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Afro-américain

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(Redirigé depuis Afro-Américain)

Un afro-américain ou africain-américain, est un Américain dont les origines sont perçues comme étant d'Afrique noire. Il peut également être appelé « Noir américain ». Popularisé par Malcolm X dans les années 1960, le terme est devenu d'un usage commun aux États-Unis à la fin des années 1980. Le but de l'expression était de définir les Américains de couleur de peau noire par leurs origines, comme le sont les citoyens d'origine italienne ou irlandaise, et non plus uniquement par leur couleur.

La plupart des afro-américains sont descendants de personnes amenées d’Afrique aux Amériques en tant qu’esclaves entre le XVIe siècle et le XIXe siècle.

Sommaire

[modifier] États-Unis

Aux États-Unis d'Amérique, le terme d’African American désigne un citoyen ou un habitant des États-Unis de type ethnique noir-africain. C’est notamment le cas sur les formulaires officiels destinés à préparer des statistiques ou à accompagner des politiques de discrimination positive. Ceux dont les ancêtres ont été transportés en qualité d’esclaves d’Afrique aux Caraïbes ou en Amérique latine, mais qui sont venus aux États-Unis en personnes libres, sont classés aux États-Unis dans la catégorie afro-américains ou dans une autre catégorie qui peut être latino-américain, haitiano-américain ou caraibéen-américain. Notons qu’un Américain aux origines maghrébines -sauf s'il est noir- ou un Blanc originaire d’Afrique du Sud, donc de l’Afrique, ne seront pas désignés African American.

[modifier] Histoire

[modifier] Époque coloniale

Benjamin Banneker (1731-1806), astronome et éditeur américain, fils d'esclave Les premiers esclaves africains débarquent au début du XVIIe siècle dans les colonies anglaises d'Amérique du Nord. Dès cette époque, on peut obersver des métissages avec les Blancs. Pendant la guerre d'indépendance américaine, des soldats noirs, qu'ils soient esclaves ou libres, ont participé au conflit dans les deux camps, loyaliste et insurgent. On estime que 5 000 Noirs ont combattu aux côtés des Américains<ref>Sidney Kaplan and Emma Nogrady Kaplan, The Black Presence in the Era of the American Revolution, pp. 64-69</ref> et plusieurs d'entre eux furent affranchis<ref>Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, ISBN 2020799502, p.117</ref>.

La Révolution américaine plaça au cœur des débats politiques la place et le statut des Noirs dans la société. Le Congrès continental discuta intensément de l'esclavage. Thomas Jefferson, dans la Déclaration d'indépendance américaine, préféra ignorer le sujet, afin de ne pas mécontenter les régions du Sud qui vivaient de l'économie de plantation. Si la Constitution américaine fondait les bases démocratiques de la nouvelle République, elle excluait les Noirs du droit de vote, de même que les femmes, les Amérindiens et les pauvres.

Image:Searchtool.svg Voir l’article Thomas Jefferson et l’esclavage.

[modifier] L'abolition de l'esclavage

Image:Searchtool.svg Voir l’article Abolition de l'esclavage.

Dès 1770, les sociétés Quakers de Nouvelle-Angleterre s'interdisent toutes pratiques esclavagistes. Seuls quelques États du Nord s'engagent rapidement dans la voie de l'abolition de l'esclavage : le Vermont l'interdit dès 1777<ref>Jacques Binoche, Histoire des États-Unis, p.103 ; Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, ISBN 2020799502, p.117</ref>. En 1807, la traite des noirs est officiellement abolie aux États-Unis. Dans les années 1820, la Female Anti-slavery Society dénonce l'esclavage. En 1865 est promulgué le 13e amendement interdisant l'esclavage, après la guerre de Sécession.

[modifier] La ségrégation

Après 1865, un grand nombre d'anciens esclaves se retrouvent sans travail et de nombreux planteurs font faillite. Commence alors un exode massif des Noirs vers les villes industrielles du Nord du pays. La Guerre de Sécession laissa des rancœurs dans les États du Sud : après la fin de l'occupation militaire est mise en place la ségrégation par peur du métissage et par la psychose du viol des femmes blanches par les hommes noirs<ref>Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, ISBN 2020799502, p.128</ref>. Les lois Jim Crow instaurent le développement séparé mais égal, c'est-à-dire la ségrégation dans les lieux publics. Les Noirs sont également victimes de violences, de lynchages et de la haine du Ku Klux Klan.

[modifier] Les droits civils et la marche vers l'égalité

Les premières mesures contre la ségrégation sont prises dans les états du Nord après la Seconde Guerre mondiale, compte-tenu de l'effort de guerre soutenu par les Noirs dans l'armée américaine. En 1949, l'armée entre dans une phase de déségrégation totale<ref>Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, ISBN 2020799502, p.131</ref>.

