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Adjectif

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En grammaire, on appelle adjectif une catégorie de mot qui s'adjoint au nom pour exprimer une qualité (adjectif qualificatif) ou pour permettre à celui-ci d'être actualisé dans une phrase (adjectif déterminatif). L'adjectif se distingue notamment du déterminant par sa distribution dans la phrase.

  • L'adjectif (qualificatif), quant à lui, remplit la fonction syntaxique d'épithète lorsqu'il détermine une propriété spécifique de l'ensemble qu'il qualifie, souvent le nom. Il est dit attribut lorsqu'il détermine une propriété générique d'un ensemble évoqué par le nom, par l'intermédiaire d'un verbe. Il faut cependant faire attention de ne pas confondre la nature de l'adjectif avec ces fonctions qu'il peut remplir dans la phrase.
  • L'adjectif relationnel n'est pas un adjectif qualificatif. Il indique une relation avec le référent du nom dont il est dérivé : La tribune présidentielle, c'est à dire, La tribune du président. Il n'est pas gradable : on ne dit pas une boucherie très chevaline, ni un parc très régional. Enfin, il est toujours épithète, immédiatement postposé au nom, sauf dans une construction contrastive où il peut fonctionner comme attribut : ce décret n'est pas rectoral, mais ministériel.

Sommaire

[modifier] L'adjectif en grammaire française

En grammaire française, l'adjectif qualificatif, comme son nom l'indique, affecte une qualité (soit, une caractéristique, descriptive, relationnelle, évaluative…) à un nom, un pronom ou un syntagme. Il constitue le noyau du syntagme adjectival :

Un vase plein de fleurs.
L'adjectif qualificatif « plein » est le noyau du syntagme « plein de fleurs ».
  • L'adjectif qualificatif doit être distingué des autres adjectifs (les adjectifs non qualificatifs, ou adjectifs déterminatifs, c'est-à-dire, les démonstratifs, les possessifs, les indéfinis, les numéraux, les interrogatifs, les exclamatifs, etc.) qui eux, sont des déterminants du nom. Pour le grammairien, le déterminant actualise le nom (le nom renvoie alors à un référent, et non plus à lui-même), tandis que l'adjectif qualificatif caractérise le référent indiqué par le nom, en lui affectant une qualité particulière.
  • Une fois posée cette distinction, et compte tenu du fait que les adjectifs déterminatifs sont plus habituellement appelés déterminatifs ou déterminants, on conviendra que le mot adjectif (sans plus de précision) ou encore, le mot qualificatif (employé tout seul), normalement, renvoient l'un comme l'autre, à l'adjectif qualificatif.


[modifier] Syntaxe

La syntaxe est la discipline linguistique qui étudie comment les mots se combinent pour former des phrases. La syntaxe de l'adjectif<ref>Tout adjectif s'entends ici comme qualificatif.</ref> dinstingue traditionnellement plusieurs fonctions : épithète, apposé, attribut<ref>A des fins pédagogiques, une terminologie scolaire famillière a été utilisée, sachant que l'épithète est aussi nommé épithète liée pour la rapprocher de l'épithète détachée (l'adjectif qualificatif apposé).</ref>. Ces fonctions résultent de la relation de l'adjectif avec d'autres parties de la phrase, en particulier un nom (épithète, apposé), ou un verbe (attribut). Les marques d'accord montrent ces fonctions.


[modifier] Accord de l'adjectif

L'adjectif s'accorde toujours, en genre et en nombre, avec le mot qu'il qualifie.

Lorsqu'il est satellite d'un nom ou d'un pronom, il s'accorde normalement avec celui-ci.
Lorsqu'il est satellite d'un verbe (cas de l'attribut), il s'accorde normalement avec le nom ou le pronom dont il est attribut.
  • Lorsqu'un adjectif qualifie plusieurs noms ou pronoms, cet adjectif est mis obligatoirement au pluriel. Si les noms ou pronoms appartiennent à des genres différents, le masculin l'emporte et l'adjectif qualificatif se met alors au masculin pluriel :
Une rose et un œillet odorants.
  • Lorsque le mot qu'il qualifie est un pronom neutre, l'adjectif reste invariable (c'est-à-dire qu'il reste au masculin singulier) :
Cela est clair. Quelque chose nous a paru suspect.
Les qualificatifs « clair » et « suspect » (tous deux au masculin singulier) sont attributs du sujet, respectivement des pronoms neutres « cela » et « quelque chose ».


[modifier] Épithète

L'adjectif est dit épithète lorsqu'il est conjoint (ou lié) au nom dont il est satellite. Il s'agit là de l'épithète liée (à distinguer du cas de l'épithète détachée, ou apposition) :

Une rose odorante. De beaux enfants.
L'adjectif « odorante » est épithète du nom « rose » ; l'adjectif « beaux » est épithète du nom « enfants ».
  • Contrairement à l'adjectif déterminatif ou à l'adjectif attribut (qui ont un caractère obligatoire), l'adjectif qualificatif épithète est un satellite simplement facultatif.
  • Seul un nom peut recevoir une épithète liée. S'il s'agit d'un pronom, l'adjectif sera alors appositif (épithète détachée) ou attribut. Toutefois quelques pronoms peuvent recevoir une épithète liée introduite par la préposition « de » :
Quoi de neuf, docteur ? Nous avons mangé quelque chose de bon.
  • La liaison de l'épithète peut prendre deux formes : la postposition (l'épithète est placée après le nom dont elle est satellite) et l'antéposition (l'épithète est placée avant le nom dont elle est satellite). Dans les deux cas cependant, un adjectif qualificatif épithète est toujours placé après les déterminants (article, possessif, démonstratif, etc.) :
Une petite fleur blanche.
Les adjectifs « petite » (placé avant le nom, mais après le déterminant « une ») et « blanche » (placé après le nom) sont épithètes liées du nom « fleur ».
  • Une seule exception : l'adjectif « feu » [=décédé] (il s'agit d'un archaïsme), qui peut se placer avant le ou les déterminants  :
Feu la reine. La feue reine.
  • Lorsque plusieurs qualificatifs sont épithètes d'un même nom, ces adjectifs peuvent être coordonnés à condition d'être tous placés du même côté :
Des travaux coûteux, longs et pénibles. Un jeune et beau garçon.
Les adjectifs « coûteux », « longs », « pénibles », sont épithètes du nom « travaux ». Les adjectifs « jeune », « beaux », sont épithètes du nom « garçon ».

