Albert Einstein
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Albert Einstein (14 mars 1879 à Ulm, Württemberg, Allemagne - 18 avril 1955 à Princeton, New Jersey, États-Unis) physicien allemand, puis apatride (1896), suisse (1899), et enfin suisse-américain (1940).
Il a publié la théorie de la relativité restreinte (complétée par Henri Poincaré) en 1905 et une théorie de la gravité dite relativité générale (complétée par David Hilbert) en 1915. Il a largement contribué au développement de la mécanique quantique et de la cosmologie. Il a reçu le prix Nobel de physique en 1921 pour son explication de l'effet photoélectrique. Son travail est notamment connu pour l'équation E=mc² qui quantifie l'énergie disponible dans la matière.
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Biographie
Le 8 août 1876 Hermann Einstein (le père d' Albert), épouse Pauline Koch. Trois ans plus tard, le 14 mars 1879, Albert, leur premier enfant, naît dans l'appartement des Einstein à Ulm en Allemagne. Albert, lorsqu'il était jeune, fit deux découvertes : la boussole à cinq ans et la rigueur scientifique dans un livre, La Petite Bible de la géométrie, à treize ans. Même s'il délaissa vite la religion, il faut noter qu'Einstein est resté fidèle aux enseignements du judaïsme, notamment quand il a émigré dans les années 1920 aux États-Unis pour faire la quête au profit du futur État d'Israël.
Il fait ses études primaires et secondaires à la Hochschule d'Aargau où il obtient son diplôme le 30 septembre 1896. Il a d'excellents résultats en mathématiques mais refuse de s'instruire de la biologie et les sciences humaines car il ne voyait pas l'intérêt d'apprendre des disciplines que l'on retrouve partout dans les livres. Il considère la science comme le fruit de la raison humaine et de la réflexion. Il demande à son père de lui donner la nationalité suisse afin de rejoindre sa famille émigrée à Pavie en Italie.
Il entre à l'ETH (Eidgenössische Technische Hochschule) de Zürich en 1896. Il s'y lie d'amitié avec le mathématicien Marcel Grossman, qui l'aidera plus tard quand il sera aux prises avec les géométries non-euclidiennes. Il y rencontre aussi Mileva Marić, sa première épouse. Il obtient son diplôme en 1900. Il lit évidemment beaucoup : pendant cette époque, il approfondit presque exhaustivement d'excellents livres de référence comme ceux de Boltzmann, de Helmholtz, de Nernst. Il a comme lecture aussi la Mécanique de Ernst Mach. Selon plusieurs biographies, la période 1900 jusqu'à 1902 sera un temps de précarité pour Einstein qui postulera à de nombreux postes sans avoir la joie d'être accepté. La misère d'Einstein préoccupa énormément son père qui essaya en vain de l'aider à trouver un emploi. Il se résigna à oublier l'université pour chercher un travail administratif.
En 1902, il est embauché à l'Office des brevets de Berne, ce qui lui permet de vivre correctement tout en travaillant ses théories d'arrache-pied. Mileva et Albert se marient en 1903, après la mort du père de ce dernier. En 1904, Hans-Albert naît. Leur première fille, Lieserl, venue au monde avant leur mariage, a été abandonnée, car cela aurait pu, selon les critères de l'époque, l'obliger à quitter l'Office des brevets. Dans les années 1905-1909, il publie quatre articles qui ouvrent de nouvelles voies dans la recherche (physique nucléaire, mécanique céleste…). Quatre ans après ces articles, il est reconnu par ses pairs. Les offres d'emplois se multiplient. Eduard naît en 1910 et en 1913, Albert est nommé à l'Académie des sciences de Prusse. Cela implique qu'il avait la citoyenneté prussienne, en plus celle de Suisse.
En 1914, il déménage en Allemagne et habite à Berlin de nombreuses années, et les propositions de travail allemandes lui permettent de se consacrer entièrement à son travail de recherche. À ce moment, Mileva et Albert se séparent, et ce dernier commence à fréquenter une cousine berlinoise, Elsa. Il clame aux abords de la Première Guerre mondiale ses opinions pacifistes. La situation s'assombrit en Allemagne dans les années 1920; on le traîne dans la boue comme juif et pacifiste. Albert voit sa vie menacée. En 1928, il est nommé président de la Ligue des Droits de l'Homme.
En 1933, il apprend que sa maison de Berlin a été pillée par les bandes nazies. Peu après, Hitler arrive au pouvoir. Il décide de s'exiler de l'Allemagne. Son fils Eduard est schizophrène et passera sa vie dans une clinique suisse. Einstein meurt le 18 avril 1955 d'une rupture d'anévrisme. On éparpillera ses cendres dans un lieu tenu secret, conformément à son testament, mais en dépit de ses dernières volontés son cerveau et ses yeux sont préservés par le médecin légiste qui a fait son autopsie.
