Antijudaïsme
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L'antijudaïsme est l'hostilité à la religion juive.
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[modifier] Contentieux judéo-catholique romain
Dès la constitution de la doctrine chrétienne, l’Église catholique se présente comme "l'Israël nouveau”. Dans cette perspective, les Juifs - "l'ancien Israël" - auraient dû logiquement reconnaître la nouvelle Alliance. Or, une partie de ce peuple ne la reconnaît pas. Cette persistance peut, selon les points de vue, mettre en question soit la mission divine de Jésus, soit la fidélité d'une frange du peuple juif à la parole divine. Une hypothèse a été émise que les Juifs fussent, d’une certaine façon, de dangeureux hérétiques aux yeux notamment des chrétiens du Moyen Âge. Si l’on considère, en effet, que le salut des chrétiens était assuré par la Résurrection du Christ, il était scandaleux de rencontrer un peuple qui, comme de nombreuses hérésies, considérait Jésus comme un simple mortel, un peuple qui devenait, de ce fait, un opposant au christianisme. Néanmoins, les pratiques talmudiques restèrent tolérées dans l'Occident chrétien, avec vigilance. Les Pères de l’Église catholique romaine, notamment Saint Augustin, ont présenté les Juifs comme une preuve vivante de l’existence du Christ, ceux qui, par leur dispersion, par leur abaissement et par leur servitude, témoignent de la vérité de la religion de Jésus Christ (la doctrine du “peuple témoin”). De là à faire d’eux le “peuple déicide”, un peuple méprisé, il n’y avait qu’un pas.
Considérée au Concile de Nicée (325) comme un des principaux soutiens de l’État par Constantin Ier (empereur romain) pour armer les légions romaines d’une idéologie guerrière conquérante, cette Église a dû dédouaner son alliance avec certains des bourreaux du Christ en évoquant cette théorie du “peuple déicide”, fondement de l’antijudaïsme doctrinal. La politique du Saint-Siège était assez variable dans l’antisémitisme. Quand la situation des Juifs devenait intenable, l’Église les prenait sous sa protection pour préserver ou augmenter ses intérêts ; quand ils vivaient dans l’opulence ou simplement en paix, elle édictait à leur encontre des mesures restrictives ou mêmes infamantes dans le jeu de la concurrence d’une puissance à la fois temporelle et spirituelle.
Les premières communautés juives s’installent en Gaule dès la fin de l’Antiquité. Durant tout le haut Moyen Âge, elles sont tolérées par les chrétiens et seuls les Pères de l’Église et certains clercs, tel le célèbre Agobard de Lyon, insistent sur la responsabilité des Juifs pour la mort du Christ en mettant en garde les chrétiens contre une religion susceptible de tenter (dans le sens religieux du terme) certains d’entre eux.
Avant le christianisme institutionnel de Rome, les premiers Chrétiens étaient des Juifs contestataires, critiques et résistants à l’exploitation et à l’oppression des Romains, selon les Manuscrits de Qumrân. Le plus connu d’entre eux était certainement Jésus Christ ("fils de Dieu"), livré par les Juifs puis exécuté par les Romains, sur le mode de la cruxifiction, n’étant pas citoyen romain. Le peuple hébreu installé à l’intersection de l’Asie et de l’Afrique, sur la route de toutes les invasions, a eu à faire face à des agressions répétées. C’était donc un peuple de guerriers, dont le dieu unique était le Dieu des armées. Quelquefois les premiers contacts avec les conquérants comme Alexandre le Grand n'ont pas donné lieu à des affrontements sanglants ou des massacres. Alexandre a épargné les Juifs, comme le retint l'histoire. Mais ces conquêtes ont souvent donné lieu à persécutions et massacres avec les successeurs d'Alexandre. C’est ainsi que la première persécution connue de la région juive a été perpétrée par Antiochos Épiphane ou Antiochos IV, descendant de l’un des généraux d’Alexandre. Les juifs se sont révoltés contre lui et ont vaincu les Grecs sous la direction des frères Macchabées.
