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Anan ben David

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Judaïsme
Image:P judaism.png
Courants théologiques
du judaïsme
et apparentés

Yahwisme(s)
judéen et samaritain

Israël Antique
Sadducéens, Esséniens,
Pharisiens,
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Judaïsme rabbinique
(orthodoxe, "traditionnaliste"
réformé, reconstructionniste
hassidique et
"ultra-orthodoxe")

Karaïsme
(Ananisme, Benjaminisme,
Ashérisme, Talmidisme)

Anan ben David est souvent considéré comme le fondateur du karaïsme (forme de judaïsme qui se sépara du judaïsme rabbinique par le rejet de la loi orale), ou au moins le fondateur d'un groupe central du mouvement karaïte, les "ananites", qui se rallièrent aux idées d'Anan ben David sur la Bible, la transmigration des âmes, les pratiques ascétiques, les rites de deuil, et l'attitude face à la médecine etc.
Des Sages karaïtes ultérieurs sont fortement critiques envers sa personne et ses enseignements, ce qui a mené certains à penser qu'il n'a pas de part au Karaïsme et que son mouvement, l'ananisme, s'y serait ultérieurement intégré.

Il fonda une dynastie de Nessi'im qui régnèrent sur les Juifs Karaïtes pendant six générations.

Sommaire

[modifier] Contexte historique

Dans la seconde moitié du septième siècle et la totalité du huitième, un bouillonnement intellectuel, généré par les conquêtes arabes et la collision de l'islam avec les anciennes croyances et cultures du monde, mena à l'émergence de nombreuses sectes, particulièrement en Perse, en Babylonie et en Syrie. Le judaïsme vit brièvement réemerger des tendances disparues comme le sadducéisme et l'essénisme dans une éphémère tentative de résurrection.

A cette époque, le pouvoir abbasside, dont le centre était situé à Damas, se transporta à Bagdad, un important centre rabbinique. Les gueonim, directeurs des académies talmudiques babyloniennes, se voyaient comme le dernier maillon dans la chaîne des Posqim (décisionnaires) de la tradition orale, et s'octroyaient l'exclusivité en matière d'exégèse biblique.
La tradition babylonienne étant ensuite transmise aux autres communautés juives de par le monde, la Torah ne se comprenait plus qu'en termes de Talmud babylonien et de codes gueoniques. Ceci suscita un ressentiment croissant à l'égard de Gueonim et la constitution de mouvements dissidents, généralement centrées sur des prétendants à la messianité, opposés au Talmud et à la loi orale, lui déniant tout caractère divin.
Ces groupuscules, parmi lesquels les Isawites, les Yudganites, les Shadganites, les Malakites, les Mishawaites, etc. n'étaient pas destinées à faire plus long feu, et seraient sans doute revenus dans le giron du judaïsme pharisien sans l'intervention d'Anan ben David.

[modifier] Biographie

La vie d'Anan ben David est assez peu connue, et les seules sources qu'on en possède appartiennent à la tradition karaïte. Selon celle-ci, Anan est né en Perse en 715 EC, au sein d'une famille d'ascendance davidique, d'où son titre de Nassi. C'était un brillant disciple des Sages (Talmid Hakham תלמיד חכם) autant versé dans la Loi écrite que la Loi orale.

Vers 760 EC, à la mort de l'exilarque Juif de Babylone (probablement Isaac Iskawi), Josias (Hassan) fut élu comme successeur par les Gueonim, directeurs des académies babyloniennes et les notables. Ce choix fut entériné par le calife de Bagdad.

Selon la version karaïte des faits, Anan ben David s'opposa au chef du grand tribunal rabbinique et à l'exilarque, il commença à critiquer la Torah orale et ne s'en tint qu'à la Torah écrite. Les rabbanites décidèrent alors de le combattre, et firent courir le bruit qu'il se rebellait contre le califat, un crime passible de mort.

Selon la version rabbanite des faits, assez proche, Anan, frère de Josias, se trouvait en lice de succession pour ce poste hautement convoité. Il aurait donc souhaité ce poste et non lutté contre lui. Selon le Sefer HaKabbala, écrit par le Rav Abraham ibn Dawd au douzième siècle, soit 4 siècles après les faits, les Sages auprès desquels étudiait Anan ne l'appréciaient pas, sentant en lui de l'orgueil et un manque de crainte (de l'Eternel). C'est pourquoi ils lui préférèrent son frère Haninaï pour le poste d'exilarque. Il contesta cette décision et, rassembla des partisans issus de sectes sadducéennes, et, soutenu par eux, se proclama l'"antiexilarque". Ce geste fut considéré par les autorités musulmanes comme un acte de rébellion envers le calife. De la part d'un dhimmi (adepte d'une religion tolérée par l'Islam) vivant dans un état musulman, il s'agissait d'une offense capitale. Anan ben David fut promptement arrêté par les autorités un dimanche en 767, et jeté en prison dans l'attente de sa prochaine exécution, pour crime de trahison.