Les règles qui régissent la postposition ou l'antéposition des épithètes liées sont plus ou moins strictes : certains adjectifs qualificatifs en fonction d'épithète liée sont « plutôt » postposés, d'autres sont « plutôt » antéposés, d'autres enfin, peuvent être, soit postposés, soit antéposés, selon le contexte et le sens retenu.

Divers facteurs, acoustiques (ou euphoniques : sonorité des mots enchaînés), syntaxiques (ordre, nombre et longueur des mots concernés) et sémantiques (éviter tout risque d'équivoque quant au sens), exercent des influences réciproques et parfois contradictoires, dans le choix entre antéposition et postposition.


[modifier] Les deux catégories d'épithètes

Entre antéposition et postposition, c'est cette dernière qui est le cas le plus courant.

[modifier] Épithètes habituellement postposées

Un très grand nombre de qualificatifs épithètes sont généralement postposés. L'épithète postposée produit le plus souvent une caractérisation de nature objective et descriptive. C'est ainsi que sont ordinairement postposés :

  • Les qualificatifs de forme ou de couleur :
Un pantalon bordeaux ou anthracite ; des yeux bleus ; une cour carrée, un visage ovale.
Et non : « Un bordeaux ou anthracite pantalon ; de bleus yeux ; une carrée cour ; un ovale visage. »
  • Les participes employés comme adjectifs, participes passés ou participes présents (adjectifs verbaux) :
Un pantalon déchiré ; un message inattendu ; des numéros gagnants.
Et non : « Un déchiré pantalon ; un inattendu message ; de gagnants numéros. »
  • Les ensembles adjectivaux, qu'il s'agisse de mots composés (unifiés, composés ou locutions) ou de groupes (avec compléments d'adjectif) :
Un bijou porte-bonheur ; des objets bon marché ; un homme rouge de colère.
Et non : « Un porte-bonheur bijou ; de bon marché objets ; un rouge de colère homme. »
  • Les adjectifs dont la caractérisation est de nature relationnelle et indiscutable, équivalant très souvent à un complément de nom :
Le discours présidentiel ; une ligne téléphonique ; une erreur grammaticale ; le peuple juif ; les pays chauds ; l'électricité statique ; une tragédie cornélienne ; l'empire romain.
Équivalents de : « Le discours du Président » ; « Une ligne pour le téléphone » ; « Une erreur de grammaire » ; etc.
  • Les adjectifs accompagnés d'un adverbe : Elle donne des réponses rarement bonnes
  • Les adjectifs suivis d'un complément : Un spectacle amusant à voir
[modifier] Épithètes habituellement antéposées

Un certain nombre d'adjectifs épithètes (généralement courts, et d'usage courant) sont habituellement antéposés : ils conservent en fait la place normale qu'ils avaient en ancien français. Il s'agit essentiellement des adjectifs suivants : autre, beau, bon, brave, grand, gros, jeune, joli, maigre, mauvais, méchant, même, meilleur, moindre, pauvre, petit, pire, vieux…

Une pauvre maison entourée de vieux arbres.
  • L'épithète habituellement antéposée est le plus souvent ressentie comme non dissociable de son nom noyau, c'est-à-dire qu'elle forme presque avec ce dernier une véritable locution nominale associée à une unité signifiante (avec un sens spécifique, souvent figuré).
Ainsi, l'épithète pauvre, satellite du nom homme, en antéposition prendra le sens de personne digne de compassion (« pauvre homme »), tandis qu'en postposition, elle signifiera le contraire de riche (« homme pauvre »). Cependant, la même épithète antéposée, satellite, non plus du nom homme, mais du nom type, prendra le sens de personne digne de mépris (« pauvre type »).
On peut donc dire que si « homme pauvre » est bien un syntagme nominal dont chaque élément conserve sons sens propre, indépendamment du sens de l'autre élément, « pauvre homme » et « pauvre type » sont déjà des locutions nominales indivisibles, avec une seule unité signifiante (pauvre diable, triste sire, joyeux drille, etc.).
Cette différence de sens selon la position de l'épithète disparaît généralement quand l'adjectif devient apposé ou attribut.
  • L'épithète antéposée produit généralement une caractérisation de nature subjective, prenant souvent la forme d'un jugement de valeur. Le caractère de l'information est alors dit évaluatif :
Un intrépide combattant.
C'est-à-dire : « Un combattant que moi (énonciateur), je juge intrépide ». Mais on dira : « Un film intéressant », donc adjectif évaluatif postposé (à cause de l'adjectif verbal).
  • L'adjectif épithète petit par exemple, normalement placé en antéposition prend le plus souvent une valeur familière, affectueuse, bienveillante. C'est ainsi qu'on pourra dire :
Un petit bébé. Boire un petit coup. Une petite maison…
L'ensemble « petite maison » désigne une maison, peut-être modeste par la taille, mais agréable et accueillante, tandis que « maison petite », désignerait une maison de dimensions objectivement insuffisantes.


[modifier] Changements de position

Un grand nombre d'épithètes habituellement postposées peuvent difficilement changer de position, les participes passés notamment… Il est cependant possible, dans certains cas, de placer une épithète en position inhabituelle. Cette faculté sera fonction de différents types de considérations.