Ils fondèrent la dernière dynastie des Hébreux, celle des Hasmonéens. Par la suite, les Romains sont venus conquérir et occuper Israël et les Hébreux furent soumis, avant d'être persécutés et le pays écrasé lors de rébellions, qui virent la destruction du Temple, qui avait été construit sur les bases du Temple de Salomon. Bien que les Romains aient été en principe tolérants sur le plan religieux, (ils n'exigeaient pas des populations conquises qu'elles abandonnent leurs cultes) ils étaient heurtés par le refus des Hébreux d'accepter toute statue de leur "divin empereur", dieu de tout l’Empire. L’antijudaïsme païen a connu un regain avec l’écrasement de la Judée par Titus, et Hadrien qui a changé le nom d’Israël en celui de "Palestina" (ou Philistinie). Par la suite, au sein de la Chrétienté, l’antijudaïsme est devenu religieux. Les Juifs furent harcelés, jugés par le clergé coupables collectivement du supplice de Jésus Christ.
L’antijudaïsme purement religieux va se transformer en antisémitisme social à la fin du XIe siècle, au moment où la Première Croisade pousse vers la Terre sainte des foules considérables de croyants fanatisés qui vont vouloir libérer Jérusalem des "infidèles" et ouvrir la route vers la Terre Sainte fermée par les Turcs. L'amalgame entre "infidèles" et Juifs ou Musulmans s'accompagne de l'intention de faire payer aux Juifs la mort du Christ. Le monde nouveau, né des croisades, et l’essor du grand commerce international vont faire des Juifs des rivaux dans la vie économique des XIIe et XIIIe siècle et préparer leur mise à l’écart de la société chrétienne. Depuis et jusqu’à ce siècle, ce rôle de “générateurs d’angoisse” s’est perpétué par les intellectuels juifs dans leurs critiques, qui sont des remises en question, dans la transformation des évidences aveuglantes en interrogations angoissantes, à l’exemple de Marx, Freud et Einstein.
[modifier] Contentieux judéo-musulman
De l'héritage d’Abraham, le cadet musulman des enfants partage avec l’ainé juif la plus longue période de vie commune.
Les Juifs et les Musulmans ont coexisté sans discontinuité depuis l'émergence de l'Islam au VIIe siècle de l'ère chrétienne, dans le même environnement biophysique des terres arides et désertiques. Il y a eu des périodes de tolérance relative durant lesquelles les Juifs ont pu prospérer intellectuellement et économiquement de façon significative et exercer une influence politique certaine au sein des gouvernements islamiques. En réalité, et plus souvent qu'on ne le croit, le sort des Juifs n'a pas été toujours enviable. Du Maroc jusqu'en Perse, ils ont subi misères et humiliations, insécurité et violences populaires. Cette période d'adversité, aux XIe et XIIe siècles, a amené un des plus célèbres philosophes Juifs du Moyen Âge, Maïmonide, à s'adresser non sans amertume à la " nation d'Ismaël" qui nous persécute cruellement et qui met en place tous les moyens de nous nuire et de nous avilir". En fait, l' "Âge d'Or" des Juifs sépharades, qui a coïncidé avec l'apogée de la civilisation de l'Islam au Moyen Âge, n'a pas été sans provoquer envie et hostilité parmi les Musulmans face à l'influence croissante des Juifs et à leurs succès socio-économiques notables.
Il s’agit simplement, au départ, de rivalités et concurrences socio-économiques “rationalisées” (dans la significations freudienne d’auto-justification a posteriori) avec des arguments religieux et des fabulations, dans le désir mimétique et la désignation de la victime émissaire. (en) http://www.angelfire.com/az/rescon/DHIMMI.html
Le statut légal des Juifs et des Chrétiens sous domination Islamique dans l'ère prémoderne, était essentiellement celui de “Dhimmî” ("peuple protégé"), dont les religions étaient officiellement reconnues par les autorités (en place). En s'acquittant d'une taxe (jîzya), ils pouvaient exercer librement leur religion, jouir d'un certain degré de sécurité personnelle, et fonder leurs propres organisations communautaires. Mais la protection accordée aux "peuples du Livre" (ahl al-kitab) était accompagnée d'une forme d'assujettissement. La "tolérance" dont ils bénéficiaient était limitée à l'intérieur d'un cadre social étroit qu'ils ne pouvaient transgresser ; discriminations et interdits soulignaient constamment la supériorité et la préséance des Musulmans sur les Juifs et les Chrétiens.
Le coup de génie de l’Islam Ottoman a été la conversion à l’islam par l’exception de cette taxe d’ “jîzya” du “dhimmi” ("peuple protégé") aux Chrétiens et Juifs et tout autre non-Musulman. Il était interdit aux Juifs de porter des armes, par exemple, ou de monter à cheval. Ils étaient en outre, astreints au port d'un vêtement distinctif (la rouelle jaune a été inventée à Bagdad et non pas dans l'Europe du Moyen Âge). De plus, ils ne pouvaient pas construire de nouveaux lieux de culte (références: "Canal Science". "Télé-Science", QC, Canada).