Premières publications (1902-1909)
L'annus mirabilis
1905 est l'année miracle pour Einstein, celle où il donne plus qu'un coup de pouce à la recherche en publiant quatre articles dans la revue Annalen der Physik (d'abord envoyés à Conrad Habicht).
- Le premier, publié en mars, expose un point de vue révolutionnaire sur la nature corpusculaire de la lumière, par l'étude de l'effet photoélectrique. Einstein l'a intitulé : Sur un point de vue heuristique concernant la production et la transformation de la lumière. Il y relate ses recherches sur l'origine des émissions de particules, en se basant sur les travaux de Planck qui avait, en 1900, établi une formule d'un rayonnement quantifié, c'est-à-dire discontinu. Planck avait été en fait contraint d'aborder le rayonnement lumineux émis par un corps chaud d'une manière qui le déconcertait : pour mettre en adéquation sa formule et les résultats expérimentaux, il lui avait fallu supposer que le courant de particules se divisait en blocs d'énergie, qu'il appela quanta. Bien qu'il pensât que ces quanta n'avaient pas de véritable existence, sa théorie semblait prometteuse et plusieurs physiciens y travaillèrent. Einstein réinvestit les résultats de Planck pour étudier l'effet photoélectrique, et il conclut en énonçant que la lumière se comportait à la fois comme une onde et à la fois comme un flux de particules. Il mit alors fin à un débat vieux de plus d'un siècle sur la nature de la lumière et ouvrit la voie à des recherches fondamentales. L'effet photoélectrique a donc fourni une confirmation simple de l'hypothèse des quanta de Max Planck. En 1920, les quanta furent appelés les photons.
- Deux mois plus tard, en mai, Einstein fait publier un second article sur le mouvement brownien. Il expliquait ce mouvement par une entorse complète au principe d'entropie tel qu'énoncé à la suite des travaux de Newton sur les forces mécaniques : selon lui, les molécules tiraient leur énergie cinétique de la chaleur. Cet article est encore plus fondamental du fait qu'il donnait une preuve théorique (vérifiée expérimentalement par Jean Perrin (1912)) de l'existence des atomes et des molécules. Le mouvement brownien a été expliqué au même moment qu'Einstein par Marian Smoluchowski, et aussi par Louis Bachelier en 1900.
- Le troisième article est plus important, car il représente la rupture intuitive d'Einstein avec la physique newtonienne — systématisée à partir des travaux de Hertz, Poincaré et Lorentz. Dans celui Sur l'électrodynamique des corps en mouvement, le physicien s'attaque au postulat d'un espace et d'un temps absolus, tels que définis par la mécanique de Newton, et à l'existence de l'éther, milieu interstellaire inerte qui devait soutenir la lumière comme l'eau ou l'air soutiennent les ondes sonores dans leurs déplacements. Cet article, publié en juin, amène à deux conclusions : l'éther n'existe pas, et le temps et l'espace sont relatifs. Le nouvel absolu qu'Einstein édifie est maintenant détaché de la nature quantitative de ces deux notions — l'espace et le temps, mais à la conservation de leur relation à travers les différents référentiels d'études. Les conséquences de cette vision révolutionnaire de la physique, qui découle de l'idée qu'Einstein avait de la manière dont les lois physiques devaient contraindre l'univers, ont bousculé tant la physique théorique que ses applications pratiques. Le rôle de Henri Poincaré dans l'édification de ces idées est, avec la redécouverte de ses textes, de plus en plus mis en avant (consultez la page Henri Poincaré).
- Le dernier article, publié en septembre, donne au titre L'inertie d'un corps dépend-elle de son contenu en énergie ? une réponse célèbre : la formule d'équivalence masse-énergie. C'est un résultat de la toute nouvelle relativité restreinte, qui sera d'une importance capitale pour un nombre de champs d'études insoupçonnés alors : physique nucléaire, mécanique céleste, jusqu'aux armes et centrales nucléaires.
Durant cette période, il fonde avec Maurice Solovine (qui traduira ses œuvres en français) et Conrad Habicht l'Académie Olympia, nom ironique pour un cercle de discussion se réunissant au 49, Kramgasse, et organisant des balades en montagne.
Années de reconnaissance (1910-1935)
Quatre ans après ces articles, il est reconnu par ses pairs. Les offres de travail se multiplient. Eduard naît en 1910.
Il est nommé à l'Académie des sciences de Prusse en 1913. Il est invité au Congrès Solvay, en Belgique, qui rassemble les scientifiques les plus connus. Il y rencontre entre autres Marie Curie, Max Planck et Paul Langevin.
