Anatole France
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
- Pour les articles homonymes, voir France (homonymie) . Image:Disambig.svg
Anatole France, de son vrai nom Jacques Anatole François Thibault, est un écrivain français, né le 16 avril 1844 à Paris, mort le 12 octobre 1924 à Saint-Cyr-sur-Loire.
<references /><references />Sa vie est notamment connue par les deux biographies de référence de Mme Marie-Claire Blancquart, professeur à la Sorbonne, en particulier : "Anatole France, un sceptique passionné"
L'un des plus grands prosateur français, cet écrivain au style classique, humaniste engagé, parait aujourd'hui injustement oublié.
Issu d'une modeste famille paysanne de la Beauce, son père, Noël France, d'abord sous-officier légitimiste, démissionna au lendemain de la révolution de 1830. Il tint sur le quai Malaquais, à Paris, une librairie spécialisée dans les ouvrages et documents sur la Révolution française, fréquentée par de nombreux écrivains et érudits, comme les frères Goncourt. Elevé dans la bibliothèque paternelle, Anatole en garda le goût des livres et de l'érudition, ainsi qu'une connaissance intime de la période révolutionnaire, arrière plan de plusieurs de ses romans et nouvelles, dont son chef d'oeuvre "Les Dieux ont soif".
D'abord poète,disciple de Lecomte de lisle, France s'oriente tardivement vers le roman et connait son premier succès public à 38 ans avec "Le crime de Sylvestre Bonnard", couronné par l'Académie française.
Bibliothécaire au Sénat, critique littéraire du prestigieux "Temps", Anatole France aspire à une vie bourgeoise, mais son mariage s'avère désastreux, malgré la naissance d'une fille, Suzanne. Il rencontre en 1888 Madame Arman de Caillavet, qui tient un célèbre salon littéraire de la Troisième République, avec qui il engage une liaison qui durera jusqu'à la mort de celle-ci en 1910. Elle lui inspire Thaïs (1890) et Le Lys rouge (1894).
Ecrivain reconnu, Anatole France rejoint Émile Zola lors de l'affaire Dreyfus ; au lendemain de la publication de « J'accuse », il signe, quasiment seul à l'Académie française, la pétition demandant la révision du procès. Il rendra sa Légion d'honneur après qu'on l'eût retirée à Zola et refusera longtemps de sièger sous la Coupole. Il participera à la fondation de la Ligue des droits de l'homme. Son engagement dreyfusard se retrouve dans les quatre tomes de son "Histoire Contemporaine", savoureuse chronique des mesquineries et des ridicules d'une préfecture de province au temps de l'Affaire.
Ecrivain humaniste, sceptique passionné, France s'engage pour la séparation de l'Église et de l'État, pour les droits syndicaux, contre les bagnes militaires. Ami de Jaurès et de Préssenssé, il collabore à l'Humanité. Il prend position en 1919 contre le Traité de Versailles (Contre une paix injuste in l'Humanité, 22 juillet 1919). Proche de la SFIO, il sera plus tard critique envers le PCF.
Anatole France est élu à l'Académie française le 23 janvier 1896, au Fauteuil 38, où il succède à Ferdinand de Lesseps, il y est reçu le 24 décembre 1896, futur voisin de Louis Duchesne et de Raymond Poincaré. Il est lauréat en 1921 du Prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son œuvre. Pour son 80e anniversaire, au lendemain de la victoire du Cartel des gauches, il assiste à une manifestation publique donnée en son honneur le 24 mai 1924 au palais du Trocadéro.
Après sa mort, il est la cible d'un pamphlet des surréalistes, auquel participe Aragon avec un texte fameux intitulé Avez vous déjà giflé un mort ?
Postérité
« Je vais vous dire ce que me rappellent tous les ans le ciel agité de l'automne, les premiers dîners à la lampe et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent. Je vais vous dire ce que je vois quand je traverse le Luxembourg dans les premiers jours d'octobre alors qu'il est plus triste et plus beau que jamais car c'est le temps où les feuilles tombent une à une sur les blanches épaules des statues. Ce que je vois dans ce jardin c'est un petit bonhomme qui, les mains dans les poches et sa gibecière au dos, s'en va au collège en sautillant comme un moineau... »
Chez bien des Français d’un certain âge, un pareil texte évoque des souvenirs nostalgiques ; à le relire ils sentent encore l’odeur de l’encre et ils entendent crisser la plume sergent-major. C’est que Le Livre de mon Ami était jadis en France la grande mine de dictées et de textes à expliquer en classe, avant que les Souvenirs d’enfance de Pagnol ne lui fissent prendre sa retraite.
Aujourd'hui, l'œuvre d'Anatole France se trouve être plutôt délaissée dans l'enseignement français.
Sommaire |
[modifier] Postérité
« Je vais vous dire ce que me rappellent tous les ans le ciel agité de l'automne, les premiers dîners à la lampe et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent. Je vais vous dire ce que je vois quand je traverse le Luxembourg dans les premiers jours d'octobre alors qu'il est plus triste et plus beau que jamais car c'est le temps où les feuilles tombent une à une sur les blanches épaules des statues. Ce que je vois dans ce jardin c'est un petit bonhomme qui, les mains dans les poches et sa gibecière au dos, s'en va au collège en sautillant comme un moineau... »
Chez bien des Français d’un certain âge, un pareil texte évoque des souvenirs nostalgiques ; à le relire ils sentent encore l’odeur de l’encre et ils entendent crisser la plume sergent-major. C’est que Le Livre de mon Ami était jadis en France la grande mine de dictées et de textes à expliquer en classe, avant que les Souvenirs d’enfance de Pagnol ne lui fissent prendre sa retraite.
