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Accentuation du grec ancien

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L'accentuation du grec ancien distingue trois accents : aigu (´), grave (`) et circonflexe () ; ils indiquent une élévation de la voix au niveau de la voyelle frappée par l'accent.

L'accent aigu peut être porté par une voyelle brève ou longue en position finale, pénultième ou antépénultième, alors que le circonflexe ne peut être porté que par une voyelle longue en position finale ou pénultième ; l'accent grave n'existe que sur une finale, il résulte d'une modification de l'accent aigu avant un mot non-enclitique. Au XVIIe siècle, les élèves de Port-Royal apprenaient ces vers :

L'aigu peut en trois lieux passer
Sur brève ou longue se placer.
Le circonflexe une longue aime
En la finale ou pénultième.
Le grave en la fin seule est vu
Pour le discours et pour l'aigu.

Sommaire

[modifier] Sources

On ne dispose d'aucune source datant de l'époque archaïque ou classique décrivant l'accentuation du grec ancien. L'accentuation n'est jamais notée dans les inscriptions de ces époques, et n'était semble-t-il pas davantage notée dans les manuscrits. Ce n'est semble-t-il qu'à partir de l'époque hellénistique que l'on commença à décrire et noter l'accentuation. Celle-ci commence alors à être notée dans les papyri littéraires, mais non systématiquement. (Elle n'est en revanche pratiquement jamais notée dans les inscriptions.) Ce n'est qu'à partir du VIIe siècle que l'on commença à noter systématiquement l'accentuation dans les manuscrits.

Les sources dont on dispose pour déterminer l'accentuation du grec ancien sont donc :

  • les manuscrits médiévaux ;
  • certains papyri littéraires ;
  • des témoignages de grammairiens ;
  • quelques chansons, la mélodie suivant parfois la mélodie naturelle de la langue induite par l'accentuation ;

la source la plus extensive restant cependant le témoignage des manuscrits médiévaux.

De ce fait, seule l'accentuation des dialectes littéraires (attique, koinè (à la réserve près qu'il est souvent impossible de savoir si l'accent est tonal ou d'intensité), ionien d'Asie, langue homérique, dorien, et, dans une moindre mesure, éolien d'Asie (lesbien), béotien, syracusain) nous est connue. L'accentuation de dialectes non-littéraires documentés uniquement dans des inscriptions anciennes (e.g. arcado-chypriote ou épirote) nous est totalement inconnue. De même, nous ne savons pas dans quelle mesure l'accentuation de la langue populaire différait ou non de la langue littéraire.

Par ailleurs, l'accentuation nous étant connue par des sources, hellénistiques dans le meilleur des cas, médiévales dans le plus courant, postérieures de plusieurs siècles à l'époque classique, il est probable qu'il y ait des erreurs dans ces sources. Ceci ne nous empêche pas de décrire les faits, mais signifie qu'il existe une part d'incertitude dans toute description.

[modifier] Signification phonétique

L'accent du grec ancien est un accent de hauteur. Voir l'article Phonologie du grec ancien (sous-sous-section Accent de hauteur) pour une discussion plus détaillée de sa signification.

À une date qui ne peut être postérieure au IIIe siècle ou IVe siècle, cet accent de hauteur avait été corrompu en un accent d'intensité, valeur qu'il a conservée en Grec moderne. Avec l'accent d'intensité, les distinctions tonales entre accent aigu, circonflexe et grave furent perdues, même si, par conservatisme, les Grecs ont continué à utiliser ces signes diacritiques jusqu'au XXe siècle.

[modifier] Terminologie

En raison de la loi de limitation décrite ci-dessous, l'accent aigu ne peut frapper qu'une des trois dernières voyelles d'un mot. Un mot portant un accent aigu sur la finale est dit oxyton. Un mot portant un accent aigu sur la pénultième est dit paroxyton. Un mot portant un accent aigu sur l'antépénultième est dit proparoxyton.

