Anne Hilarion de Costentin de Tourville
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Image:Tourville-musee-marine.jpg Anne Hilarion de Costentin (ou Cotentin), comte de Tourville, est un vice-amiral et Maréchal de France, né en novembre 1642 (à Paris ou au château de Tourville-sur-Sienne) et mort en mai 1701 à Paris.
Tourville est issu de la noblesse normande : sa mère est née La Rochefoucauld et son père sert le prince de Condé. Comme sa famille a participé à la Fronde et son père étant mort alors qu'il est âgé de cinq ans, Anne Hilarion de Costentin intègre à 14 ans l'Ordre de Malte, où il montre rapidement sa bravoure face aux pirates barbaresques. Fin 1666, sa notoriété lui vaut de rejoindre la marine française comme capitaine de vaisseau et commandant d'un vaisseau de ligne. Il croise alors en Méditerranée, participe à l'expédition de Candie (1669), protège le commerce français et s'oppose aux Turcs. Quand la guerre de Hollande éclate, il rejoint la Marine du Ponant et l'escadre d'Estrées ; il brille à la bataille de Solebay avant de prendre part aux combats contre l'amiral hollandais Ruyter en 1673. Il retourne au Levant en 1675 pour y livrer une guerre de course. Suite à ses succès, il est nommé Chef d'escadre en octobre 1675, à 33 ans.
En 1676 après deux nouvelles passes d'armes avec Ruyter, il démontre à Palerme ses capacités de chef de guerre. Son plan d'attaque permet la victoire de l'escadre commandée par Abraham Duquesne sur l'escadre hispano-hollandaise qui s'est réfugiée dans le port sicilien. Trois vaisseaux hollandais sont détruits. Auréolé de cette victoire et proche ami de Colbert, la carrière de Tourville s'accélère à partir de 1680. Il est nommé lieutenant général en 1682, puis vice-amiral en 1689, mais est de fait amiral et commandant de la marine française, d'Estrées ne prenant plus la mer. En 1690, il épouse Louise-Françoise d'Hymbercourt, fille d'un riche fermier général et veuve d'un cousin germain de Colbert, mariage qui sera cependant malheureux.
Tourville n'est pas seulement un chef de guerre, il s'intéresse et participe de près à la gestion de la marine. Il intervient dans la construction et l'architecture navale, sur la logistique et la formation des marins et des officiers de marine. Il est secrètement consulté par Seignelay sur tous les aspects de la marine, y compris sur les promotions des officiers. Il n'eut de cesse de conseiller au ministre de promouvoir des gens de mer. Il participe également aux négociations en Méditerranée et y remporte de nombreux succès (prise de Gênes en 1685, bombardement de Tripoli en 1686. Mais, c'est avec la guerre de la ligue d'Augsbourg qu'il écrivit les plus belles pages de sa carrière.
En 1688 dans la Manche, il s'empare de cinq vaisseaux hollandais. Le 10 juillet 1690 et les jours suivants, Tourville commande l'armée navale française qui disperse la flotte anglo-hollandaise au Cap Béveziers (appelé Beachy Head par les Anglais). Cette bataille est la victoire la plus éclatante de l'histoire de la marine française sur les Anglais. Ayant fait subir de lourdes pertes aux coalisés, Tourville peut alors occuper la mer et protéger les côtes françaises.
Dans le but de couvrir le débarquement des troupes de Jacques II d'Angleterre, Louis XIV le charge à nouveau en 1692, du commandement de la marine et lui impose d'affronter les anglo-hollandais à Barfleur. Á un contre deux, l'escadre du levant commandée par d'Estrées n'ayant pu rejoindre à temps l'escadre du Ponant, il fait jeu égal avec la flotte coalisée et parvient au prix de combats acharnés et de manœuvres habiles à ne perdre aucun bâtiment. Cependant, dans leur retraite, les vaisseaux avariés sont ralentis, victimes d'une inversion du courant et doivent se réfugier à Cherbourg et à Saint-Vaast-la-Hougue. Au cours de la bataille de la Hougue, Tourville ne peut empêcher la destruction de 15 vaisseaux, dont le vaisseau amiral le Soleil Royal, le plus beau et le plus célèbre de tous les vaisseaux de la flotte de Louis XIV.
En 1693, il peut venger la défaite de la Hougue en parvenant à s'emparer du convoi de Smyrne (bataille de Lagos). Il rafle ou détruit 80 navires marchands et inflige aux coalisés une perte de 30 millions de livres. Tourville se retrouve à la tête d'une armée navale de 93 vaisseaux et est fait maréchal de France. Il participe cette même année à sa dernière campagne maritime, en Méditerranée, avec les sièges de Palamos et Livourne. Il aura passé 35 ans en mer. Il passe ses dernières années entre Provence, Saintonge et Aunis d'où il organise la défense des côtes françaises. Il meurt à Paris en mai 1701. Il demeure le seul amiral français capable de soutenir la comparaison avec ses homologues hollandais et anglais.
[modifier] Bibliographie
- Daniel Dessert, La Royale, Fayard, Paris, 1996.
- Daniel Dessert, Tourville, Fayard, Paris, 2002, ISBN 2-213-59980-7.
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