Dans des pays plus éloignés comme le Maroc, l'Iran et le Yémen, les Juifs avaient subi des humiliations, été maltraités physiquement et méprisés. Les restrictions liées au statut de Dhimmî ont été renforcées et appliquées avec plus de rigueur encore. Les émeutes accompagnées de pillage et de meurtres dirigées contre la population juive étaient plus fréquents dans ces contrées périphériques et cela jusqu'à l'aube du XXe siècle. D'autres régions d'Afrique du Nord connurent des épisodes tragiques durant le XIXe siècle et à des intervalles assez réguliers. À la même époque est apparu le pamphlet diffamatoire accusant les Juifs d'utiliser le sang d'enfants pour leurs rituels. Cette monstrueuse calomnie, qui avait fleuri parmi les communautés grecques orthodoxes sous l'empire Ottoman, comme en Europe occidentale, a eu pour conséquence le déferlement de pogroms à Smyrne (1872) puis à Constantinople deux ans plus tard. D'autres accusations de meurtre rituel commis par les Juifs avaient été déjà enregistrées à Beyrouth en 1824, à Antioche (1826), à Hama (1829), à Damas en 1840 (la sordide affaire de Damas).
Il faut dire toutefois que le sort des Juifs soumis au statut de Dhimmî, malgré toutes ses conséquences douloureuses, était, somme toute, plus enviable que celui de leurs coreligionnaires vivant en terres chrétiennes du “Contentieux judéo-catholique romain”. Plus sûrs et plus confiants en eux-mêmes, les Musulmans de l'époque médiévale n'éprouvaient pas la même obsession que celle qui habitait leurs homologues chrétiens, refusant de reconnaître le Judaïsme en tant que religion.
Néanmoins l'image du Juif véhiculée par le Coran, si radicalisée et exacerbée dans la littérature islamique contemporaine, est loin d'être inoffensive. Le Coran contient des passages très durs dans lesquels Mahomet stigmatise les Juifs comme étant les ennemis de l'Islam et les dépeint comme possédant un esprit rebelle et malveillant. Les Juifs devaient être humiliés "parce qu'ils n'ont pas cru aux signes de Dieu, qu'ils avaient mis à mort, à tort, les Prophètes" (Sourate 2:61/58), tout comme l’invention du “peuple déicide” par les Pères du Catholicisme romain dans le “Contentieux judéo-catholique romain”, dans le partage de l’héritage par les enfants d’Abraham.
http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=10581
Le Coran met l'accent tout particulièrement sur le fait que les Juifs ont rejeté Mahomet alors même (selon des sources musulmanes) qu'ils reconnaissaient sa qualité de Prophète, par jalousie et par dépit, sous prétexte qu'il n'était pas Juif. Ce comportement est présent encore aujourd'hui, comme la preuve du caractère fourbe, perfide et intrigant du Juif tel qu'il est décrit dans le Coran. Ainsi, se propage, de nouveau, dans le monde musulman le mythe du complot.
La notion selon laquelle les Juifs sont, par exemple, des "falsificateurs arrogants", ourdant sans cesse de nouveaux complots intrigant pour semer la discorde, créer des conflits et des divisions au sein de la communauté musulmane, est considérée comme une évidence en parfaite conformité avec l'enseignement coranique. Seule une adhésion sans faille aux vraies valeurs Islamiques pourra préserver les Musulmans de la terrible menace que représente l'infiltration impérialiste, judéo-sioniste et occidentale, péril prétendument anticipé et répété dans les textes sacrés du Coran (références: Canal Savoir. "Télé-Savoir", QC, Canada).
La compensation réussie d’un Sentiment d'infériorité statutaire a conduit au désir mimétique des rivalités socio-économiques rationalisées dans les antijudaismes chrétien et musulman doctrinaux pour inventer une victime émissaire, de l’antijudaisme à l’antisémitisme jusqu’à l’antisionisme de différentes sources.
- Source psychologique du contentieux judéo-musulman.
Par la très grande proximité de langue et de rite et par le même milieu de vie, il se crée une oscillation indissociable d’effroi-fascination mutuelle du semblable-différent représentatif par la salutation : “Sallam”-“Shalom”.