Toujours en raison de la loi de limitation, l'accent circonflexe ne peut frapper qu'une des deux dernières voyelles d'un mot. Un mot portant un accent circonflexe sur la finale est dit périspomène. Un mot portant un accent circonflexe sur la pénultième est dit propérispomène.

L'accent grave ne peut frapper que la dernière voyelle d'un mot. Un mot portant un accent grave sur la finale est dit baryton. (Le terme baryton s'applique également à tout mot dont la voyelle finale n'est pas accentuée.)

On parle d'accent récessif quand l'accent remonte aussi loin que possible de la fin du mot que le nombre de syllabe du mot et la loi de limitation le permettent.

[modifier] Relation avec la longueur des voyelles

Pour décrire l'accentuation du grec ancien, il faut tenir compte de la longueur des voyelles, les lois d'accentuation décrites dans les sections suivantes dépendant pour la plupart de la longueur des voyelles. Une voyelle ou diphtongue brève peut être atone ou porter un accent aigu ou grave. Une voyelle ou diphtongue longue peut être atone ou porter un accent aigu, grave ou circonflexe. (Il faut aussi avoir conscience qu'un accent aigu ou grave sur une voyelle ou diphtongue longue n'a pas exactement la même valeur phonologique qu'un accent aigu ou grave sur une voyelle ou diphtongue brève).

À noter que la notion de longueur de voyelle (ou quantité vocalique) ne doit pas être confondue avec celle de longueur de syllabe (ou quantité syllabique, le mot "quantité" sans précision désignant normalement la quantité syllabique). Certains livres qualifient les voyelles brèves de "voyelles brèves par nature", les voyelles longues de "voyelles longues par nature", les voyelles brèves dans des syllabes brèves de "voyelles brèves par position", et les voyelles brèves dans des syllabes longues de "voyelles longues par position" ; il ne faut pas se laisser tromper par cette terminologie déroutante, mais faire la distinction entre longueur de voyelle et longueur de syllabe.

En grec ancien, les voyelles sont soit brèves soit longues. Sont toujours brèves (dans l'orthographe normalisée utilisée à partir de l'époque classique) : ε (é psilon) et ο (o mikron) ; sont toujours longues : η (êta) et ω (ô méga) ; α (alpha), ι (iôta) et υ (u psilon) sont soit brèves soit longues.

Vis-à-vis de l'accentuation, les diphtongues (αι, αυ, ευ, οι, υι, et , , , ᾱυ, ηυ, ωυ) et pseudo-diphtongues (ει, ου) sont considérées comme longues, sauf αι et οι en finales absolues (qui sont considérées comme longues quand elles correspondent à la troisième personne du singulier de l'optatif ou à un locatif, et comme brèves sinon). À noter qu'il ne semble pas qu'une diphtongue αι ou οι était prononcée différemment à l'époque classique suivant qu'elle était longue ou brève vis-à-vis de l'accentuation, comme en atteste le fait que toutes les diphtongues sont considérées comme longues dans la poésie classique ; à supposer qu'il y ait eu historiquement une différence de prononciation, ce n'était selon toute vraisemblance plus le cas à l'époque classique. Incidemment, ceci n'est pas valable en dorien, où toutes les diphtongues sont longues vis-à-vis de l'accentuation.

[modifier] Lois d'accentuation pour un mot isolé

Un mot grec isolé porte toujours un et un seul accent, aigu ou circonflexe.

[modifier] Loi de limitation

Si la voyelle finale est brève, on peut avoir un accent aigu sur l'antépénultième, un accent aigu ou circonflexe sur l'antépénultième (aigu seulement si celle-ci est brève), ou un accent aigu sur la finale.

Si la voyelle finale est longue, on peut avoir un accent aigu sur la pénultième, ou un accent aigu ou circonflexe sur la finale.

