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Amish

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Aux États-Unis (Pennsylvanie), William Penn, fondateur de la Société des Amis de Dieu, plus connue sous le nom de Quakers, accueille tous les réprouvés à la seule condition qu'ils tolèrent les autres. Il accueille donc les Amish, dont les origines peuvent être datées à 1660 (Signature dans le petit village alsacien d'Ohnenheim de la Convention de foi commune toujours en vigueur actuellement dans les communautés américaines) ou à 1693Sainte-Marie-aux-Mines lorsqu'un évêque, Jakob Amman (1644-1730), quitte, pour des raisons de divergences théologiques, la branche suisse des Mennonites après avoir tenté de mobiliser les frères d'Alsace pour une vie plus simple). En 1712, Louis XIV tente de les déplacer. La trace de Jacob Amman se perd mais on retrouve les frères aux États-Unis d'Amérique.

Les communautés du vieil ordre (47 000 personnes, environ, en Pennsylvanie mais 55 000 en Ohio, 37 000 en Indiana, 59 000 autres aux États-Unis, et Ontario au Canada) ont été popularisées par le film Witness. La première règle est Tu ne te conformeras point à ce monde qui t'entoure. Les Beachy-Amish, un groupe plus moderne, comptaient 7 228 membres en 1991 (Nolt:1992).

Sommaire

[modifier] Organisation

Chaque congrégation amish est indépendante et a sa propre tradition. Les congrégations communiquent entre elles, mais il n'existe aucune organisation régionale ou nationale. Les congrégations sont dirigées par un évêque, un prêcheur, et deux niveaux de diacres. Les femmes n'ont pas voix au chapitre.

Entre les différentes communautés, les traditions diffèrent, mais en général les Amish se vêtent de couleurs foncées. La coquetterie, chez les hommes, consiste à avoir une chemise à rayures. Ils se font pousser la barbe dès le mariage. Les femmes portent une coiffe proche de la quichenotte du pays vendéen. L'idéal de tous consiste à être modeste.

Les Amish n’ont pas de sécurité sociale ni de cotisation de retraite : l'entraide et la solidarité suppléent à tout cela. Les familles ont souvent de 8 à 10 enfants. Il arrive que le père transmette la ferme à l'aîné dès le mariage. Le père se transforme alors facilement en sculpteur et fabrique de petits objets artisanaux en bois, ou en tisserand.

Les Amish du vieil ordre, une église mennonite :

  • voitures à cheval, le buggy,
  • les labours se font à l'attelage, sans tracteur (certaines communautés possèdent des tracteurs sans pneus, avec des roues en fer).

Ils ouvrent néanmoins des magasins en ville où l'on peut se procurer de l'artisanat amish, principalement des couvertures quiltées (patchwork) et d'autres objets d'artisanat. Ces magasins, par exception, sont parfois branchés sur des groupes électriques si leur propriétaire n’est pas Amish.

[modifier] Éducation

L'école primaire est assez proche pour que les enfants puissent y aller à pied. La formation vise surtout l’anglais, les mathématiques ainsi que la santé, la géographie et l’histoire. L’école, lorsque privée, est administrée par une commission scolaire des parents amish élus. Dans les écoles privées amish, les enseignants viennent de la communauté amish elle-même. A l'âge de 14 ans, les jeunes quittent l'école et à l'âge de 16 ans sont envoyés dans le monde moderne jusqu'à peu près 21 ans, cette période est appelée rumschpringe. Après avoir essayé la vie moderne, ils ne rentrent dans les communautés que s'ils veulent demander le baptême et vivre la vie selon les traditions de la communauté. Seuls 10 à 15 % se décident pour la vie moderne.

[modifier] Langage

La plupart des familles Amish parlent une version d'Allemand connue comme étant l'Allemand Pennsylvanien (Deitsch) à la maison. Le terme le plus utilisé "Pennsylvania Dutch" vient du mot Dutch, qui, dans un sens archaîque, réfère à toutes les personnes qui parlent un des nombreux dialectes Germano–Danois et pas seulement les personnes des Pays-Bas. Ce dialecte est assez proche du suisse-allemand et de l'alsacien.

