duché de Bade et bien d’autres. François II, de dernier Empereur Romain, devint le premier Empereur d’Autriche sous le nom de François Ier, en 1804.
Le Congrès de Vienne en 1814 consacra cet état de choses. En Allemagne fut créée la Confédération Germanique, dont l’Empereur d’Autriche prit la présidence qui lui fut rapidement contestée par la Prusse.
Les territoires de l’Empire de François Ier étaient immenses : l’Autriche, la Hongrie, la Bohême, la Moravie, une partie de la Pologne et de l’Ukraine, la Croatie, une partie de la Serbie, l’Italie du nord (à l'exception du Piémont), près de 900 000 kilomètres carrés. Son frère, Ferdinand, régnait en Toscane, son influence sur les royaumes d’Espagne et de Naples était majeure.
À sa mort en 1835, il laissait une situation politique stable en apparence que la montée des nationalismes, issus des idées de la révolution française, allait bouleverser.
Son fils Ferdinand (1793-1875), bien que faible d’esprit, monta sur le trône, avec l’aide de Metternich, qui voyait en la personne du monarque non un individu mais un principe auquel rien ne devait déroger.
Les révolutions de 1848 obligèrent toutefois, après la fuite de Metternich, à un changement constitutionnel. L’Archiduchesse Sophie(1805-1872), l’Impératrice douairière, Augusta, demi-sœur de Sophie, et l’épouse de Ferdinand, née Marie-Anne de Savoie, décidèrent, dans ce qu’il est convenu d’appeler le “Complot des dames”, qu’il fallait donner à l’Empire d’Autriche un nouveau souverain, jeune. François-Joseph, fils de l’Archiduc François-Charles d'Autriche (1802-1878) et de l’Archiduchesse Sophie, neveu et héritier légitime de Ferdinand Ier, monta sur le trône en 1849, après l’adbication de ce dernier et la renonciation de son père. Cette accession ne fut toutefois pas admise par tous les Hongrois qui le considérèrent comme leur souverain jusqu’en 1867, date du compromis par lequel l'empire d'Autriche devint en une double monarchie (impériale et royale) rassemblant l'empire d'Autriche et le royaume de Hongrie.
L'accord austro-hongrois rééquilibrait le rôle de la Hongrie (Transleithanie) au sein de l’empire d’Autriche (Cisleithanie) en donnant naissance à la double monarchie d’Autriche-Hongrie. L'instauration du dualisme mit un coup d'arrêt aux projets fédéralistes ou « trialistes », ces derniers prônant l'instauration d'une troisième entité pour les Slaves du Sud. La Croatie fut abandonnée à la Hongrie, mais pas la Dalmatie, façade méditerranéenne de l'empire, qui demeura autrichienne, Vienne redoutant de voir se renforcer la partie hongroise de la monarchie.
François-Joseph ne put maintenir l'intégralité de son héritage. La prééminence de la Maison d'Autriche en Allemagne fut contestée par la Prusse, qui à la suite de l'Affaire des Duchés et de la défaite de Sadowa, y mit fin. La création de l'Empire allemand, à la suite de la défaite de la France à Sedan, consacra la première place des Hohenzollern en Allemagne. L'unité italienne, menée par Victor Emmanuel, Cavour et Garibaldi, avec l'aide de Napoléon III, mit fin, à la suite de la bataille de Solferino en 1859, à la présence autrichienne en Italie du Nord (à l'exception du Tyrol du Sud et de Trieste). Ayant abandonné toute idée d'expansion au sud et à l'ouest, François-Joseph se vit attribuer par le Traité de Berlin en 1878 l'administration de la Bosnie-Herzégovine, devenue autonome par le Traité de San Stefano. Il annexa ce territoire en 1908, dernière annexion Habsbourg, sans rencontrer de grande opposition de la part de la communauté internationale à l'exception de la Russie et de la France. La politique slave de François-Joseph s'opposait aux visées de l'Empire Russe dans les Balkans dans le démembrement envisagé de l'Empire Ottoman. Leurs ambitions réciproques furent l'une des causes de la Première Guerre Mondiale.