(Les chercheurs estiment que ces deux histoires pourraient avoir été forgées l'une en fonction de l'autre, sans réfléter la moindre réalité historique.)

Anan eut cependant pour compagnon de geôle al-Nu'man ibn Thabit, surnommé Abu Hanifah, fondateur de l'école casuistique des Hanifites. Celui-ci lui conseilla, afin de sauver sa vie, de se présenter comme fondateur d'une nouvelle "secte" religieuse (le mot n'avait pas la même consonnance alors). Anan Ben David devait pour cela interpréter les passages ambigus de la Torah d'une manière non seulement innovante, mais opposée à l'exégèse traditionnelle. Il devrait demander à ses partisans d'assurer la présence du calife à son exécution (ce qui n'était pas inhabituel) et déclarer que sa religion était différente du judaïsme, dénommé rabbanite (ou rabbinique) car s'appuyant sur l'autorité des rabbins. Ses partisans devraient entièrement s'accorder avec la nouvelle doctrine. Ce dernier point ne fut pas difficile à remplir : la structure du Talmud même réduisait toute opposition aux dimensions d'une controverse académique, et le ressentiment contre les rabbins allait grandissant.
C'est ainsi que, se produisant le vendredi suivant son arrestation en présence du calife Al-mansour (754-775), Anan ben David obtint sa faveur et la vie sauve.

Selon la tradition karaïte, Anan ben David, voyant que les tenants de la Loi orale ne l'écoutaient pas et ne retournaient pas à la loi écrite, demanda au calife Al-Mansour l'autorisation de monter en Terre d'Israël, de se fixer à Jérusalem et d'y construire une kenesa (synagogue karaïte). L'autorisation ayant été accordée, il partit avec sa famille et ses disciples. La kenesa qui porte son nom existe toujours et sert encore de lieu de prière. Elle est de ce fait considérée comme l'une des plus vieilles synagogues encore en usage. Anan ben David est décédé en l'an 811 EC, à l'âge de 96 ans. Il est enterré en face du lieu de sépulture du prophète Zacharie, sur le mont Moriah à Jérusalem.

[modifier] critiques historiques

Cependant, tous les chercheurs n'acceptent pas cette version.
Leon Nemoy note que "Natonai, 90 ans à peine après la sécession d'Anan, ne mentionne rien de son ascendance davidique, ni de la dispute pour le poste d'exilarque qui fut la cause invoquée de son apostasie."
Il note aussi que Natonai - un Juif profondément rabbanite - vécut à l'endroit où Anan fut actif, et que le Hakham (titre donné aux Sages karaïtes) Ya'acov Al-Qirqisani ne fait pas non plus mention du lignage supposé d'Anan ni de sa candidature à l'exilarcat. (Source Karaite Anthology; Yale Judaica Series 7)

Une controverse partage également les chercheurs et les hakhamim, tant rabbanites que karaïtes quant à savoir s'il a réellement fondé le judaïsme karaïte.
Selon la version officielle, il fut un maître religieux et politique rassemblant tous les opposants à la Torah orale, et créant le karaïsme pour purifier le judaïsme des traditions pharisiennes.

Selon certains chercheurs modernes, il ne fonda "que" l'ananisme, qui différait sensiblement du karaïsme et ne le rejoint que dans les siècles qui suivirent. L'existence d'un groupe ananite particularisé en marge des autres courants du judaïsme est mentionnée tant par des sources karaïtes anciennes (les livres de Ya'acov Al-Qirqisani au 10è siècle, qui mentionnent aussi les benjaminites) que des sources musulmanes (Messaoudi, lui aussi du 10ème siècle). Une analyse de ces sources a récemment conduit à formuler l'hypthèse que la séparation entre l'ananisme et le judaïsme rabbanite n'eut pas lieu du temps d'Anan ben David (ils fréquentaient en effet les mêmes académies) mais de son arrière-petit fils, Anan II.

D'autres soulignent toutefois que si Messaoudi décrit ananites et karaïtes comme deux groupes différents, ils partagent le même calendrier. Par ailleurs, un lettré afghan, Albironi (973-1048) écrit que les ananites sont une tendance particulière de karaïtes.

Il semble en tout cas qu'Anan ben David ait donné aux opposants à la Loi orale deux bases qui leur avaient manqué jusque là : la légitimité d'une ascendance davidique, et les outils pour l'étude menant à une critique construite d'un système autrement impénétrable. C'est grâce à cela qu'il put rassembler un groupe et passa dans le souvenir de nombreux karaïtes comme le ou l'un des fondateurs du courant.

[modifier] Le système d'Anan ben David

[modifier] Minutes et prescriptions

[modifier] Lois pour l'abbatage rituel

[modifier] Circoncision

[modifier] Lois du Shabbat

[modifier] La science

[modifier] Voir aussi

[modifier] Source

étude des fondements et préceptes karaïtes à partir de la parashat Emor par le rabbin du campus de l'université Bar-Ilan.en:Anan ben David he:ענן בן דוד pt:Anan ben David sk:Anan ben David

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