Francais | English | Espanõl

Émancipation (Tendance intersyndicale)

Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.

Image:Copyright.svg Cet article est soupçonné d'enfreindre un copyright. Si vous êtes l'auteur de ce texte, vous êtes invité à donner votre avis ici. À moins qu'il soit démontré que l'auteur de la page autorise la reproduction, cette page sera supprimée au bout d'une semaine. En attendant le retrait de cet avertissement, veuillez ne pas réutiliser ce texte.

Si vous venez d'apposer ce bandeau, veuillez créer la page de discussion en cliquant sur le lien rouge ci-dessus.

Émancipation est une tendance intersyndicale révolutionnaire qui refuse l'autoritarisme, le capitalisme et la bureaucratie. Les militant(E)s d'Émancipation interviennent à la base dans les mouvements sociaux et défendent des orientations de lutte dans les différents syndicats enseignants et étudiants de l'éducation, de la recherche et de la culture : FSU (SNES, SNUIPP, SNEP, SNESUP), Sud Education, CNT fte, CGT ferc, UDAS, UNSA, etc.

Émancipation se préoccupe également de questions pédagogiques et publie une revue mensuelle, L'Émancipation syndicale et pédagogique.

[modifier] Les positions fondamentales d’Émancipation

  • Un combat pour un autre monde, dans l’Ecole comme dans la société

Dans le domaine de l’Education, l’Emancipation s’oppose à la ségrégation sociale et à l’orientation sélective dont les premières victimes sont les élèves issus des classes populaires. L’Emancipation qui a toujours été un lieu de confrontation de pratiques pédagogiques novatrices, lie la pratique quotidienne dans les classes (pratiques coopératives, développement de l’esprit critique, remise en cause de certains contenus) au combat pour une autre société.

  • La lutte contre le chômage et la précarité

Chaque année, des milliers de travailleurs contractuels, vacataires, auxiliaires, stagiaires, sont licenciés par l’Etat employeur et les sous-traitants privés auxquels il fait appel. L’Emancipation dit non aux licenciements et se solidarise avec les luttes de chômeurs et de précaires. La précarité est devenue un mode de gestion des personnels dans le public comme dans le privé. L’Emancipation s’oppose à toutes les mesures (redéploiements, déconcentration, mise en place de l’ARTT …) qui précarisent les personnels en remettant en cause les statuts, aggravent la situation des précaires ou conduisent aux recrutements de nouveaux personnels sans garantie statutaire et d’emploi. Elle se prononce pour l’arrêt immédiat du recours aux emplois précaires et pour la titularisation immédiate, sans condition de concours, ni de nationalité de tous les précaires. Ses militants s’investissent dans des comités de non titulaires. Elle lie ces luttes à la revendication d’une réelle réduction du temps de travail de tous les personnels avec créations d’emplois.

  • Un corps unique de la maternelle à l’université

L’Emancipation revendique un corps unique des travailleurs de l’Education, de la maternelle à l’université. À travail égal, salaire égal et statut égal ! L’Emancipation dénonce le corporatisme, symbole de division, et les ravages qu’il provoque dans le syndicalisme. Elle est contre toutes les formes d’autoritarisme et de hiérarchie. Aux directeurs, chefs d’établissements ou inspecteurs, elle oppose le travail en équipe. Aux disparités salariales et aux augmentations en pourcentage qui ne font qu’accroître les inégalités l’Emancipation oppose des augmentations uniformes.

  • Défense des libertés individuelles et collectives

L’Emancipation considère que la défense des droits et des libertés individuelles et collectives, et de la dignité humaine font partie intégrante du combat syndical.. Ses militant(e)s animent et soutiennent de nombreux combats contre le racisme, le fascisme, le sexisme et l’homophobie, et toutes les formes de répression, ainsi que pour l’égalité des droits en France comme dans le reste du monde : soutien aux sans papiers, luttes contre la mondialisation libérale, soutien au peuple palestinien etc. L’Emancipation dénonce également les tentatives de remise en cause du droit syndical, du droit de grève ainsi que la répression contre les militants.

  • Défense de la laïcité et de la gratuité

L’Emancipation lutte pour la laïcité et défend le service public laïque et gratuit d’éducation. Elle prône la nationalisation sans indemnité ni rachat de toutes les écoles privées confessionnelles ou patronales. Elle combat les atteintes au principe de laïcité et l’immixtion de la religion dans l’Ecole, que ce soient les aumôneries, le système concordataire d’Alsace Lorraine, ou la récente introduction de « l’enseignement du fait religieux». Elle s’oppose à la déconcentration de la gestion du service public vers les régions, la mainmise du patronat sur la formation technique et professionnelle et au détournement croissant de ces formations vers l’entreprise (alternance, Lycée des métiers, licences professionnelles …). Elle refuse aussi le développement des formations payantes à l’Université et la marchandisation progressive de divers secteurs de l’Education. Elle s’oppose à la main mise des pouvoirs locaux sur le système éducatif.