Une antépénultième ne peut donc recevoir l'accent aigu que si la voyelle finale est brève ; si celle-ci est longue, l'accent ne peut être que sur la finale ou la pénultième. De même, une pénultième ne peut recevoir l'accent circonflexe que si la voyelle finale est brève.

La loi de limitation s'étant appliquée anciennement, on peut se trouver face à des exceptions quand la finale s'est allongée tardivement.

Exemples :
γέλοιος (ridicule) et γελοίως (ridiculement) ;
σύμμαχος (un allié) et συμμάχου (d'un allié) ;
Μενέλεως (Ménélaos en Ionien-Attique) est une exception qui s'explique par le fait que la voyelle finale s'est allongée tardivement, après application de la règle de limitation (la forme ionienne-attique archaïque était Μενέληος).

[modifier] Règles pour les contractions

Lorsqu'il y a une contraction de voyelles, l'accentuation de la forme contracte peut normalement être déduite de celle de la forme non-contracte.

Quand les deux voyelles contractées sont atones, l'accentuation de la forme contracte est inchangée par rapport à la forme non-contracte.

Quand une des deux voyelles contracté est accentuée, on applique les règle suivantes :

  • lorsque la première voyelle est accentuée, la voyelle résultante porte un accent circonflexe ;
  • lorsque la deuxième voyelle porte un accent circonflexe, la voyelle résultante porte également un accent circonflexe ;
  • lorsque la deuxième voyelle porte un accent aigu, la voyelle résultante porte un accent aigu.

Notez que, en attique, l'application la règle de la pénultième longue accentuée après contraction peut conduire à avoir un circonflexe là où, en appliquant les règles de contraction, on attendrait un aigu.

[modifier] Loi de la pénultième longue accentuée

Cette loi s'applique uniquement en attique.

De la loi de limitation, il découle (pour tous les dialectes) que si la voyelle finale est longue et la pénultième accentuée, celle-ci ne peut porter que l'aigu.

Mais de plus, en attique, la loi de la pénultième longue accentuée énonce que si la voyelle finale est brève et la pénultième est longue et accentuée, celle-ci doit nécessairement porter l'accent circonflexe.

Autrement dit, en attique, si une pénultième longue est accentuée, l'accent dépend de la longueur de la finale : si la finale est brève, l'accent est circonflexe, si la finale est longue, l'accent est aigu.

Cette loi de la pénultième accentuée s'étant appliquée tardivement, elle s'applique même si la voyelle a été allongée par métathèse ou contraction. En revanche, en cas de crase, elle ne s'applique pas systématiquement.

Exemples :
χώρᾱ ( long ; un pays) et χραι (αι bref ; des pays) ;
δολος (ο bref ; un esclave) et δούλου (ου long ; d'un esclave) ;
ἥδε n'est une exception qu'en apparence, car ce mot peut être décomposé en (démonstratif) et -δε (particule enclitique).

[modifier] Loi de l'accent récessif en éolien

En éolien (lesbien), tous les mots ont un accent récessif, sauf les prépositions et les conjonctions.

[modifier] Lois d'accentuation pour un groupe de mots formant une unité d'accentuation

Dans la phrase grecque, certains mots sont proclitiques : ils sont prononcés d'un seul souffle avec le mot qui suit et forment une même unité d'accentuation avec ce mot. Inversement, certains mots sont enclitiques : ils sont prononcés d'un seul souffle avec le mot qui précède et forment une même unité d'accentuation avec ce mot. À noter que l'on ne rencontre pas de proclitique avant pause ou d'enclitique après pause : quand des mots habituellement clitiques (proclitiques ou enclitiques) apparaissent dans un tel contexte, ils perdent leur valeur clitique. Les mots clitiques n'ont pas d'accent propre (perdant le cas échéant l'accent propre qu'ils ont quand ils sont prononcés isolément) ; ils sont tantôt atones, tantôt accentués, mais suivant des règles, expliquées ci-dessous, qui ne découlent pas d'un éventuel accent propre.