L'Empire d'Autriche-Hongrie était le deuxième d'Europe en superficie. Il comprenait en 1914 les régions suivantes (présentées ici avec leurs situations actuelles approximatives et leur date de rattachement à l'empire) :
- le Banat (Nord-est de Belgrade, à cheval sur la Serbie et la Roumanie) depuis 1718 au royaume de Hongrie.
- le royaume de Bohême (Ouest de la République Tchèque) depuis 1526.
- la Moravie (Est de la République Tchèque) depuis 1526.
- le royaume de Hongrie (Hongrie, Slovaquie, nord de la Croatie...) depuis 1526.
- la Bosnie-Herzégovine (idem) occupée militairement en 1878 ; annexée en 1908.
- le duché de Bucovine (Nord-est de la Roumanie) depuis 1775.
- le royaume de Dalmatie (Sud de la Croatie) depuis 1797.
- la Galicie (Sud-Est de la Pologne et Ouest de l'Ukraine) depuis 1772.
- les régions de l'Inn (Ouest de l'Autriche) depuis 1779.
- le duché de Salzbourg (Centre de l'Autriche) depuis 1805.
- la Grande Principauté de Transylvanie (en Roumanie) depuis 1699 au royaume de Hongrie.
- le Trentin (Nord de l'Italie) depuis 1803.
- Trieste depuis 1282.
En 1914, l'Empire représente un ensemble de 676 000 km² pour une population de 52.000 000.habitants dont la répartition est la suivante : Autriche 300 000 km² pour 28 500 000 habitants, Hongrie 325 000 km² pour 21 500 000 habitants, Bosnie-Herzégovine : 51 000 km² pour 2 000 000 habitants.
La nationalité se définissant alors lors des recensements par la déclaration d’usage de la langue se répartissent ainsi :
- Allemands : 12 000 000 h - Hongrois : 10 000 000 h - Tchèques : 8 500 000 h - Polonais : 5 000 000 h - Ruthènes : 4 000 000 h - Croates et Serbes : 5 500 000 h - Slovènes : 1 350 000 h - Roumains : 3 200 000 h
L'Empire comporte alors quatorze langues officielles et bien d’autres sous-groupes linguistiques. Et si l'allemand est la langue du commandement, les officiers doivent pouvoir parler les langues majeures afin d'être compris de leurs hommes.
Si l'Empire habsbourgeois connut un essor économique lié à la révolution industrielle (Vienne est alors une capitale économique très prospère) et une vie intellectuelle animée, il ne put cependant pas échapper au drame des nationalités, qui emporta l'Empire lors de la défaite de 1918 face aux Alliés.
[modifier] Démembrement de l'Empire
Le dernier souverain d'Autriche-Hongrie fut Charles Ier d'Autriche. Monté sur le trône le 22 novembre 1916 à la mort de son grand-oncle François-Joseph, il chercha avec son épouse Zita de Bourbon-Parme les voies de la paix auprès de la France. La négociation entamée au printemps 1917 avec le gouvernement français, présidé alors par Aristide Briand par l'intermédiaire des princes Xavier et Sixte de Bourbon-Parme, frères de l'Impératrice Zita, n'aboutit pas en raison de l'hostilité de la France, représentée par Ribot, nouveau président du Conseil, et de l'Italie, représentée par le baron Sydney Sonnino, hostile à toute paix avant que son pays n'ait été payé de son entrée en guerre au printemps 1915.
L'Empereur Charles accepta, malgré lui, le démembrement de son empire. Il avait demandé avant que ne soit procédé à l'établissement de nouvelles frontières ques les populations concernées soient consultés par referendum. Cela lui fut refusé. La situation nouvelle établie par les Traités de Versailles, Saint-Germain et Trianon dont les signatires reçurent à l'époque le surnom peu flatteur de "Club des Charcutiers" fut rapidement intenable. Et les peuples qui durant des siècles avaient vécu en bonne intelligence sous les sceptres Habsbourg devinrent rapidement ennemis les uns des autres. Les conflits de frontière furent nombreux. Les traités portaient en eux-mêmes les germes de la Deuxième Guerre mondiale. Le dernier souverain Habsbourg avait conscience de cet état de fait et désirait non le démembrement de l'Empire mais la création d'une sorte de Commonwealth d'Europe centrale, dont certains états auraient pu être des monarchies, d'autres des républiques, tous unis par le lien historique et dynastique des Habsbourg.