Ce qui paraît premier est l’effroi devant l’étrangeté de l’étranger qui est à la fois si semblable et si proche. Cet étranger n’est pas n’importe quel étranger, il ne provoque un sentiment d’étrangeté que parce qu’il est aussi le semblable. Les psychologues ont décrit ce qu’ils ont appelé cette “angoisse du huitième mois”, cellle qui saisit l’enfant quand un visage qui n’est pas celui de sa mère ou d’une personne de son entourage s’approche du sien. On peut faire l’hypothèse que ce visage perçu, non dans sa singularité, mais simplement comme “n`étant pas” celui de sa mère. Or, cette angoisse peut aller jusqu’à la panique, l’enfant ne la manifeste pas devant un “objet” qui diffère bien plus du visage maternel qu’un autre visage humain, devant un animal, par exemple.
Quand donc intervient l’angoisse devant l’étranger ? Quand l’autre est à la fois semblable et différent. C’est pourquoi est fausse ou incomplète l’idée admise, selon laquelle le rejet de l’autre témoignerait d’un refus radical de l’autre, d’une intélorance foncière aux différences, etc. Contrairement à la croyance générale, l’image du “semblable”, du “double” est infiniment plus troublante que celle de l’autre. Les films d’horreur ne sont opérants qu’en mettant en scène des monstres humains, des formes humanoïdes déformées, des êtres qui pourraient être nous et qui ne nous paraissent difformes que parce qu’ils ont “presque” nos formes. Nous faisons tous cette expérience “a minima”, en nous voyant dans un miroir déformant.
Ce “semblable-différent” est peut-être au fondement du contentieux judéo-musulman, plus profond que le contentieux judéo-catholique romain, dans lequel la différence l'emporte sur la similarité linguistique et rituelle des interdits alimentaires et desablutions qui se réduisent à un simple “rince-doigt” dans l'Église catholique romaine.
- Source historique et théologique du contentieux judéo-musulman
L'Islam se range de façon incontestable parmi les trois grandes religions monothéistes (fondées sur la foi en un Dieu unique, aux côtés du judaïsme et du christianisme. Mais ce n'est pas, comme on le prétend parfois, une "religion du Livre" (le Livre en question étant la Bible). Selon l'Islam, la Révélation divine tient en quatre livres successifs : la Torah de Moïse, les Psaumes de David, les Évangiles de Jésus, enfin le Coran de Dieu lui-même. Chaque livre complète et annule les précédents. Le seul livre que l'islam considère donc comme valide est le Coran. Celui-ci évoque les grandes figures de la Bible, Abraham, Moïse et même Jésus et Marie, mais dans des termes qui n'ont rien à voir avec le texte biblique. "Dans l'Islam, le corpus biblique est totalement remanié pour lui faire dire autre chose que son sens initial. La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s'appuie", rappelle le philosophe René Girard ("La Vie", p. 50, no. 3039, 27 novembre 2003).
Sensible à la théologie juive, le Prophète s'en inspire au commencement dans ses recommandations sur le jeûne et les interdits alimentaires relatifs au porc. Il adopte le calendrier lunaire des Juifs, avec des mois réglés sur les cycles de la Lune. Il fixe le jeûne pendant la fête juive de l'Expiation. Et il prescrit à ses fidèles de se tourner vers Jérusalem pour la prière. Il n'empêche que trois des quatre communautés juives de Médine persistent dans leur refus de se convertir à la nouvelle foi. Ces juifs reprochent en particulier à Mahomet de détourner le sens des textes bibliques et osent même se moquer de lui.
Le 11 février 624, une révélation divine enjoint à Mahomet et à ses disciples que la prière rituelle se fasse désormais en se tournant non plus vers Jérusalem mais vers la pierre noire de la Kaaba (*), le sanctuaire des idolâtres de La Mecque. Au printemps 624, à l'approche d'une caravane particulièrement riche en provenance de Syrie, Mahomet décide de l'attaquer. Mais ses plans sont déjoués par un espion. Les Mecquois du clan des riches Koraishites dépêchent une armée au secours de leur caravane. C'est la bataille du puits de Badr, qui voit la victoire des Musulmans malgré leur infériorité numérique. À son retour triomphal de la bataille de Badr, Mahomet ordonne l'exécution de deux prisonniers mecquois qui s'étaient montrés particulièrement virulents à l'égard du Prophète et de ses disciples.
