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Alphonse de Lamartine

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Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine est un poète, écrivain, historien, et homme politique français né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869.

Sommaire

[modifier] Biographie

Sa première éducation se fit au château paternel de Milly, sous la tendre surveillance d’une mère qui « ne lui demandait que d’être vrai et bon ». Après avoir achevé ses études au collège de Belley, dirigé par des jésuites, il voyagea, particulièrement en Italie (1811), jusqu’à la chute de l’Empire, entra, en 1814, dans les gardes du corps de Louis XVIII. S'ennuyant, il s'adonna à l'écriture et quitta son service lors de la seconde Restauration, puis, après quelques années d’une vie un peu décousue et éparse, il fit paraître en 1820, ses Méditations poétiques, qui, du jour au lendemain, le consacrèrent grand poète. Son succès dépassa toutes ses espérances et il s’en vendit environ 45 000 exemplaires en quatre ans. Le 5 juin 1820, Lamartine épouse Mary-Anne-Elisa Birch, une jeune anglaise protestante, à Chambéry. Trois ans après, il fait paraître : les Nouvelles Méditations poétiques, puis La Mort de Socrate, le Dernier Chant du pèlerinage de Child Harold. En 1825, il fut reçu la croix de la Légion d'Honneur, grace à un décret de Charles X. En 1829, parurent les Harmonies poétiques et religieuses. Lamartine fut élu, le 5 novembre de la même année, à l'Académie Française, au fauteuil n°7, succédant à Pierre Daru.

Après un voyage fastueux en Orient, la mort de sa fille va modifier sa foi. Il s'engage dans le combat politique, envoyé à la chambre des députés par les électeurs de la ville de Dunkerque, il se fit nommer député en 1833 de Bergues, et joua dans la Chambre le beau rôle d’un orateur poète que la générosité de son cœur et l’élévation de la pensée mettent au dessus des partis. Il y présente de nombreuses interventions comme l'abolition de la peine de mort ou des projets relatifs à l'assistance. Le 2 mai 1834, il prononce un discours célèbre pour la colonisation de l'Algérie, conquise quatre ans plus tôt par Charles X.

Il publia successivement : Voyage en Orient (1835), Jocelyn (1836), la Chute d’un ange (1838), Recueillements poétiques (1839). Se tournant ensuite du côté de l’histoire, il composa ses Girondins (1846), où l’imagination a sans doute trop de part, mais qui sont un livre des plus vivants et des plus éloquents.

Un peu plus tard, il se mit à la tête du mouvement révolutionnaire. Devenu influent et affichant son opposition au régime de Louis Philippe, il est l'un des acteurs des journées de la Révolution de 1848. Il devient membre du gouvernement provisoire et ministre des affaires étrangères, il fut aussi l'un des protagonistes de l'abolition de l'esclavage. Le discours qu’il prononça, le 25 février 1848, contre le drapeau rouge, est resté célèbre. Impuissant, le 15 mai, à prévenir l’invasion de l’Assemblée nationale, les journées de Juin lui portèrent le coup de grâce. Il fut nommé à l’Assemblée nationale que dans une élection partielle. Le coup d’État de décembre et l'avènement du Second Empire mettent fin à sa carrière politique. Endetté, il ne peut choisir l'exil. Persuadé du danger impérial, il se réfugie dans l'écriture, publiant des ouvrages historiques, des romans sociaux, des ouvrages autobiographiques ainsi que des recueils poétiques.

Ses principaux ouvrages après 1848 sont : les Confidences (1849), Geneviève (1851), le Tailleur de pierre de Saint-Point (1851), Graziella (1852), Cours familiers de littérature (1856).

Les dernières années de sa vie s’écoulèrent dans la tristesse. Obligé à un labeur sans trêve par de continuels besoins d’argent, il finit par accepter du gouvernement impérial une dotation d’un demi million (1867). Il mourut deux ans après, dans un chalet de Passy, que la ville de Paris avait mis à sa disposition. En 1869, sa famille refuse les funérailles nationales auxquelles il avait droit.

[modifier] = l'œuvre

[modifier] Poésie

Le petit recueil des Méditations poétiques avait révélé à la France une poésie nouvelle, « vraiment sortie du cœur », en contraste avec le lyrisme factice des poètes Jean-Baptiste Rousseau ou Pierre-Antoine Lebrun. Même inspiration dans le recueil suivant, sauf que l’on y sent parfois le virtuose. Quant aux Harmonies, la forme en est, peut-être parfois moins pure, l’abondance n’y est pas toujours exempte de virtuosité ; mais la veine du poète a plus de richesse, plus d’ampleur et de magnificence. Jocelyn, sorte de roman en vers, devait faire partie d’une vaste épopée dont la Chute d’un ange est un autre épisode. Si l’on y regrette quelque mollesse de facture, nombre de pages valent ce que le poète avait écrit de plus beau. Il y montrait une aptitude particulière pour la poésie symbolique et philosophique. Quant aux Recueillements, malgré de très beaux morceaux, les défauts y prévalent, presque partout, sur les qualités. Le génie abondant et facile du poète ne savait pas s’astreindre au pénible travail du style.