[modifier] Considérations d'ordre euphonique

De manière générale, on cherchera à éviter tout hiatus, toute malencontreuse succession d'accents toniques, toute allitération malvenue… C'est ainsi que certains adjectifs épithètes, quoique de nature évaluative, ne pourront pas être en position antéposée, pour de simples raisons euphoniques :

Un homme laid / un élève doué / un moteur mou.
Et non pas « Un laid homme / un doué élève / un mou moteur. »
[modifier] Considérations d'ordre stylistique

Une position inhabituelle permet tout d'abord d'attirer l'attention sur l'épithète d'un point de vue acoustique et formel. Cet effet de style, permet une mise en relief de l'épithète déplacée :

Une histoire extraordinaire / une extraordinaire histoire.
L'épithète « extraordinaire » est habituellement postposée.
Un bel enfant / un enfant beau.
L'épithète « beau / bel » est habituellement antéposée.
[modifier] Considérations d'ordre sémantique

Une position inhabituelle permet également d'attirer l'attention, non seulement sur la forme, mais aussi sur un sens particulier de l'épithète déplacée.

C'est ainsi que d'une manière générale, une épithète en position habituelle conservera son sens propre, primitif, littéral, tandis qu'en position inhabituelle, cette même épithète se verra affectée d'un sens dérivé, figuré (très souvent métaphorique) et plus abstrait :

Un appartement sombre / une sombre histoire.
L'épithète « sombre » habituellement postposée, signifie peu lumineux (sens littéral, concret). En antéposition, elle signifie alors, dramatique et embrouillé (sens métaphorique, abstrait).
Une chemise sale / une sale journée.
L'épithète « sale » habituellement postposée, signifie le contraire de propre (sens littéral, concret). En antéposition, elle signifie alors, mauvaise (sens métaphorique, abstrait).
Sa maison propre / sa propre maison.
L'épithète « propre » habituellement postposée signifie le contraire de sale. En antéposition, il renforce l'adjectif possessif « sa ».
Un petit geste de la main / un geste petit.
L'épithète « petit » habituellement antéposée, signifie de dimensions réduites (sens littéral, concret). En postposition, elle signifie alors, mesquin (sens métaphorique, abstrait).
  • Pour certains adjectifs, cette différence de sens produite par le changement de position de l'épithète se perd parfois lorsque le qualificatif change de fonction :
Un homme pauvre / un pauvre homme
C'est-à-dire, « un homme qui n'est pas riche » et « un homme inspirant la pitié ».
Cet homme est pauvre.
C'est-à-dire, « Cet homme n'est pas riche » et non pas « Cet homme inspire la pitié ».
  • Pour d'autres adjectifs, la diversité de sens est maintenue, même si le qualificatif change de fonction (le second sens dans ce cas, est donc lexicalisé) :
Une personne curieuse / une curieuse personne.
C'est-à-dire, « une personne indiscrète » et « une personne étrange ».
Cette personne est curieuse.
Pouvant signifier, selon le contexte, soit « Cette personne est indiscrète », soit « Cette personne est étrange ».
  • Si un « chapeau blanc » signifie bien un chapeau de couleur blanche, un « examen blanc » par contre, ne signifie pas un examen de couleur blanche ! C'est que « examen blanc » n'est plus un simple groupe, mais une véritable locution, aux composants indissociables. Non seulement l'ordre de ses éléments constitutifs ne pourra être changé, mais si l'on ajoute une épithète (distincte de celle incluse dans la locution) ou bien un complément de nom, aucun de ces ajouts ne pourra interrompre la locution :
Un redoutable examen blanc de terminale.
Le qualificatif «redoutable» est épithète, non pas du seul nom «examen», mais de la locution « examen blanc ». De la même façon, le syntagme nominal «de terminale» est complément non pas du seul nom «examen», mais de la locution « examen blanc ».
  • De nombreux syntagmes sont en fait des noms composés dans lesquels l'épithète a une place fixée par l'usage (lexicalisation). Dans de tels cas de figure, la place de l'épithète ne peut être modifiée, mais n'a pas à être analysée car celui-ci forme de fait avec son nom noyau, une locution nominale :
L'Invincible Armada. Des petits pois. Un fin stratège. Le Jugement dernier. Un triste sire. Un jeune homme. Un fin limier. Les années sombres. Un joyeux drille. Un dossier brûlant…
[modifier] Considérations d'ordre syntaxique

Lorsque le nom est en fait le noyau d'une locution nominale, soit accompagné d'un premier qualificatif (antéposé ou postposé), soit accompagné d'un complément de nom (normalement postposé), une épithète ne pourra être placée qu'avant ou après la locution, mais jamais entre les deux éléments.