En 1914, il déménage en Allemagne et habite à Berlin de nombreuses années, et les propositions de travail allemandes lui permettent de se consacrer tout entier à son travail de recherche. À ce moment, Mileva et Albert se séparent, et ce dernier commence à fréquenter une cousine berlinoise, Elsa. Il clame aux abords de la Première Guerre mondiale ses opinions pacifistes.
La ville de Berlin lui avait promis le cadeau d'une maison. Avec le temps (19??) ce ne sera finalement qu'un terrain sur lequel il dut faire construire de sa poche. Il choisit un endroit calme près du lac de Havelsee, où il faisait souvent de la voile. Image:Niels Bohr Albert Einstein2 by Ehrenfest.jpg Dans un livre de 1916, il a publié sa théorie de la gravitation, connue aujourd'hui sous le nom de la relativité générale. La clé de voûte de la théorie est les "Équations du Champ" qui décrivent le comportement du champ de gravitation (la métrique de l'espace-temps) en fonction du contenu énergétique et matériel. Pendant longtemps on a prétendu que David Hilbert fut le premier à avoir trouvé ces équations (suite à des discussions avec Einstein toutefois). Mais des recherches historiques plus récentes par Leo Corry en 1997 ont démontré que dans la première version de l'article publié par Hilbert (antérieur à celui d'Einstein), les équations sont fausses. Hilbert parvint aux équations correctes qu'après publication de celles-ci par Einstein qui les obtint toutefois d'une manière différente de celle adoptée par Hilbert. Toutefois, l'article de Corry a été critiqué par le Prof. Friedwardt Winterberg en 2004 dans le journal Naturforsch, réaffirmant la thèse de l'antériorité de David Hilbert. La théorie de la relativité ainsi que ses ouvrages de 1905 et 1916 forment la base de la physique moderne. La relation entre Einstein et la physique quantique est très remarquable — d'un côté, certaines de ses théories sont la base de la physique quantique, en particulier son explication de l'effet photoélectrique, d'un autre côté il a refusé beaucoup d'idées et d'interprétations de la mécanique quantique plus tard. Il dit alors : « Gott würfelt nicht » (« Dieu ne joue pas aux dés ») pour marquer son opposition à l'interprétation probabiliste de la physique quantique, ce à quoi Niels Bohr répondit « Qui êtes-vous Albert Einstein pour dire à Dieu ce qu'il doit faire ? ». Le paradoxe quantique qu'il arrivera à préciser plus tard avec Podolsky et Rosen à Princeton (paradoxe EPR) reste aujourd'hui très important.
Le génie célèbre
En 1919, deux expéditions partent vérifier une des prédictions de la relativité générale : la déviation des rayons lumineux aux alentours d'une masse, lors d'une éclipse solaire. L'une des expéditions a un temps nuageux et convenable, et la confirmation de la nouvelle théorie paraît dans les journaux. C'est le début de la célébrité d'Einstein. Une anecdote : en 1917, Einstein, ayant abouti à une première forme non définitive de la théorie, avait calculé une déviation deux fois moindre. Une expédition avait eu lieu, mais ce jour-là était nuageux. Sa célébrité en aurait-elle été changée, s'est demandé Philippe Frank dans sa biographie ?
Einstein part exposer sa théorie dans le monde entier, où on le célèbre. La situation s'assombrit en Allemagne dans les années 1920 ; on le traîne dans la boue comme juif et pacifiste. Albert voit sa vie menacée.
En 1925, il est lauréat de la médaille Copley. En 1928, il est nommé président de la Ligue des Droits de l'Homme. En 1932, il apprend que sa maison de Berlin a été pillée par les bandes nazies. Peu après, Hitler arrive au pouvoir. Il décide de ne plus mettre les pieds en Allemagne. Il travaille alors aux États-Unis, notamment à l'Institute for Advanced Study de Princeton. En 1935, il est lauréat de la Médaille Franklin.
Il avertit le président Franklin Roosevelt de la possible utilisation d'une bombe atomique. Il lui réécrira plus tard pour lui demander d'abandonner cette idée, mais deux bombes nucléaires seront utilisées contre le Japon en 1945.
Son fils Eduard est schizophrène et passera sa vie dans une clinique suisse.
Einstein meurt le 18 avril 1955 d'une rupture d'anévrisme. On éparpillera ses cendres dans un lieu tenu secret, mais on préserva son cerveau et ses yeux.