Les mots clitiques sont assez peu nombreux en grec ancien, quelques dizaines tout au plus, même si certains sont très courants. La plupart des mots grecs ne sont ni proclitiques ni enclitiques, et sont dits orthotones ou aclitiques. Les mots orthotones forment une unité d'accentuation avec les éventuels proclitiques qui les précèdent et enclitiques qui les suivent, mais conservent à l'intérieur de cette unité d'accentuation l'accent propre qu'ils ont quand ils sont prononcés isolément.

Une unité d'accentuation est donc constituée :

  • soit d'un nombre variable, éventuellement nul, de proclitiques, d'un orthotone, et d'un nombre variable, éventuellement nul, d'enclitiques ;
  • soit d'un nombre variable non nul de proclitiques et d'un nombre variable non nul d'enclitiques.

[modifier] Mots proclitiques

Sont proclitiques les mots suivants :

  • les formes de l'article , , οἱ et αἱ ; en revanche les formes de relatif ou démonstratif , , οἵ et αἵ sont orthotones ;
  • les prépositions ἐν, εἰς (ἐς), ἐκ (ἐξ) et ὡς lorsqu'elles précèdent leur régime ; en revanche, ces prépositions sont orthotones lorsqu'elles suivent leur régime (ce qui est rarement le cas mais est attesté en poésie) ;
  • les conjonctions εἰ et ὡς (sauf quand celle-ci suit le nom auquel elle se rapporte) ; en revanche, l'adverbe ὥς est orthotone ;
  • la particule οὐ (οὐκ, οὐχ) lorsqu'elle est suivie d'un autre mot ; en revanche, elle est est orthotone (οὔ) devant une pause.

Les mots proclitiques ne portent pas d'accent, sauf s'ils sont suivis d'un mot enclitique, auquel cas ils portent un accent d'enclise comme décrit dans la section suivante.

[modifier] Mots enclitiques

Sont enclitiques les mots suivants :

  • les formes du présent de l'indicatif de εἰμι et φημι autres que εἶ et φῇς, à savoir εἰμι, ἐστον, ἐσμεν, ἐστε, εἰσιν, φημι, φησι, φατον, φαμεν, φατε et φᾱσι, ainsi que épique ἐσσι et ionien εἰς (ἐστι est un cas particulier, traité ci-dessous), sauf après une pause ou après un mot dont la voyelle terminale est élidée (auquels cas les formes disyllabiques deviennent oxytons, e.g. εἰμί, et l'ionien εἶς devient périspomène) ;
  • ἐστι, sauf d'une part après une pause, après ἀλλα (ἀλλ᾿), εἰ, καὶ, μὴ, οὐκ, τοῦτο (τοῦτ᾿) ou ὡς, dans les locutions du type ἔστι ἅ (ἔσθ᾿ ἅ), ἔστι ὅπως (ἔσθ᾿ ὅπως), etc, et pris dans le sens impersonnel « il existe » ou « il est possible » (auxquels cas ἔστι devient paroxyton), et d'autre part après un mot (autre que ἀλλα et τοῦτο) dont la voyelle terminale est élidée et dans les crases μοὐστί, σοὐστί (auxquels cas ἐστί devient oxyton) ;
  • les indéfinis τις (et toutes ses formes déclinées sauf ἄττα), που, ποθι, πῃ, ποι, ποθεν, ποτε, πω, πως, sauf dans les constructions ποτὲ μὲν ... ποτὲ δὲ et τινὲς μὲν ... τινὲς δὲ ;
  • les particules γε, τε, τοι, περ, νυ (νυν, à ne pas confondre avec νῦν), épique κε (κεν), épique θην, épique ῥα, ainsi que -δε (dans ὅδε, etc), -θε (dans εἴθε, poétique αἴθε), -χι (dans ναίχι) ;
  • certaines formes de cas obliques des pronoms personnels des trois premières personnes du singulier, ainsi que de la troisième personne du pluriel, en concurrence avec des formes équivalentes orthotones ; les formes orthotones sont utilisées systématiquement après pause, fréquemment après préposition, et chaque fois que le sens ou la construction de la phrase lui donne une valeur empathique ; les formes enclitiques sont utilisées dans les autres cas ; les formes concernées sont :
    • les formes courtes de cas obliques de la première personne du singulier με, μου et μοι, et leurs variantes dialectales (ionien μευ, seul attesté), généralement enclitiques (les formes longues ἐμέ, etc, toujours orthotones, étant généralement employées à la place quand le pronom est orthotone),
    • les formes de cas obliques de la deuxième personne du singulier σε, σου et σοι, et leurs variantes dialectales (dorien τε, τυ, τιν, ionien σευ, dorien τευ, τεος, archaïque, ionien, dorien τοι),
    • les formes de la troisième personne du singulier , οὑ et οἱ, et leurs variantes dialectales (homérique ἑo, homérique, ionien ἑυ, éolien ϝοι, dorien ϝῐν), quand elles ont un sens anaphorique (en voie de disparition en attique mais courant chez Homère, en ionien, dorien, éolien), mais non un sens réfléchi (auquel cas elles sont orthotones),
    • dans tous les dialectes, le datif de la troisième personne du pluriel σφισι, ainsi que les autres formes de cas obliques chez Homère, en ionien, dorien (homérique, dorien σφε, syracusain ψε, homérique σφεας, σφας, homérique σφεων, homérique, ionien, dorien σφι, syracusain ψι).