Par exemple, si nous devons ajouter l'épithète « difficile » à la locution nominale, « examen blanc », nous aurons le choix entre deux solutions :
Un difficile examen blanc / Un examen blanc difficile.
Mais pas : « Un examen difficile blanc ».
Autre exemple, si nous devons ajouter l'épithète « gentil » à la locution nominale, « petit enfant », nous aurons le choix entre deux solutions :
Un gentil petit enfant / Un petit enfant gentil.
Mais pas : « Un petit gentil enfant ».
  • Lorsque cette locution nominale ou ce syntagme nominal est composé d'un noyau suivi d'un nom complément, l'épithète ne pourra être placée qu'avant ou après, mais jamais entre les deux éléments de la locution ou du syntagme :
De délicieuses pommes de terre / des pommes de terre délicieuses.
Mais pas : « Des pommes délicieuses de terre ». On remarquera que l'antéposition (lorsque celle-ci est possible) semble préférable, car elle évite une équivoque quant au nom noyau dont le dernier élément du groupe est l'épithète. En effet, dans l'exemple précédent, « délicieuses pommes de terre » est mieux que « pommes de terre délicieuses », ce dernier laissant planer un doute sur ce qui est délicieux (« les pommes » ou bien « la terre » ? ).
Un plat délicieux / Un délicieux plat de spaghettis.
Préférable à « Un délicieux plat », et à « Un plat délicieux de spaghettis ».
  • Inversement, nous savons que l'adjectif « grand » est habituellement antéposé (ainsi, une « grande maison » est préférable à une « maison grande »). Mais si l'on doit ajouter un complément de l'adjectif à cette épithète (par exemple, « comme un château »), celle-ci devra changer de position :
Une grande maison / Une maison grande comme un château.
Et non pas : « Une grande comme un château maison ».
Donc, le plus souvent, le complément de l'adjectif impose la postposition de l'épithète, alors que le complément du nom en impose l'antéposition.
  • Si deux épithètes, conjointes de manière identique, ont le même caractère (objectif ou subjectif, littéral ou figuré, descriptif ou évaluatif…) elles pourront être coordonnées :
Une élégante et coûteuse chemise.
Par exemple, si une chemise blanche est également une chemise élégante, on pourra dire :
Une élégante chemise blanche / Une chemise blanche élégante.
Mais pas : « Une chemise blanche et élégante », ni « Une blanche et élégante chemise ». En fait, il y a deux groupes inclus l'un dans l'autre : le groupe inclus étant « chemise blanche ». Si « blanche » peut être considéré comme épithète de « chemise », « élégante » en revanche ne le peut pas : en fait, ce qualificatif est épithète du syntagme nominal « chemise blanche ». Donc les deux épithètes ne faisant pas partie du même syntagme, elles ne sauraient être considérées comme parallèles, et de ce fait, ne peuvent être coordonnées.
En conclusion, en cas de pluralité d'épithètes d'un même nom, placées du même côté de ce nom, la coordination ne sera possible que si ces différentes épithètes peuvent être ressenties comme des éléments parallèles.

[modifier] Apposé

L'adjectif qualificatif constitue une épithète détachée (on dit aussi, apposé, ou appositif ou mis en apposition) lorsqu'il est disjoint par rapport au nom noyau dont il est satellite. Il est alors séparé de celui-ci par des virgules qui effectuent comme une mise entre parenthèses :

Le gros chat tigré guette la souris, immobile et silencieux.
Les adjectifs « gros » et « tigré » sont épithètes liées du nom sujet « chat », tandis que « immobile » et « silencieux » sont épithètes détachées de ce même nom.
  • On notera qu'à la différence de l'épithète liée qui est obligatoirement conjointe au nom, la place de l'épithète détachée est libre par rapport au nom noyau. Il est d'ailleurs fréquent que l'épithète détachée se trouve en début ou en fin de phrase, c'est-à-dire, très éloignée du noyau :
Immobile et silencieux, le gros chat tigré guette la souris.
  • Quand l'épithète détachée est placée en début de proposition, elle se rapporte ordinairement au sujet de cette proposition. Mais elle peut également se rapporter à un autre noyau, à condition que ce lien de subordination ne soit pas équivoque :
Immobile et silencieux, le gros chat tigré guette la souris, innocente mais prudente.
Les qualificatifs « innocente » et « prudente » placés en fin de phrase, parce que féminins, ne peuvent se rapporter au syntagme sujet « le gros chat tigré » qui lui, est du genre masculin. Il est clair par conséquent, que ces deux adjectifs sont des épithètes détachées du nom « souris ».
  • Contrairement à l'épithète liée, l'apposition a une valeur généralisante :
Courageux et persévérants, les élèves ont été récompensés.
Les élèves courageux et persévérants ont été récompensés.
Dans le premier exemple (épithètes détachées) tous les élèves sont courageux et persévérants, et tous ont été récompensés : cela équivaut un peu à une proposition subordonnée avec ellipse de son verbe (Parce qu'ils ont été...), complément circonstanciel de cause du verbe « ont été récompensés ». Dans le deuxième exemple (épithètes liées) seuls les élèves courageux et persévérants, ont été récompensés (mais manifestement, tous ne l'ont pas été).
  • Parfois l'épithète détachée perd sa relation avec le nom auquel elle se rapporte initialement, et par contiguïté, devient un satellite du verbe. Elle prend dans ce cas la valeur d'un adverbe de manière et devient souvent invariable :
La neige tombe, drue / La neige tombe drue / La neige tombe dru.


[modifier] Attribut

L'adjectif qualificatif attribut est un satellite, non pas du nom auquel il se rapporte (et avec lequel il s'accorde), mais du verbe. Il peut être attribut du sujet ou bien attribut du complément d'objet.


[modifier] Qualificatif attribut du sujet

Lorsque l'adjectif qualificatif est attribut du sujet, le verbe est nécessairement un verbe d'état (être, sembler, paraître, devenir...) ou un verbe à la voix passive :

Cette rose semble odorante. Vos enfants sont beaux. Les travaux ont été coûteux, longs et pénibles. Elle m'a paru bien fatiguée. Vous avez l'air bien joyeux ! Les soldats ont été faits prisonniers.
  • La place normale de l'attribut du sujet est après le verbe noyau. L'inversion de l'attribut du sujet est une figure de style fréquente en poésie :
Odorantes étaient les roses.
L'adjectif « odorantes » est attribut du sujet « roses ».


[modifier] Qualificatif attribut du complément d'objet

Lorsque l'adjectif qualificatif est attribut du complément d'objet (on peut dire, plus simplement attribut de l'objet), le verbe est nécessairement un verbe transitif :

Cette rose, je la trouve odorante.
L'adjectif « odorante » est attribut du C.O.D. « la ».
  • La place normale de l'attribut de l'objet est après le verbe noyau. L'inversion de l'attribut de l'objet est une autre figure de style fréquente en poésie :
Cette rose, odorante je la trouve.
L'adjectif qualificatif « odorante » est attribut de l'objet « la ».
  • Notons qu'il peut arriver que le complément d'objet et son attribut se suivent. Il convient dans ce cas, d'éviter de confondre l'attribut de l'objet avec une épithète liée :
Je trouve cette personne sympathique.
L'adjectif « sympathique » est attribut du C.O.D. « personne ».
Cette personne sympathique est ma voisine.
L'adjectif « sympathique » est épithète liée du nom « personne ».