Le démembrement de l'empire austro-hongrois, après la fin de la guerre, en 1918-1919 aboutit donc à la création de nouveaux États au centre de l'Europe, et à un partage du territoire de l'ancien empire d'Autriche-Hongrie - divisé par huit - entre de nouveaux pays :
- la République d'Autriche,
- la Hongrie (qui doit céder le Burgenland à l'Autriche),
- la Tchécoslovaquie (Bohême, Moravie, Silésie autrichienne, Slovaquie et Ruthénie subcarpathique),
- la Yougoslavie (qui jusqu'en 1929 porta le nom de Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, les Croates et les Slovènes étant d'anciens sujets austro-hongrois tout comme les Bosniaques et les habitants de la Voïvodine pareillement oubliés dans l'énumération),
- la Pologne (Galicie).
L'Autriche(-Hongrie) passait ainsi de 53 millions à 6 millions d'habitants.
Certains territoires ont été annexés par la Roumanie (Transylvanie et Bucovine) et l'Italie (Tyrol du Sud, Istrie). Ces nouveaux et anciens pays sont appelés les États successeurs de l'Autriche-Hongrie. Deux de ces États successeurs, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie ont eux aussi aujourd'hui disparu. On appelle révisionnisme l'attitude de la Hongrie indépendante qui réclamait le retour de ses anciennes frontières, ainsi que des Hongrois incorporés dans les nouveaux états successeurs.
Les Traités furent rapidement considérés comme iniques. Aristide Briand, qui reçut le Prix Nobel de la Paix en 1926, refusa d'assister à la signature du Traité de Versailles. Clémenceau lui-même reconnut l'erreur du Traité de Trianon, qui démembrait la Hongrie, pour attribuer les deux tiers de son territoire à la Tchécoslovaquie, la Roumanie et la Serbie. Les vainqueurs de 1918 avaient eu les moyens de détruire l'Empire d'Autriche-Hongrie. Ils n'eurent pas les moyens de reconstituer l'ensemble danubien, essentiel à l'équilibre de l'Europe, selon les propres termes d'Aristide Briand.
Aristide Briand fut tout au long de sa carrière politique un fervent défenseur de l'Empire d'Autriche-Hongrie dont il considérait que l'existence était un élément fondamental de l'équilibre européen. Le mot du président tchécoslovaque Benes qui, dans l'entre-deux-guerres disait : « Plutôt Hitler que les Habsbourg », est révélateur du rejet que les Habsbourg ont suscité dans une partie de la classe politique de bon nombre des pays préférant l'idée de nation comme source de la souveraineté, issue de la Révolution française, à l'dée d'un empire supranational dont la souveraineté s'incarnait en une dynastie, les Habsbourg. Il faut noter que ce rejet n'a jamais pris la forme d'une révolution sanglante comme en France ou en Russie, et n'a jamais fait l'objet d'une consultation populaire comme lors du rattachement de Nice et de la Savoie à la France en 1860, ou lors de la proclamation de la République italienne en 1945.
La nostalgie de l'époque habsbourgeoise est récurrente dans la littérature majeure du XXème siècle de Joseph Roth à Stefan Zweig, chantres de la période impériale et royale.
[modifier] Société
Des 49,425 millions d'Austro-Hongrois en 1905, les habitants ont déclaré appartenir aux nationalités suivantes :
- Allemands (23,3%)
- Magyars (19,6%)
- Tchèques (12,6%)
- Serbes et Croates (10,5%)
- Polonais (9,7%)
- Ukrainiens et Ruthènes (7,9%)
- Roumains (6,2%)
- Slovaques (4,2%)
- Slovènes (2,9%)
- Italiens
- Autres (1,5%)
Il est à noter que la déclaration d'appartenance à une nationalité n'était pas l'expression d'une revendication politique, ni d'une quelconque souveraineté, mais l'usage de la langue. Personne jusqu'en 1918 ne contestait les Habsbourg, souverains légitimes des États sur lesquels ils régnaient, dans le respect des langues, des cultures et des religions de chacun d'entre eux - et notamment des Juifs reconnus comme sujets à part entière, bénéficiant de la sympathie de l'Empereur François-Joseph.