Einstein et la politique
En politique Einstein était avant tout un pacifiste, même s'il put déconseiller l'objection de conscience à un jeune Européen qui lui écrivit dans les années 1930, « pour la sauvegarde de son pays et de la civilisation ». Einstein est lié à beaucoup de causes pacifistes, car il accepta toujours de défendre une cause qu'il trouvait juste. Il répondit ainsi aux communistes que les peuples devaient s'occuper d'abord de pacifisme afin d'avoir les conditions nécessaires pour ensuite pouvoir faire du socialisme. Il prononcera cet apophtegme (maxime mémorable d'une personne éminente) : « Si un homme peut éprouver quelque plaisir à défiler en rang aux sons d'une musique, je méprise cet homme… Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu'une moelle épinière le satisfait. » (dans Comment je vois le monde, publié à partir de 1934) faisant ainsi référence à l'armée, institution qu'il méprisait.
Il a été sensible au sionisme et a aidé à la création de l'université hébraïque de Jérusalem. Il a accepté l'invitation de Chaim Weizmann à aller aux États-Unis recueillir des fonds dans ce but. Cependant, il a pu dire devant le mur des lamentations : « Qu'il est triste de voir des gens qui ont un passé, mais pas d'avenir.» Il tint à faire remarquer que « sans coopération honnête avec les Arabes, pas de paix, ni de prospérité. Cela concerne le long terme, pas l'instant présent.»
En 1913, il est cosignataire d'une pétition pour la paix que trois savants Allemands signeront. C'est le pendant du Manifeste des 91 Intellectuels Allemands.
Il analysa bien l'évolution de la situation entre les deux guerres en Allemagne. Il eut d'assez bons mots, car il avait une vision très rationnelle des hommes (« Pour l'instant je suis un savant allemand, mais si je viens à devenir une bête noire, je serai un juif suisse »), mais il dut fuir. Il recevait des menaces de mort dès 1933. Une cabale contre la théorie de la relativité eut lieu dans la science allemande (mais aussi en Russie). On renomma par exemple l'équation E=mc² en principe d'Hasenöhrl. Il démissionna de l'académie de Prusse en 1933. Il fut par contre exclu de celle de Bavière, qu'il ne put quitter volontairement à temps. C'est l'année de l'exil.
Le 2 août 1939, il rédigea une lettre à Roosevelt qui contribua à enclencher le projet Manhattan[1]. En 1945, lorsqu'il comprend que les États-Unis vont réaliser la première bombe atomique de l'histoire, il prend l'initiative d'écrire une nouvelle fois à Roosevelt pour le prier de renoncer à cette arme. Après la guerre, Einstein milite pour un désarmement atomique mondial, jusqu'avant sa mort en 1955 où il confesse à Linus Pauling : « j'ai fait une grande erreur dans ma vie, quand j'ai signé cette lettre.»
Einstein s'est exprimé sur ses convictions socialistes en 1949, soit en plein MacCarthysme, dans un essai intitulé « Pourquoi le Socialisme ». Sa correspondance révèle qu'il effectuait un rapprochement entre le MacCarthysme et les évènements des années 1930 en Allemagne. Il écrivit au juge chargé de l'affaire Rosenberg pour demander leur grâce, aida de nombreuses personnes qui voulaient immigrer aux États-Unis ; contacté par William Frauenglass, un professeur d'anglais de lycée suspecté de sympathies communistes, il rédigea un texte dénonçant ouvertement le MacCarthysme et encourageant les intellectuels à résister à ce qu'il qualifie de « mal ». Le FBI (en fait son président, J. Edgar Hoover) a ouvert un dossier sur lui, disponible sur leur site. [2]. Joseph McCarthy lui-même attaque Einstein au Congrès en le traitant « d'ennemi de l'Amérique ». On soupçonne sa secrétaire, Helen Dukas, d'espionnage pour Moscou. Les médias se déchaînent. Au milieu de ce lynchage organisé, Bertrand Russell prend sa défense. L'affaire a été classée en 1954, aucune preuve n'ayant été trouvée.
Il est désapointé par ce qu'il peut connaître de l'Union Soviétique, même s'il lui apparaît que le principe du gouvernement des peuples par eux-mêmes, le fait de travailler pour eux-mêmes, lui semble plus propice à l'épanouissement individuel que celui de l'exploitation du grand nombre par une minorité. Par ailleurs, il a préfacé le Livre Noir, recueil de témoignages sur l'extermination des juifs par les nazis pendant la guerre dans la Russie Soviétique (ISBN 2742706232).
Ben Gourion lui proposa en 1952 la présidence de l'État d'Israël, qu'il refusa. L'ambassadeur raconte les raisons de son refus : « D'abord, si je connais les lois de l'univers, je ne connais presque rien aux êtres humains. De plus, il semble qu'un président d'Israël doit parfois signer des choses qu'il désapprouve, et personne ne peut imaginer que je puisse faire cela. » Il légua ses archives à l'université de Jérusalem.