[modifier] Satellites du syntagme adjectival

Les satellites d'un syntagme adjectival peuvent être soit des noms, soit des adverbes, soit des propositions.

  • Un très grand nombre d'adjectifs qualificatifs sont d'origine participiale : participes passés ou participes présents (appelés plus précisément adjectifs verbaux). De tels adjectifs suivent les règles morphologiques et syntaxiques des autres adjectifs qualificatifs, mais en tant que noyaux d'origine verbale, ils sont susceptibles de recevoir des satellites qui habituellement dépendent du verbe (complément d'objet, complément d'agent ou complément circonstanciel, principalement) :
Pendant mes vacances, j'ai logé dans une authentique chaumière, usée par le temps.
Le participe passé « usée » a valeur d'adjectif, et sa fonction est : épithète détachée du syntagme « authentique chaumière ». Mais en tant que verbe (verbe passif, avec auxiliaire « être » sous-entendu), il reçoit un satellite : le syntagme nominal prépositionnel « par le temps » (complément d'agent du verbe « être usée »).
  • Mis à part ce cas, tout satellite d'un syntagme adjectival a toujours pour fonction d'être complément de l'adjectif (c'est-à-dire, complément du noyau adjectival).


[modifier] Le nom, satellite du syntagme adjectival

Dans un syntagme adjectival, le nom satellite se place habituellement après l'adjectif noyau :

Une action digne d'éloges.
Dans le syntagme adjectival « digne d'éloges », le syntagme nominal « d'éloges » est complément de l'adjectif noyau « digne ».
  • Autres exemples d'adjectifs pouvant (ou devant) recevoir un complément :
Capable de, conforme à, content de, coupable de, désireux de, digne de, enclin à, fier de, généreux envers, habilité à, heureux comme, jaloux de, natif de, plein de, prêt à, satisfait de, solidaire de, susceptible de…


[modifier] L'adverbe, satellite du syntagme adjectival

Dans un syntagme adjectival, l'adverbe satellite se place habituellement avant l'adjectif noyau. On dit que l'adverbe modifie ou complète l'adjectif :

Il est très gentil.
Dans le syntagme adjectival « très gentil », l'adverbe « très » complète l'adjectif noyau « gentil ».


[modifier] La proposition subordonnée, satellite du syntagme adjectival

Dans un syntagme adjectival, la proposition subordonnée se place habituellement après le noyau :

Sa mère est fière qu'il ait réussi.
Dans le syntagme adjectival « fière qu'il ait réussi », la proposition subordonnée « qu'il ait réussi » est complément de l'adjectif noyau « fière ».

[modifier] Morphologie

La forme de l'adjectif qualificatif varie en fonction du genre et de nombre.

À l'instar de ce qui se passe pour le nom, les règles de morphologie flexionnelle des adjectifs entraînent certains artifices orthographiques et quelques changements de prononciation.


[modifier] Genre

Les règles de formation du féminin des adjectifs sont analogues à celles qui régissent ce phénomène chez les noms. On forme donc le féminin de l'adjectif en ajoutant un « e » au masculin :

Petit / petite ; grand / grande ; fin / fine ; étonnant / étonnante ; poli / polie…
  • En conséquence, si au masculin l'adjectif est déjà terminé par un « -e », il ne change pas au féminin :
Aimable, bilingue, calme, électrique, habile, honnête, mauve, tendre, utile…
  • On notera par ailleurs, que la syllabe finale est susceptible d'être modifiée :
1. Les consonnes finales muettes au masculin peuvent se prononcer au féminin à la faveur de l'ajout du « e » :
Petit / petite ; grand / grande ; étonnant / étonnante ; gris / grise…
2. Plus généralement, la prononciation de la syllabe finale peut être modifiée à la faveur de l'ajout du « e » :
Brun / brune ; fin / fine ; opportun /opportune ; persan / persane…
3. Les adjectifs en « -er », forment leur féminin en « -ère » :
Amer / amère ; cher / chère ; entier / entière ; fier / fière ; léger / légère ; printanier / printanière…
4. Aménagements divers :
Aigu / aiguë [aigüe] ; long / longue ; oblong / oblongue ; touareg / touarègue…
  • Ce principe nous permettra d'opérer une triple distinction entre les adjectifs manifestant l'opposition des genres :
à l'écrit : adjectifs terminés au masculin par une voyelle (ex : joli / jolie) ;
à l'oral et à l'écrit : adjectifs terminés par une consonne (ex : petit / petite) ;
ni à l'oral ni à l'écrit : adjectifs terminés par « -e » (ex : utile) ou obtenus par dérivation impropre (ex : marron, bien). On dit de ces adjectifs qu'ils sont épicènes.