Le dualisme austro-hongrois, issu du Compromis de 1867, a singulièrement compliqué la situation en donnant aux Hongrois le pouvoir de bloquer toute modification constitutionnelle et toute évolution politique de l'Empire. Sollicité de créer un trialisme en donnant aux Slaves une part égale, François-Joseph recula à plusieurs reprises. Il se sentait lié par son serment du sacre de Budapest, comme le fut ensuite son héritier Charles, de respecter les terres de la Couronne de Saint-Étienne, laissant des peuples aussi importants, au sein de la Monarchie, que les Slovaques ou les Croates hors de la représentation parlementaire hongroise. Il eut convenu de créer une troisième force slave. Mais les Hongrois s'y refusèrent pour leur part de la Monarchie, car ils craignaient de voir échapper à leur influence des parts entières du territoire comme la Slovaquie, la Croatie, la Transylvanie ou la Ruthénie subcarpathique - toutes régions aujourd'hui perdues pour la Hongrie Dans la partie autrichienne, la peur de voir les Slaves accroitre leur influence dans la société au dépens de la culture allemande fut aussi un frein à l'acceptation de la transformation du dualisme en trialisme.
Les situations économiques et sociales étaient très différentes entre l'Autriche et la Hongrie. L'Autriche, avec une bourgeoisie active et un taux de croissance de 1,45% avant 1914 - équivalent à celui de l'Allemagne- se rapprochait des états de l'Europe occidentale, la grande noblesse n'ayant pas hésité à investir dans les entreprises industrielles. Le suffrage y était universel depuis 1907 et toutes les nationalités étaient proportionnelment représentées au Parlement de Vienne. Un système d'assurances sociales avait été créé au profit des travailleurs. La Hongrie, de son côté, restait féodale dans sa structure - un tiers des terre appartenant à 4000 individus. La vie politique était essentiellement réservée aux Magyars, qui avec 48% de la population de la Hongrie occupaient 407 des 413 sièges au Parlement de Budapest. Dans les deux parties de la Monarchie la noblesse conservait une influence réelle, en raison de l'immensité des terres possédées par elle et de sa présence dans la haute administration et au gouvernement. François-Joseph, cependant, n'hésita pas à attribuer la noblesse à la grande bourgeoisie, notamment juive, en reconnaissance ses mérites. Il serait injuste de dire que l'Autriche-Hongrie était un pays inégalitaire dans sa totalité. La situation des minorités n'était pas la même en Autriche et en Hongrie. Les Slaves, notamment, participaient activement à la vie politique de l'Empire en Autriche - Le club polonais au Parlement de Vienne faisant souvent varier les majorités, au gré de ses intérêts. Benes et Hugh Seton-Watson, journaliste anglais ardent défenseur avec Lord Northcliffe de l'indépendance tchèque, ont reconnu que les Tchèques avaient la liberté politique avant la guerre. En Hongrie, en revanche, les Slaves n'avaient aucun droit politique réel, par défaut de représentation possible en application du système électoral.