Mahomet remarque par ailleurs que les juifs de Médine se sont tenus à l'écart de la bataille. Son dépit à leur égard n'en devient que plus grand. C'est ainsi que de nouvelles révélations divines l'amènent à remodeler le calendrier. Elles précisent en particulier que le jeûne musulman se pratiquera pendant le mois de ramadan, celui durant lequel se déroula la bataille de Badr. Les interdits alimentaires exprimés dans les révélations faites au Prophète restent quand à eux assez semblables à ceux des juifs.
Le fossé se creuse entre les juifs de Médine et la communauté des croyants. Trahisons, violences et médisances alimentent la zizanie, malgré le code de bonne conduite établi lors de l'arrivée de Mahomet. Peu après la bataille de Badr, un incident met le feu aux poudres. Une ou plusieurs musulmanes sont molestées au marché par des juifs de la tribu des Banu-Kainuka. Échauffourée, meurtres de part et d'autre. Le chef de la tribu mise en cause refuse de payer l'amende réglementaire aux parents des victimes musulmanes. La tribu est assiégée par le Prophète et ses disciples et, au bout de deux semaines, contrainte de leur livrer ses immenses biens et d'émigrer.
Un peu plus tard, le 21 mars 625, lors de la fameuse bataille d'Ohod entre Mecquois et Médinois, la deuxième tribu juive, celle des Banu-Nadhir, se voit reprocher de soutenir les habitants de La Mecque. Elle est chassée vers le nord après un long siège et une violente bataille avec les Musulmans. Tandis que les Musulmans poursuivent la guerre contre les Koraishites de La Mecque, Mahomet s'irrite de plus en plus du manque de soutien des juifs de Médine à son égard. La crise arrive à son terme en 627, après la "bataille du fossé" qui met une dernière fois aux prises Mecquois et musulmans de Médine.
Sorti vainqueur du siège, Mahomet décide d'en finir avec les juifs de la troisième et dernière tribu de Médine, les Banu-Kuraiza, qu'il accuse (ce qui est vrai) d'avoir soutenu les assaillants. Sur son ordre, les musulmans décapitent 600 à 700 hommes et les ensevelissent dans une grande fosse de la place du marché de Médine. Ils se partagent les biens de la tribu, ainsi que les femmes et les enfants.
[modifier] Antijudaïsme chrétien
Au niveau historique : Les conflits entre Juifs et Chrétiens sont inhérents aux débuts du christianisme : pendant les débuts de celui-ci, les autorités juives (les Pharisiens principalement, les sadducéens ayant perdu tout pouvoir suite à la révolte juive de 71) se sont fermement opposées à cette dissidence interne qu'était le christianisme. Par mesure de défense contre les multiples agressions et persécutions de ces autorités, les évangélistes ont été contraints de se distancier de ce judaïsme auquel pourtant ils se sentaient attachés. D'où un certain nombre de termes dans les évangiles qui entérinent la différence entre judaïsme et christianisme, et auront pu être interprétées plus tard comme autant de raisons de se venger des Juifs. On a alors assisté à l'émergence de représailles récurrentes des nouvelles sociétés chrétiennes envers les communautés juives, qui après avoir persécuté les premiers chrétiens, ont perdu l'appui de Rome après leur révolte de 135, et se sont trouvés en minorités diasporées de par l'Europe. La tendance était inversée.
Au niveau de l'interprétation des textes : Les Juifs, en tant que minorité religieuse au sein de la chrétienté étaient davantage considérés comme des talmudistes s'opposant au christianisme et à la nouvelle Alliance par des textes tardifs que comme les grands ancêtres des chrétiens à qui ils auraient transmis leur religion. Soit pour cause de mémoire non assumée par les chrétiens, de rivalité du type de celle qu'on trouve entre frères ennemis se disputant la place principale auprès de Dieu le Père, soit pour cause de désaccords métaphysiques infranchissables concernant la divinité du Christ et l'universalité de la religion, les Juifs, généralement tolérés, ont épisodiquement servi de boucs émissaires. Pour les chrétiens qui cherchaient à appliquer le message du Christ, à partir du moment où avait été annoncée la « nouvelle alliance » avec Dieu, supposée remplacer la première, les Juifs, parce qu'ils revendiquaient l'héritage de l'ancienne Alliance, cette promesse faite à Abraham, cette promesse de Dieu à son peuple recueillant la Loi (avec toutes les nations au pied du Sinaï : la parole de Dieu s'entendait en toutes les langues), ainsi que l'application du Talmud, postérieur au christianisme et fortement opposé à cette religion, étaient soit des rivaux, les premiers à avoir été distingués par Dieu le Père, soit un frange résistante de l'ancien peuple élu, frange ayant trahi son rôle dévolu. Certains ont une approche psychanalytique et accusent le christianisme d'avoir eu longtemps vis-à-vis de son passé, une attitude d'oubli forcé, de désir d'effacement, de rejet et de volonté de faire disparaître le frère aîné juif, supposé davantage aimé du Père. Vieille histoire de Caïn et Abel, qui, indéfiniment semble se rejouer. Pour d'autres, l'Église a tenté historiquement de protéger et de circonscrire cette minorité religieuse, dans l'attente de sa conversion comme un signe de la fin des temps, sans que cette protection historique n'entraîne jusqu'au XXe siècle la moindre concession ou confusion théologique entre christianisme et talmudisme.