Grâce aux efforts de l'avocat noir Thurgood Marshall et du NAACP, la ségrégation scolaire est déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême des États-Unis en 1954 (arrêt Brown v. Board of Education). Les autres lois Jim Crow ont été abolies par le Civil Rights Act de 1964 et le Voting Rights Act.

Les années 1960 sont marquées par la figure de Martin Luther King (1929-1968) qui organisa et dirigea des marches pour le droit de vote, l'emploi des minorités, et d'autres droits civiques élémentaires pour les noirs américains. Il est surtout connu pour son discours « I have a dream » (J'ai un rêve), prononcé le 28 août 1963 devant le Lincoln Memorial à Washington durant la marche pour l'emploi et la liberté. Il rencontre John F. Kennedy qui lui apporte un grand soutien pour la lutte contre la discrimination raciale. La déségrégation prend une tournure violente avec de nombreux assassinats, des émeutes dans certaines villes et dans les ghettos : entre 1965 et 1968, les violences font 250 morts et 8 000 blessés dans tout le pays. En 1968, un rapport de la commission Kerner s'intéresse aux causes de ces violences et représente le point de départ de la politique de discrimination positive.

[modifier] La discrimination positive (affirmative action)

Image:Searchtool.svg Voir l’article Discrimination positive.

Le premier à utiliser l'expression Affirmative action est le président américain John Fitzgerald Kennedy<ref>Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, ISBN 2020799502, p.137</ref> ; elle fut ensuite reprise par son successeur à la Maison Blanche Lyndon Johnson. Leur idée était que, malgré les lois en faveur de l'égalité, les Noirs resteraient en retard par rapport au reste de la population américaine. Le but était de faire en sorte que les Noirs soient davantage représentés dans les emplois qualifiés, les universités, les médias, etc. Dès les années 1960, des emplois préférentiels sont mis en place. Mais il ne s'agit en aucun cas d'une politique de quotas : en 2003, la Cour Suprême a condamné le principe des quotas comme étant contraire à l'égalité devant la loi et à la libre concurrence<ref>Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, ISBN 2020799502, p.138</ref>. Les résultats sont jugés convaincants aux États-Unis : en 1960, 13 % des Afro-Américains appartenaient aux classes moyennes, ils sont 66 % en 2000<ref>Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, ISBN 2020799502, p.140</ref>.

[modifier] Démographie

Selon le recensement de 2005, environ 39,9 millions d'afro-américains vivent au États-Unis soit 13,8 % de la population totale. 54,8 % résident dans les États du Sud, 17.6 % dans le Nord-est, 18,7 % dans le Midwest et seulement 8,9 % dans les États de l'Ouest. 88 % vivent dans des aires urbaines. Avec plus de 2 millions de résidents noirs, New York City a la plus importante population noire urbaine des États-Unis. Parmi les villes de plus de 100 000 habitants, Gary dans l'Indiana a le plus fort pourcentage d'habitants noirs (85 %), suivi de peu par Detroit dans le Michigan (83 %). Atlanta en Géorgie (65 %), Philadelphie en Pennsylvanie (43 %) et Washington, D.C. (60 %) sont aussi des centres importants de population noire.


Année Nombre Pourcentage de la population totale
1790 757 208 19.3% (plus haut pourcentage historique)
1800 1 002 037 18.9%
1810 1 377 808 19.0%
1820 1 771 656 18.4%
1830 2 328 642 18.1%
1840 2 873 648 16.8%
1850 3 638 808 15.7%
1860 4 441 830 14.1%
1870 4 880 009 12.7%
1880 6 580 793 13.1%
1890 7 488 788 11.9%
1900 8 833 994 11.6%
1910 9 827 763 10.7%
1920 10 500 000 9.9%
1930 11 900 000 9.7% (plus bas pourcentage historique)
1940 12 900 000 9.8%
1950 15 000 000 10.0%
1960 18 900 000 10.5%
1970 22 600 000 11.1%
1980 26 500 000 11.7%
1990 30 000 000 12.1%
2000 36 600 000 12.3%

Source : Recensements US. L'estimation est de 13,5% pour 2005 [1]

[modifier] Culture

Le terme afro-américain est également utilisé pour désigner la culture afro-américaine, comme en musique, qui est en fait un ensemble de cultures, mélange des influences africaines, européennes et américaines, développée par cette population d’origine africaine. Le jazz est une musique afro-américaine, tout comme d'autres musiques d'Amérique latine, notamment celles de Cuba et du Brésil, où les descendants des esclaves importés d'Afrique ont inventé des folklores originaux, des pas de danse et des mélodies populaires.

[modifier] Littérature

Image:Searchtool.svg Voir l’article Littérature noire américaine.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes

<references />

[modifier] Liens internes

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