Bien que semblant la plus inégalitaire d'Europe (exception faite du Royaume-Uni et de la Russie), la société austro-hongroise, en partie féodale, reposait sur une assise sociale mêlant à la fois une aristocratie foncière riche et influente à la Cour, un clergé ultraconservateur et une bourgeoisie urbaine et semi-urbaine, importante en nombre, présente dans tous les rouages de l'administration et de l'armée. Le développement économique exceptionnel de l'Empire austro-hongrois au XIXème siècle a permis l'émergence d'une classe industrielle et financière, développant un tissu économique de premier ordre dans toutes les parties de la double monarchie, avec en corollaire un prolétariat urbain souvent misérable. L'influence de la bourgeoisie commerçante, administrative ou financière dans la société et au Parlement a été telle qu'elle a permis la proclamation des républiques autrichienne et tchécoslovaque sans révolution sanglante. Cette inégalité sociale certaine, mais fort peu différente de l'ensemble des pays européens à l'époque, se doublait d'une inégalité ethnique, dans la partie hongroise. Les peuples composant l'Empire l'ont vu s'effondrer certains avec bonheur, d'autres avec incrédulité et d'autres enfin avec peur, telle les populations juives, dont les élites ont soutenu jusqu'à la fin l'effort de guerre en souscrivant les derniers emprunts d'État émis durant l'été 1918. Il est également à noter que durant la Première Guerre Mondiale aucune des nationalités composant l'Empire n'a fait défaut. Les cas de désertion ont été rarissimes. Aucun des États successeurs, par la voix de ses élites politiques, même aux époques les plus troublées, n'a souhaité que renaisse cette société. Les populations - à l'exception du Burgenland, qui attribué à l'Autriche par le Traité de Saint-Germain vota son rattachement partiel à la Hongrie - n'ayant été consultées, il est difficile de dire quels furent leurs sentiments réels. La France et l'Angleterre n'auraient en aucun cas permis la reconstitution de l'Empire austro-hongrois, ayant trouvé dans sa destruction l'occasion de se créer des obligés. Les termes du traité secret signé au printemps 1915 entre les Alliés et l'Italie est significative. En effet, l'Italie, allié non belligérant des Empires Centraux, s'engageait à entrer en guerre contre eux à la condition de se voir attribuer à la fin des hostilités, en cas de victoire, le Tyrol du Sud, le Trentin, Trieste et la Dalmatie.
On peut citer à nouveau à propos de l'hostilité des peuples envers les Habsbourg, le mot du président tchécoslovaque Benes qui, dans l'entre-deux-guerres disait : « Plutôt Hitler que les Habsbourg ».
Toutefois le souvenir laissé dans l'Histoire par les Habsbourg, mécènes et protecteurs des arts, ne peut en aucun cas être comparé à celui d'Hitler, dont les crimes continuent d'horrifier le monde.
[modifier] Alliances
L'Empire allemand et l'Autriche-Hongrie constituaient les Empires centraux. L'Allemagne et l'Autriche-Hongrie avaient constitué une alliance sous le nom de Duplice (Zweibund) qui devint la Triplice (Dreibund) ou Triple-Alliance quand l'Italie vint rejoindre l'alliance. Toutefois, l'Italie n'avait souscrit à cette alliance que dans l'optique d'une alliance défensive : l'alliance ne devait fonctionner que dans la mesure où l'un des signataires aurait été agressé. Comme ce n'est pas ce qui s'est passé en 1914 — puisque c'est l'Autriche-Hongrie qui a déclaré la guerre à la Serbie — l'Italie choisira finalement d'entrer en guerre aux côté des Alliés occidentaux en 1915, en signant un traité aux clauses secrètes d'attribution du Tyrol du Sud, du Trentin, de Trieste et de la Dalmatie en cas de défaite de l'Autriche.
[modifier] Liste des empereurs d’Autriche
[modifier] Empereurs d’Autriche
[modifier] Empereurs d’Autriche et rois de Hongrie
- 1867-1916 : François-Joseph Ier, marié avec l'Impératrice Sissi.
- 1916-1918 : Charles Ier empereur d’Autriche ou Charles IV comme roi de Hongrie, marié avec l'Impératrice Zita
[modifier] Culture
Pour l'écrivain de langue allemande Robert Musil (dans son roman L'Homme sans qualités), qui a dû être officier dans l'armée « cacanienne », l'Autriche-Hongrie était la Cacanie, du préfixe apposé partout K. und K. : Kaiserlich und Königlich ("impérial et royal").
La terminologie exacte semble avoir été la suivante :
- « impérial et royal » pour les services communs (armée, finances, diplomatie) : la KuK Marine était la marine de guerre
- « impérial-royal » pour les services propres à la Cisleithanie : le souverain y était empereur d'Autriche mais aussi roi de Bohême
- « royal » pour les services propres à la Transleithanie où le souverain régnait à titre de roi de Hongrie.
