Abbey Lincoln
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Lincoln Abbey ( Anna Maria Wooldridge ). Chanteuse, parolière et comédienne américaine ( Chicago, Illinois, 6 août 1930 ).
[modifier] Biographie
A la fin de son adolescence, elle fait quelques tournées dans le Michigan puis, en 1951, va travailler dans des night-clubs en Californie et, pendant deux ans, à Hawaii, se faisant alors appeler Gaby Lee ; elle sera d'abord célèbre ainsi : comme artiste de « variétés ».
1954 : retour aux États-Unis, trois ans dans les boîtes de Hollywood.
1956 : elle devient Abbey Lincoln sur les conseils du parolier Bob Russell, enregistre son premier album dirigé par Benny Carter.
1957, elle apparaît dans La Blonde et moi (The Girl Can't Help It) de Frank Tashlin.
1957-1959 : trois albums pour Riverside ( au fil des plages : Max Roach, Kenny Dorham, Sonny Rollins, Wynton Kelly, Paul Chambers, Curtis Fuller, Benny Golson, Art Farmer, Philly Joe Jones, etc.). Continue de chanter dans des cabarets aux États-Unis, en Europe ( Londres ) et part en tournée avec la revue « Jamaica ».
1960 est l'année capitale où elle participe, pour Candid, à l'essentiel avant-texte aux boulversements des sixties : l'œuvre de Max Roach et du chanteur-poète Oscar Brown Jr, « We Insit !( Freedom Now Suite ) » ; elle y côtoie Coleman Hawkins, Olatunji et Booker Little ; elle épouse Roach ( ils vont abondamment collaborer - albums sur Impulse, Mercury, Joker, BYG ).
1961 : son meilleur disque, « Straight Ahead » ( Roach, Hawkins, Booker Little, Mal Waldron, Eric Dolphy, etc. - Candid ). Elle tourne pour le cinéma (« Nothing But A Man », Michael Roemer, 1964 ; « For Love Of Ivy », Daniel Mann, 1968...), puis pour la télévision : installée à Los Angeles en 1970 ( après son divorce ), elle mène plus activement sa carrière parallèle d'actrice.
Egalement très active au sein de la communauté noire ( sa sensibilité politique a toujours été vive ), elle prend en 1975, le nom d'Aminata Moseka - un an après avoir commencé à donner des cours d'art dramatique à la California State University de Northridge. Elle écrit de la poésie et du théâtre, pratique la mise en scène. Enregistre à Paris en 1980 ( « Painted Lady », avec Archie Shepp ) et, en décembre de la même année, à Hollywood, avec le quartet de Cedar Walton et Bob Berg ; en 1983, avec entre autres, Steve Coleman ( « Talking To The Sun » ). Au cours des années 90, on trouve parmi ses « accompagnateurs », Clark Terry, Jackie McLean, Alain Jean-Marie, Charlie Haden, Billy Higgins, Stan Getz, Hank Jones, J.J. Johnson, Stanley Turrentine - pour le disque - et le pianiste Rodney Kendrick.
[modifier] Son style
Une diction traînante, comme alourdie du poids des mots, née de la blessure sociale, parfois revendicatrice et empruntant des tours de vulgarité - refusant le « bon goût » occidental ; très liée à la tradition des preachers noirs américains et laissant revenir, dans l'élongation même du chant, la mémoire africaine. Essentiellement près de Roach ( et grâce à lui ), la voix d'Abbey Lincoln a affirmé ( avec de belles transgressions de carrure ) une différence ouvrant de nouvelles voies au jazz vocal. Depuis 1960, pas une jazzwoman noire engagée dans la modernité qui n'ait écouté cet écart, où s'entrelacent le sensuel et l'âpreté.
[modifier] Discographie
Enregistrements :
- - Tenders As A Rose ( 1957 )
- - We Insist! ( 1957 )
- - Freedom Now Suite ( avec Roach, 1960 )
- - Blue Monk
- - Left Alone
- - What Are You Doing The Rest Of Your Life ( 1980 )
- - Abbey Sings Billie ( 1987 )
- - The World Is Falling Down ( 1990 )
- - You Gotta Pay The Band ( 1991 )
- - Devil's Got Your Tongue ( 1992 )
- - Through The Years ( avec le pianiste Bheki Mseleku, 1993 )de:Abbey Lincoln