Prétendant alors dépasser le judaïsme, il fallait au christianisme également le rejeter, le résorber, le transformer, l'absorber. Alors, alternativement ce « dépassement » se faisait en forçant à la conversion et en persécutant les Juifs, qui étaient accusés de n'avoir pas su reconnaître le Messie en Jésus. Les Juifs auraient eu pour faute de n'avoir pas su reconnaître la divinité de Jésus, et ils devaient par conséquent expier cette faute, souffrir pour leur faute. Les Juifs furent régulièrement accusés, de n'être pas chrétiens, d'être donc demeurés dans le péché et, de plus, de ne pas appartenir à la même communauté, de se distinguer, de persister à vouloir conserver leur Loi qu'ils disaient tenir de Dieu lui-même depuis Moïse, et, sporadiquement, ils furent accusés ainsi d'être responsables des maux divers et des catastrophes telles que la peste noire au Moyen Âge. Logique du bouc émissaire : persécuté, il permet aux autres de se rassurer, de se refaire, aussi, une identité, une vie, une grandeur, sur son dos. Logique du bouc émissaire qui permet toutes les accusations, pour servir toutes les causes, en toutes occasions, et dévier le trop-plein de violence sur l'autre, victime expiatoire. Sur les Juifs qui précisément, avec l'histoire d'Abraham, qui s'est transmise aux trois monothéismes, a apporté à l'Humanité le message de l'interdit (divin) de porter la main sur l'autre, de faire couler le sang humain, de pratiquer des sacrifices humains. Isaac devait être remplacé par le bouc. Fin des sacrifices humains. Interdit de tuer. Tels furent les messages les plus anciens, du plus ancien des patriarches, Abraham, pasteur nomade, qui vraisemblablement venu de Mésopotamie, de la ville d'Ur, se rendait en Égypte.
[modifier] Antijudaïsme musulman
Alternativement persécutés et tolérés, voire appelés, parfois, pour leurs talents, l'histoire de l'Europe, comme celle du Maghreb depuis la plus haute Antiquité, est inséparable de l'histoire des Juifs, et des persécutions. Dans les périodes d'accalmie, leurs talents et leur savoir, étaient parfois reconnus, utilisés, à la mesure de la reconnaissance de leur utilité pour la société. Certains, dans l'Espagne médiévale principalement, furent appelés périodiquement par les souverains à de hautes charges, jusqu'à devenir conseillers du Prince.
Dans l'Islam médiéval, les convertis de toutes origines cessaient d’être l'objet de contraintes, - le phénomène est toutefois totalement marginal - . Mais juifs ou chrétiens, les non-musulmans restaient des dhimmis, au statut inférieur sans que l'on puisse parler de persécution violente. Au contraire, lors de la reconquista par les troupes chrétiennes, ces populations juives, accusées d'avoir collaboré, voire favorisé, l'occupation islamique, durent souvent soit se convertir, soit s'exiler, notamment au maghreb où les populations musulmanes et juives d'Andalousie ont été accueillies pour échapper aux tribunaux de l'Inquisition catholique. Le décret d'expulsion de 1492 en Espagne (décret d'Alhambra) chassa les Juifs d'Espagne. Ce décret resta en vigueur officiellement jusqu'en 1967. Les musulmans espagnols à leur tour firent l'objet d'un décret d'expulsion en 1610.
L'Empire Ottoman accueille également les juifs d'Espagne, du Portugal, de Naples, de Malte, de Sicile et de Sardaigne expulsés par les Habsbourg. Les quatre grandes villes de l'Empire Ottoman, Salonique, Izmir, Edirne et Istanbul se compose de beaucoup de juifs<ref>Alexandre Adler: Rendez vous avec l'Islam, p.169</ref>.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Notes et références
<references/>en:Anti-Judaism