[modifier] Adjectifs terminés par une voyelle

Les adjectifs terminés par une voyelle forment généralement leur féminin par l'ajout d'un « e » muet :

Joli / jolie ; pointu / pointue ; poli / polie ; flou / floue ; vrai / vraie…

Exceptions :

  • Quelques adjectifs en « -eau » forment leur féminin en « -elle » :
Beau / belle ; jumeau / jumelle ; nouveau / nouvelle ; tourangeau / tourangelle…
  • Deux adjectifs en « -ou », forment leur féminin en « -olle » :
Fou / folle ; mou / molle.
  • Quelques adjectifs forment leur féminin en « -te » :
Coi / coite ; favori / favorite ; rigolo / rigolote…
  • Divers :
Andalou / andalouse ; bêta / bêtasse ; esquimau / esquimaude ; hébreu / hébraïque ; maître / maîtresse [maitre / maitresse] ; traître / traîtresse [traitre / traitresse]…


[modifier] Redoublement de la consonne finale

Cas général</dt>
Lorsqu'au masculin l'adjectif est terminé par une consonne, celle-ci est souvent doublée au féminin.</dd>
Qualificatifs en -L</dt>
Les adjectifs en « -l », forment généralement leur féminin en « -lle »

Cruel / cruelle ; gentil / gentille ; mortel / mortelle ; nul / nulle ; pareil / pareille ; visuel / visuelle…

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Qualificatifs en -N</dt>
Les adjectifs en « -n », forment généralement leur féminin en « -nne » :

Ancien / ancienne ; bon / bonne ; chrétien / chrétienne ; mignon / mignonne ; paysan / paysanne…

Cependant, les adjectifs en « -ain », en « -ein », en « -in », en « -un », ainsi que la plupart des autres adjectifs en « -an », forment généralement leur féminin en « -ne » :

Commun / commune ; hautain / hautaine ; persan / persane ; plein / pleine ; voisin / voisine…

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Qualificatifs en -ET</dt>
Les adjectifs en « -et », forment généralement leur féminin en « -ette », mais les suivants (complet, concret, désuet, discret, incomplet, indiscret, inquiet, replet, secret.) forment leur féminin en « -ète » :

Une personne coquette, mais discrète.

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Qualificatifs en -OT et en -AT</dt>
Quelques adjectifs en « -ot », forment leur féminin en « -otte » :

Boulot / boulotte ; pâlot / pâlotte ; sot / sotte ; vieillot / vieillotte…

Tous les autres, ainsi que ceux en « -at », forment respectivement leur féminin en « -ote » ou « -ate » :

Bigot / bigote ; délicat / délicate ; falot / falote ; huguenot / huguenote ; idiot / idiote ; mat / mate…

</dd>

Qualificatifs en -S</dt>
Quelques adjectifs en « -s », forment leur féminin en « -sse » :

Bas / basse ; épais / épaisse ; gras / grasse ; gros / grosse ; las / lasse ; métis / métisse...

Tous les autres forment leur féminin en « -se » :

Clos / close ; gris / grise ; niais / niaise ; précis / précise ; ras / rase…
  • Sauf :
Frais / fraîche [fraiche].

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[modifier] Changement de la consonne finale

Qualificatifs en -EUR</dt>
Les qualificatifs en « -eur » peuvent avoir plusieurs types de terminaisons au féminin :

  • Lorsqu'ils dérivent d'un verbe français (on doit pouvoir faire correspondre le participe présent en remplaçant « -eur » par « -ant »), ils font leur féminin en « -euse » :
Chasseur / chasseuse ; flatteur / flatteuse ; rieur / rieuse ; trompeur / trompeuse, etc.
- Quelques exceptions en « -trice » :
Editeur / éditrice ; émetteur / émettrice ; exécuteur / exécutrice ; persécuteur / persécutrice…
- Trois exceptions en « -eresse » :
Chasseur / chasseresse ; enchanteur / enchanteresse ; vengeur / vengeresse.
On notera que l'adjectif chasseur possède deux féminins de sens différents : chasseuse (dans le langage courant) et chasseresse (dans le langage poétique).
  • Lorsqu'ils ne dérivent pas d'un verbe français, ils font souvent leur féminin en « -trice » :
Créateur / créatrice ; protecteur / protectrice ; révélateur / révélatrice…
  • Il existe également une liste limitée d'adjectifs ayant un féminin régulier, terminé en « -eure » :
Antérieur / antérieure ; postérieur / postérieure ; majeur / majeure ; mineur / mineure ; inférieur / inférieure ; supérieur / supérieure ; meilleur / meilleure ; intérieur / intérieure ; extérieur / extérieure.

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Qualificatifs en -C</dt>
Certains qualificatifs en « -c », forment leur féminin en « -che » :

Blanc / blanche ; franc / franche ; sec / sèche.

D'autres forment leur féminin en « -que » :

Ammoniac / ammoniaque ; caduc / caduque ; franc / franque ; grec / grecque ; public / publique ; turc / turque.
On notera, tout d'abord, que l'adjectif franc a deux féminins : franche (= directe) et franque (= relative au peuple franc), ensuite, que l'orthographe du féminin grecque constitue un cas particulier.

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Qualificatifs en -F</dt>
Les qualificatifs en « -f », forment normalement leur féminin en « -ve » :

Bref / brève ; hâtif / hâtive ; naïf / naïve ; natif / native ; neuf / neuve ; rétif / rétive ; veuf / veuve ; vif / vive…

</dd>

Qualificatifs en -X</dt>
Les qualificatifs en « -x », forment leur féminin en « -se » (sauf : doux / douce ; faux / fausse ; préfix / préfixe ; roux / rousse ; vieux / vieille.) :

Une femme heureuse ; une femme jalouse ; une femme douce ; une femme vieille…

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Divers</dt>
D'autres adjectifs inclassables modifient leur consonne finale au féminin :

Frais / fraîche [fraiche] ; muscat / muscade ; tiers / tierce ; bénin / bénigne ; malin / maligne.
On remarquera que l'adjectif malin a deux féminins, maligne (au sens propre et dans le registre soutenu = méchante, dangereuse) et maline (au sens figuré et dans le registre familier = rusée, spirituelle).

