Anne Dambricourt-Malassé
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Anne Dambricourt Malassé (née en 1959) est paléo-anthropologue au CNRS, attachée au département de préhistoire du Muséum national d'histoire naturelle. Elle a acquis une certaine notoriété auprès du public, suite à sa participation à un documentaire<ref name="homo">documentaire Homo sapiens - une nouvelle histoire de l'homme de Thomas Johnson, sous la direction scientifique de Philippe Tobias.</ref> où sont exposées des thèses, et qui fut violement critiqué par des chercheurs renommés appellés à juger le film <ref>Michel Morange et Pierre-Henri Gouyon dans le débat qui suivit le film, Fernando Ramirez-Rozzi, Christoph Zollikofer, Marc Godinot, Jean-Jacques Jaeger, Pascal Picq, Guillaume Lecointre et André Langaney dans l'article du Monde</ref>.
Sommaire |
Recherches et découvertes
Elle a co-dirigé des thèses en paléontologie humaine qui comparent les fossiles d'hominidés à de nombreuses données métriques et anatomiques des espèces actuelles de primates, paninés et ponginés. Les méthodes modernes de prises des mesures et de comparaisons des données (Polemus, Procruste) permettent de constater les corrélations angulaires entre le degré de flexion de la base du crâne, son raccourcissement antéro-postérieur et les changements de position des os dans le plan transversal. Le grand nombre de restes fossiles (la base du crâne étant un puzzle cohérent, les fossiles sont nombreux, un temporal donnera des informations cohérentes avec une mandibule ou un occipital), ce sont des milliers de données métriques et indices qui ont ainsi été réunis dans ces thèses (lisibles au Département de Préhistoire du Muséum National d'Histoire Naturelle). Elles permettent d'établir des regroupements d'espèces fossiles et de constater que les reconstitutions phylogénétiques lisibles dans les manuels correspondent à l'évolution de ces corrélations angulaires (cette succession est celle des grands singes, des australopithecinés, du genre Homo et de la dernière espèce apparue Homo sapiens).
Sa principale découverte est le processus de contraction cranio-faciale (CCF) au cours du développement embryonnaire de l'homme et des autres primates actuels, c'est-à-dire la relation morphogénétique entre la mandibule et la flexion de la base. La succession phylogénétique des prosimiens à l'homme actuel<ref name="homo"/> correspond selon elle à l'évolution de ce processus morphogénétique d'origine embryonnaire, lié à l'enroulement antéro-postérieur du cerveau embryonnaire (le tube neural). Elle conclut que l'origine d'une plus grande flexion serait la conséquence de l'évolution de l'information génétique codant pour l'ontogenèse, contrainte par des informations génétiques déjà présentes. Les implications pour la verticalisation du squelette axial<ref name="homo"/> commencent à apparaître avec les premiers homininés (Ardipithecus, Australopithecus). L'origine de la verticalisation axiale qui implique l'équilibre locomoteur bipède permanent (de l'enfant à l'adulte) est donc interne (phylogénétique) et non pas environnementale (nécessité post-natale du redressement du corps imposé par la raréfaction du couvert forestier selon l'école française de tradition lamarckienne).
Les implications de ces thèses ne restent pas théoriques, elles concernent des questions qui relèvent de la santé publique en orthopédie dento-maxillo-faciale : un colloque organisé en 1999 par le Laboratoire Départemental d'Archéologie du Val de Marne avec le soutien du Conseil Général, a réuni des spécialistes des différentes disciplines concernées. Les actes (éditions ARTCOM, éditeurs D. Hadjouis, Ph. Andrieux, A. Dambricourt Malassé, 2000) ont été primés par l'Académie nationale de Chirurgie dentaire. La contraction cranio-faciale (CCF) recoupe les données acquises en Orthopédie dento-maxillo-faciale en particulier les concepts de biodynamique cranio-faciale<ref>[1].</ref>.
Principal ouvrage
En septembre 2000, dans son ouvrage la Légende maudite du vingtième siècle : L'Erreur darwinienne, elle analyse les conséquences de l'éclatement du savoir (la méconnaissance des concepts d'attracteurs, les procès pour « impostures intellectuelles », etc.) distinguant l'écriture des connaissances acquise par la méthode scientifique et l'écriture littéraire et créatrice.
Des découvertes non-darwiniennes
Pour certains chercheursréf. nécessaire, les mécanismes internes de l'évolution sont définitivement compris et les seules causes motrices internes sont les fluctations aléatoires de liaisons électroniques entre les molécules lors de la duplication de l'ADN.
Des processus non darwiniens (non aléatoires) sont proposésréf. nécessaire. Anne Dambricourt Malassé s'inscrit dans cette approche.