Einstein fut somme toute un pacifiste à la philosophie extrêmement rationnelle, un peu contemplatif, un être un peu asocial qui aimait l'humanité. Il a constamment méprisé l'agitation humaine et a toujours préféré le calme. Pour connaître ses pensées sur la religion ou la guerre, on peut lire ses citations.
Il a lutté pendant la guerre froide en s'exprimant contre la course aux armements, appelant, par exemple avec Bertrand Russell et Joseph Rotblat, les scientifiques à plus de responsabilités, les gouvernements à un renoncement commun à leur prolifération et leur utilisation, et les peuples à chercher d'autres moyens d'obtenir la paix (création du Comité d'urgence des scientifiques atomistes en 1946, Manifeste Russell-Einstein en 1954). Il fut nommé directeur du Comité à l'Énergie atomique des Nations unies, mais démissionna quand il se rendit compte de son inutilité. Il a toujours insisté sur la nécessité de créer un État mondial.
Précisons qu'il ne participa pas à la construction de la bombe atomique. Il n'en eut pas même l'idée. Ce fut Robert Oppenheimer qui la dirigea.
Vie sociale
Einstein a eu des relations avec quantité de personnalités scientifiques, politiques et artistiques. Sa correspondance était très riche.
Ses liaisons avec les femmes étaient sombres. Il trompait souvent Maja, et fut très dur avec Mileva. Ils faisaient chambre à part et il pouvait lui interdire son bureau, se faisant presque servir (« Je traitais ma femme comme une employée, mais une employée que je ne pouvais pas congédier »). réf. nécessaire
Mileva Maric
Mileva Maric, atteinte de coxalgie (boiteuse) et au physique sombre, est aussi élève du Polytechnicum. Elle tombe enceinte et accouchera chez ses parents en Serbie d’une petite fille, Lieserl, que le père et la mère devront abandonner. Nul ne sait ce qu’est devenue cette fille d’Einstein. Mais ce drame va briser la vie de Mileva et, à terme, celle du couple.
Einstein a toujours fui l'agitation humaine, refusé les effets faciles et les jugements à l'emporte-pièce. « Je suis un solitaire qui aime l'humanité », et pour lui « On ne peut appuyer la morale sur des règles constantes ».
Autres personnalités
Il entretint toute sa vie une relation amicale avec la reine Élisabeth de Belgique, avec qui il jouait du violon (« Je m'étonne de la courte mémoire des hommes quant aux faits politiques. Hier le procès de Nuremberg, aujourd'hui le réarmement de l'Allemagne…»).
En 1933, il publie avec Sigmund Freud un échange de lettres intitulé Pourquoi la guerre ?
Einstein et l'astrologie
Contrairement à la citation qui lui est attachée par de nombreuses publications, en particulier celui de l'astrologue Élisabeth Teissier, Einstein ne voyait dans l'astrologie que supercherie. Il a notamment exprimé son opinion très négative sur le sujet dans une introduction qu'il a écrite en 1951 pour l'ouvrage de Carola Baumgardt.
Citation apocryphe qui lui est attribuée : « L’astrologie est une science en soi, illuminatrice. J’ai beaucoup appris grâce à elle et je lui dois beaucoup. Les connaissances géophysiques mettent en relief le pouvoir des étoiles et des planètes sur le destin terrestre. À son tour, en un certain sens, l’astrologie le renforce. C’est pourquoi c’est une espèce d’élixir de vie pour l’humanité. »
Ce faux a pour origine le Huters astrologischer Kalender de 1960, publié en 1959. La phrase a donc été forgée environ cinq ans après la mort d'Einstein.
Einstein et le végétarisme
Dans la lignée de ses prises de position pacifistes et avant-gardistes, Albert Einstein soutenait la cause végétarienne. Il considérait le végétarisme comme un idéal sans pourtant le pratiquer lui-même malgré quelques problèmes de conscience (Einstein Archive 60-058).
Il considérait principalement les raisons de santé mais croyait également à l’effet bénéfique du régime végétarien sur le tempérament des hommes. (Lettre à Hermann Huth, 27 décembre 1930. Einstein Archive 46-756).
C'est seulement un an avant sa mort qu’il mit en pratique ce régime (Lettre à Hans Muehsam, du 30 mars 1954).
Le cerveau d'Einstein
En 1978, le journaliste Steven Levy apprend par son employeur le journal New Jersey Monthly que le cerveau du savant aurait été conservé et lui demande de le récupérer.