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[modifier] Cas particuliers

  • Certains adjectifs (tels que aquilin, benêt, hongre, pers, vélin, violat…) n'ont pas de féminin, et ne peuvent se rapporter qu'à des noms masculins :
Un nez aquilin. Des yeux pers. Du papier vélin. Du sirop violat...
  • Certains adjectifs (tels que capot, chic, contumax, fat, grognon, kaki, rosat, snob, témoin…) sont invariables au féminin :
Un femme chic. Une petite fille grognon. Une personne témoin d'un meurtre.
  • Dans un certain nombre d'expressions figées, l'adjectif grand en fonction d'épithète (le plus souvent antéposé et relié au noyau par un trait d'union) est invariable au féminin :

À grand-peine, Ce n'est pas grand-chose, grand-mère, mère-grand, grand-messe, grand-place, grand-route, grand-rue, grand-voile.

Cette particularité provient de l'ancien français. Les adjectifs issus du latin et qui, dans cette langue, avaient la même forme au masculin et au féminin, conservèrent d'abord cette similitude de forme en français. Puis, dans un souci à la fois de clarification et d'unification, le français moderne a rajouté un e à la forme féminine.

On retrouve cette survivance dans la toponymie :

La Grand-Combe (Gard), Grand-Couronne (Seine-maritime), La Grand-Croix (Loire), Rochefort-sur-Mer (Charente-maritime).

Dans ces cas l'apostrophe est à éviter puisqu'il n'y a pas eu d'élision.

[modifier] Nombre

Les règles de formation du pluriel des adjectifs sont analogues à celles qui régissent ce phénomène chez les noms.

  • On forme généralement le pluriel de l'adjectif en ajoutant un « s » au singulier :
Petit / petits ; petite / petites ; grand / grands ; grande / grandes ; fou / fous…
  • Par conséquent, à l'instar du principe du pluriel des noms, si au singulier le qualificatif est déjà terminé par un « s » ou un « x », il ne change pas au pluriel :
Bas, délicieux, doux, épais, exquis, frais, gris, gros, haineux, heureux, las, peureux, roux…


[modifier] Cas particulier des adjectifs terminés en -U

Les qualificatifs terminés en « -eu » et « -au », prennent un « x » au pluriel (sauf bleu et pneu, qui prennent un « s », ainsi que feu quand il a le sens personne décédée) :

Des livres hébreux ; des yeux bleus ; des villages esquimaux ; des frères jumeaux…

[modifier] Cas particulier des adjectifs terminés en -AL

La plupart des qualificatifs terminés en « -al » au singulier font leur pluriel en « -aux » :

Ancestral / ancestraux ; automnal / automnaux ; féodal / féodaux ; filial / filiaux ; loyal / loyaux ; martial / martiaux ; mental / mentaux ; mondial / mondiaux ; régional / régionaux ; royal / royaux…
  • Quelques adjectifs qualificatifs terminés en « -al » au singulier font leur pluriel en « -als » :
Bancal / bancals ; fatal / fatals ; fractal / fractals ; natal / natals ; naval / navals ; tombal / tombals...
  • Certains adjectifs ont un double pluriel, parfois à cause d'hésitations, parfois à cause de sens différents :
Austral / australs / austraux ; banal / banals / banaux ; boréal / boréals / boréaux ; final / finals / finaux ; glacial / glacials / glaciaux ; marial / marials / mariaux ; pascal / pascals / pascaux ; tonal / tonals / tonaux ; tribal / tribals / tribaux…
  • Remarques :
1. Les deux pluriels de l'adjectif banal, ont deux sens bien distincts : banaux concerne le sens féodal et originel (c'est-à-dire, relatifs au droit de ban du seigneur), tandis que banals concerne le sens moderne et dérivé (c'est-à-dire, ordinaires, sans originalité).
2. Un certain nombre d'adjectifs avaient également un double pluriel, mais la forme archaïque en « -als » a fini par disparaître. De tels adjectifs (automnal, instrumental, martial, mental…) ont donc fini par rejoindre la première liste.

[modifier] Formes particulières

[modifier] Qualificatifs « beau », « nouveau », « fou », « mou » et « vieux »

Certains adjectifs qualificatifs (beau, nouveau, fou, mou, vieux, principalement), possèdent une autre forme au masculin singulier (respectivement, bel, nouvel, fol, mol, vieil). Il s'agit d'une forme primitive qui subsiste lorsque le mot suivant (la plupart du temps, le nom qu'ils qualifient) commence par une voyelle ou un « h » muet.

La forme moderne (colonne 1) produit le masculin pluriel, tandis que la forme primitive (colonne 3) produit le féminin, singulier et pluriel :

Beau
beaux
bel
belle
belles
Fou
fous
fol
folle
folles
Mou
mous
mol
molle
molles
Nouveau
nouveaux
nouvel
nouvelle
nouvelles
Vieux
vieux
vieil
vieille
vieilles
Un enfant beau comme un dieu / un bel enfant. Le nouvel an / l'an nouveau. Un vieil homme / un homme vieux comme Hérode. Un fol espoir / un espoir fou. Un mol oreiller / un oreiller mou.
  • On notera que dans la pratique, la forme primitive n'est utilisée au masculin singulier que lorsque le qualificatif est une épithète antéposée, sauf dans quelques expressions figées telles que :
Un enfant bel et bon.


[modifier] Degré des adjectifs qualificatifs

La plupart des adjectifs qualificatifs acceptent les degrés de comparaison habituellement exprimés par des adverbes comparatifs et des adverbes superlatifs. Certains d'entre eux toutefois ne le peuvent pas :

  • Ce sont d'abord les qualificatifs indiquant une relation objective, non quantifiable :
Une grammaire grecque.
« Une grammaire très grecque » serait absurde.
  • Ce sont ensuite, les qualificatifs exprimant eux-mêmes un idée de comparaison (aîné, cadet, favori, unique, préféré, majeur, mineur, premier, dernier…) :
Le fils aîné de la famille.
« Il est le fils le plus aîné de la famille » serait absurde également.
  • Il existe en outre, des adjectifs contractés avec certains adverbes de quantité, superlatifs de supériorité et comparatifs relatifs de supériorité (on les appelle comparatifs synthétiques) :
Meilleur [= plus bon]. Pire [= plus mauvais]. Moindre [= plus petit].
On remarquera que l'emploi de pire et de moindre est en recul :
C'est le plus mauvais film de l'année. Le plus petit courant d'air me rend malade.


