Années folles
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Après l'Armistice, en 1918, dans une Europe exsangue, les vainqueurs éprouvent un grand soulagement : humiliée, démembrée, amputée de son empire colonial, l'Allemagne n'est pas près de relever le front. D'autant moins que le paiement de lourds tributs la mobilisera pendant de longues années.
À Paris, pendant le conflit, on n'a pas perdu l'art de s'amuser.
On fit la fête au début pour se moquer de l'ennemi et se donner du courage : il allait prendre une belle raclée qui laverait l'affront de '70 et ferait oublier la honte de l'affaire Dreyfus pour l'armée française.
On poursuivit la fête ensuite, pour distraire les permissionnaires.
Puis, quand trop d'horreurs eurent enlevé aux « poilus » l'envie de rire, la fête continua pour consoler les planqués de s'enrichir sous le regard lourd des revenants du Front.
Alors, maintenant qu'une génération nouvelle rêve d'un monde nouveau et proclame « Plus jamais ça ! » on s'empresse de lui proposer de nouvelles griseries sur fond de musique, venu d'Amérique avec les Alliés, le jazz fait son apparition.
L'utopie positiviste du XIXe siècle et son crédo progressiste font place à un individualisme déchaîné et extravagant. André Gide et Marcel Proust donnent le ton littéraire de cette tendance qui s'exacerbe et croît avec le mouvement dada dont Tristan Tzara publie le manifeste. Le surréalisme d'André Breton n'est pas loin.
L'Art nouveau foisonnant, fauché par la guerre, cède la place aux épures précieuses de l'Art déco. La cloche de Wall Street un certain jeudi de 1929 annoncera la fin des réjouissances.
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[modifier] Voir aussi
Pour plus de détails sur la période, se reporter à l'article consacré à l'Entre-deux-guerres
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