Levy sera accompagné par un caméraman durant sa quête et le film diffusé dans les années 1990 sur le petit écran en France. Après une longue enquête, il le retrouve en effet à Wichita, Kansas, chez le pathologiste qui avait procédé à son extraction, le Dr. Thomas Harvey.
Les médias campèrent évidemment devant son domicile en quête d'information lui créant énormément de désagréments. Par la suite le Dr Harvey avoua qu'il n'avait rien trouvé de particulier dans sa structure physique pouvant expliquer son génie.
Mais de plus récentes études (parues notamment dans Science et Vie) montrent que le cerveau d'Einstein possédait un nombre élevé d'astrocytes. Les chercheurs à qui l'on doit cette découverte ignorent si cela est responsable de son intelligence, ils négligeaient jusque-là les astrocytes dans leurs recherches neurologiques s'intéressant avant tout aux neurones.
Hommage par attribution du nom
Un einstein est égal au nombre d'Avogadro fois l'énergie d'un photon (lumière). Il y a aussi un élément chimique : l'einsteinium.
Inventions et Brevets
Einstein fut autre qu'un théoricien, il a aussi inventé des appareils et a déposé de nombreux brevets en collaboration avec des amis.
- Voltmètre ultrasensible
En 1908, avec Paul Habicht, il met au point un voltmètre capable de mesurer des tensions de l'ordre d'un dix-millième de volt. Ce « multiplicateur de potentiel Einstein-Habicht » sera commercialisé à partir de 1912.
- Réfrigérateur
Avec son ancien étudiant et ami Leo Szilard, il crée plusieurs types de réfrigérateurs (un système à absorption, un système à diffusion et un système électromagnétique). Ce dernier système s'appuie sur une « pompe électromagnétique » qui est encore utilisée pour transporter le sodium dans les réacteurs à neutrons rapides à caloporteur sodium (2005). Les réfrigérateurs n'ont pas été commercialisés.
- Appareil de correction auditive
Un des quarante brevets déposés avec Szilard.
Année d'Einstein
2005 fut l'année mondiale de la physique, mais aussi l'année d'Einstein, en commémoration du centenaire de l'annus mirabilis.
Citations attribuées
De très nombreuses citations circulent comme étant d'Einstein. Il est difficile d'établir lesquelles sont authentiques. Mais la première de cette liste semble être une parodie d'un truisme de Feynman (que Feynman énonçait à ses collègues professeurs à propos d'étudiants et non d'enfants de 6 ans). La seconde est très improbable puisque Einstein tenait bien à souligner que la relativité indique une dilatation du temps des physiciens, un objet très distinct du temps perçu par les humains.
- Si vous n'arrivez pas à expliquer un concept à un enfant de 6 ans, c'est que vous ne maîtrisez pas ce concept.
- Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez-vous auprès d'une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C'est ça la relativité.
- Triste époque que celle où il est plus difficile de briser un préjugé qu'un atome.
- Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine… mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue.
- Si les faits ne correspondent pas à la théorie, changez les faits.
- Rien n'est plus proche du vrai que le faux.
- La recherche, c'est 5% de talent et 95% de transpiration.
- Le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito.
- Un problème sans solution est un problème mal posé.
- Ce qui est incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible.
- Ce qui m'intéresse vraiment, c'est de savoir si Dieu avait un quelconque choix en créant le monde.
- La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne… et personne ne sait pourquoi !
- Soit A un succès dans la vie. Alors, A = x + y + z, où x = travailler, y = s'amuser, z = se taire.
- Je ne pense jamais au futur. Il vient bien assez tôt.
- La politique, c’est éphémère, mais une équation est éternelle.
- J'affirme que le sentiment religieux cosmique est le motif le plus puissant et le plus noble de la recherche scientifique.
- Ce n'est pas que je suis si intelligent, c'est que je reste plus longtemps avec les problèmes.
- Quiconque prétend s'ériger en juge de la vérité et du savoir s'expose à périr sous les éclats de rire des dieux puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n'en connaissons que la représentation que nous en faisons.
- Un être humain est une partie du tout que nous appelons "Univers"… Une partie limitée dans le Temps et dans l'Espace.
- L'homme et sa sécurité doivent constituer la première préoccupation de toute aventure technologique.
- Rien ne peut être aussi bénéfique à la santé humaine et augmenter les chances de survie de la vie sur terre que d'opter pour une diète végétarienne.
- Je sais pourquoi tant de gens aiment couper du bois. C'est une activité où l'on voit tout de suite le résultat.
- Ce qui fait la vraie valeur d'un être humain, c'est de s'être délivré de son petit moi.
- L'homme solitaire pense seul et crée des nouvelles valeurs pour la communauté.
- Je veux connaître les pensées de Dieu ; tout le reste n'est que détail.