[modifier] Accent d'enclise

[modifier] Orthotone suivi d'enclitique

Devant enclitique monosyllabique :

  • un oxyton, périspomène ou paroxyton est inchangé ;
  • un propérispomène ou proparoxyton, outre son accent propre qui est inchangé, reçoit sur sa finale un accent aigu, dit accent d'enclise.

Devant enclitique disyllabique :

  • un oxyton ou périspomène est inchangé ;
  • un paroxyton est inchangé, mais l'enclitique reçoit sur sa finale un accent d'enclise, circonflexe si la finale est longue, aigu si elle est brève ;
  • un propérispomène ou proparoxyton, outre son accent propre qui est inchangé, reçoit sur sa finale un accent aigu, dit accent d'enclise.

Note : dans les manuscrits, les noms propérispomènes en ou sont traités comme des paroxytons.

Note2 : les mots paroxytons à syllabe pénultième longue reçoivent parfois un accent d'enclise sur la finale, comme des propérispomènes, e.g. Λάμπέ τε ou ὄφρά σε. Dans les cas où la voyelle est suivie par une liquide (i.e. Λάμπέ τε), le phénomène est vraisemblablement ancien : une voyelle dans un tel contexte ayant semble-t-il une valeur similaire à une diphtongue en Indo-Européen, le groupe voyelle accentué + liquide est assimilable à une longue dont la première more est accentuée, autrement dit une longue avec circonflexe. La généralisation de cette accentuation dans d'autres cas peut s'expliquer par analogie.<ref>Allen, W. Sidney, Vox Graeca: a guide to the pronunciation of classical Greek. - 3rd ed, page 127, note 31.</ref>

[modifier] Proclitique suivi d'enclitique

Devant un enclitique, un proclitique reçoit sur sa finale un accent d'enclise aigu.

[modifier] Enclitique suivi d'enclitique

Devant un enclitique, un enclitique reçoit sur sa finale un accent d'enclise aigu.

Si un enclitique s'élide devant une des formes normalement enclitiques du verbe εἰμι, ce dernier perd sa valeur enclitique, conformément à ce qui a été indiqué plus haut, et devient oxyton. De même pour les crases μοὐστί, σοὐστί.

[modifier] Lois d'accentuation dans la phrase

[modifier] Accent grave

En règle générale, tout mot orthotone qui, isolément, serait oxyton, devient baryton (avec un accent grave sur la finale) s'il est suivi dans la phrase par un mot non enclitique. De même un enclitique disyllabique portant un accent d'enclise aigu sur sa finale devient baryton s'il est suivi dans la phrase par un mot non enclitique.

