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Âme

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L'âme est le principe vital de toute entité douée de vie, pour autant que ce principe puisse être distingué de la vie-même, de même que son principe spirituel central, selon le principe de la trinité religieuse, (esprit, âme, corps ), adoptée notamment par le Christianisme.

Il provient du mot latin anima qui a donné « animé », « animation », « animal ».

Dans la Bible hébraïque, le terme utilisé pour âme est le mot Nephesh, (נֶפֶשׁ), qui peut être traduit de plusieurs autres façon, le plus souvent être vivant, souffle. Il represente la vie associée à toute chair, assimilé parfois au sang, dont Dieu interdit la consomation à Noé (voir Génèse 9.4,15).

L'équivalent en grec dans la Septante et le Nouveau testament est Psyché (Bible).

On la définit souvent comme la capacité à ressentir, à s’émouvoir, elle est alors une caractéristique propre à l’Homme, aussi peut-elle se personnifier en mythologie par Psyché, (gr: Ψυχή qui signifie souffle). Dans une acceptation large elle représente l'ensemble des fonctions psychiques soit la psyché.

L'homme est porté à attribuer de préférence une âme à ce qui change et évolue avec une certaine autonomie, mais par extension, tout élément naturel, par exemple une montagne, peut être investi d'une telle instance avec lequel il est d'une façon ou d'une autre possible d'interagir : ce comportement s'il est partagé par l'ensemble d'une culture s'appelle animisme. Dans ce paradigme, chaque entité est douée d'intentionnalité, ce qui donne lieu à l'émergence de rituels pour se concilier ses faveurs.

La notion d’âme joue un grand rôle dans la croyance religieuse. Avec ce concept vitaliste, la mort devient moins mystérieuse : lorsqu’une personne meurt, son âme la quitte, raison pour laquelle elle devient inerte ; cette âme pourrait alors revenir sous forme de fantôme, ou bien aller vers un paradis ou un enfer. Concentrant la fonction vitale essentielle, l’âme devient un espoir de vie éternelle de l'essentiel de la personne et rien ne s'oppose même à sa réincarnation.

Ainsi chargée de toutes les vertus, l’âme est alors la face cachée de l’être ; elle devient le moteur de l’action humaine, la capacité à faire le bien et le mal.

Sommaire

[modifier] L'âme dans la Bible

Image:Searchtool.svg Voir l’article Nephesh.

Dans la Bible l'âme est la traduction de Nephesh en hébreu et Psyché en grec.

Il est traduit de plusieurs autre façon, ce qui peut aider à en déterminer le sens.

[modifier] L'âme et le sang

L'âme est étroitement associée au sang, d'où l'interdiction, toujours respectée par certains courants religieux, notamment les juifs et les musulmans de manger un animal avec son sang.

  • Génèse
    • 9:3 Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l'herbe verte.
    • 9:4 Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang.
    • 9:5 Sachez-le aussi, je redemanderai le sang de vos âmes , je le redemanderai à tout animal ; et je redemanderai l'âme de l'homme à l'homme, à l'homme qui est son frère.
  • Lévitique
    • 17:10 Si un homme de la maison d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d'eux mange du sang d'une espèce quelconque, je tournerai ma face contre celui qui mange le sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple.
    • 17:11 Car l'âme de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il servît d'expiation pour vos âmes, car c'est par l'âme que le sang fait l'expiation.
    • 17:12 C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël : Personne d'entre vous ne mangera du sang, et l'étranger qui séjourne au milieu de vous ne mangera pas du sang.
    • 17:13 Si quelqu'un des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d'eux prend à la chasse un animal ou un oiseau qui se mange, il en versera le sang et le couvrira de poussière.
    • 17:14 Car l' âme de toute chair, c'est son sang, qui est en elle. C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël : Vous ne mangerez le sang d'aucune chair ; car l'âme de toute chair, c'est son sang : quiconque en mangera sera retranché.

[modifier] L'âme dans l'antiquité gréco-romaine

Pour Platon, l’âme est déchue : elle est tombé dans le corps, alors qu’elle accompagnait les Dieux dans le monde des Idées. Elle comporte trois niveaux : les appétits inférieurs (faim, soif, etc.), les passions et la pensée qui seule est immortelle (mythe de l’attelage et du cocher dans le Phèdre). Dans le Phédon et La République, Platon développe le mythe de la métempsycose suivant lequel l’âme après la mort du corps rejoint le monde des Idées ou un autre corps suivant les catégories du juste ou du méchant. Le terme "âme" proviendrait d'une racine commune avec le atmân d'origine sanskrite, ce dernier se retrouve également dans le verbe allemand "atmen" qui signifie respirer.