- Peu d'êtres sont capables d'exprimer posément une opinion différente des préjugés de leur milieu. La plupart des êtres sont même incapables d'arriver à formuler de telles opinions.
- Le problème aujourd'hui n'est pas l'énergie atomique, mais le cœur des hommes.
- C'est le devoir de chaque homme de rendre au monde au moins autant qu'il en a reçu.
- Les amères leçons du passé doivent être réapprises sans cesse.
- L'école devrait toujours avoir pour but de donner à ses élèves une personnalité harmonieuse, et non de les former en spécialistes.
- Définissez-moi d'abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j'y crois.
- La plus belle chose que nous puissions éprouver, c'est le côté mystérieux de la vie.
- L'État est notre serviteur et nous n'avons pas à en être les esclaves.
- Un estomac creux n'est pas un bon conseiller politique.
- Le progrès technique est comme une hache qu'on aurait mise dans les mains d'un psychopathe.
- La science est une chose merveilleuse… tant qu'il ne faut pas en vivre !
- Ne t'inquiète pas si tu as des difficultés en maths, je peux t'assurer que les miennes sont bien plus importantes !
- Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément.
- Inventer, c'est penser à côté.
- L'effort d'unir sagesse et pouvoir aboutit rarement et seulement très brièvement.
- Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton.
- Rare est le nombre de ceux qui regardent avec leurs propres yeux et qui éprouvent avec leur propre sensibilité.
- La science sans religion est boiteuse, la religion sans science est aveugle.
- En apparence, la vie n'a aucun sens, et pourtant, il est impossible qu'il n'y en ait pas un.
- N'essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur.
- La perfection des moyens et la confusion des buts semblent caractériser notre époque.
- Les grands esprits ont toujours rencontré une opposition farouche des esprits médiocres.
- Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité.
- Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu'ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement.
- L'imagination est plus importante que le savoir.
- C'est le rôle essentiel du professeur d'éveiller la joie de travailler et de connaître.
- L'homme évite habituellement d'accorder de l'intelligence à autrui, sauf quand par hasard il s'agit d'un ennemi.
- Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.
- La valeur morale ne peut pas être remplacée par la valeur intelligence et j'ajouterai : Dieu merci.
- Tant qu'il y aura des hommes, il y aura des guerres.
- Je ne sais pas quelles seront les armes de la troisième Guerre Mondiale, mais celles de la quatrième seront des pierres et des bâtons.
- Dieu ne joue pas aux dés dans l'univers.
- La gravitation ne peut être tenue responsable du fait que les êtres humains tombent amoureux.
- Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’Homme n’aurait plus que 4 années à vivre; plus de pollinisation, plus d’herbe, plus d’animaux, plus d’hommes...
- Ce qui est évident, c'est que rien n'est évident.
Voir aussi
Liens internes
- Prix Nobel de physique
- La date de naissance d'Albert Einstein est également la journée de π
- Loi de Nernst-Einstein
- Statistique de Bose-Einstein
- Mileva Einstein
- (2001) Einstein
Liens externes
- (en) Albert Einstein online
- (en) Toutes les archives d'Einstein en ligne
- (de) (en) La maison d'Einstein à Berne
- (fr) Biographie d'Albert Einstein
- (fr) Curiosités sur Einstein et Picasso
- (fr) Citations d'Albert Einstein
- (fr) Conférence UTLS sur Einstein aujourd'hui par Françoise BALIBAR
- (de) (en) Site d'une actuelle exposition sur Einstein à Berlin
- (fr) Dossier sur l'Année Einstein
- (fr) (nl) Site de l'expo Albert Einstein à Bruxelles du 15 décembre 2005 au 1er mai 2006
- (en) Les 1427 pages du dossier Einstein au FBI américain.
- (fr) Articles & Analyses sur Albert Einstein par le Professeur N. Lygeros
- (fr) Le centenaire des travaux d'Albert Einstein. Bibliographie d'ouvrages sur l'oeuvre d'Albert Einstein sur le site internet du Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Bibliographie succincte
Cette bibliographie contient quelques ouvrages incontournables pour aborder le personnage d'Einstein et son œuvre. Pour des ouvrages plus techniques, le lecteur se reportera aux bibliographies des articles spécialisés citées ci-dessous.
Biographies d'Einstein
- Françoise Balibar ; Einstein : La joie de la pensée, collection Découvertes, Gallimard (1993), ISBN 2070532208.
- Banesh Hoffmann ; Albert Einstein, créateur et rebelle, Collection Points-Sciences, Le Seuil (1975) ISBN 2020053470. Une excellente biographie au format poche, par un ancien collaborateur d'Einstein à l'Institute for Advanced Studies de Princeton.