La seule exception à cette règle est la pronom interrogatif τίς (à ne pas confondre avec l'indéfini τις, enclitique) qui est toujours oxyton.

Devant ponctuation longue (point, point-virgule, point-en-haut), les mots restent oxytons. Devant virgule, on trouve aussi bien des oxytons que des barytons.

En cas d'élision de la finale, un mot qui, isolément, serait paroxyton (accent aigu sur l'avant-dernière voyelle) conserve son accentuation inchangée.

[modifier] Élision

Quand un mot enclitique s'élide, l'accentuation est inchangée. S'il s'agissait d'un disyllabe avec accent d'enclise sur la finale, cet accent est perdu avec la voyelle accentuée, sans effet secondaire.

Quand un monosyllabe orthotone s'élide, son accentuation est perdue avec la voyelle accentuée, sans effet secondaire.

De même, quand une préposition disyllabique (ἀμφί, ἀνά, ἀντί, ἀπό, διά, ἐπί, κατά, μετά, παρά, ὑπό), ἀλλά, οὐδέ ou μηδέ s'élide, son accentuation est perdue avec la voyelle accentuée, sans effet secondaire.<ref>Je n'ai pas encore trouvé de référence indiquant si ces mots prennent alors une valeur proclitique ou non.</ref>

En revanche, dans tous les autres cas, quand un polysyllabe aclitique oxyton s'élide, un accent aigu apparaît sur l'avant-dernière voyelle.

Enfin, comme indiqué ci-dessus, si un mot s'élide devant une des formes habituellement enclitiques de εἰμι ou φημι, cette dernière perd son caractère enclitique.

[modifier] Aphérèse

En général, l'accentuation est inchangée par l'aphérèse. Si le mot subissant l'aphérèse était accentué sur l'initiale, son accentuation est perdue avec la voyelle accentuée.

Cependant, dans certains manuscrits, si un mot oxyton est suivi d'un mot initialement accentué sur l'initiale soumis à aphérèse, le premier mot demeure oxyton au lieu de devenir baryton.

[modifier] Crase

Dans la crase de deux mots, l'accent du premier mot disparaît, et l'accent du deuxième mot demeure.

Si le deuxième mot était accentué sur la voyelle soumise à crase, les règles de contraction s'appliquent. En attique, la règle de la pénultième longue accentuée peut s'appliquer le cas échéant, mais ce n'est pas systématique.

[modifier] Anastrophe

On parle d'anastrophe quand des prépositions dissyllabiques habituellement oxytones deviennent paroxytones.

[modifier] Préposition suivant son régime

En prose, la proposition περί subit l'anastrophe quand elle suit son régime. En poésie, c'est le cas de toutes les prépositions dissyllabiques sauf ἀντί, ἀμφί et διά.

De même chez Homère, quand une préposition séparée de son verbe en composition (tmèse) suit ledit verbe, elle subit l'anastrophe.

Cependant, l'anastrophe n'a pas lieu si la préposition s'élide devant un autre mot. (Elle a néanmoins lieu si l'élision survient devant ponctuation.)

[modifier] Préposition en composition avec la copule nulle

On parle de copule nulle quand une proposition n'a pas de verbe. En grec ancien, on utilise généralement la copule nulle là où en français on attendrait le verbe être (on parle parfois alors de “verbe εἱμι sous-entendu”, même si cette terminologie est criticable, la construction par la copule nulle étant un fait grammatical autonome avec des règles linguistiques propres et non un verbe simplement sous-entendu).

Une préposition subit l'anastrophe quand elle est utilisée en composition avec la copule nulle.

Ainsi πάρα « il est possible » (sens similaire à πάρεστι), etc.

[modifier] Notes

<references/>

[modifier] Références

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