Selon des mathématiciensréf. nécessaire, les équations des trajectoires décrites par Anne Dambricourt Malassé (corrélations entre les angles) entrent dans la catégorie des attracteurs étranges, comme les attracteurs chaotiques qui décrivent des processus irréversibles. Le terme « harmonique », présenté (entre autres) dans le cadre d'une école thématique du CNRS sur la Théorie du Chaos, a été accepté sur la base de la reproductibilité génétique. L'apparition du code génétique de l'Homo sapiens s'inscrirait alors dans une logique interne, non seulement celle de l'irréversibilité en évolution utilisée en paléontologie (loi de Dollo), mais aussi celle d'une mémorisation, ou intégration, des fluctuations génétiques. Ainsi, le processus serait potentiel dans le génome de 6 milliards d'Homo sapiens.
Polémique
En 2005 et en 2006, la presse françaiseréf. nécessaire commente la diffusion du documentaire « Homo sapiens - une nouvelle histoire de l'homme » de Thomas Johnson qui reprend des thèses d'Anne Dambricourt Malassé. Certains détracteurs incluent ce film dans la vague en faveur de l'Intelligent design.
Ce documentaire scientifique a suscité la controverse pour avoir remis en cause le rôle exclusif de la sélection naturelle et de l'adaptation au milieu et proposé une explication des origines de l'homme fondée sur des processus génétiques contraints.
Les scientifiques s'exprimant dans ce film convergent chacun dans leur discipline pour affirmer que la complexité du développement (l'embryologie) ajoute de nouveaux mécanismes qui ne sont pas toujours décrits par le modèle néo-darwinien de l'adaptation par le seul jeu de la sélection naturelle. L'origine non aléatoire, ou encore contrainte des mutations génétiques, montrerait que la Théorie de l'évolution s'enrichirait de processus dits non darwiniens d'où la controverse.
La présentation d'un programme interne d'évolution cadre difficilement avec les explications matérialistes de l'évolution adoptées jusque là (dans la théorie darwinienne, l'évolution étant une adaptation au milieu, une espèce est toujours une fin en soi, et ne peut être « programmée » pour devenir une autre). En revanche elle fournit des arguments à ceux qui prétendent que l'évolution n'est pas explicable sans intervention divine (en jouant sur la confusion entre refus du darwinisme et refus d'une évolution s'expliquant de manière purement matérialiste)<ref>[2].</ref>. Anne Dambricourt a souvent eu à répondre à ses accusations, en particulier dans son ouvrage précité La légende maudite du Vingtième siècle. À ses yeux, on prend les concepts mathématiques de ses travaux pour des concepts spiritualistes.
Note
<references/>
Voir aussi
- Homo sapiens - une nouvelle histoire de l'homme (documentaire)
- Darwin
- Paléoanthropologie
- Inside Story
Ouvrage
- La légende maudite du Vingtième siècle : L'Erreur darwinienne, A Dambricourt Malassé, 2000 (Ed. Nuée Bleue)
Articles sur Anne Dambricourt Malassé
- Michel Alberganti, « Le jeu de masques du néocréationnisme français », Le Monde, Horizons, samedi 2 septembre 2006, p. 24
- « Les arguments d'Anne Dambricourt-Malassé », Le Monde Sciences, lundi 31 octobre 2005, p. 19, propos recueillis par Christiane Galus
- « Les ambiguïtés d' "Opération Adam" », Le Monde, 19 juin 1997, p. 23
- Martine Delahaye, « Homo sapiens, une nouvelle histoire de l'homme », Le Monde, Supplément Télévision, lundi 24 octobre 2005, p. 28
- Stéphane Foucart et Christiane Galus, « Un film soupçonné de néocréationnisme fait débat », Le Monde Sciences, lundi 31 octobre 2005, p. 19
- Catherine Malaval, « Cinq contractions et "ecce homo" Une paléontologue française jette un nouveau regard sur nos origines. », Libération, EUREKA, mardi 2 avril 1996, p. 33
- Hervé Morin, « Des chercheurs français s'émeuvent d'une mode antidarwinienne », Le Monde, 19 juin 1997, p. 23
Liens externes
- Site personnel de A. Dambricourt Malassé : ...
- Article du journal Le Monde
- Paysages mentaux des racines évolutives humaines, sapiensweb.free.fr/articles/2-damb.htm
- Le site "Carpe Diem" de Véronique Anger : carpediemcom.free.fr/dambricourt.htm
- Un entretien en 1994 avec Tatiana Faria. www.humains-associes.org/No8/HA.No8.Malasse.html