Le puissant rayonnement culturel de la monarchie habsbourgeoise à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, a été stimulé notamment par sa richesse multinationale et le dynamisme de sa minorité juive : Freud, Wittgenstein, Popper, Mahler, Schönberg, Strauss, Roth, Musil, Broch, Zweig, Schnitzler, Klimt, Schiele, Kokoschka. Dynamisme culturel à Prague : Kafka, Hasek. Vienne fut la capitale de la modernité. Son influence s'étendit tout au long du XXème siècle dans le domaine des arts, peinture, architecture, musique, littérature et le domaine médical, avec l'école psychanalytique, qui révolutionna la perception du monde.
Il est à noter, que malgré un conservatisme certain, la Cour de Vienne et notamment l'Empereur François-Joseph, ont toujours soutenu les artistes contemporains et le groupe Secession, par la commande officielle. Ainsi, entr'autres, Otto Wagner participa à la construction du métro de Vienne, en réalisant diverses de ses stations, réalisa l'immeuble de la Caisse d'Épargne et de la Poste et Gustav Klimt se vit confier la fresque du hall d'entrée du Kunsthistorisches Museum à Vienne, ainsi que celles de la Villa Hermès offerte par François-Joseph à son épouse Elisabeth, dite Sissi, comme résidence privée à Vienne.
Les idées révolutionnaires des artistes viennois au début du XXème siècle ne s'appliquaient en aucun cas à la contestation de l'ordre politique et social organisé par la dynastie des Habsbourg, dont la supranationalité convenait à leur contestation de l'historicisme issu des mouvements nationalistes de la révolution de 1848. Aucun d'entr'eux ne se réclamait des nationalités dont ils étaient issus. La double monarchie, incarnée par la dynastie, par son absence de référant national, était leur lieu d'expression, assignant à l'art une autre mission que politique.
Il est convenu aujourd'hui de voir cette période comme la décadence d'une société. Ce n'est pas en terme de décadence que les artistes viennois parlaient d'eux-mêmes mais plutôt en terme de renouveau, en s'opposant aux goûts et aux diktats d'artistes quasi officiels comme le peintre Hans Makart " Rubens viennois" ou l'écrivain Grillparzer, chantre de l'époque Bidermeier. Si l'édification de l'Opéra et du Ring à Vienne avaient consacré le goût du pastiche dans les années 1870, l'édification et la décoration du Métro, de la Caisse d'Épargne et de la Poste et de bien d'autres édifices publics ou privés surent donner ses bases à l'architecture contemporaine voire futuriste.
La Vienne des Habsbourg était en 1914 le phare de la modernité et c'est dans l'Empire supranational dont elle était la capitale que s'exprimèrent en toute liberté les artistes qui la fondèrent.bg:Австро-Унгария br:Aostria-Hungaria bs:Austro-Ugarska ca:Imperi austrohongarès cs:Rakousko-Uhersko da:Østrig-Ungarn de:Österreich-Ungarn en:Austria-Hungary eo:Aŭstrio-Hungario es:Imperio Austrohúngaro et:Austria-Ungari fi:Itävalta-Unkari fur:Austrie-Ongjarie he:האימפריה האוסטרו-הונגרית hr:Austro-Ugarska hu:Osztrák–Magyar Monarchia id:Austria-Hongaria it:Impero Austro-Ungarico ja:オーストリア・ハンガリー帝国 ko:오스트리아-헝가리 la:Imperium Austro-Hungaricum lt:Austrija-Vengrija lv:Austroungārija nl:Oostenrijk-Hongarije nn:Austerrike-Ungarn no:Østerrike-Ungarn pl:Austro-Węgry pt:Áustria-Hungria ro:Imperiul Austro-Ungar ru:Австро-Венгрия sh:Austro-Ugarska simple:Austria-Hungary sk:Rakúsko-Uhorsko sl:Avstro-Ogrska sr:Аустро-Угарска sv:Österrike-Ungern tr:Avusturya-Macaristan İmparatorluğu uk:Австро-Угорщина zh:奥匈帝国