[modifier] Plusieurs courants

  • Le Vieil Ordre Amish parle un dialecte haut allemand, le Pennsylvania Dutch, traditionnellement strictement agriculteurs, aujourd’hui, surtout dans les grandes communautés où il est plus dur de trouver plus de terre, beaucoup travaillent dans des usines ou sont des entrepreneurs.
  • En 1864 en Indiana, un schisme se produit sous la direction de l'Ancien Henry Egli. Ils parlent anglais et envoient leurs enfants à l'École du Dimanche au lieu de donner l'instruction religieuse en famille. Ils proscrivent les bijoux, le tabac, l'alcool. L'anglais provoque des rapprochements avec d'autres mennonites.
  • La Conférence des Amishs Mennonites Conservateurs , schisme libéral, se rapproche du monde. Ce groupe a laissé tomber le mot « Amish » pendant le XXe siècle, et se considère Mennonite aujourd’hui.
  • En 1923, les Beachy Amish, schisme sous la direction de Moïse M. Beachy, reçoivent aussi bien des Conservative Amish que des gens attirés par un rapprochement avec le monde moderne, avec l'usage de l'électricité, des automobiles, des édifices du culte.

Ils vinrent faire une mission (1980-1985) en Allemagne, en Belgique et en Alsace : ce fut un échec. Les Amish voulaient imposer aux sympathisants non encore baptisés de ne pas avoir de télévision chez eux et les alsaciennes supportaient mal le port de la coiffe blanche. 25 personnes étaient intéressées par le genre de vie du Old Order alors que les Beachy-Amish proposaient une certaine modernité. Bilan : 3 baptisés.

À part cette mission, organisée pour le tricentenaire des Amish, et des missions Beachy-amish en Amérique latine, ils ne font aucun prosélytisme.

[modifier] Les Amish en France

Au milieu du XVIIe siècle après la Guerre de Trente Ans, Ribeaupierre, un noble de confession protestante, tente de trouver des agriculteurs pour ses terres ravagées par la guerre. Une soixantaine de familles d'Anabaptistes mennonites, qui viennent d'être explusées du canton de Berne, y trouvent refuge. Ils se réfugient autour de la communauté de Sainte-Marie-aux-Mines en Alsace dans les montagnes vosgiennes. Ils bénéficient d'une exemption militaire en échange d'une promesse de ne pas faire de prosélytisme. La grande majorité de ces anabaptistes arrivés en France ont choisi de suivre l'évêque Jacob Ammann en 1693 lorsque celui-ci fonde une communauté dissidente se voulant plus rigoureuse et plus fidèle aux principes fondateurs : les « Amish ». En 1712, Louis XIV tente de déplacer ces immigrants amish de langue suisse allemand. La majorité d'entre eux se réfugient dans la principauté de Montbéliard, qui était alors une enclave protestante indépendante, tandis que d'autres choisissent de rester autour de Sainte-Marie-aux-Mines malgré l'ordre d'expulsion. Lors de l'avènement de Louis XV certains réfugiés en profitent pour revenir en Alsace. Montbéliard passe sous le contrôle français lors de la révolution française, et en 1792 les Amish bénéficient à nouveau d'une exemption de service militaire. Ils perdent ce privilège au début du XIXe siècle sous l'autorité de Napoléon Bonaparte. Les Amish de France réalisent leurs difficultés à faire cohabiter leur mode de vie avec celui de leurs congénères et quittent massivement le pays pour s'installer aux États-Unis d'Amérique et au Canada. Ceux qui choisissent de rester en France doivent accepter la conscription. En 1850, il y avait 5 000 Amish en France et en 1900 il en restait 3 000. Mais au cours du XIXe siècle, 14 congrégations ont disparu, les familles se sont éloignées les unes des autres et certaines congrégations ne pratiquaient le culte qu'une fois par mois. En 1907, les Amish de France, en désarroi, laissent tomber le mot "Amish" et le remplacent par "Mennonite" pour signifier leur réunification avec les Mennonites. Certaines traditions amish, comme le lavement des pieds, perdurent encore quelques années malgré la réunification. Aujourd'hui quelques églises Mennonites en France doivent leurs origines aux anciens Amish.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • « L'énigme amish », Jacques Légeret. Problème de Vie. Editeur/Edition : Labor et Fides, Genève, 2000
  • « Les Amish. Etude historique et sociologique », Marie-Thérèse Lassabe-Bernard. Editeur/Edition : Honoré Champion, Paris, 2000
  • « A History of the Amish », Steven M. Nolt. Editeur/Edition : Good Books, Intercourse (Pennsylvanie), 1992
  • « Amish Society », John A. Hostetler. Editeur/Edition : The John Hopkins University Press, Baltimore & London, 1993
  • « The Anabaptist Vision and its Impact among French Mennonites », Neil Blough, [1]

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