[modifier] Analyse de l'œuvre

On a dit que Lamartine était la poésie même. Cela signifie, sans doute, que la poésie était, pour Lamartine l'expression la plus spontanée et la plus sincère de ses sentiments intimes. Sa religion? Le sentiment du divin, puisé, comme il le dit lui même, non « dans cette région où les spécialités divisent les cœurs et les intelligences », mais « dans celle où tout ce qui s’élève à Dieu se rencontre et s’accorde », et tel, que l’expression, sinon la pensée devient presque nécessairement panthéiste. Sa philosophie? Une sorte de spiritualisme éthéré, qui ne se concrétise dans aucune doctrine, une harmonie entre l’âme du poète et celle du monde, et, partant un large optimisme, et des espérances infinies. Et, enfin, comme poète, Lamartine, se tint en dehors des cadres traditionnels et même de tout cadre fixe. Son génie répugne à toute limite. Il n’est pas le poète descriptif, l’artiste qui se voit et fait des contours précis. Dans les paysages vaporeux où les lignes s’effacent, où les bruits s’apaisent, où les objets deviennent presque immatériels, se déploient ces rêves purs et nobles, sa mélancolie molle, flottante et douce. Lamartine a dit dans ces vers bien connus : Je chantais, mes amis, comme l’homme respire.

C’est en ce sens qu’il est le plus poète des poètes français, qu’il est la poésie elle-même.

[modifier] Citations

  • « Qui reconnaîtrait la Révolution entre nos mains ? (…) Au lieu du travail et de l'industrie libre, la France vendue aux capitalistes ! » (1843)
  • « Les utopies ne sont que des vérités prématurées. »
  • « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. »
  • « Je suis las des musées, cimetières des arts. »
  • « O temps! suspends ton vol. »
  • « Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? »
  • « Tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est une des infirmités de la condition humaine »<ref>Lamartine, Confidences, LivreIV, Chapitre VIII</ref>
  • « La France est une nation qui s'ennuie. »<ref>extrait d'un discours du 10 janvier 1839</ref>
  • « Il y a une femme à l'origine de toutes les grandes choses. »
  • « Le monde est un livre dont chaque pas nous ouvre une page. »,extrait du Voyage en Orient
  • « On voudrait revenir à la page où l'on aime Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts. » Extrait des Poésies diverses
  • « C'est pour la vérité que Dieu fit le génie. »
  • « Borné dans sa nature, infini dans ses voeux,

L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux. »

[modifier] Œuvres

Wikisource propose un ou plusieurs textes de ou sur Alphonse de Lamartine dans le domaine public

En histoire :

Autres :

[modifier] Source

  • Nouveau Larousse illustré, 1898-1907 (publication dans le domaine public)

<references />

[modifier] Correspondance

  • Correspondance d'Alphonse de Lamartine : deuxième série, 1807-1829. Tome III, 1820-1823 (textes réunis, classés et annotés par Christian Croisille ; avec la collaboration de Marie-Renée Morin pour la correspondance Virieu). – Paris : H. Champion, coll. « Textes de littérature moderne et contemporaine » n° 85, 2005. – 521 p., 23 cm. – ISBN 2-7453-1288-X.
  • Lamartine, lettres des années sombres (1853 - 1867), présentation et notes d'Henri Guillemin, Librairie de l'Université, Fribourg, 1942, 224 pages.
  • Lamartine, lettres inédites (1821 - 1851), présentation d'Henri Guillemin, Aux Portes de France, Porrentruy, 1944, 118 pages.

[modifier] Bibliographie

  • Lamartine orateur par Louis Barthou (en ligne sur le site de la BNF)
  • Richard Alix, l'Univers aquatique de Lamartine. Charnay-lès-Mâcon : Richard Alix, 1991. 94 p., 21 cm. [pas d'ISBN].
  • Richard Alix, Lamartine, un sportsman français. Charnay-lès-Mâcon : Éditions du Musée de la natation, 2004. 158 p., 24 cm. [pas d'ISBN].
  • Guillemin Henri, Lamartine, l'homme et l'œuvre, Boivin et Cie, Collection Le Livre de l'Etudiant, Paris, 1940, 166 pages. (réédité en 1987 sous le titre abrégé Lamartine')
  • Guillemin Henri, Connaissance de Lamartine, Librairie de l'Université, Fribourg, 1942, 312 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine et la question sociale, La Palatine, Genève, 1946, 218 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine en 1848, PUF, Paris, 1948, 90 pages.
  • Guillemin Henri, Lamartine. Documents iconographiques, Editions Pierre Cailler, Genève, 1958, 230 pages.
  • Édouard Rod, Lamartine, Lecène, Oudin et Cie, Paris, 1883.
  • Gérard Unger, Lamartine. Poète et homme d'Etat, Flammarion, 1999, 538 pages.

[modifier] Lien interne

[modifier] Lien externe

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Précédé par
Pierre Daru
Fauteuil 7 de l'Académie française
1829-1870
Suivi par
Émile Ollivier
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