  • Anti-militarisme

L’Emancipation est de toutes les luttes anti-militaristes. Elle dénonce les sommes colossales englouties dans les budgets militaires qui contribuent à la misère des peuples, à la famine et conduisent à la guerre. Elle dénonce également les choix de la politique française de privilégier des investissements militaires ainsi que les industries de l’armement (la France est au 3ème rang mondial des vendeurs d’engins de mort) . Elle s’oppose au nucléaire et aux menaces que les politiques sécuritaires font peser sur les libertés publiques.

[modifier] Historique

Émancipation se situe dans la continuation du syndicalisme révolutionnaire et de l'anarcho-syndicalisme du début du XXème siècle.

  • La charte d’Amiens (1906)

Ce sont des instituteurs syndicalistes révolutionnaires qui fondent l’Ecole Emancipée (EE) au début du XXe siècle. La Revue apparaît dès 1910. L’Emancipation aujourd’hui issue de l’Ecole Emancipée se revendique de la Charte d’Amiens (1906) qui prône l’indépendance syndicale et lie les revendications immédiates à la perspective du renversement du système capitaliste.

  • La fédération unitaire (CGTU)

Anticléricaux et antimilitaristes, les militants de l’EE seront durement réprimés pendant la guerre de 14-18. Après la guerre, l’Ecole Emancipée dirige la Fédération Unitaire qui est affiliée à la CGTU. Très rapidement, son attachement à l’indépendance syndicale l’amène à rompre avec le Parti Communiste. Entre les deux guerres, l’Ecole Emancipée est à la fois une tendance syndicale révolutionnaire antistalinienne et un lieu de confrontation de différentes pratiques pédagogiques novatrices. Célestin Freinet a été à l’EE.

  • La réunification syndicale et fondation de la FEN

Le syndicalisme enseignant se réunifie une première fois en 1936, puis après la deuxième guerre mondiale. Majoritaire dans plusieurs départements, l’Ecole Emancipée joue un rôle déterminant en 1948 dans la fondation de la F.E.N. (Motion Bonissel-Valière) en permettant, grâce au droit de tendance, à tous les travailleurs de l’Education de rester ensemble dans la même fédération. L’EE n’empêchera pas la lente dérive bureaucratique de la F.E.N. Ses militants s’engageront contre les guerres coloniales.

  • Les années de batailles politiques

Après 1968, de nombreux militants d’extrême gauche rejoignent l’EE. Les débats entre courants sont nombreux. Les trotskistes lambertistes essaieront de s’emparer de l’EE. Ils échoueront et seront contraints de quitter l’Ecole Emancipée en 1969. La F.E.N. est de plus en plus paralysée par un conflit entre deux bureaucraties corporatistes : celle de la direction, proche du PS qui dirige, notamment le gros syndicat des instituteurs, et celle de la tendance “ Unité et Action ” issue du P.C. qui dirige le syndicat des enseignants du second degré qui va grossissant.

  • La constitution de la FSU

Ce conflit aboutit à l’éclatement de la F.E.N. (1992). De nombreux militants de l’EE rejoignent la FSU. D’autres font d’autres choix : TRANS, PAS, SDE, CGT, CNT, et plus tard, SUD-éducation.

  • Scission de l'Ecole Emancipée

Mais des divergences sérieuses, déjà existantes au sein de l’Ecole Emancipée entre les militants de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) et les autres sensibilités éclatent au grand jour dès la fondation de la FSU. Elles portent sur la conception fédérale (fédération de syndicats nationaux souverains) et sur le rôle de l’EE dans cette nouvelle fédération (participation aux directions ou opposition à la ligne corporatiste d’Unité et Action).

  • L’Emancipation dans le cadre du pluralisme syndical

Dans une période de libéralisme triomphant sur fond de mondialisation et de crise du syndicalisme, l’Emancipation incarne aujourd’hui avec d’autres un syndicalisme de rupture avec le capitalisme, dans la continuité de la tradition Ecole Emancipée. Présente dans plusieurs syndicats, l’Emancipation entend continuer à œuvrer à l’unification syndicale et au développement du syndicalisme de lutte.

Le site internet d'Émancipation

Outils personnels