[modifier] Qualificatifs de couleurs

En ce qui concerne les couleurs, seuls les mots suivants doivent être considérés comme de véritables adjectifs, susceptibles de s'accorder en genre et en nombre :

Bai, beige, blanc, bleu, blond, brun, cramoisi, doré, écarlate, fauve, gris, jaune, mat, mauve, mordoré, noir, pourpre, rose, rouge, roux, vairon, vert, violet.
  • La liste des autres couleurs étant illimitée, ces autres prétendus adjectifs doivent être en fait considérés comme des noms, précédés du groupe sous-entendu « de la couleur de », et devant par conséquent, rester invariables :
Amarante, anthracite, argent, carmin, cerise, chair, chocolat, citron, coquille d'œuf, crème, cuivre, émeraude, grège, kaki, marron, moutarde, noisette, olive, or, orange, pie, poivre et sel, terre de Sienne, thé, etc.
Remarque : châtain, incarnat, marron et orange ont parfois tendance à fléchir ; ils rejoignent alors la liste des véritables adjectifs.
  • Si un véritable qualificatif de couleur est le noyau d'un groupe adjectival (c'est-à-dire qu'il est suivi ou précédé d'un complément de cet adjectif), le même phénomène a lieu :
Des chemises bleues. Des chemises ciel. Des chemises bleu de Prusse. Des chemises jaune paille.
  • Pareillement, si un véritable adjectif qualificatif de couleur est suivi d'un autre qualificatif tel que clair, foncé, pâle, lumineux, etc., les deux adjectifs restent invariables.
Des chemises bleu foncé. Des chemises bleu ciel.
  • De la même façon, si plusieurs couleurs sont réunies par des conjonctions de coordination, elles restent invariables à condition qu'au moins l'une d'elles ne soit pas un véritable adjectif de couleur (mais ici, l'usage est plus flou) :
Des chemises bleues et blanches. Des chemises bleu et or (Des chemises bleues et or).

[modifier] Accord des composés adjectivaux

L'adjectif qualificatif peut prendre la forme d'un ensemble adjectival fixe (un composé adjectival). Ses composants sont alors, soit agglutinés (« un parterre clairsemé »), soit séparés par des traits d'union (« un plat aigre-doux »), soit tout à fait détachés, on parlera dans ce cas de locution adjectivale ou locution adjective (« une chemise bon marché »).

  • Dans les qualificatifs composés à traits d'union ou détachés (locutions), seuls s'accordent les éléments qui sont de véritables adjectifs :
Un fruit aigre-doux / des pommes aigres-douces.
Un enfant nouveau-né / des enfants nouveau-nés. L'avant-dernier coureur / les avant-derniers coureurs.
L'adverbe « nouveau » et la préposition « avant » restent invariables.
  • De même, les éléments empruntés à d'autres langues restent en principe invariables :
Des histoires tragi-comiques ; des sculptures gréco-romaines ; des véhicules semi-remorques ; des traditions sacro-saintes ; des œuvres néo-réalistes ; des pseudo-prophètes ; des accords franco-anglais…


[modifier] Cas spéciaux

Les cas particuliers suivants sont souvent signalés par une mise entre guillemets, ou encore, par l'emploi d'un adverbe (par exemple, l'adverbe « très »), mis en antéposition et modifiant l'adjectif en question. De tels adjectifs restent normalement invariables :

  • Les autres catégories (noms, adverbes, verbes, etc.), catégories simples ou ensembles employés comme adjectifs qualificatifs et pouvant être analysés, soit comme des compléments de nom sans préposition (compléments de nom juxtaposés), soit comme des locutions ou groupes adjectivaux :
Des meubles Renaissance. Des costumes « fin de siècle ». Des hommes en colère. Des gens très « télé ». Ils sont assez famille. Des voisins bien.
  • Les adjectifs manifestement d'origine étrangère (c'est-à-dire, non encore lexicalisés) :
Des gens plutôt « cool ». Des filles tout à fait sexy. Des journées farniente. Des chattes angora. Des quartiers select. Des fréquentations assez snob. Des femmes zoulou.
  • Les adjectifs qualificatifs tronqués (abréviation ou sigle) ou formations expressives :
Des personnes un peu BCBG. Des gens sympa. Des appartements « riquiqui ». Des fruits extra. Ils sont complètement parano.
BCBG = Bon chic, bon genre. Parano = paranoïaque, mais familièrement, « qui se croit, à tort, persécuté ».
  • L'adjectif « feu » (= défunt) varie lorsqu'il est placé entre le déterminant et le nom, il reste en général invariable, lorsqu'il est placé avant le déterminant ou sans déterminant :
Ma feue mère. Feu ma mère. Feu mère.

[modifier] Références

[modifier] Notes

<references />

[modifier] Voir-aussi

[modifier] Bibliographie

bg:Прилагателно име

bs:Pridjevi ca:Adjectiu cs:Přídavné jméno cv:Паллă ячĕ da:Tillægsord de:Adjektiv en:Adjective eo:Adjektivo es:Adjetivo fa:صفت (دستور زبان) fi:Adjektiivi gd:Buadhair gl:Adxectivo hr:Pridjevi it:Aggettivo ja:形容詞 lt:Būdvardis lv:Īpašības vārds nds:Adjektiv nl:Bijvoeglijk naamwoord nn:Adjektiv no:Adjektiv pl:Przymiotnik pt:Adjetivo ro:Adjectiv ru:Имя прилагательное scn:Aggittivi sh:Pridjev simple:Adjective sv:Adjektiv th:คำคุณศัพท์ tl:Pang-uri uk:Прикметник wa:Addjectif zh:形容词

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