- Philippe Frank ; Einstein - Sa vie et son temps, Collection Les savants & le monde, Albin Michel (Paris-1950). Réédition en poche dans la collection Champs, Flammarion (1993) ISBN 2080812424. Une biographie autorisée de première main, par celui qui fut le successeur d'Einstein à la chaire de physique théorique de l'Université de Prague, nommé sur sa recommandation. Très documentée, elle décrit admirablement le contexte historique (scientifique et politique) de la genèse des travaux d'Einstein.
- Abraham Pais ; Albert Einstein : La vie et l'œuvre, Interedditions (1993). Réédité par Dunod (2005) ISBN 2100493892. La biographie scientifique qui fait aujourd'hui autorité depuis sa parution en 1982, par un professeur de l'Université de Rockfeller qui a connu Einstein dans les dernières années de sa vie. Contenu extrêmement riche. Le niveau de certains passages techniques est celui d'un second cycle universitaire.
Ouvrages de vulgarisation
- Albert Einstein ; La relativité, Gauthier-Villars (1956).
Réédité par Payot (1990) ISBN 2228882542. Au format poche, un exposé élémentaire des principes de la théorie de la relativité restreinte et générale, par son auteur. Indémodable.
- Banesh Hoffmann ; Histoire d'une grande idée : la relativité, Éditions Pour La Science (1985), diffusion Belin ISBN 0-9029-1844-5. Un exposé remarquable pour sa clarté et sa simplicité de la relativité, par un ancien collaborateur d'Einstein à l'Institute for Advanced Studies de Princeton.
- Thibault Damour ; Si Einstein m'était conté, Editions du Cherche-midi, Paris (2005) ISBN 2-74910-390-8. Le grand spécialiste français des théories de la relativité nous livre enfin « son » Einstein sans équations. Thibault Damour est professeur permanent à l'Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES) de Bures-sur-Yvette ; il a longtemps enseigné la relativité générale au DEA de physique théorique de la rue d'Ulm.
- Albert Einstein & Leopold Infeld ; L'évolution des idées en physique, collection Champs, Flammarion (1993) ISBN 2080811193. Au format poche, une histoire de la physique, de la mécanique de Newton jusqu'aux théories modernes (relativité, quanta), écrite en 1936 par le Maître lui-même et l'un de ses disciples à Princeton, pour financer le séjour de ce dernier.
Œuvres d'Einstein
- Une sélection des œuvres d'Einstein, notamment ses articles techniques originaux, sont aujourd'hui disponibles en traduction française commentée sous le titre Œuvres choisies aux éditions du Seuil/CNRS éditions, dans la collection Sources du savoir (6 volumes parus depuis 1989).
- Françoise Balibar (ed.), Albert Einstein : physique, philosophie, politique, éditions du Seuil, ISBN 2020396580. Livre de poche qui contient des « morceaux choisis » issus de la sélection précédente.
- Albert Einstein, Comment je vois le monde, collection Champs 183, Flammarion, 1989 ISBN 2-08-081183-5. Recueil d'articles.
- Albert Einstein avec Sigmund Freud : "Pourquoi la guerre ? " (1933), Ed.: Rivages, 2005, ISBN 2743613645
Ouvrages plus techniques
- Michèle Leduc & Michel Le Bellac (éditeurs) ; Einstein aujourd'hui, EDP Sciences (Janvier 2005), 428 pp., ISBN 2-86883-768-9. Pour célébrer l'« Année mondiale de la physique 2005 », les Editions de Physique nous proposent un panorama contemporain des domaines de la physique initiée par Einstein en 1905 : relativités, quanta, physique statistique de la diffusion. Les textes, souvent techniques, sont écrits par les plus grands experts français de ces domaines.
- Séminaire Poincaré : Einstein, 1905-2005 (Paris, 08 Avril 2005).
- Se reporter aux bibliographies des articles spécialisés :
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Paix : Bureau international permanent de la Paix · Comité international de la Croix-Rouge · Élie Ducommun · Henri Dunant · Albert Gobat · Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés · Office international Nansen pour les réfugiés · Organisation internationale du travail Chimie : Richard R. Ernst · Paul Karrer · Vladimir Prelog · Leopold Ruzicka · Alfred Werner · Kurt Wüthrich · Physique : Albert Einstein · Charles Edouard Guillaume · Karl Alexander Müller · Heinrich Rohrer · Physiologie ou médecine : Werner Arber · Daniel Bovet · Walter Rudolf Hess · Emil Theodor Kocher · Paul Hermann Müller · Tadeusz Reichstein · Rolf M. Zinkernagel · Littérature : Hermann Hesse · Carl Spitteler | |
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