Aristote fait l’économie du concept des Idées, l’âme et le corps ne sont plus deux réalités distinctes, mais une seule et même substance qui a pour matière le corps (ce qui est en puissance) et pour forme l’âme (ce qui est en acte ). Il pose trois degrés d’âme : végétative, sensitive et intellective, chaque degré suppose le précédent et le dépasse.

Pour Épicure, l’âme est matérialisée ; elle devient mortelle. Elle est une dispersion d’atomes dans le corps. Contrairement à Platon et Aristote, il ne pense pas que l’âme participe d’un Tout, d’une âme divine, pour lui les dieux ne s’occupent pas des choses humaines.

Avec le stoïcisme, l’ensemble du monde est corps. Cette conception du corps est étrangère à notre conception contemporaine, par exemple la nuit est un corps, de même l’âme est un corps. L’âme est un feu, un souffle igné, en fait une partie du souffle divin. Il existe une réelle différence avec Platon et Aristote sur les distinctions dans la nature de l’âme, pour les stoïciens, la distinction est génétique, elle participe d’une ontogenèse : âme du fœtus, âme de l’enfant, âme de l’adolescent, âme de l’adulte. La conception stoïcienne de l’âme comme souffle (pneuma) continu à travers tout le corps se distribue en huit parties : les cinq sens, la zone reproductrice, la zone de la voix et une région où se concentre toutes les autres, l’hêgemonikon.

Au cours du 8e concile de Constantinople en 869 (Contantinople IV), Il a été décrété la suppression de l'esprit dans le 11e canon, l'âme comportant désormais une partie spirituelle. C'est de cette époque que date la confusion entre âme et esprit. Auparavant, on associait l'esprit à la pensée et l'âme au sentiment. La trichotomie (corps, âme et esprit) a été bannie au profit de la dichotomie (corps et âme). On est donc passé d'une vision équilibrée de l'homme (l'âme équilibre et harmonise le conflit entre le corps et l'esprit) à une vision dualiste (le corps s'oppose à l'âme ou l'esprit).
Le canon en question dit:

« Anathème à quiconque soutient qu'il y a deux âmes dans l'homme ».

Les adversaires du Patriarche de Constantinople, Photios, l'avaient accusé mensongèrement de prétendre que l'homme avait deux âmes. Photios fut destitué, puis réhabilité. Il réunit un concile à Constantinople en 879/880 qui annula celui de 869/870. Rome accepta ce concile provisoirement, et le pape conserva de bonnes relations avec Photios, mais après le schisme le concile de 879/880 ne fut plus repris dans les conciles reconnus par Rome.
On ne peut donc pas dire catégoriquement que l'abolition de l'esprit provient de ce concile, toutefois il faut reconnaître que l'abolition de l'esprit est bien effective dans l'Eglise catholique. En effet, dans le catéchisme romain de 1992, il est dit:

« L'homme est composé d'un corps et d'une âme »


[modifier] L’âme des psychologues

Ce serait, pour la plupart des théoriciens, l’intériorité de la pensée émotionnelle et mentale. En regard du monde extérieur, constitué d’objets palpables sur lesquels l’expérimentation peut avoir prise, (dans l’acception ‘scientifique’ communément admise, soit au sens de la physique, et de la chimie), le psychologue envisage un monde intérieur où les souvenirs, les désirs, les images mentales, la douleur, la souffrance morale et les rêves ont leur champ d’action. Toute cette partie de la psychologie considère la conscience émotionnelle et mentale comme prépondérante sur l’étude du comportement, que la psychologie comportementaliste, met, elle, en avant. Il y a en la matière, pour le moins, querelle d’écoles, et divergence d’opinions et de méthodes.


[modifier] Autres acceptions

  • Dans les instruments à cordes frottées, l'âme est une pièce de bois cylindrique placée à l'intérieur de l'instrument et qui améliore la résonance en transmettant les vibrations du chevalet à l'ensemble de la caisse. Le placement de l'âme peut différer selon le style de l'instrument.
  • Structurellement cable et poutre (profil en I ou en H), l'âme est l'élément central qui assure l'essentiel de sa résistance.


[modifier] Sources

[modifier] Bibliographie

[modifier] Bible

  • Companion Bible, E.W. Bullinger

[modifier] Psychologie

  • (a minima)l'unité de la psychologie, Daniel Lagache.
  • Détré Jean-Marie, La réincarnation et l'Occident, tome 1 de Platon à Origène, Ed. Triades.

[modifier] Voir aussi

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