Aujourd'hui, l'œuvre d'Anatole France se trouve être plutôt délaissée dans l'enseignement français.
[modifier] Œuvres
- Poésies
- La Mort d'un juste (1870)
- Poèmes dorés (1873)
- Les Noces corinthiennes (1876), drame antique en vers
- Romans et nouvelles
- Jocaste et le chat maigre (1879)
- Le Crime de Sylvestre Bonnard (1881), qui reçoit le prix de l'Académie française.
- Les Désirs de Jean Servien 1882
- Nos enfants, scènes de la ville et des champs (1886)
- Balthazar (1889)
- Thaïs (1890), (PG), qui a fourni l'argument au Thaïs de Jules Massenet
- L'Étui de nacre (1892), recueil de contes
- La Rôtisserie de la reine Pédauque (1892)
- Les Opinions de Jérôme Coignard (1893)
- Le Lys rouge (1894), roman
- Le Jardin d'Épicure (1895), (PG)
- Le Puits de Sainte Claire (1895)
- L'Histoire contemporaine : Autour d'un enseignant à l'université de Tourcoing, une tétralogie satirique de la société française sous la Troisième république (du boulangisme au début du XXe siècle.)
- L'Orme du mail (1897), (L'Histoire contemporaine, I)
- Le Mannequin d'osier (1897), (L'Histoire contemporaine, II)
- L'Anneau d'améthyste (1899), (L'Histoire contemporaine, III)
- Monsieur Bergeret à Paris (1901), (L'Histoire contemporaine, IV), (PG)
- Clio (1900)
- Le Procurateur de Judée (1902)
- Histoires comiques (1903)
- Sur la pierre blanche (1905), (PG)
- L'Affaire Crainquebille (1901)
- L'Île des Pingouins (1908), (PG)
- Les Contes de Jacques Tournebroche (1908)
- Les Sept Femmes de Barbe bleue et autres contes merveilleux (1909)
- Les dieux ont soif (1912)
- La Révolte des anges (1914)
- Marguerite (1920)
- Le Comte Morin (1920)
- Souvenirs
- Théâtre
- Au petit bonheur, un acte (1898)
- Crainquebille, pièce (1903)
- La comédie de celui qui épousa une femme muette, deux actes (1908)
- Le Mannequin d'osier, comédie (1928)
- Histoire
- Vie de Jeanne d'Arc (1908)
- Critique littéraire
- Alfred de Vigny, étude (1869)
- Le château de Vaux-le-Vicomte (1888)
- Le Parnasse contemporain (1871) (participation limitée : quelques poèmes)
- Le Génie latin (1913), recueil de préfaces
- Sur la voie glorieuse (1915)
- Critique sociale
- Opinions sociales (1902)
- Le parti noir (1904)
- Vers les temps meilleurs (1906), recueil de discours et lettres
[modifier] Citations
- « En histoire, il faut se résoudre à beaucoup ignorer. »
- « On ne meurt pas pour la Patrie, on meurt pour les industriels. »
- « En art comme en amour, l'instinct suffit. »
- « On observe qu'en France, le plus souvent, les critiques musicaux sont sourds et les critiques d'art aveugles. Cela leur permet le recueillement nécessaire aux idées esthétiques. »
- « Les catholiques massacrèrent les réformés ; les réformés massacrèrent les catholiques : tels furent les premiers progrès de la liberté de pensée. »
- « De tous les vices qui peuvent perdre un homme d'État, la vertu est le plus funeste : elle pousse au crime. »
- « La guerre et le romantisme : fléaux effroyables ! »
- « Jamais homme n'a fait un pareil effort pour avilir l'Humanité, insulter à toutes les images de la beauté et de l'amour, nier tout ce qui est bon, tout ce qui est bien. M. Zola est un de ces malheureux dont on peut dire qu'il vaudrait mieux qu'ils ne fussent pas nés. »
- « La vérité a la faiblesse d'être unique. »
- « Si 50 millions de personnes disent une bêtise, c’est quand même une bêtise. »
[modifier] Liens externes
- Biographie et citations d'Anatole France
- Quelques œuvres sur ABU
- Quelques œuvres sur le Projet Gutenberg
- Ses livres sur Ebooks
- La Fille de Lilith
| Précédé de : Knut Pedersen Hamsun | Prix Nobel de littérature 1921 | Suivi de : Jacinto Benavente |
| Précédé par Ferdinand de Lesseps | Fauteuil 38 de l'Académie française 1896-1924 | Suivi par Paul Valéry |
| Image:Nuvola apps kword.png | Portail de la littérature – Accédez aux articles de Wikipédia concernant la littérature. |
bg:Анатол Франс cs:Anatole France de:Anatole France en:Anatole France eo:Anatole France es:Anatole France et:Anatole France fa:آناتول فرانس fi:Anatole France he:אנטול פרנס hr:Anatole France hu:Anatole France io:Anatole France it:Anatole France ja:アナトール・フランス nl:Anatole France no:Anatole France oc:Anatole France pl:Anatole France pt:Anatole France ro:Anatole France ru:Франс, Анатоль sk:Anatole France sr:Anatol Frans sv:Anatole France

